24/11/2011

La bataille!

 

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Les yeux dans les yeux sans un mot !   La peine au cœur, l’âme en berne au delà de ses 5 ans il cherche à me faire comprendre.   Sa bouche ne sait pas encore dire tous ces mots qui dénoncent mais son âme et son petit corps me racontent.   Rien ne va plus….Lorsqu’il est temps d’aller à l’école, il refuse de se nourrir, de s’habiller, pleure et se sauve.   Le soir il refait les actes que ces grands lui ont fait subir, il me montre en jargonnant le ton de leurs voix.  Puis il s’en va vers mon banc, s’assoie et laisse couler ses larmes.   Ce petit être fragile crie sa douleur à sa façon, et ça me fend le cœur.   Sa mère cherche une solution, dénonce. De mon côté, j’essaie de trouver de l’aide, d’en savoir plus.   Je ne peux comprendre…mon métier je l’ai choisi, je fais de mon mieux.  Ils ont dû faire des choix eux aussi ?  Non ? Pourquoi  agir ainsi ?  Il m’arrive de trouver des bleus sur son petit corps…la colère me gruge tellement dans ce temps-là !   Et ils ont le culot de chercher à me remettre la responsabilité.   

 Chemin de cils, le soir sous ses ombres, il demande douceur et câlins.   Doucement, je lui murmure que nous comprenons et que nous finirons bien par lui donner un milieu scolaire stable où il pourra se réaliser et où il sera heureux.   Crinière aux vents, en lançant un cri de joie il retourne galoper avec le reste de cette petite troupe qui est mienne….. Il ne demande que cela dans le fond ce petit….de l’amour, de la compréhension et des amis avec qui partager et grandir sereinement!

21:09 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook |

15/04/2011

Les séparations!

 

 

Présentement dans ma vie je côtoie vingt et un parents et je n’inclus pas les miens!   Chaque journée de mon quotidien est reliée à eux ou plus précisément à leur progéniture.   J’ai probablement entendu toutes les questions possibles et imaginables de leurs parts mais dernièrement, je l’avoue une de celle-ci m’a surprise un peu :

-Dis moi Véronique, quand je vais partir avec mon fils vas-tu trouver cela difficile ?

 -Comment ça se passe en dedans de toi dans ce temps là?

J’aimerais lui dire que tout sera facile, que je ne pleurerai pas mais en réalité chaque départ est un deuil.   Ces enfants qui ne sont pas les miens mais qui partagent tous les jours de ma vie, ses petits et grands dont je dois m’occuper jour et nuit en maman suppléante, je les aime !

Mais le deuil n’est pas le même que celui de la mort.  C’est une fin en soi certes, mais pour un renouveau merveilleux, le retour du jeune avec sa famille naturelle avec en prime cette impression d’avoir favorisé cette conclusion  en donnant du temps à la maman et au papa dans le bon moment.  

Et puis,  son absence s’habillera de moments précieux qui remontent dans le coeur.   J’entendrai son rire, son cri à l’intérieur de moi.   J’étendrai mes souvenirs comme on étend son linge sur la corde par un jour de bon vent et de soleil radieux.    J’entortillerai ses sourires comme tante Lydia entortillait sa tire dorée. 

 Il y a des enfants qui sont partis de chez moi comme des voleurs, ceux-là font mal aux entrailles mais pour les autres qui quittent pour ce monde qui est le leur, qui vont vers le bonheur, ma tristesse a la couleur d’un lever de soleil….

 

Bonjour mes amis, je suis contente de donner enfin signe de vie

Toute ma tendresse

Véronique xxx

15:11 Écrit par veronique dans Amour, Général | Lien permanent | Commentaires (57) |  Facebook |

25/02/2011

La mort!

Render Jeux vidéos - Renders femme triste

L’orage gronde, je frissonne.   La mort l’enserre comme une liane.   Dans ses yeux flotte la tristesse, plus aucune magie n’opère.   L’homme de sa vie est mort, son amoureux, celui qui à chaque moment important lui apportait un petit cadeau, de l’affection, une parcelle de vie amoureuse.   Être différent ne veut pas dire ne plus ressentir, ne pas avoir mal.  Mademoiselle sourire ne rit plus…l’âme en berne, elle cueille chaque parcelle de ce qu’il lui reste de lui.    Elle me montre une petite médaille faite pour se souvenir, sa voix est enrouée par l’émotion.  Comme une mère louve j’en profite pour l’agripper par la peau d’âme :

-Tu l’aimais ton Julien hein? Que je lui lance. 

