11/06/2010

Les petites fées

 

Tu te souviens de ce temps,  ce temps où l’imagination n’avait pas de fin et où chaque aventure se racontait dans notre tête.  Te souviens-tu de tes rêves les plus fous ?  Où chevaliers, princesses et fées étaient au rendez vous…  Où la réalité n’était qu’une sombre trace faite pour nos parents qui semblaient s’enliser dans ses parcelles sombres.  Te souviens-tu ?

Cette fin d’hiver m’a apporté de nouveaux voisins.  Deux messieurs qui laborieusement agrémentent leur terrain et leur propriété.  Des gens bien vaillants et qui aiment le beau.  C’est un plaisir de les voir transformer leur monde surtout depuis l’arrivée du doux temps… fleurs, arbustes et lumières sont au rendez vous…c’est très joli.   Mademoiselle sourire les a tout de suite remarqués, miss rieuse aussi….Toutes deux, elles sont souvent nez contre la fenêtre à observer nos nouveaux voisins.    Souvent j’ai dû intervenir sur l’importance de laisser vivre les autres,  de ne pas espionner, que ce n’est pas super génial !

Malgré tout ça une d’entre elles continuait à garder le nez dans la vitrine… surtout le soir.  Chaque fois que je passais devant sa chambre, je la retrouvais là, dans le noir à regarder.  Je ne suis d’abord pas intervenue, laissant le temps à la nouveauté de passer….mais rien à faire elle est restée là  aux aguets. Comme si chaque soir, elle avait rendez-vous…

Un soir, je suis entrée dans sa chambre et lui ai proposé d’aller leur souhaiter la bienvenue.  D’un regard, j’ai su que je venais d’ouvrir la porte du  monde des confidences.  Elle me dit : « Ils sont des sages. »   J’ai dit « Quoi? Des sages? »

« Oui, oui des sages! »

« Tu peux m’expliquer comment tu sais ça toi? »

« Ben si tu regardes bien ils ont toujours des visites la nuit… »

« Des visites? »

« Viens voir… regarde les mini lumières dans leurs fleurs …est ce que tu les vois ? »

« Heuuuuu….oui oui! »

« Ben c’est des fées… regarde elles bougent toujours … »

Surprise de cette révélation, je me mets moi aussi à épier mes voisins et je constate qu’ils ont installé de petites lumières qui, derrière les arbustes et fleurs, ont de la vue de sa chambre l’effet d’une lumière qui bouge…

« Tu vois Véro? »

« Heuuuu oui oui ! »

« C’est une forêt pour fée….c’est rare… »

Cette magnifique forêt coiffée  d'ombres et de lumières que le vent  agite est donc l’âtre des fées… toute une révélation ! 

J’hésite à intervenir, puis je me souviens...De tous ces mondes imaginaires que j’ai bâtis à l’abri des regards et qui parfois encore se laissent entendre dans le parfum de mes souvenirs.  Et sans dire un mot,  je l’ai laissée rêver, apprécier, imaginer que là-bas juste de l’autre côté de la rue il y a de très grands sages qui trônent dans leurs plates-bandes sur un fabuleux royaume où dansent chaque soir de petites fées !

 

06/06/2010

Les petits indiens

 

 

La semaine dernière fut un enfer !  Avant même de le réaliser,  j’ai dû faire face au monstre « gastro-entérite ». Vous savez celui qui attaque et qui se laisse déborder par les deux bouts de notre pauvre corps.   Quoi qu’il en soit lorsque ça m’arrive je fais face du mieux possible mais quand il attaque un ou des membres de ma portée c’est toute une aventure.   Mademoiselle sourire en fut victime la semaine dernière, entre des vomissements et des diarrhées à tracer son chemin, elle fit face du mieux possible à ce monstre géant.   Personnellement, j’ai dû soigner, ramasser et apaiser tous ses maux.  Une nuit j’ai fait jusqu'à neuf lavages de lit, même ma laveuse criait sa peine !

Bref ce fut une semaine où Je me suis laissée entraîner dans cette spirale indomptable, en essayant de récupérer quelques heures de sommeil par ci par là !  Mademoiselle sourire, elle, en perdu son précieux sourire, laissant place aux larmes et aux découragements.  C’est donc par coup de téléphone qu’elle reprit un peu de vie parlant à sa précieuse maman qui elle vivait dans l’inquiétude.

En regardant ce petit bout d'enfant-adulte, mon cœur s’est serré d'inquiétude et m’a fait penser avec tristesse que certaines personnes ne devraient pas avoir à subir en plus de leur réalité ces maladies si éprouvantes.   Une nuit, alors qu’elle était toute tremblante après une série de vomissements, mon conjoint la voyant avancer avec difficulté par épuisement l’a prise dans ses bras pour la ramener dans son lit à nouveau propre.  

