25/02/2011

La mort!

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L’orage gronde, je frissonne.   La mort l’enserre comme une liane.   Dans ses yeux flotte la tristesse, plus aucune magie n’opère.   L’homme de sa vie est mort, son amoureux, celui qui à chaque moment important lui apportait un petit cadeau, de l’affection, une parcelle de vie amoureuse.   Être différent ne veut pas dire ne plus ressentir, ne pas avoir mal.  Mademoiselle sourire ne rit plus…l’âme en berne, elle cueille chaque parcelle de ce qu’il lui reste de lui.    Elle me montre une petite médaille faite pour se souvenir, sa voix est enrouée par l’émotion.  Comme une mère louve j’en profite pour l’agripper par la peau d’âme :

-Tu l’aimais ton Julien hein? Que je lui lance. 

-Oh oui Véro je l’aimais beaucoup…pour vrai!

Elle me raconte cette dernière fois passée à ses côtés, cette fête de St-Valentin parfaite.  J’imagine cette grande tristesse qu’elle vivra à voir filer le temps sans lui. 

Le silence est lourd, sa peine s’y glisse doucement.   Puis je m’accroche à chaque parcelle d’elle.  Délicatement, je lui parle d’aimer bien au delà de cette terre, bien plus grand que le cœur.  Elle me sourit en laissant couler les flots de son amour perdu.  Je lui parle de ressentir la beauté de l’invisible qui l’entoure, de sentir l’amour encore présent en son cœur…d’aimer ce qui n’est plus tout en continuant de vivre.   Elle me dit ce qu’il aimait et me propose de regarder tout cela pour deux maintenant…et je souris.   Sur sa table de chevet un petit coin d’amour y est déposé….sa médaille, son signet, cette fleur prise près de son urne et doucement, sans un mot… elle laisse passer le temps.

16/12/2010

Le tremblement de terre!

petite-fille-triste

Le temps bondit à pas de géant, pourtant sur son lit tout semble s’être arrêté.  Subtilement, elle fait le grand ménage, celui de ses peurs, de ses craintes et de ses grands tourments.  Dernièrement tout s’est cassé…un subtil changement dans sa médication et toute la terre a tremblé.   Elle regrette ses mots, sa violence momentanée auprès de son petit complice, son ami, presqu’un petit frère.   Lui n’y pense plus mais elle, son cœur est toujours rempli de chagrin.  Elle s’accroche à un bout de carton avec un dessin, celui qu’il lui a fait quand il a su qu’elle était hospitalisée.  Psychose est le terme de son état, mais quiconque regarde avec ses lunettes de cœur voit bien qu’elle est en peine d’amour…. Lorsque je lui rends visite, elle ne cesse de me parler de lui, de ce qui s’est passé.  Elle répète chaque phrase que je mentionne et qui la calme.   Elle me demande si  elle pourra revenir à la maison, s’il l’aimera toujours.   Puis je lui parle d’amour, je prends comme exemple ses parents et nous regardons un peu avec ses yeux comment s’est passé leur vie de couple.   En témoin de première ligne elle me raconte leurs joies, leurs peines et leurs difficultés, tout cela perçu par son regard de jeune fille.   Nous concluons donc que ses parents s’aiment fort, voir intensément et ce malgré les années et les embûches.  Après je lui explique que sa relation avec mon fils est identique… que l’évolution d’un véritable amour n’est jamais sans embûche et ce même si l’on parle d’amour fraternel… tout en souriant, les cheveux en pagaille sur son lit d’hôpital  elle me dit qu’elle m’aime plus fort que fort ! 

 

04/10/2010

Un brin d'automne...

Depuis des jours, j'essaie désespérément de rassembler mes mots pour écrire des textes mais ceux-ci me fuient tout comme mes heures de sommeil.  Depuis que  monsieur Tom pouce m’est arrivé, je m’adapte à ses humeurs qui sombrent plus qu’elles ne reluisent.  Même si l'envie de fuguer  me tenaille, je m’accroche  à son temps en me disant que le ciel finira par se dégager.    Dehors c’est l’œuvre d’art de l’automne…toutes ses couleurs qui s’affichent par ma fenêtre me donnent envie de sortir mais monsieur Tom pouce a peur de l’extérieur et mes tentatives finissent par un nez tout gommé et un petit homme roulé en boule en pleine crise de nerfs.    J’aimerais tant qu’il voie ces jolis paysages, qu’il apprécie notre douceur de vivre.   Mon conjoint tendrement me glisse à l’oreille: tu sais ce que ta mère dit toujours... " tout vient à point à qui sait attendre", laisse-lui le temps, il a besoin de temps.   Entre deux de ses coups de pied, je me sens fébrile… En ma mémoire une autre fin de semaine reste à ranger dans un tiroir, un week-end rempli de temps difficile et d’aucune sortie.  Cela me déçoit, je me sens triste.   Puis sans que personne ne l’ait commandé  il s’approche et m’embrasse la joue !  Son premier baiser...

 un flot de tendresse m’ inonde le cœur et ce souvenir s’insère dans la chaleur de mon âme…il ne reste qu’à attendre après tout!

 

13/07/2010

Fleur de pommier

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Fleur de pommier est entrée dans nos vies en pleine période d’éclosion florale… juste avant l’été ! Elle a toujours vécu chez ses parents. Ses balises ont toujours été très claires. Puis comme choix d’adulte, elle a décidé de s’investir dans un nouveau milieu, d’être en famille d’accueil. Elle a sûrement plein de titres associés à sa réalité mais si je résume Fleur de pommier, je vous dirais que ses différences se nomment anxiété et autisme de haut niveau. Jeune fille colorée, avec une grande capacité à m’enlacer par ses mots si bien choisis. Sans aucune barrière, elle se laisse intégrer et gère au jour le jour un paquet de nouvelles réalités. Car mon monde quoique beau est loin d’être facile pour une petite pomme même si celle-ci se laisse tomber bien mûre entre mes mains. Chaque jour courageusement, elle essaie de s’adapter…avec une grande volonté à dompter l’animal anxiété qui dort en elle. Déjà, je suis très satisfaite de ses efforts…il parait que les tableaux de renforcement la rendaient très très anxieuse... trop ! Ici après une semaine de tension, je peux dire qu’il occasionne des joies mais plus de stress…. Et elle en est très fière.