-Oh oui Véro je l’aimais beaucoup…pour vrai!

Elle me raconte cette dernière fois passée à ses côtés, cette fête de St-Valentin parfaite.  J’imagine cette grande tristesse qu’elle vivra à voir filer le temps sans lui. 

Le silence est lourd, sa peine s’y glisse doucement.   Puis je m’accroche à chaque parcelle d’elle.  Délicatement, je lui parle d’aimer bien au delà de cette terre, bien plus grand que le cœur.  Elle me sourit en laissant couler les flots de son amour perdu.  Je lui parle de ressentir la beauté de l’invisible qui l’entoure, de sentir l’amour encore présent en son cœur…d’aimer ce qui n’est plus tout en continuant de vivre.   Elle me dit ce qu’il aimait et me propose de regarder tout cela pour deux maintenant…et je souris.   Sur sa table de chevet un petit coin d’amour y est déposé….sa médaille, son signet, cette fleur prise près de son urne et doucement, sans un mot… elle laisse passer le temps.

16/12/2010

Le tremblement de terre!

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Le temps bondit à pas de géant, pourtant sur son lit tout semble s’être arrêté.  Subtilement, elle fait le grand ménage, celui de ses peurs, de ses craintes et de ses grands tourments.  Dernièrement tout s’est cassé…un subtil changement dans sa médication et toute la terre a tremblé.   Elle regrette ses mots, sa violence momentanée auprès de son petit complice, son ami, presqu’un petit frère.   Lui n’y pense plus mais elle, son cœur est toujours rempli de chagrin.  Elle s’accroche à un bout de carton avec un dessin, celui qu’il lui a fait quand il a su qu’elle était hospitalisée.  Psychose est le terme de son état, mais quiconque regarde avec ses lunettes de cœur voit bien qu’elle est en peine d’amour…. Lorsque je lui rends visite, elle ne cesse de me parler de lui, de ce qui s’est passé.  Elle répète chaque phrase que je mentionne et qui la calme.   Elle me demande si  elle pourra revenir à la maison, s’il l’aimera toujours.   Puis je lui parle d’amour, je prends comme exemple ses parents et nous regardons un peu avec ses yeux comment s’est passé leur vie de couple.   En témoin de première ligne elle me raconte leurs joies, leurs peines et leurs difficultés, tout cela perçu par son regard de jeune fille.   Nous concluons donc que ses parents s’aiment fort, voir intensément et ce malgré les années et les embûches.  Après je lui explique que sa relation avec mon fils est identique… que l’évolution d’un véritable amour n’est jamais sans embûche et ce même si l’on parle d’amour fraternel… tout en souriant, les cheveux en pagaille sur son lit d’hôpital  elle me dit qu’elle m’aime plus fort que fort ! 

 

09/12/2010

Apprivoiser la bête !

 

Il n’y a pas si longtemps je vous parlais de l’arrivée de mon petit dernier.   Depuis beaucoup d’eau a coulé sous le pont !   Il fait pleinement partie de mon quotidien et nous bataillons fort pour le rendre le plus autonome possible.  En fait si je suis honnête avec vous, je passe la plupart de mon temps à apprivoiser la bête en lui.   Si j’avais un pseudonyme à lui donner je pense que je l’appellerais :   le monstre obstinémanièreux !

Bref, à chaque fois que je veux instaurer un nouvel acte d’autonomie je dois lui faire face… En moins d’une seconde il se lance par terre, crie, hurle, se tape  et pleure ses quelques larmes de crocodile …   A son arrivée, j’avais droit à un gros 10 minutes d’enfer, maintenant il comprend vite qu’il sera mis en retrait dans sa chambre le temps de la crise et il se calme aussi vite qu’il s’enflamme.