Avec sa voix toute enrouée et avec de petites larmes glissant sur sa joue, elle me dit : « Il est fort Marty hein? »  Malgré la maladie, la fatigue et un certain découragement elle me fit sourire... et je lui ai répondu : « T’étais comme une tite princesse là ! »  Et elle me sourit…

Le lendemain matin, et ce même si miss sourire nous avait tous esclaffé notre souper et nos petites personnes de vomissements, tous sans exceptions demandaient comment elle allait et voulait aller la voir… Je leur ai donc expliqué qu’il fallait la laisser se reposer et éviter d’ être trop en contact avec elle pour ne pas propager le monstre gastro.  Tous ont acquiescé… mais deux minutes après j’ai retrouvé  mon premier petit indien…assis juste avant sa porte d’entrée,  il la regardait dormir.   Je lui ai dit : « Que fais-tu là? »  Et il me dit : « Je voulais voir si elle allait mieux pour vrai ! »  « Donne-lui du temps, elle ira mieux,  toujours un petit peu plus tous les jours… » et j’ai sommé  mon petit indien de disparaitre… Dix minutes plus tard un autre petit indien était là bien planté debout près de sa porte !

-         « J’attends qu’elle se réveille pour lui dire bonjour…on se dit toujours bonjour.. »

-         « ouste laisse-là se reposer… »que je répondis en lui caressant la nuque.

Puis dans cette journée, j’ai bien dû rencontrer six indiens près de sa chambre…

Quand mademoiselle sourire se sentit un peu mieux, je lui ai raconté qu’elle avait reçu des indiens lors de sa convalescence…et elle me répondit : « Je sais, je m’en suis aperçu…c’est pour ça qu’il fallait que j’aille mieux…ils étaient tous si inquiets ! » 

Dans  ce monde de fous que m’offre ma société j’ai souvent besoin d'idéaux pour avancer. J'ai besoin de croire en un monde meilleur,  j’ai besoin de savoir qu’il y aura toujours un prochain pour prendre soin de l’autre.

  Dans le monde particulier où je vis…il existe des mots incroyables que chaque membre sait conjuguer : soutien,  entraide,  amour,  compassion,   solidarité,  acceptation et respect.   Comme j’aimerais parfois prendre chaque membre de  ma race humaine pour lui faire goûter mon  monde où règne l’harmonie, où le succès n'est pas matériel et où la beauté dépasse l'artificiel...et ce même les jours gastro !

 

 

 

 

19/05/2010

La reconnaissance....

 

S’il y a une chose que j’ai apprise en tant que famille d’accueil, c’ est bien de ne m’attendre à aucune reconnaissance de personne.  Au tout début de ma belle aventure,  je me souviens des jours de tristesse reliés à une fin de placement parce que je m’attendais à tout sauf à une fin si difficile où reproche et rejet étaient  au rendez-vous, sans compter la perte de cet être que l’on cotoyait tous les jours.    Que l’on passe des années à s’occuper de quelqu’un, que l’on passe des heures et des heures à intervenir ce n’est pas cela qui est vu lors d’un départ... La majorité du temps c’est le fait qu’il y ait une fin.   Habituellement, les parents naturels de ces enfants prennent durement le fait que l’on ne peuve plus rien apporter à leur progéniture, que nos interventions n’apportent plus de résultat et ils rejettent le blâme sur nous... J’ai entendu des choses comme : "c’est eux qui ne sont pas bons.." "Ils sont trop fatigués..." "Elle n’avait que l’appat du gain...je ne  comprends pas qu’ils en peuvent plus, ils sont payé pour tout endurer.... " etc.

Donc, chaque pas, chaque geste il faut les poser pour soi et ce jeune qui chemine avec nous mais il faut le faire sans aucune attente de reconnaissance et de remerciement. Oh mais n’ayez crainte,  je ne généralise pas cependant, quelques exceptions feront tout une différence mais c’est bien rare. Ce  n’est malheureusement pas la majorité qui est passée chez moi.

A partir du moment où nous mettons une limite, nous devenons moins bien, moins bons, moins géniaux.   Il deviennent plus exigeants , plus cassants et la relation plus tendue. C’est donc la raison essentielle de chaque travailleur social  relié à chaque enfant.   Leurs rôles sont de doser, expliquer, défendre et comprendre ce qui se passe avec chaque placement.  Il ne faudrait cependant pas croire que l’on est seule dans cette aventure... Même du côté de la famille d’accueil, une intervenante est liée à chaque famille, elle se doit de prendre le pouls, de supporter, de soutenir et de mettre un ultimatum lorsqu’il est temps.   A chaque fois que j’ai interrompu un placement ou mis une limite, ma responsable de famille d’accueil me l’avait conseillé suite à des échanges sur ce que nous vivions dans ma famille au quotidien.  

 

Pour ces parents, il est facile de ne voir que leur enfant, mais mon rôle de famille d’accueil est de voir l’ensemble de ma maisonnée.  Si un jeune ne finit pas par se cadrer, se calmer, se conformer... je ne pourrais pas le garder  car je dois aussi voir à la qualité de vie du reste de ma poëlonnée.   Si  ce jeune se montre violent, agressif ou perturbateur,  je devrais finir par mettre un stop car aucune personne ne peut assumer ce genre de situation longtemps.

Au tout début, je me souviens que j’en voulais beaucoup à ces familles.  Je les traitais d’ingrats.  Aujourd’hui, je comprends à quel point une déchirure comme celle-ci fait mal et lorsque ça arrive j’essaie d’être sourde...juste un peu  pour avoir moins mal...parfois ça marche, parfois ça ne marche pas du tout....alors je tempête quelques jours contre eux....et après je pardonne...car sincèrement mes épaules sont déja bien lourdes avec toute ma réalité...pas question de traîner du passé qui ne mène à nulle part....