Tranquillement, elle apprend à me faire confiance, délicatement je lui montre à être moins accaparante. Gentiment, elle me livre ses émotions…tendrement je la remets à un monde d’adultes avec des comportements adéquats. Ça ne fait que quelques semaines qu’elle fleurit ma maison et même si j’avoue qu’elle m’a demandé bien de l’énergie je crois sincèrement que notre récolte d’automne sera remplie de couleurs, de saveurs et de douceur…

Comme j’ai hâte de voir tout cela…savourer chaque moment est ma devise …et même si la vie n’est pas rose tous les jours, elle la rend déjà plus jolie…

11/06/2010

Les petites fées

 

Tu te souviens de ce temps,  ce temps où l’imagination n’avait pas de fin et où chaque aventure se racontait dans notre tête.  Te souviens-tu de tes rêves les plus fous ?  Où chevaliers, princesses et fées étaient au rendez vous…  Où la réalité n’était qu’une sombre trace faite pour nos parents qui semblaient s’enliser dans ses parcelles sombres.  Te souviens-tu ?

Cette fin d’hiver m’a apporté de nouveaux voisins.  Deux messieurs qui laborieusement agrémentent leur terrain et leur propriété.  Des gens bien vaillants et qui aiment le beau.  C’est un plaisir de les voir transformer leur monde surtout depuis l’arrivée du doux temps… fleurs, arbustes et lumières sont au rendez vous…c’est très joli.   Mademoiselle sourire les a tout de suite remarqués, miss rieuse aussi….Toutes deux, elles sont souvent nez contre la fenêtre à observer nos nouveaux voisins.    Souvent j’ai dû intervenir sur l’importance de laisser vivre les autres,  de ne pas espionner, que ce n’est pas super génial !

Malgré tout ça une d’entre elles continuait à garder le nez dans la vitrine… surtout le soir.  Chaque fois que je passais devant sa chambre, je la retrouvais là, dans le noir à regarder.  Je ne suis d’abord pas intervenue, laissant le temps à la nouveauté de passer….mais rien à faire elle est restée là  aux aguets. Comme si chaque soir, elle avait rendez-vous…

Un soir, je suis entrée dans sa chambre et lui ai proposé d’aller leur souhaiter la bienvenue.  D’un regard, j’ai su que je venais d’ouvrir la porte du  monde des confidences.  Elle me dit : « Ils sont des sages. »   J’ai dit « Quoi? Des sages? »

« Oui, oui des sages! »

« Tu peux m’expliquer comment tu sais ça toi? »

« Ben si tu regardes bien ils ont toujours des visites la nuit… »

« Des visites? »

« Viens voir… regarde les mini lumières dans leurs fleurs …est ce que tu les vois ? »

« Heuuuuu….oui oui! »

« Ben c’est des fées… regarde elles bougent toujours … »

Surprise de cette révélation, je me mets moi aussi à épier mes voisins et je constate qu’ils ont installé de petites lumières qui, derrière les arbustes et fleurs, ont de la vue de sa chambre l’effet d’une lumière qui bouge…

« Tu vois Véro? »

« Heuuuu oui oui ! »

« C’est une forêt pour fée….c’est rare… »

Cette magnifique forêt coiffée  d'ombres et de lumières que le vent  agite est donc l’âtre des fées… toute une révélation ! 

J’hésite à intervenir, puis je me souviens...De tous ces mondes imaginaires que j’ai bâtis à l’abri des regards et qui parfois encore se laissent entendre dans le parfum de mes souvenirs.  Et sans dire un mot,  je l’ai laissée rêver, apprécier, imaginer que là-bas juste de l’autre côté de la rue il y a de très grands sages qui trônent dans leurs plates-bandes sur un fabuleux royaume où dansent chaque soir de petites fées !

 

06/06/2010

Les petits indiens

 

 

La semaine dernière fut un enfer !  Avant même de le réaliser,  j’ai dû faire face au monstre « gastro-entérite ». Vous savez celui qui attaque et qui se laisse déborder par les deux bouts de notre pauvre corps.   Quoi qu’il en soit lorsque ça m’arrive je fais face du mieux possible mais quand il attaque un ou des membres de ma portée c’est toute une aventure.   Mademoiselle sourire en fut victime la semaine dernière, entre des vomissements et des diarrhées à tracer son chemin, elle fit face du mieux possible à ce monstre géant.   Personnellement, j’ai dû soigner, ramasser et apaiser tous ses maux.  Une nuit j’ai fait jusqu'à neuf lavages de lit, même ma laveuse criait sa peine !

Bref ce fut une semaine où Je me suis laissée entraîner dans cette spirale indomptable, en essayant de récupérer quelques heures de sommeil par ci par là !  Mademoiselle sourire, elle, en perdu son précieux sourire, laissant place aux larmes et aux découragements.  C’est donc par coup de téléphone qu’elle reprit un peu de vie parlant à sa précieuse maman qui elle vivait dans l’inquiétude.

En regardant ce petit bout d'enfant-adulte, mon cœur s’est serré d'inquiétude et m’a fait penser avec tristesse que certaines personnes ne devraient pas avoir à subir en plus de leur réalité ces maladies si éprouvantes.   Une nuit, alors qu’elle était toute tremblante après une série de vomissements, mon conjoint la voyant avancer avec difficulté par épuisement l’a prise dans ses bras pour la ramener dans son lit à nouveau propre.  

Avec sa voix toute enrouée et avec de petites larmes glissant sur sa joue, elle me dit : « Il est fort Marty hein? »  Malgré la maladie, la fatigue et un certain découragement elle me fit sourire... et je lui ai répondu : « T’étais comme une tite princesse là ! »  Et elle me sourit…

Le lendemain matin, et ce même si miss sourire nous avait tous esclaffé notre souper et nos petites personnes de vomissements, tous sans exceptions demandaient comment elle allait et voulait aller la voir… Je leur ai donc expliqué qu’il fallait la laisser se reposer et éviter d’ être trop en contact avec elle pour ne pas propager le monstre gastro.  Tous ont acquiescé… mais deux minutes après j’ai retrouvé  mon premier petit indien…assis juste avant sa porte d’entrée,  il la regardait dormir.   Je lui ai dit : « Que fais-tu là? »  Et il me dit : « Je voulais voir si elle allait mieux pour vrai ! »  « Donne-lui du temps, elle ira mieux,  toujours un petit peu plus tous les jours… » et j’ai sommé  mon petit indien de disparaitre… Dix minutes plus tard un autre petit indien était là bien planté debout près de sa porte !