 Depuis, j’ai gagné quelques batailles !  Il apporte sa bavette à table, accepte de se faire changer sa couche, laisse entrer les étranger, il sort à l’extérieur et va vers le bain sans faire LA crise. Ma dernière victoire est qu’il mange enfin seul et avec une cuillère mes chers !   Le plus difficile : garder ses beaux comportements après une visite avec maman.  Il a tendance à vouloir reprendre ses petits plis d’obstinémanièreux … pffffff !

Hier je me demandais pourquoi je m’obstinais à recommencer, à poursuivre, à vouloir continuer à tendre vers cette autonomie si difficile à atteindre  puis une pensée de W.T. Grenfell m’est revenue en tête… : "La véritable joie ne provient pas de l’aisance des riches ou de l’éloge des hommes, mais de la satisfaction de faire quelque chose d’utile".

 

Me revoilà les amis...avec encore peu de temps mais une envie irrésistible m'indique que je dois passer près de mes mots pour appaiser bien des maux.... car je sais ce que représente pour certains ce temps des fêtes...

avec tendresse ......

miss maman xxx



04/10/2010

Un brin d'automne...

Depuis des jours, j'essaie désespérément de rassembler mes mots pour écrire des textes mais ceux-ci me fuient tout comme mes heures de sommeil.  Depuis que  monsieur Tom pouce m’est arrivé, je m’adapte à ses humeurs qui sombrent plus qu’elles ne reluisent.  Même si l'envie de fuguer  me tenaille, je m’accroche  à son temps en me disant que le ciel finira par se dégager.    Dehors c’est l’œuvre d’art de l’automne…toutes ses couleurs qui s’affichent par ma fenêtre me donnent envie de sortir mais monsieur Tom pouce a peur de l’extérieur et mes tentatives finissent par un nez tout gommé et un petit homme roulé en boule en pleine crise de nerfs.    J’aimerais tant qu’il voie ces jolis paysages, qu’il apprécie notre douceur de vivre.   Mon conjoint tendrement me glisse à l’oreille: tu sais ce que ta mère dit toujours... " tout vient à point à qui sait attendre", laisse-lui le temps, il a besoin de temps.   Entre deux de ses coups de pied, je me sens fébrile… En ma mémoire une autre fin de semaine reste à ranger dans un tiroir, un week-end rempli de temps difficile et d’aucune sortie.  Cela me déçoit, je me sens triste.   Puis sans que personne ne l’ait commandé  il s’approche et m’embrasse la joue !  Son premier baiser...

 un flot de tendresse m’ inonde le cœur et ce souvenir s’insère dans la chaleur de mon âme…il ne reste qu’à attendre après tout!

 

16/08/2010

Être femme et mère

 

Parfois subtilement vers la tombée de la nuit,  la femme reprend les cordeaux et la mère que je suis s’évanouit.  Bien que j’aime chaque enfant qui demeure au sein de mon essaim.  Il reste des instants  où seule la femme existe. Où je suis  caressée, par ses moments d’envie et pour la première fois je les couche sur ce papier virtuel.     Espérant, ne blesser personne, c’est la femme ce soir qui vient vous livrer son âme.

Bien que complexe puisque je suis une femme (sourire), je dois avouer pour ne rien arranger de toute cette complexité que j’ai en mon être une parcelle grande comme le monde de maminaria mais il reste aussi une place intense pour la sensualité.

J’aime sentir, ressentir, titiller cette forte puissance qu’est l’envie !

Voir mon corps danser au gré de  toucher

Goûter à la volupté de chaque baiser

Sentir caresse, allégresse et finesse

Laisser une main me donner des frissons

Danser corps à corps à l’unisson

Profiter d’une bouche et devenir feu

Puis l’Extase au fond des yeux

Bien que je sois mère tous les matins

Bien que je sois celle qui fait cheminer petit et malin

Reste à l’intérieur de moi

Se cache cette femme qui d’une caresse s’émoit

Douce nuit    xxx

12/08/2010

Ma décapotable!

Une belle jeune femme blonde conduire sa voiture convertible avec sa main dans l'air de se sentir le vent souffle  Banque d'images

Bien que j’aime énormément passer du temps avec chaque membre de ma poëllonée, il m’arrive d’avoir envie de m’évader et de prendre le large par moment!    Pour ces occasions rarissimes,  je suis équipée d’une magnifique vieille décapotable de 1993.  Toute remontée à mon goût et avec plein de petits plus que seule une femme peut apprécier ! Sourire... 