 

Ainsi va la vie aussi ...avec ses hauts et ses bas...

13/04/2010

SOUVIENS-TOI !


 

Il y a de ces jours où la vie nous apparait plus rose, plus douce et plus facile.  Il y a de ces petits moments que l’on voudrait revoir en remettant la marche arrière encore et encore.  Il y a des événements parfois que l’on aurait voulu changer, reprendre différemment…puis il y a la réalité avec laquelle l’on doit vivre et respirer tout d’un coup.

Tout était tranquille dans ma maisonnée, nous nous préparions à regarder un bon film, allongés dans notre lit mon homme et moi, quand le téléphone sonna.   Je n’ai eu qu’a dire :" Allo ?" pour l’entendre me dire : "Véro c’est moi monsieur été ! "

Sa voix toute enjouée fut immédiatement reconnue …dire que je n’avais pas eu de nouvelle de lui depuis son départ!  ( référence à  son départ….le tout premier texte écrit ici sur ce blog…un départ !)

Bouleversement du cœur en une fraction de seconde, toute une surprise que son appel !

-Je m’ennuyais Véro ! Tu me manques… 

Des mots prononcés sans aucune retenue par un petit adolescent qui eut tellement de difficultés à me les prononcer lorsqu’il fut placé chez moi.  Un silence…. 

–Comment vas-tu mon grand?

- Je vais bien mais tu sais je suis resté à l’institut, je vais même à l’école ici maintenant… Je ne sors plus, sauf pour aller voir papa !

- Et bien c’est beaucoup de changements tout ça mon trésor…

- Je suis encore ton trésor ?

- Ah oui tu le seras toujours…

- Dis Véro t’es-tu encore ma maman d’accueil ?

- A ton avis le suis-je?

- T’es la seule maman que j’ai jamais eue …

 

Pour laisser vivre ce moment qui m'anime le sang, je respire lentement.  Ce petit a été l'inspiration de tant de billets que de lui parler enfin me donne le vertige.   Comme j'aimerais le serrer dans mes bras, je suis toute boulversée.  Étouffant ensemble enfin nos  soupirs pour que le silence danse  sereinement de sa folie, nous nous écoutons respirer.

Puis il me dit :

- T'es pas fâchée hein que je t’aie téléphoné ?

- Bien sûr que non, ça me fait tellement plaisir ! Tu es bien là-bas ?

- Oui mais j’aimais beaucoup mieux chez toi Véro…T’as eu notre chien ?

- Oui elle se nomme Noël ! 

- C’est beau comme nom, tu vas m’envoyer une photo sur mon msn ?

- Bien sûr…avec plaisir !

- Tu veux-tu mon adresse pour m’écrire ? Mon numéro de téléphone ? Tu sais tu pourrais m’appeler si tu veux.

- Donne-moi tout ça, c’est une excellente idée !

- Je reviendrai plus jamais chez toi hein Véro ?

- Malheureusement non mon cœur, tu as bien vu que ca ne fonctionnait pas !

- J’ai essayé de faire comme il le faut mais j’y suis pas arrivé.

- On a tous les deux essayé et on y est pas arrivés .. parfois tu sais ça arrive !

- Tu vas continuer de m’aimer ?

- Je vais t’aimer toute ma vie mon grand…toute ma vie !

J’entendais son cœur battre au rythme de notre saison, ses mots éclairaient enfin notre mélancolie…Pendant tout ce temps mes mots s’ennuyaient de lui… il me manquait.

- Je vais devoir raccrocher Véro , j’ai qu’un certain lapse de temps pour te parler

- C’est correct je comprends cela… A bientôt !

- Véro ?

- Oui ?

- Je t’aime maman…

Avec une voix tremblante….

- Je t’aime mon grand ! Je t’aime….

Et je me suis sentie fondre…

Voilà le printemps est enfin arrivé….

 

31/03/2010

A chacun son chemin....

Je n’arrive pas à écrire !    Parfois je manque de temps mais de ce temps-ci aussi je manque de mots ...  Une nouvelle réalité pour moi car habituellement tout se raconte constamment dans ma tête, ça en devient même fatiguant !   C'est ainsi que naissent de drôles d'histoires tissées à même mon quotidien.  

C’est que je suis triste, la tristesse m’enlève  les mots faut croire, barbouille et gribouille mes idées ce qui m’empêche de tout vous raconter. 


Il y a déjà six mois que j’ai sous mon toit monsieur silence.  Six long mois que j’ai passés à recevoir d’ abord son agressivité et sa colère puis sa tendresse et son affection.  Nous en avons parcouru du chemin lui et moi …Un chemin tortueux rempli de peine et de difficulté à s’adapter.  Mais depuis quelques semaines nous sentons enfin que nous avons acquis une belle vitesse de croisière.   Il accepte maintenant de laisser tomber sa rigidité et lentement mais sûrement il avance, évolue et change.  Sa mère me disait justement la semaine passée à quel point il était redevenu doux, plus facile… Le petit garçon qu’elle avait connu plus jeune.  Elle n’en revenait pas de la belle évolution acquise, du plaisir qu’il ressentait à revenir chez moi après un weekend chez elle et de l’affection spontanée qu’il avait commencé à me livrer.  Même son médecin était ravi de le voir enfin prendre du poids.  Franchement, j’étais bien fière de moi, toutes ses poussées, coups de pied et tapes reçus étaient du passé et cela n’avait pas été enduré pour rien !   