-         « J’attends qu’elle se réveille pour lui dire bonjour…on se dit toujours bonjour.. »

-         « ouste laisse-là se reposer… »que je répondis en lui caressant la nuque.

Puis dans cette journée, j’ai bien dû rencontrer six indiens près de sa chambre…

Quand mademoiselle sourire se sentit un peu mieux, je lui ai raconté qu’elle avait reçu des indiens lors de sa convalescence…et elle me répondit : « Je sais, je m’en suis aperçu…c’est pour ça qu’il fallait que j’aille mieux…ils étaient tous si inquiets ! » 

Dans  ce monde de fous que m’offre ma société j’ai souvent besoin d'idéaux pour avancer. J'ai besoin de croire en un monde meilleur,  j’ai besoin de savoir qu’il y aura toujours un prochain pour prendre soin de l’autre.

  Dans le monde particulier où je vis…il existe des mots incroyables que chaque membre sait conjuguer : soutien,  entraide,  amour,  compassion,   solidarité,  acceptation et respect.   Comme j’aimerais parfois prendre chaque membre de  ma race humaine pour lui faire goûter mon  monde où règne l’harmonie, où le succès n'est pas matériel et où la beauté dépasse l'artificiel...et ce même les jours gastro !

 

 

 

 

19/05/2010

La reconnaissance....

 

S’il y a une chose que j’ai apprise en tant que famille d’accueil, c’ est bien de ne m’attendre à aucune reconnaissance de personne.  Au tout début de ma belle aventure,  je me souviens des jours de tristesse reliés à une fin de placement parce que je m’attendais à tout sauf à une fin si difficile où reproche et rejet étaient  au rendez-vous, sans compter la perte de cet être que l’on cotoyait tous les jours.    Que l’on passe des années à s’occuper de quelqu’un, que l’on passe des heures et des heures à intervenir ce n’est pas cela qui est vu lors d’un départ... La majorité du temps c’est le fait qu’il y ait une fin.   Habituellement, les parents naturels de ces enfants prennent durement le fait que l’on ne peuve plus rien apporter à leur progéniture, que nos interventions n’apportent plus de résultat et ils rejettent le blâme sur nous... J’ai entendu des choses comme : "c’est eux qui ne sont pas bons.." "Ils sont trop fatigués..." "Elle n’avait que l’appat du gain...je ne  comprends pas qu’ils en peuvent plus, ils sont payé pour tout endurer.... " etc.

Donc, chaque pas, chaque geste il faut les poser pour soi et ce jeune qui chemine avec nous mais il faut le faire sans aucune attente de reconnaissance et de remerciement. Oh mais n’ayez crainte,  je ne généralise pas cependant, quelques exceptions feront tout une différence mais c’est bien rare. Ce  n’est malheureusement pas la majorité qui est passée chez moi.

A partir du moment où nous mettons une limite, nous devenons moins bien, moins bons, moins géniaux.   Il deviennent plus exigeants , plus cassants et la relation plus tendue. C’est donc la raison essentielle de chaque travailleur social  relié à chaque enfant.   Leurs rôles sont de doser, expliquer, défendre et comprendre ce qui se passe avec chaque placement.  Il ne faudrait cependant pas croire que l’on est seule dans cette aventure... Même du côté de la famille d’accueil, une intervenante est liée à chaque famille, elle se doit de prendre le pouls, de supporter, de soutenir et de mettre un ultimatum lorsqu’il est temps.   A chaque fois que j’ai interrompu un placement ou mis une limite, ma responsable de famille d’accueil me l’avait conseillé suite à des échanges sur ce que nous vivions dans ma famille au quotidien.  

 

Pour ces parents, il est facile de ne voir que leur enfant, mais mon rôle de famille d’accueil est de voir l’ensemble de ma maisonnée.  Si un jeune ne finit pas par se cadrer, se calmer, se conformer... je ne pourrais pas le garder  car je dois aussi voir à la qualité de vie du reste de ma poëlonnée.   Si  ce jeune se montre violent, agressif ou perturbateur,  je devrais finir par mettre un stop car aucune personne ne peut assumer ce genre de situation longtemps.

Au tout début, je me souviens que j’en voulais beaucoup à ces familles.  Je les traitais d’ingrats.  Aujourd’hui, je comprends à quel point une déchirure comme celle-ci fait mal et lorsque ça arrive j’essaie d’être sourde...juste un peu  pour avoir moins mal...parfois ça marche, parfois ça ne marche pas du tout....alors je tempête quelques jours contre eux....et après je pardonne...car sincèrement mes épaules sont déja bien lourdes avec toute ma réalité...pas question de traîner du passé qui ne mène à nulle part....

 

Ainsi va la vie aussi ...avec ses hauts et ses bas...

04/05/2010

la grasse matinée


 

 

Sensuellement je m’étire, une douce parcelle de soleil marque cette journée qui débute.  Je sens la respiration  profonde de mon homme dans mon dos.  Puis il s’éveille et doucement me caresse, le temps n’existe plus.   Tout est calme,  aucun cri, pas de téleviseur en sourdine, aucun "Maman !!!" lancé en panique.  Je regarde l’heure, 7h 15 !  

Incroyable j’ai dormi 9h sans m’éveiller, neuf petites heures qui furent un des plus beaux cadeaux de ce mois... car chez moi autant d’heures de sommeil n’est pas courant.   La normalité m’en offre cinq ou six tout au plus.   Comme une chatte au soleil je m’étire et prends le temps de prendre letemps.  Sourire aux lèvres je réponds à mon homme qui me demande ce que j’ai fait à toute ma maisonnée pour qu’aucun ne soit levé. Il me demande si je leur ai proposé cent dollars ou un truc du genre...ça me fait rigoler, c’est rare que l’on peut prendre ce temps pour rire et  se détendre en se levant.

 Ce matin, pour une rare fois, l’être prioritaire devient moi !   Tout moi!   Je peux donc  faire mon café en tout premier, le boire et regarder mes précieux courriels... si c’est pas la belle vie ça ! Puis,  peu à peu chacun, chacune apparait pour manger, s’étonne de leurs grands dodos de la nuit, de leur grasse matinée...

Et sans dire un mot en accumulant des crêpes dans ma grande assiette,  je me dis que moi, ce qui m’a étonnée c'est de voir mon regard si lisse et si jeune.... Comme il est bon parfois de se lever à sept heures....

13/04/2010

SOUVIENS-TOI !