Quand le cœur est une brume, quand le quotidien devient lourd et amène l’amertume, je prends du temps pour moi au volant de ma bagnole sans toit.   Lorsque mes cheveux volent au vent, quand la musique enterre bruit et temps, il ne reste aucun tourment et je glisse dans la détente du moment. 

C’est ainsi que le jour s’embellit …..

13/07/2010

Fleur de pommier

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Fleur de pommier est entrée dans nos vies en pleine période d’éclosion florale… juste avant l’été ! Elle a toujours vécu chez ses parents. Ses balises ont toujours été très claires. Puis comme choix d’adulte, elle a décidé de s’investir dans un nouveau milieu, d’être en famille d’accueil. Elle a sûrement plein de titres associés à sa réalité mais si je résume Fleur de pommier, je vous dirais que ses différences se nomment anxiété et autisme de haut niveau. Jeune fille colorée, avec une grande capacité à m’enlacer par ses mots si bien choisis. Sans aucune barrière, elle se laisse intégrer et gère au jour le jour un paquet de nouvelles réalités. Car mon monde quoique beau est loin d’être facile pour une petite pomme même si celle-ci se laisse tomber bien mûre entre mes mains. Chaque jour courageusement, elle essaie de s’adapter…avec une grande volonté à dompter l’animal anxiété qui dort en elle. Déjà, je suis très satisfaite de ses efforts…il parait que les tableaux de renforcement la rendaient très très anxieuse... trop ! Ici après une semaine de tension, je peux dire qu’il occasionne des joies mais plus de stress…. Et elle en est très fière.

Tranquillement, elle apprend à me faire confiance, délicatement je lui montre à être moins accaparante. Gentiment, elle me livre ses émotions…tendrement je la remets à un monde d’adultes avec des comportements adéquats. Ça ne fait que quelques semaines qu’elle fleurit ma maison et même si j’avoue qu’elle m’a demandé bien de l’énergie je crois sincèrement que notre récolte d’automne sera remplie de couleurs, de saveurs et de douceur…

Comme j’ai hâte de voir tout cela…savourer chaque moment est ma devise …et même si la vie n’est pas rose tous les jours, elle la rend déjà plus jolie…

11/06/2010

Les petites fées

 

Tu te souviens de ce temps,  ce temps où l’imagination n’avait pas de fin et où chaque aventure se racontait dans notre tête.  Te souviens-tu de tes rêves les plus fous ?  Où chevaliers, princesses et fées étaient au rendez vous…  Où la réalité n’était qu’une sombre trace faite pour nos parents qui semblaient s’enliser dans ses parcelles sombres.  Te souviens-tu ?

Cette fin d’hiver m’a apporté de nouveaux voisins.  Deux messieurs qui laborieusement agrémentent leur terrain et leur propriété.  Des gens bien vaillants et qui aiment le beau.  C’est un plaisir de les voir transformer leur monde surtout depuis l’arrivée du doux temps… fleurs, arbustes et lumières sont au rendez vous…c’est très joli.   Mademoiselle sourire les a tout de suite remarqués, miss rieuse aussi….Toutes deux, elles sont souvent nez contre la fenêtre à observer nos nouveaux voisins.    Souvent j’ai dû intervenir sur l’importance de laisser vivre les autres,  de ne pas espionner, que ce n’est pas super génial !

Malgré tout ça une d’entre elles continuait à garder le nez dans la vitrine… surtout le soir.  Chaque fois que je passais devant sa chambre, je la retrouvais là, dans le noir à regarder.  Je ne suis d’abord pas intervenue, laissant le temps à la nouveauté de passer….mais rien à faire elle est restée là  aux aguets. Comme si chaque soir, elle avait rendez-vous…

Un soir, je suis entrée dans sa chambre et lui ai proposé d’aller leur souhaiter la bienvenue.  D’un regard, j’ai su que je venais d’ouvrir la porte du  monde des confidences.  Elle me dit : « Ils sont des sages. »   J’ai dit « Quoi? Des sages? »

« Oui, oui des sages! »