Entre sa maman et moi tout était clair et limpide, une belle complicité s’était tissée.  Chacune à notre façon nous nous complétions  pour offrir le meilleur à son enfant.   Notre façon de faire était cependant très différente : elle se disait très surprotectrice, alors que moi j’avais tendance  à pousser son petit vers l’autonomie, lui laissant ainsi plus d’espace d’action où se développer.   Elle le constatait et mentionnait que j’étais incroyable de réussir cela.  


Puis un lundi elle ne le rapporta pas tel que prévu, j’appris qu’elle avait pris la décision de cesser le placement volontaire de son enfant parce qu’elle n’arrivait plus à faire le trajet de trois heures pour venir le chercher et le rapporter. Sincèrement,  je compris son choix car moi-même je n’y arriverais pas.  Assumer toute cette distance à chaque fois pour le voir et le prendre un weekend ce n’était pas évident.  Mais le retirer sans permettre à chacun de ma maisonnée de dire au revoir  fut très difficile et ça m’a rendu bien triste. 


Pendant que les enfants écarquillaient les yeux de surprise lorsque je leur ai annoncé le départ de monsieur silence, j’ai bien vu dans les yeux de mademoiselle question la tristesse monter.  Quand j’ai parlé qu’il nous fallait maintenant nous habituer à cette nouvelle réalité, elle a bien acquiescé.  Mais une petite heure après,  assise sur mon vieux banc face à la fenêtre, dos voûté, de petites larmes coulaient sur ses joues.   Lentement je me suis approchée, je me suis assisse près d’elle en lui demandant ce qu’il n’allait pas et elle me répondit : "Rien Véro c’est la neige qui me déprime !"  Et je me permis moi aussi de laisser tomber de petits flocons de peine à ses cotés.  Puis, surprise de ma réaction, elle se blottit contre moi et me dit : "J’aurais quand même aimé ça lui dire au revoir…" Et en langage signé qu’ils ont si laborieusement appris au cours des six derniers mois pour lui parler,  elle me fit les gestes qui disaient "je t’aime…."


un ajout :

 

 

 

J'avais fini mon texte mais en ce mercredi sur l'heure du midi sa mère se présenta pour venir chercher ses effets personnels.  Dès son entrée, elle se montra émotive, justifiant son choix, me demandant comment les autres avaient appris la nouvelle.  Je ne savais pas comment j'allais recevoir sa visite, je lui en voulais  pour cette facon de cesser le placement mais lorsque j'ai croisé son regard, tout à l'intérieur de moi j'ai senti une chaleur intense qui m'a guidée .... J'ai d'abord clairement dit à cette maman que mes autres petits protégés auraient aimé pouvoir lui dire au revoir et celle-ci en pleurant proposa dans quelques semaines d'aller tous ensemble  manger au resto.   Elle ramassa toutes ses  affaires et me dit au revoir en fermant la porte...  Rapidement je l'ai réouverte et lui ai dit:  "Attends ! Ne quitte pas comme ça !" et j'ai tendu les bras.  Sans aucune hésitation elle est venue s'y blottir et larmes aux yeux, elle m'a écoutée lui souhaiter bonne chance et lui rappeler de prendre soin d'elle et de son petit !   

 Je suis fière de moi !  Fière d'avoir réussi à passer par dessus cette déception pour  donner plein d'amour à cette maman.    Je ne pouvais terminer cette étape de ma vie sans en offrir  encore un peu.    L'espace d'un moment,  j'ai semé de toutes petites graines d'affection qui je l'espère seront récoltées par ce grand garçon auquel nous nous étions déjà grandement attachés.  

18/03/2010

Le café des splendeurs

 

 

Je suis du genre très *sauvage* lorsqu’il est temps d’assister à des rencontres ou des formations.  Faute avouée est à demi pardonnée raconte-t-on !   Je l’avoue… Si cela ne m’accroche pas dès l’invitation, rien à faire,  je garderai mon précieux  temps et je ne ferai pas acte de présence.

 Lorsque j’ai reçu ce petit papier m’invitant à assister à un échange café-muffins entre ressources et familles d’accueil, l’idée m’a plu.     Et me voici assise sur cette chaise avec une sensation étrangement agréable, à observer  tous ces êtres au grand cœur qui partagent la même passion que moi…. Des passionnés de différences.

 Rapidement nous profitons de l’occasion mise à notre disposition  pour engager la conversation, pour dialoguer de ce qui nous tient à cœur, de ce qui nous rebute, de ce qui nous rend fières.  Sujet après sujet, chacun à son rythme se dévoile peu à peu. C'est un moment  imprégné de paix et de beauté, coloré à la saveur de toutes ces années d’expériences réunies.   Encore une fois, je me surprends  à en  profiter au maximum. Profiter de ces instants d'échange et de complicité  qui passent est un enrichissement en soi… un baume sur les jours qui furent difficiles et qui tout à coup deviennent plus normalisés par d’autres personnes ayant vécu des expériences similaires.  