 

Il y a de ces jours où la vie nous apparait plus rose, plus douce et plus facile.  Il y a de ces petits moments que l’on voudrait revoir en remettant la marche arrière encore et encore.  Il y a des événements parfois que l’on aurait voulu changer, reprendre différemment…puis il y a la réalité avec laquelle l’on doit vivre et respirer tout d’un coup.

Tout était tranquille dans ma maisonnée, nous nous préparions à regarder un bon film, allongés dans notre lit mon homme et moi, quand le téléphone sonna.   Je n’ai eu qu’a dire :" Allo ?" pour l’entendre me dire : "Véro c’est moi monsieur été ! "

Sa voix toute enjouée fut immédiatement reconnue …dire que je n’avais pas eu de nouvelle de lui depuis son départ!  ( référence à  son départ….le tout premier texte écrit ici sur ce blog…un départ !)

Bouleversement du cœur en une fraction de seconde, toute une surprise que son appel !

-Je m’ennuyais Véro ! Tu me manques… 

Des mots prononcés sans aucune retenue par un petit adolescent qui eut tellement de difficultés à me les prononcer lorsqu’il fut placé chez moi.  Un silence…. 

–Comment vas-tu mon grand?

- Je vais bien mais tu sais je suis resté à l’institut, je vais même à l’école ici maintenant… Je ne sors plus, sauf pour aller voir papa !

- Et bien c’est beaucoup de changements tout ça mon trésor…

- Je suis encore ton trésor ?

- Ah oui tu le seras toujours…

- Dis Véro t’es-tu encore ma maman d’accueil ?

- A ton avis le suis-je?

- T’es la seule maman que j’ai jamais eue …

 

Pour laisser vivre ce moment qui m'anime le sang, je respire lentement.  Ce petit a été l'inspiration de tant de billets que de lui parler enfin me donne le vertige.   Comme j'aimerais le serrer dans mes bras, je suis toute boulversée.  Étouffant ensemble enfin nos  soupirs pour que le silence danse  sereinement de sa folie, nous nous écoutons respirer.

Puis il me dit :

- T'es pas fâchée hein que je t’aie téléphoné ?

- Bien sûr que non, ça me fait tellement plaisir ! Tu es bien là-bas ?

- Oui mais j’aimais beaucoup mieux chez toi Véro…T’as eu notre chien ?

- Oui elle se nomme Noël ! 

- C’est beau comme nom, tu vas m’envoyer une photo sur mon msn ?

- Bien sûr…avec plaisir !

- Tu veux-tu mon adresse pour m’écrire ? Mon numéro de téléphone ? Tu sais tu pourrais m’appeler si tu veux.

- Donne-moi tout ça, c’est une excellente idée !

- Je reviendrai plus jamais chez toi hein Véro ?

- Malheureusement non mon cœur, tu as bien vu que ca ne fonctionnait pas !

- J’ai essayé de faire comme il le faut mais j’y suis pas arrivé.

- On a tous les deux essayé et on y est pas arrivés .. parfois tu sais ça arrive !

- Tu vas continuer de m’aimer ?

- Je vais t’aimer toute ma vie mon grand…toute ma vie !

J’entendais son cœur battre au rythme de notre saison, ses mots éclairaient enfin notre mélancolie…Pendant tout ce temps mes mots s’ennuyaient de lui… il me manquait.

- Je vais devoir raccrocher Véro , j’ai qu’un certain lapse de temps pour te parler

- C’est correct je comprends cela… A bientôt !

- Véro ?

- Oui ?

- Je t’aime maman…

Avec une voix tremblante….

- Je t’aime mon grand ! Je t’aime….

Et je me suis sentie fondre…

Voilà le printemps est enfin arrivé….

 

18/03/2010

Le café des splendeurs

 

 

Je suis du genre très *sauvage* lorsqu’il est temps d’assister à des rencontres ou des formations.  Faute avouée est à demi pardonnée raconte-t-on !   Je l’avoue… Si cela ne m’accroche pas dès l’invitation, rien à faire,  je garderai mon précieux  temps et je ne ferai pas acte de présence.

 Lorsque j’ai reçu ce petit papier m’invitant à assister à un échange café-muffins entre ressources et familles d’accueil, l’idée m’a plu.     Et me voici assise sur cette chaise avec une sensation étrangement agréable, à observer  tous ces êtres au grand cœur qui partagent la même passion que moi…. Des passionnés de différences.

 Rapidement nous profitons de l’occasion mise à notre disposition  pour engager la conversation, pour dialoguer de ce qui nous tient à cœur, de ce qui nous rebute, de ce qui nous rend fières.  Sujet après sujet, chacun à son rythme se dévoile peu à peu. C'est un moment  imprégné de paix et de beauté, coloré à la saveur de toutes ces années d’expériences réunies.   Encore une fois, je me surprends  à en  profiter au maximum. Profiter de ces instants d'échange et de complicité  qui passent est un enrichissement en soi… un baume sur les jours qui furent difficiles et qui tout à coup deviennent plus normalisés par d’autres personnes ayant vécu des expériences similaires.  

Puis l’expérience prend la parole…Ces familles qui ont 20, 25 ans d’engagement comme famille d’accueil, ma mère entre autre.   Ces piliers qui grâce à leur force intérieure, armés des outils qu'ils ont acquis par des années de dur labeur, qui ont su affronter la jungle humaine et s'y construire une place de choix, se livrent…  Dotés de personnalité lumineuse et de bonne répartie, gentiment, subtilement ils laissent entrevoir aux toutes nouvelles familles les futurs défis…

En retenant mes sourires, j’inspire l’atmosphère silencieuse des sillons de leurs vécus.   Je m'imprègne de cette nature qui m'entoure, de cette paix qu'elle exulte…

Diplôme en poche, conjoint aimant, maman de deux enfants fantastiques, mère d’accueil de plein d’autres.  Photographe du ressenti, auteure anonyme, je tricote de la fibre familiale avec passion. En solitaire je sème. Tranquille au coin de ma brousse, je me laisse bercer par la différence qui m’épanouit. Je m’applique à raffiner les êtres humains jusque dans les moindres détails. Je repousse les limites en labourant la terre.   Je pleure et gueule sous l’incompréhension mais je suis heureuse, comblée et pour la toute première fois je constate que je ne suis pas seule de façon tangible… Je vois clairement que  le chemin fut tracé par d’autres bien avant moi… tous ces sourires tracés de ligne du temps me ramènent à ces années qu’ils ont accumulées…Combien d'étapes me reste-t-il à traverser avant de sentir cet équilibre qu’ils offrent en mots et en sourire ?