« Tu peux m’expliquer comment tu sais ça toi? »

« Ben si tu regardes bien ils ont toujours des visites la nuit… »

« Des visites? »

« Viens voir… regarde les mini lumières dans leurs fleurs …est ce que tu les vois ? »

« Heuuuuu….oui oui! »

« Ben c’est des fées… regarde elles bougent toujours … »

Surprise de cette révélation, je me mets moi aussi à épier mes voisins et je constate qu’ils ont installé de petites lumières qui, derrière les arbustes et fleurs, ont de la vue de sa chambre l’effet d’une lumière qui bouge…

« Tu vois Véro? »

« Heuuuu oui oui ! »

« C’est une forêt pour fée….c’est rare… »

Cette magnifique forêt coiffée  d'ombres et de lumières que le vent  agite est donc l’âtre des fées… toute une révélation ! 

J’hésite à intervenir, puis je me souviens...De tous ces mondes imaginaires que j’ai bâtis à l’abri des regards et qui parfois encore se laissent entendre dans le parfum de mes souvenirs.  Et sans dire un mot,  je l’ai laissée rêver, apprécier, imaginer que là-bas juste de l’autre côté de la rue il y a de très grands sages qui trônent dans leurs plates-bandes sur un fabuleux royaume où dansent chaque soir de petites fées !

 

06/06/2010

Les petits indiens

 

 

La semaine dernière fut un enfer !  Avant même de le réaliser,  j’ai dû faire face au monstre « gastro-entérite ». Vous savez celui qui attaque et qui se laisse déborder par les deux bouts de notre pauvre corps.   Quoi qu’il en soit lorsque ça m’arrive je fais face du mieux possible mais quand il attaque un ou des membres de ma portée c’est toute une aventure.   Mademoiselle sourire en fut victime la semaine dernière, entre des vomissements et des diarrhées à tracer son chemin, elle fit face du mieux possible à ce monstre géant.   Personnellement, j’ai dû soigner, ramasser et apaiser tous ses maux.  Une nuit j’ai fait jusqu'à neuf lavages de lit, même ma laveuse criait sa peine !

Bref ce fut une semaine où Je me suis laissée entraîner dans cette spirale indomptable, en essayant de récupérer quelques heures de sommeil par ci par là !  Mademoiselle sourire, elle, en perdu son précieux sourire, laissant place aux larmes et aux découragements.  C’est donc par coup de téléphone qu’elle reprit un peu de vie parlant à sa précieuse maman qui elle vivait dans l’inquiétude.

En regardant ce petit bout d'enfant-adulte, mon cœur s’est serré d'inquiétude et m’a fait penser avec tristesse que certaines personnes ne devraient pas avoir à subir en plus de leur réalité ces maladies si éprouvantes.   Une nuit, alors qu’elle était toute tremblante après une série de vomissements, mon conjoint la voyant avancer avec difficulté par épuisement l’a prise dans ses bras pour la ramener dans son lit à nouveau propre.  

Avec sa voix toute enrouée et avec de petites larmes glissant sur sa joue, elle me dit : « Il est fort Marty hein? »  Malgré la maladie, la fatigue et un certain découragement elle me fit sourire... et je lui ai répondu : « T’étais comme une tite princesse là ! »  Et elle me sourit…

Le lendemain matin, et ce même si miss sourire nous avait tous esclaffé notre souper et nos petites personnes de vomissements, tous sans exceptions demandaient comment elle allait et voulait aller la voir… Je leur ai donc expliqué qu’il fallait la laisser se reposer et éviter d’ être trop en contact avec elle pour ne pas propager le monstre gastro.  Tous ont acquiescé… mais deux minutes après j’ai retrouvé  mon premier petit indien…assis juste avant sa porte d’entrée,  il la regardait dormir.   Je lui ai dit : « Que fais-tu là? »  Et il me dit : « Je voulais voir si elle allait mieux pour vrai ! »  « Donne-lui du temps, elle ira mieux,  toujours un petit peu plus tous les jours… » et j’ai sommé  mon petit indien de disparaitre… Dix minutes plus tard un autre petit indien était là bien planté debout près de sa porte !