Puis l’expérience prend la parole…Ces familles qui ont 20, 25 ans d’engagement comme famille d’accueil, ma mère entre autre.   Ces piliers qui grâce à leur force intérieure, armés des outils qu'ils ont acquis par des années de dur labeur, qui ont su affronter la jungle humaine et s'y construire une place de choix, se livrent…  Dotés de personnalité lumineuse et de bonne répartie, gentiment, subtilement ils laissent entrevoir aux toutes nouvelles familles les futurs défis…

En retenant mes sourires, j’inspire l’atmosphère silencieuse des sillons de leurs vécus.   Je m'imprègne de cette nature qui m'entoure, de cette paix qu'elle exulte…

Diplôme en poche, conjoint aimant, maman de deux enfants fantastiques, mère d’accueil de plein d’autres.  Photographe du ressenti, auteure anonyme, je tricote de la fibre familiale avec passion. En solitaire je sème. Tranquille au coin de ma brousse, je me laisse bercer par la différence qui m’épanouit. Je m’applique à raffiner les êtres humains jusque dans les moindres détails. Je repousse les limites en labourant la terre.   Je pleure et gueule sous l’incompréhension mais je suis heureuse, comblée et pour la toute première fois je constate que je ne suis pas seule de façon tangible… Je vois clairement que  le chemin fut tracé par d’autres bien avant moi… tous ces sourires tracés de ligne du temps me ramènent à ces années qu’ils ont accumulées…Combien d'étapes me reste-t-il à traverser avant de sentir cet équilibre qu’ils offrent en mots et en sourire ?

Le café n’aura jamais goûté aussi bon que cet après-midi rencontre.   Une rencontre d’êtres fascinants à la nature humaine riche et bonne….

Et juste avant de retrouver le chemin de mes différences, je glisse un regard vers ma mère.   Sans trouver les mots, en enclenchant la marche arrière de ma voiture, ma pensée va vers elle, la plus belle d’entres toutes.   Celle qui a tracé mon chemin de vie, celle dont je suis si fière d’être sa fille... celle qui a tracé mon destin… et je rêve d'un destin sans fin que le rêve reprend comme refrain, je rêve...

xxx

15/03/2010

Un zeste de printemps!

Humeur de fonte...

 

 

Le soleil brille de pleins feux depuis plusieurs jours.   Des températures surprenantes s’affichent au mercure  pour mon Québec,   qui habituellement est beaucoup plus froid et encore très enneigé!    Je peux même déambuler sur mon patio car la neige a déjà disparu…Nous n’avons pas résisté a se faire un barbecue ce weekend même s’il fallait encore la veste d’hiver pour le préparer!   

Cela amène son lot de bonne humeur et de projet.   Nous avons été jusqu'à osés acheter une veste de printemps et classer certains vêtements tels que les combinaisons (vêtements se portant sous les pantalons et chandail pour faire face aux jours TRES froids!)  et les foulards de la longueur d’une autoroute.    Selon les vieux du coin pourtant nous risquons encore une bonne tempête,  pfft que cela ne tienne je n’ai aucune envie de pensée a cela, je préfère et de beaucoup visualiser des fleurs et des arbustes en devenir qu’un retour a l’hiver.  

 

Mes jeunes a la maison ont déjà commencé à revendiquer l’envie de porter des souliers et a alléger leurs vestes….patience, patience…ça viendra!   Je deviens maintenant surveillante des sorties de ma portée…car il essaie de se faufiler en douce avec des manteaux pas attachés ou sans tuque  sur les oreilles.  Me revoilà mégère contre la liberté de mon espèce, un mois plus tôt! Sourire

 

Pour mon conjoint c’est aussi un grand moment, le retour a l’école!   Un concept qui n’est pas accepté et compris  par l’ensemble de ma poelonner…

 -C’est pas vrai hein Véro que Marty il retourne a l’école?

-Bien oui c’est vrai!

-c’est pas possible ça il est trop vieux….

-Bien parfois même vieux nous allons à l’école pour apprendre de nouvelles choses.

-Y a juste à te le demander toi t’es encore plus vieille tu sais tout!

-Tu sais dans la vie ont apprend tout les jours… regarde toi tu deviens grande toi et pourtant tu apprends encore…

-C’est que moi j’ai un bobo dans la tête,  elle est comme cassé un peu Véro c’est pour ça que j’apprends encore il reste de l’eau dedans pour semer des nouvelles choses mais quand ont est vieux il reste plus d’eau, tu comprends?

 

Et me voila foutu pour ce printemps!  Sourire …impossible de lui faire comprendre…

 

Être maman des différences c’est apprendre à donner du  temps pour comprendre certains concepts de la vie.   C’est choisir de laisser tomber une incompréhension pour l’a reprendre avec d’autres mots plus tard…   C’est écouter aussi des façons bien surprenante de pensée la vie…de sourire mais d’éviter d’éclater de rire.    Être maman d’accueil,  c’est offrir toutes sortes de petites leçons quotidiennes qui forment une grande leçon de vie pour la personne qui les étudie et c’est accepter de regarder l’intelligence qui s’y déroule jour après jour car l’être se construit, se modifie.