Le café n’aura jamais goûté aussi bon que cet après-midi rencontre.   Une rencontre d’êtres fascinants à la nature humaine riche et bonne….

Et juste avant de retrouver le chemin de mes différences, je glisse un regard vers ma mère.   Sans trouver les mots, en enclenchant la marche arrière de ma voiture, ma pensée va vers elle, la plus belle d’entres toutes.   Celle qui a tracé mon chemin de vie, celle dont je suis si fière d’être sa fille... celle qui a tracé mon destin… et je rêve d'un destin sans fin que le rêve reprend comme refrain, je rêve...

xxx

15/03/2010

Un zeste de printemps!

Humeur de fonte...

 

 

Le soleil brille de pleins feux depuis plusieurs jours.   Des températures surprenantes s’affichent au mercure  pour mon Québec,   qui habituellement est beaucoup plus froid et encore très enneigé!    Je peux même déambuler sur mon patio car la neige a déjà disparu…Nous n’avons pas résisté a se faire un barbecue ce weekend même s’il fallait encore la veste d’hiver pour le préparer!   

Cela amène son lot de bonne humeur et de projet.   Nous avons été jusqu'à osés acheter une veste de printemps et classer certains vêtements tels que les combinaisons (vêtements se portant sous les pantalons et chandail pour faire face aux jours TRES froids!)  et les foulards de la longueur d’une autoroute.    Selon les vieux du coin pourtant nous risquons encore une bonne tempête,  pfft que cela ne tienne je n’ai aucune envie de pensée a cela, je préfère et de beaucoup visualiser des fleurs et des arbustes en devenir qu’un retour a l’hiver.  

 

Mes jeunes a la maison ont déjà commencé à revendiquer l’envie de porter des souliers et a alléger leurs vestes….patience, patience…ça viendra!   Je deviens maintenant surveillante des sorties de ma portée…car il essaie de se faufiler en douce avec des manteaux pas attachés ou sans tuque  sur les oreilles.  Me revoilà mégère contre la liberté de mon espèce, un mois plus tôt! Sourire

 

Pour mon conjoint c’est aussi un grand moment, le retour a l’école!   Un concept qui n’est pas accepté et compris  par l’ensemble de ma poelonner…

 -C’est pas vrai hein Véro que Marty il retourne a l’école?

-Bien oui c’est vrai!

-c’est pas possible ça il est trop vieux….

-Bien parfois même vieux nous allons à l’école pour apprendre de nouvelles choses.

-Y a juste à te le demander toi t’es encore plus vieille tu sais tout!

-Tu sais dans la vie ont apprend tout les jours… regarde toi tu deviens grande toi et pourtant tu apprends encore…

-C’est que moi j’ai un bobo dans la tête,  elle est comme cassé un peu Véro c’est pour ça que j’apprends encore il reste de l’eau dedans pour semer des nouvelles choses mais quand ont est vieux il reste plus d’eau, tu comprends?

 

Et me voila foutu pour ce printemps!  Sourire …impossible de lui faire comprendre…

 

Être maman des différences c’est apprendre à donner du  temps pour comprendre certains concepts de la vie.   C’est choisir de laisser tomber une incompréhension pour l’a reprendre avec d’autres mots plus tard…   C’est écouter aussi des façons bien surprenante de pensée la vie…de sourire mais d’éviter d’éclater de rire.    Être maman d’accueil,  c’est offrir toutes sortes de petites leçons quotidiennes qui forment une grande leçon de vie pour la personne qui les étudie et c’est accepter de regarder l’intelligence qui s’y déroule jour après jour car l’être se construit, se modifie.

 

À mes yeux, chaque être différent est un trésor bien précieux.  Tout comme l’enfant,  tout y est neuf, vrai, innocent.  

 

Il y règne une force et une fragilité qui m'émerveillent en chacun!   J'y vois souvent une flamme qui brille dans l'obscurité de nos chaos d’adultes.

 

L'enfance et la différence c'est l'humanité à l'état pur. Sans ces acquis qui la transforment et l'évoluent, de générations en générations...

Et entre vous et moi… la différence c’est mes sourires semés au gré de leurs mots, c’est ma rafraichissante rivière de vie qui me permet de m’épanouir.

02/03/2010

Mon univers

 

Comme vous le savez ma vie est remplie d’enfants et d’adultes différents.  Chez moi, chaque jour file à un rythme d’enfer assaisonné de besoins à combler et d’interventions à poser.   Mon univers est fait d’actions visant à améliorer le sort de l’un et l’autre tout au long de mes journées.  Parfois c’est fort lourd, moins drôle, plus épuisant et déstabilisant.  Je passe ma vie à négocier :  les récompenses, les sorties, les besoins de l’un avant ceux de l’autre  et les exigences parentales de chacun et chacune de ma portée.  Il m’arrive d’être fatiguée et souvent fort épuisée…moralement, physiquement et certains jours les deux à la fois.

 Mais si je continue, c’est qu’à mes cotés il existe un être exceptionnel qui partage ma vie…qui, les jours plus difficiles, de sa main  frôle la mienne.  Il est le tempo de mes limites, le reflet de ma famille c’est lui qui dit "c’est ASSEZ ! " Il est celui qui essuie chaque larme de ma rivière intérieure,  ainsi perle notre harmonie.   Il me permet de me ressourcer entre ses bras.  Il accepte même les ronflements d’une journée trop lourde à porter.

Cette vie qui roule et hurle engloutit parfois  l'étreinte de ma passion... Je voyage de différence en différence, en me laissant porter  mais bien souvent je finis mes journées par la fatigue et l’essoufflement…mais il est là...Comme  l’azur qui dresse son éternité  autour de moi.   Pour retrouver la femme que je suis,  pour que mon  cœur puisse battre  au rythme  de ses saisons,  pour que ses  mots  éclairent ma mélancolie.    Quand j’ai divorcé, j’ai cru ne jamais trouver un être à la hauteur de mes aspirations, qui me comprenne et me soutienne.   Quelqu’un qui m’accepterait comme je suis,avec mes forces et mes faiblesses, et il est apparu. Il a pris place dans ma vie, m’imposant son jeune âge et son amour et  il a toujours été à mes côtés peu importe si la barque était en pleine tempête ou coincée à marée basse.

Parfois d'un éphémère moment qui brille, dans la folie d’une de nos journées, le miroir reflète ses yeux et je sens le souffle  démesuré  de son amour et je danse dans mon quotidien avec toute cette passion car même après dix ans, quand il ne reste que l'aube d'habillée  j’entends encore battre la mer au fond de ses yeux….il est l’homme de ma vie !