 

À mes yeux, chaque être différent est un trésor bien précieux.  Tout comme l’enfant,  tout y est neuf, vrai, innocent.  

 

Il y règne une force et une fragilité qui m'émerveillent en chacun!   J'y vois souvent une flamme qui brille dans l'obscurité de nos chaos d’adultes.

 

L'enfance et la différence c'est l'humanité à l'état pur. Sans ces acquis qui la transforment et l'évoluent, de générations en générations...

Et entre vous et moi… la différence c’est mes sourires semés au gré de leurs mots, c’est ma rafraichissante rivière de vie qui me permet de m’épanouir.

13/02/2010

L'enfant tendresse...

x3  Liis  x3 

Avant Noël j’ai vécu  un événement marquant. En fait j’ai passé mes fêtes avec une drôle de sensation dans le cœur… comme un serrement  et une difficulté à couper de tout cela.  Mais je peux désormais penser à lui sans ressentir ces sentiments qu'elle a ensevelis au fond de mon être.  Je sais qu’au fil du temps, cela s'estompera de ma mémoire. Peut-être pas totalement de mon cœur, mais de ma mémoire, quasiment...

 

J’offre à des familles naturelles qui ont des enfants à problèmes ou différents du répit un weekend sur deux.   C’est donc un moment pour eux de se reposer,  mais pour moi c’est souvent un trois jours bien plus difficile car je fais face à des enfants élevés bien différemment que le reste de ma troupe qui fonctionne selon mon horaire et mes habitudes.   Un de mes jeunes est bien particulier, il a 6 ans et il a surtout bien besoin de bases et de discipline pour améliorer sa situation.  J’ai donc droit à des répits avec lui où je rappelle et rappelle et rappelle les règles établies et la base d’une bonne conduite.  Je passe mon weekend à me répéter et à gronder.

 Il était d’ailleurs mon dernier répit avant mon départ pour Noël.   J’avais vraiment hâte de finir ce répit car je quittais après pour un repos bien mérité dans ma belle-famille.   Mon conjoint attendait avec impatience  de revoir ses parents et l’idée de passer quelques jours à faire peu de nourriture et à ne m’occuper que de mon fils me réjouissait.  Mon petit ami en répit,  que nous appellerons monsieur tendresse, avait lui aussi vraiment hâte que cela se termine.   Sa maman lui avait promis de faire le sapin et d’emballer les cadeaux pour les mettre sous l’arbre.  Il ne tenait pas en place, revenant vers moi sans cesse  pour vérifier le temps qu’il restait avant son départ pour la maison.

Ici le sapin trônait depuis un certain temps, l’ambiance était à la fête et tous étaient d’excellente humeur !  Je me sentais d'ailleurs privilégiée de pouvoir vivre avec un tel état d'esprit.   Le dimanche, d’habitude, sa mère venait le chercher vers les 16h00 mais aucune nouvelle d’elle ne laissait prévoir qu’elle se présenterait…. Le petit était bien impatient et il compensait en parlant bien fort du magnifique sapin qu’il ferait avec sa maman en arrivant.

Après une heure d’attente, sa mère me téléphona… :

-Véronique, je ne viendrai pas le chercher !

 -Mais tu ne peux pas faire ça, il t’attend et ton répit se termine ce soir.

  – Il est mieux chez toi que chez moi, je ne vais pas bien !

 – Mais je quitte pour Noël moi demain matin… Tu dois venir le chercher!

– Non je ne viendrai pas…Fais ce que tu veux avec, mets-le sur la galerie s’il le faut mais je ne viendrai pas le chercher !!!

- Mais il t’attend lui, il compte sur toi !

 – Je n’ai plus de voiture, elle  m’a lâchée après avoir été au club Price magasiner…

- C’était à côté de chez moi le club pourquoi ne pas être venue le chercher ensuite ?

 – Tu es plus apte que moi pour t’en occuper actuellement je ne viendrai pas le chercher.

  – Mais as-tu pensé à ce qu’il vivra et ressentira et je ne pourrai pas laisser cela comme ça tu dois venir le chercher.

 – Peut-être demain ...

 – Si tu ne viens pas demain je ferai un signalement, de toute façon ton choix fait que je dois d’avertir ton intervenante. 

Et elle raccrocha…

La première chose que j’ai vue après avoir raccroché a été mon conjoint qui subtilement ramassait les valises pour les faire disparaitre dans une garde robe.  Il vint près de moi et me serra dans ses bras.  Il savait que je devrais annoncer à notre monsieur tendresse que maman ne viendrait pas et que je ne savais pas quand elle reviendrait.  Il savait que  viendraient plein de questionnements, d’inquiétudes et sûrement des larmes.   Ensemble en un gros trois minutes de réflexion nous décidâmes de quitter le lendemain malgré tout, avec lui en plus si sa maman ne venait pas le chercher.

Quand je lui ai dit de venir me voir, il s’est approché lentement en me lorgnant du regard… Puis il me dit

– maman ne viendra pas me chercher hein ?