13/02/2010

L'enfant tendresse...

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Avant Noël j’ai vécu  un événement marquant. En fait j’ai passé mes fêtes avec une drôle de sensation dans le cœur… comme un serrement  et une difficulté à couper de tout cela.  Mais je peux désormais penser à lui sans ressentir ces sentiments qu'elle a ensevelis au fond de mon être.  Je sais qu’au fil du temps, cela s'estompera de ma mémoire. Peut-être pas totalement de mon cœur, mais de ma mémoire, quasiment...

 

J’offre à des familles naturelles qui ont des enfants à problèmes ou différents du répit un weekend sur deux.   C’est donc un moment pour eux de se reposer,  mais pour moi c’est souvent un trois jours bien plus difficile car je fais face à des enfants élevés bien différemment que le reste de ma troupe qui fonctionne selon mon horaire et mes habitudes.   Un de mes jeunes est bien particulier, il a 6 ans et il a surtout bien besoin de bases et de discipline pour améliorer sa situation.  J’ai donc droit à des répits avec lui où je rappelle et rappelle et rappelle les règles établies et la base d’une bonne conduite.  Je passe mon weekend à me répéter et à gronder.

 Il était d’ailleurs mon dernier répit avant mon départ pour Noël.   J’avais vraiment hâte de finir ce répit car je quittais après pour un repos bien mérité dans ma belle-famille.   Mon conjoint attendait avec impatience  de revoir ses parents et l’idée de passer quelques jours à faire peu de nourriture et à ne m’occuper que de mon fils me réjouissait.  Mon petit ami en répit,  que nous appellerons monsieur tendresse, avait lui aussi vraiment hâte que cela se termine.   Sa maman lui avait promis de faire le sapin et d’emballer les cadeaux pour les mettre sous l’arbre.  Il ne tenait pas en place, revenant vers moi sans cesse  pour vérifier le temps qu’il restait avant son départ pour la maison.

Ici le sapin trônait depuis un certain temps, l’ambiance était à la fête et tous étaient d’excellente humeur !  Je me sentais d'ailleurs privilégiée de pouvoir vivre avec un tel état d'esprit.   Le dimanche, d’habitude, sa mère venait le chercher vers les 16h00 mais aucune nouvelle d’elle ne laissait prévoir qu’elle se présenterait…. Le petit était bien impatient et il compensait en parlant bien fort du magnifique sapin qu’il ferait avec sa maman en arrivant.

Après une heure d’attente, sa mère me téléphona… :

-Véronique, je ne viendrai pas le chercher !

 -Mais tu ne peux pas faire ça, il t’attend et ton répit se termine ce soir.

  – Il est mieux chez toi que chez moi, je ne vais pas bien !

 – Mais je quitte pour Noël moi demain matin… Tu dois venir le chercher!

– Non je ne viendrai pas…Fais ce que tu veux avec, mets-le sur la galerie s’il le faut mais je ne viendrai pas le chercher !!!

- Mais il t’attend lui, il compte sur toi !

 – Je n’ai plus de voiture, elle  m’a lâchée après avoir été au club Price magasiner…

- C’était à côté de chez moi le club pourquoi ne pas être venue le chercher ensuite ?

 – Tu es plus apte que moi pour t’en occuper actuellement je ne viendrai pas le chercher.

  – Mais as-tu pensé à ce qu’il vivra et ressentira et je ne pourrai pas laisser cela comme ça tu dois venir le chercher.

 – Peut-être demain ...

 – Si tu ne viens pas demain je ferai un signalement, de toute façon ton choix fait que je dois d’avertir ton intervenante. 

Et elle raccrocha…

La première chose que j’ai vue après avoir raccroché a été mon conjoint qui subtilement ramassait les valises pour les faire disparaitre dans une garde robe.  Il vint près de moi et me serra dans ses bras.  Il savait que je devrais annoncer à notre monsieur tendresse que maman ne viendrait pas et que je ne savais pas quand elle reviendrait.  Il savait que  viendraient plein de questionnements, d’inquiétudes et sûrement des larmes.   Ensemble en un gros trois minutes de réflexion nous décidâmes de quitter le lendemain malgré tout, avec lui en plus si sa maman ne venait pas le chercher.

Quand je lui ai dit de venir me voir, il s’est approché lentement en me lorgnant du regard… Puis il me dit

– maman ne viendra pas me chercher hein ?

 Lentement à mon tour je lui ai expliqué du mieux possible la situation.  Les larmes sur ses petites joues blanches coulaient à flots mais il ne sanglotait pas.  Il me dit alors…

- Tu vas me laisser ici seul pour partir dans ta famille ?  

Là je l’ai rassuré lui indiquant que je l’amènerais en vacances si demain elle ne venait pas le chercher…  

Il refusa d’aller jouer.  Mon fils de loin regardait sa peine et son désarroi.   Puis monsieur tendresse me lança :

-Tu crois que le père Noël trouvera où je suis pour que j’aie mes cadeaux ?... et mon fils cria :

-Mais il le sait déjà, regarde sur ce cadeau c’est ton nom qui est marqué !  

Puis mon grand garçon me regarda en souriant car lui ne croit plus au père Noël….mais il était ravi de lui montrer qu’il détenait sous notre arbre un cadeau pour lui.   Monsieur tendresse  passa la soirée à tourner et retourner ce précieux cadeau entre ses mains….avec une moue triste et déçue.

Personne ne fit de valise ce soir-là pour ne pas ajouter à tout cela….et miraculeusement le lendemain, avant notre départ… sa mère arriva.   Tout juste après que j’ai eu fini de tout arranger avec les intervenants  du petit.  Je lui en voulais à cette mère, je lui en veux encore…elle a eu droit aux bras de son fils rempli de bonheur et à son sourire en la voyant arriver.  Moi je lui ai offert un accueil de glace.  

Elle devint son plus beau cadeau de noël… Elle me laissa comme cadeau plein d’amertume et de tristesse.   Je ne peux comprendre comment quelqu’un peut faire cela à un enfant mais je sais maintenant pourquoi monsieur tendresse est si insécure.   Je suis régulièrement révoltée par le sort des enfants  bafoués dans ce monde !  Délaissés à eux-même ils ne peuvent point s’en sortir et grandir intérieurement.  Être parent signifie de donner de soi et de donner la priorité à ces petits êtres que nous avons mis au monde.   L'acte de donner à autrui n'a aucun lien avec la fortune que l'on possède.  L’essentiel est invisible aux yeux mais nécessaire pour le développement de notre progéniture.   Je suis toujours outrée lorsque j'entends les gens d'ici se lamenter de leur pauvreté.  S’ils voyaient la pauvreté de certains enfants….intérieurement et familialement.  Il faudrait ouvrir  grands nos  yeux et  regarder bien plus loin que notre nombril...