 Lentement à mon tour je lui ai expliqué du mieux possible la situation.  Les larmes sur ses petites joues blanches coulaient à flots mais il ne sanglotait pas.  Il me dit alors…

- Tu vas me laisser ici seul pour partir dans ta famille ?  

Là je l’ai rassuré lui indiquant que je l’amènerais en vacances si demain elle ne venait pas le chercher…  

Il refusa d’aller jouer.  Mon fils de loin regardait sa peine et son désarroi.   Puis monsieur tendresse me lança :

-Tu crois que le père Noël trouvera où je suis pour que j’aie mes cadeaux ?... et mon fils cria :

-Mais il le sait déjà, regarde sur ce cadeau c’est ton nom qui est marqué !  

Puis mon grand garçon me regarda en souriant car lui ne croit plus au père Noël….mais il était ravi de lui montrer qu’il détenait sous notre arbre un cadeau pour lui.   Monsieur tendresse  passa la soirée à tourner et retourner ce précieux cadeau entre ses mains….avec une moue triste et déçue.

Personne ne fit de valise ce soir-là pour ne pas ajouter à tout cela….et miraculeusement le lendemain, avant notre départ… sa mère arriva.   Tout juste après que j’ai eu fini de tout arranger avec les intervenants  du petit.  Je lui en voulais à cette mère, je lui en veux encore…elle a eu droit aux bras de son fils rempli de bonheur et à son sourire en la voyant arriver.  Moi je lui ai offert un accueil de glace.  

Elle devint son plus beau cadeau de noël… Elle me laissa comme cadeau plein d’amertume et de tristesse.   Je ne peux comprendre comment quelqu’un peut faire cela à un enfant mais je sais maintenant pourquoi monsieur tendresse est si insécure.   Je suis régulièrement révoltée par le sort des enfants  bafoués dans ce monde !  Délaissés à eux-même ils ne peuvent point s’en sortir et grandir intérieurement.  Être parent signifie de donner de soi et de donner la priorité à ces petits êtres que nous avons mis au monde.   L'acte de donner à autrui n'a aucun lien avec la fortune que l'on possède.  L’essentiel est invisible aux yeux mais nécessaire pour le développement de notre progéniture.   Je suis toujours outrée lorsque j'entends les gens d'ici se lamenter de leur pauvreté.  S’ils voyaient la pauvreté de certains enfants….intérieurement et familialement.  Il faudrait ouvrir  grands nos  yeux et  regarder bien plus loin que notre nombril...

Perdue dans mes nuages, j’ai vu  tressaillir mon cœur de maman sous le choc pendant toutes les fêtes.   Et je me suis réveillée souvent avec une drôle d'humeur au fond du cœur...

20/01/2010

Les rénovations

 

J’aime la décoration !  J’ aime tout ce qui est beau, nouveau et in.   Voilà un de mes petits péchés.  Chaque année je n’ai qu’une obsession…rendre encore plus belle une partie de ma demeure.  Je sollicite donc l’aide de mon conjoint ou de ma sœur qui ont  les mêmes  aspirations et nous travaillons en équipe pour changer mon intérieur.    Actuellement, je refais une de mes salles de bains  ( j’en ai trois)  Douche pluie, dehors le bain et de la céramique du plafond au bout des orteils… tout un boulot.    C’est donc la réalisation de toutes ces heures passées à  feuilleter revues  et images virtuelles pour arriver à dénicher LA salle de bain parfaite pour mon goût. 

 

Le délai est toujours assez serré car même si j’aime modifier mon intérieur je déteste la poussière et tous les désagréments d’une réno.  Et chez moi quand on dit changer, on dit aussi questionner.  Ça amène donc des questions de chaque membre de ma poëlonnée à la pelleté ! 

Imaginez deux petites minutes vos mains dans le ciment de céramique avec à la porte trois à quatre membre de votre famille qui amènent commentaires et questions …Je vous le jure, il faut plus que son lot de patience.   Voici pour vous donnez une idée…. :  "Je veux pas te déranger Véro mais pourquoi la toilette est plus là?"  "Ben voyons elle est plus là parce qu’elle répare la salle d’eau.     Elle était pas brisée la salle d’eau hein Véro elle était pas brisée ?"  "Moi mon père il fait pas ça comme ça !  Pourquoi tu mets de la boue sur le plancher ?"  Éclats de rire… "Elle met de la bouette?"  Intervention de mon conjoint :  "Allez jouez les filles c’est fatiguant là !"   "Ben repose-toi, tu travailles tout le temps…."  "Non VOUS êtes fatiguantes."  "Hein! Ben on fait rien on parle!"  "Ben justement."  "Véro pourquoi on est fatiguantes hein? On a le droit de parler quand même?  T’as chaud Véro?  Tu nous réponds plus?  T’es tu fachée?".... et je termine ma tâche pour ce soir, avant de perdre ma bonne humeur.   Puis 5 minutes après …"Marty, lui, il est plus vaillant que Véro, il travaille plus qu’elle.  Véro…elle est pas gentille devine ce qu’elle a dit" … Et c’est moi qui finis par rire… Toute une famille que la mienne et pourtant je ne la changerais pour rien au monde.   