Perdue dans mes nuages, j’ai vu  tressaillir mon cœur de maman sous le choc pendant toutes les fêtes.   Et je me suis réveillée souvent avec une drôle d'humeur au fond du cœur...

20/01/2010

Les rénovations

 

J’aime la décoration !  J’ aime tout ce qui est beau, nouveau et in.   Voilà un de mes petits péchés.  Chaque année je n’ai qu’une obsession…rendre encore plus belle une partie de ma demeure.  Je sollicite donc l’aide de mon conjoint ou de ma sœur qui ont  les mêmes  aspirations et nous travaillons en équipe pour changer mon intérieur.    Actuellement, je refais une de mes salles de bains  ( j’en ai trois)  Douche pluie, dehors le bain et de la céramique du plafond au bout des orteils… tout un boulot.    C’est donc la réalisation de toutes ces heures passées à  feuilleter revues  et images virtuelles pour arriver à dénicher LA salle de bain parfaite pour mon goût. 

 

Le délai est toujours assez serré car même si j’aime modifier mon intérieur je déteste la poussière et tous les désagréments d’une réno.  Et chez moi quand on dit changer, on dit aussi questionner.  Ça amène donc des questions de chaque membre de ma poëlonnée à la pelleté ! 

Imaginez deux petites minutes vos mains dans le ciment de céramique avec à la porte trois à quatre membre de votre famille qui amènent commentaires et questions …Je vous le jure, il faut plus que son lot de patience.   Voici pour vous donnez une idée…. :  "Je veux pas te déranger Véro mais pourquoi la toilette est plus là?"  "Ben voyons elle est plus là parce qu’elle répare la salle d’eau.     Elle était pas brisée la salle d’eau hein Véro elle était pas brisée ?"  "Moi mon père il fait pas ça comme ça !  Pourquoi tu mets de la boue sur le plancher ?"  Éclats de rire… "Elle met de la bouette?"  Intervention de mon conjoint :  "Allez jouez les filles c’est fatiguant là !"   "Ben repose-toi, tu travailles tout le temps…."  "Non VOUS êtes fatiguantes."  "Hein! Ben on fait rien on parle!"  "Ben justement."  "Véro pourquoi on est fatiguantes hein? On a le droit de parler quand même?  T’as chaud Véro?  Tu nous réponds plus?  T’es tu fachée?".... et je termine ma tâche pour ce soir, avant de perdre ma bonne humeur.   Puis 5 minutes après …"Marty, lui, il est plus vaillant que Véro, il travaille plus qu’elle.  Véro…elle est pas gentille devine ce qu’elle a dit" … Et c’est moi qui finis par rire… Toute une famille que la mienne et pourtant je ne la changerais pour rien au monde.   

07/01/2010

La maison du bonheur

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Nous aurions des lits pleins d'odeurs vanillées,
où les enfants pourraient sauter
Des divans profonds où il ferait bon se lover
pour traîner doucement, s'enlacer

Nous aurions de grands corridors
pour les regarder quand ils dorment
dans leurs petits lits 
tout pleins de plis

la maison sentirait bon
la cuisine grande et remplie de sons
des enfants qui crient, rient et ferment les portes
toi qui me souris et qui m'emportes

au pays de l'amour
au pays des toujours
 à la maison des souvenirs 
où il fait bon vivre, s'unir

(ce texte a été écrit en mars 2003...déjà je m'orientais sans le savoir vers mon demain...plein de gamins ! sourire !!!)

04/01/2010

Mon brin de fille

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Mon brin de fille est  devenue femme !   Le temps a passé et je ne l’ai pas vue évoluer.   En  fait si je parlais de négligence je crois bien que je devrais parler d’elle.  Elle fait tellement tout d’elle même que souvent je me surprends de voir comme elle a changé, grandi et que je ne m’en suis point apercu et que je ne lui ai donné que trop peu de temps.

   Elle est douce, belle, fraîche comme une rose, et si intelligente.   C’est une enfant pleine de maturité et d’équilibre. C’est cependant l’enfant qui souffre le plus de mes choix de vie.    Etre famille d’accueil l’amène constamment à devoir faire face à des gens qui ont envahi sa maison, qui lui ont pris le précieux temps auprès de sa maman.   Elle semble être la seule à en souffrir puisqu’elle a connu être enfant unique et l’enfant du divorce qui vit avec maman.

 Les jours s’enfuient sans éclat ni scandale mais je la sens moins à l’aise que l’ensemble de ma maisonnée.  Parfois elle me lance un : "Tu sais pourquoi j’irai longtemps à l’école maman? Pour ne pas faire ton métier… J’en serais incapable…ça demande tellement…les laver, changer leurs couches, donner leurs bains… tu n’arrêtes jamais…en plus des problèmes de comportements, des interventions à faire…..J’arrive même pas à les garder!"

C’est l’écho d’une chamaille intérieure….  Le fracas d’un être si fragile….C’est ma cicatrice laissée pour la vie dans le bois de mon écorce… comme un long tracé du doigt.   Les racines en terre je me sens comme un vieux chêne… La vie est si dure parfois et l’on voudrait tellement le meilleur pour nos enfants.  Avec le temps l’empreinte se creuse entre ma fille et moi… Comprend-elle mes choix? J’aimerais tant lui montrer mon parcours, sans faire aucun détour, lui faire comprendre qu’à la seule vue d’une larme sur sa joue mon monde s’écroule mais que si je ne me donne pas à d’autres je me sens morte intérieurement…comme si mon seul chemin était marqué au fer.

Ses pétales sont si fins et si frêles … Le temps marque le cœur de mille et une couleurs …Je voudrais les plus belles pour elle…un arc-en-ciel en héritage…mais je sais que je laisserai aussi un jardin plus ou moins bien rangé ou se mélangent herbes folles et belles rangées…J’espère qu’un jour elle verra que sous les feuilles mortes il existe toujours une fleur magnifique, ELLE !