15/01/2010

une séparation

Ici ça discute ferme… ma grand-maman sans sourire est de plus en plus perdue, nous envisageons un départ à moyen terme de ma famille pour un centre spécialisé où elle sera  en sécurité et  ou on répondra plus adéquatement à ses besoins.    Ça me rend triste, très triste.  Je sais très bien que pour son bien nous devons nous rendre vers cette évidence  mais c’est encore la perte d’un membre de ma portée et je sais que le jour où elle l’apprendra elle sera déboussolée et bien insécure.   Ça fait déjà un grand moment que je suis son pallier, sa référence et celle qui assume ce dont elle n’arrive plus à s’occuper.

La séparation est ce qu’il y a de plus difficile quand nous sommes maman d’accueil mais dès le départ nous savons que nous aurons un jour ou l’autre à le vivre.  Ces petits et grands  nous sont prêtés  pour rafistoler leur cœur sur période plus ou moins significative.   Des événements, une perte d’autonomie, un retour dans leur milieu naturel les font quitter à nouveau le nid.   Et ça laisse place à d’autres parfois  plus effrités, moins en forme, qui ont besoin d’encadrement et qui souvent sont bien marqués. 

Quand je dresse le sillage de ma grand-maman, il  résonne des pas perdus dans l’ombre de sa mémoire.    L’Alzheimer est une bien grave maladie,  perdre ses souvenirs est à mon avis une des  plus grandes pertes que l’humain puisse subir.   Quand l’écho de ton cœur devient le seul souvenir puissant,  quand se glissent de tes cheveux gris ces moments que l’ont croyait gravés, quand l’ombre galope sur ces personnes chéries de  notre enfance, quand nos  photos deviennent floues et que les noms n’existent plus, l’humain s’éteint comme une flamme qui se noit dans sa cire, et je pleure le désespoir de voir une vie de souvenirs disparaitre avant même qu’on l’ait mise en  terre.

J’ai du temps, un peu de temps pour me faire à l’idée et bientôt je porterai mon sourire rassurant, je choisirai mes mots comme je choisis mes belles robes pour un moment important  et je  lui broderai des étoiles d’un autre monde pour l’aider et la soutenir vers son départ. 

Et je ne laisserai derrière elle que la trace de notre sillage qui  ne s’effacera que trop rapidement car sa mémoire a des ailes, qui fuguent au gré du vent…. 

16/12/2009

Mes lutins de Noël….

Mes lutins de Noël….

Lorsque je  mesure le temps, il m’en  manque toujours en cette période…chaque année c’est un défi que d’arriver dans les délais pour fêter comme tout le reste du monde !

Pour ces enfants qui  sont mes petits protégés,  c’est un départ dans leur milieu naturel qui les attend.  C’est une toute première pour moi, car habituellement, il m’en reste toujours un ou deux pour Noël !

J’entrerai donc sous peu dans la danse des valises à faire, les exigences de calme en ma demeure,  car  plus la date de Noël se rapprochera et plus il y aura une ambiance de tempête dans le cœur de chacun de mes lutins … Ah la frénésie des fêtes !    Et je fêterai Noël avant la date pour remettre à ces joyeux lurons leurs cadeaux et ainsi permettre à cette famille reconstituée qui est la mienne de fêter tous ensemble !

Je ne sais comment toutes ces choses qui m’épuisent et représentent une grande lourdeur me nourrissent malgré tout de  joies et  m'émoussent de bonne humeur.   Je suis peut-être masochiste  ou alors complètement givrée.    Une chose est sûre en tout cas : dans ce monde compliqué, la simplicité du bonheur est un plaisir des plus précieux, contempler ces visages ravis, ces petites joies  qui s’associent à cette fête cela vaut  mille et un trésors que cette terre recèle. 

Je suis émerveillée par ce qui n'est pas commun ou différent.  Si vous les voyiez langues sorties, les mains pleines de gouache, essayant de réaliser des boules de Noël pour les offrir à leurs parents…  Voir à quel point la force de l'un vient combler la faiblesse de l’autre est à mes yeux mon plus grand signe de réussite.

Je conçois ces sursauts de vie qui embellissent mon chemin comme la possibilité de retrouver la paix dans mon âme et ils me permettent d’accepter mon destin.  Grâce à eux je sais que ce qui est brisé peut se reconstruire.  Je sais également que ce qui est différent est très beau, voire unique ce qui les rend encore plus précieux. 

Lorsque je répands mes mots pour vous parler d’eux, s’il y a du chagrin il s'évanouit à la pensée d'un nouveau sourire, d’une nouvelle journée.   

Etre au sommet de la plus haute montagne pour admirer le décor de la nature et le chant des cœurs est magique.  Moi c’est à  Noël que  le silence  chuchotera. Mais je sais que je serai  transportée par les soupirs brûlants de ma flamme intérieure ne recelant que du bonheur.  J’apprécierai  divinement le calme et je chercherai  à me reposer de cette  vie trépidante...

Ce soir nous emballerons tous ces cadeaux faits avec patience et difficulté.   Nous prendrons des heures à le réaliser et je sais que pour certains ça ne sera pas une mince affaire…. Mais faire en sorte que le bonheur des uns soit parfait… afin que leur  cœur serré devienne joyeux le jour de Noël dans chacune de leur famille… fait sûrement de moi l’espace d’un moment une mère Noël, la plus choyée des mamans !