 Dans mon cœur bien ancré volent encore ses baisers qui ont laissé des empreintes de géants, des petits bras qui me serrent si fort et qui m’enlacent…des petits pas maladroits sur une plage de galets… Une lampe est allumée qui jamais ne s’éteindra où à la lueur de la flamme je m’enflamme de ces instants magiques qui me reviennent toujours… et si parfois dans ses yeux je vois ma culpabilité,le temps me ramène à ce  temps où je tenais ce doux corps…. Je la revois serrée contre moi, les yeux à demi clos, buvant au sein.

Je suis persuadée qu’un jour on  arriva à proximité d’un état de vie où je serai devenue vieille et flétrie mais que cela  aura bien peu d'importance. Car j'aurai atteint un nouvel équilibre humain et j’aurai enfin le temps de lui donner tout ce temps.. où je me raconterai et elle comprendra…et je me promets de la regarder se réaliser comme elle l’aura fait un jour pour moi…

( oui la photo c'est vraiment ma grande fille!)

 

29/12/2009

Mes plus beaux mots d'amour!

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Tels du velours

sont ses mots d'amour

lancés avec légèreté

mais tellement de sincérité

 

au réveil, il me dit "Tu es la plus belle !"

il est en éveil, je suis miel

quand je sautille pressée comme une tique

il me dit que je suis magnifique !

il est poète

souvent à m'en rendre muette

en lançant que le ciel ne pleure plus

mon coeur se presse tellement il est ému

quand je vais travailler

il se colle à la fenêtre pour me saluer

avec sa moue triste affirmée

chaque fois je dois lui rappeler que je reviendrai

dans ses yeux je vois son âme

ils sont d'un bleu, il me désarme

son sourire ne cesse de m'éblouir

je suis celle qui réplique en soupir

et je ne cesse d'espérer

que jamais il ne va cesser

d'avoir cette facon de me regarder

et qu'il continue à m'aimer

ce poète de tous les temps

même s'il n'a que trois ans

qu'il est mon fils Trystan

détient mon coeur pour tous les temps

(texte écrit en 2006)

20/12/2009

mes derniers pas dans la neige....

En ce jour,  je prends la route de Noël  pour mieux voir vos âmes remplies de mystère.  Dans toute cette frénésie, je  vous imagine revivre les moments magiques de vos souvenirs.   Je  compte les pas des hommes qui démontrent les battements de leur cœur, cadencés par le rythme du temps…

 J’écoute crier le vent, et je respire la fraîcheur de l’hiver.  Flocons sur le bout du nez, envie de paresse, besoin d’infini…je reste immobile et je pense à vous !  Mes derniers pas dans cette neige me parent d’un collier de perles floconneux… J’arpente mon jardin, mon cœur se repose… La porte de l’aventure vers un autre Noël s’ouvre sur une vallée merveilleuse qui m’attire…celle du futur….Je sens la lumière qui pénètre mon âme. 

Chez moi le décor est digne d’un conte de Noël…La blancheur immaculée du paysage, les lumières des maisons et des sapins, les flocons qui virevoltent dans l’air, comment résister à cela ?

Je vous souhaite à tous un Joyeux Noël. Tous mes vœux de santé et d’équilibre en ce monde qui semble vaciller sous le poids de nos excès passés.  Des vœux de tolérance et de respect envers ces différences qui nous séparent, qu’elles soient physiques, intellectuelles ou spirituelles….

C’est donc avec toute mon affection que je tiens à vous souhaiter à tous et chacun d’entre vous un Noël rempli de tendresse… 


à bientôt je serai de retour le 27 décembre…. 

16/12/2009

Mes lutins de Noël….

Mes lutins de Noël….

Lorsque je  mesure le temps, il m’en  manque toujours en cette période…chaque année c’est un défi que d’arriver dans les délais pour fêter comme tout le reste du monde !

Pour ces enfants qui  sont mes petits protégés,  c’est un départ dans leur milieu naturel qui les attend.  C’est une toute première pour moi, car habituellement, il m’en reste toujours un ou deux pour Noël !

J’entrerai donc sous peu dans la danse des valises à faire, les exigences de calme en ma demeure,  car  plus la date de Noël se rapprochera et plus il y aura une ambiance de tempête dans le cœur de chacun de mes lutins … Ah la frénésie des fêtes !    Et je fêterai Noël avant la date pour remettre à ces joyeux lurons leurs cadeaux et ainsi permettre à cette famille reconstituée qui est la mienne de fêter tous ensemble !

Je ne sais comment toutes ces choses qui m’épuisent et représentent une grande lourdeur me nourrissent malgré tout de  joies et  m'émoussent de bonne humeur.   Je suis peut-être masochiste  ou alors complètement givrée.    Une chose est sûre en tout cas : dans ce monde compliqué, la simplicité du bonheur est un plaisir des plus précieux, contempler ces visages ravis, ces petites joies  qui s’associent à cette fête cela vaut  mille et un trésors que cette terre recèle. 

Je suis émerveillée par ce qui n'est pas commun ou différent.  Si vous les voyiez langues sorties, les mains pleines de gouache, essayant de réaliser des boules de Noël pour les offrir à leurs parents…  Voir à quel point la force de l'un vient combler la faiblesse de l’autre est à mes yeux mon plus grand signe de réussite.

Je conçois ces sursauts de vie qui embellissent mon chemin comme la possibilité de retrouver la paix dans mon âme et ils me permettent d’accepter mon destin.  Grâce à eux je sais que ce qui est brisé peut se reconstruire.  Je sais également que ce qui est différent est très beau, voire unique ce qui les rend encore plus précieux. 

Lorsque je répands mes mots pour vous parler d’eux, s’il y a du chagrin il s'évanouit à la pensée d'un nouveau sourire, d’une nouvelle journée.   

Etre au sommet de la plus haute montagne pour admirer le décor de la nature et le chant des cœurs est magique.  Moi c’est à  Noël que  le silence  chuchotera. Mais je sais que je serai  transportée par les soupirs brûlants de ma flamme intérieure ne recelant que du bonheur.  J’apprécierai  divinement le calme et je chercherai  à me reposer de cette  vie trépidante...

Ce soir nous emballerons tous ces cadeaux faits avec patience et difficulté.   Nous prendrons des heures à le réaliser et je sais que pour certains ça ne sera pas une mince affaire…. Mais faire en sorte que le bonheur des uns soit parfait… afin que leur  cœur serré devienne joyeux le jour de Noël dans chacune de leur famille… fait sûrement de moi l’espace d’un moment une mère Noël, la plus choyée des mamans !