-         « J’attends qu’elle se réveille pour lui dire bonjour…on se dit toujours bonjour.. »

-         « ouste laisse-là se reposer… »que je répondis en lui caressant la nuque.

Puis dans cette journée, j’ai bien dû rencontrer six indiens près de sa chambre…

Quand mademoiselle sourire se sentit un peu mieux, je lui ai raconté qu’elle avait reçu des indiens lors de sa convalescence…et elle me répondit : « Je sais, je m’en suis aperçu…c’est pour ça qu’il fallait que j’aille mieux…ils étaient tous si inquiets ! » 

Dans  ce monde de fous que m’offre ma société j’ai souvent besoin d'idéaux pour avancer. J'ai besoin de croire en un monde meilleur,  j’ai besoin de savoir qu’il y aura toujours un prochain pour prendre soin de l’autre.

  Dans le monde particulier où je vis…il existe des mots incroyables que chaque membre sait conjuguer : soutien,  entraide,  amour,  compassion,   solidarité,  acceptation et respect.   Comme j’aimerais parfois prendre chaque membre de  ma race humaine pour lui faire goûter mon  monde où règne l’harmonie, où le succès n'est pas matériel et où la beauté dépasse l'artificiel...et ce même les jours gastro !

 

 

 

 

02/06/2010

Donnons du temps à mes textes

Je dois vous avouer une chose très importante... Chaque texte posé ici est un texte écrit depuis longtemps. Il est donc digéré, astiqué, et n’émet pas l’émotion que je vis dans mon présent. Je ne suis donc plus triste, plus émue et plus fâchée !

Pourquoi ce lapse de temps...? Parce qu’il le faut. Je ne veux pas d’un blog qui règle des comptes, ni d’un blog qui pourrait faire relier mes écrits à un événement. Le fait de prendre mon temps pour exposer un texte aide les parents de mes jeunes qui passent par ici... ça laisse une interrogation sur ce qui s’est passé ? Parlait-elle de la mienne ou du mien ?

C’est mieux ainsi car même si je ne mets pas de prénom, il pourrait être facile pour certains parents de faire des liens. Alors il ne faut pas s’inquiéter non plus sur mon état d’âme... Même si un texte est triste, je ne suis pas triste... De toute façon, de vous à moi, je suis plutôt joviale que triste, la tristesse ne dure jamais bien longtemps....

Puis-je vous dire que vous me manquez ? Je passe moins mais sirop que je m’ennuie de vous tous! Alors grosse bise d’ici à mon repassage qui ne saurait tarder.... xxxx

21:38 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (33) | Tags : temps, texte, composition, bog, blog de veronique |  Facebook |

21/05/2010

devenir mère

 

La route est longue entre le moment du premier respire et celui de l’âge de se reproduire.   Puis lorsque l’ombre d’une vie nouvelle apparait  tout prend son sens et tout le reste disparait.   Je me souviens de cette robe  légère de l'aube, rondissant chaque matin devant cette glace, de mes mains caressant ce vallon qui fut le mien.

Tendresse à fleur de peau, je respirais la maternité avec des soupirs d’éternité en attendant l’événement !    La naissance de cet être qui poursuivra ma ligne du temps.  Je me sentais privilégiée et triste à la fois en pensant à ces ventres tendus qui eux n’arrivaient pas à semer l’enfant….pourtant ils savaient    (semer) s’ai …. mer,  eux aussi !

Puis sous ces plis de souffrance, j’y ai trouvé le bonheur !   Soudée à mes racines de vie,  j’étais enfin prête à faire face à tout…solide comme un chêne au vent…droite et enfin fidèle à moi-même  je n’avais plus peur de rien !  Sous ses rayons de sourires, j’ai illuminé ma vie.  Éclairant du même coup chaque rigole laissée par les tempêtes passées.   Pendant qu’il étirait ses lacets pour réussir à faire ses boucles moi je dénouais mes nœuds du passé laissés par de trop vieilles colères.

Puis il apprit à conjuger le verbe aimer…et moi à en détenir tout son sens… 

Aujourd’hui il grandit…comme ma portée …a une vitesse phénoménale…Ses pensées sont belles, son âme joyeuse comme l’ambiance dans ma maisonnée…

Etre mère est pour moi la plus belle délivrance… le moment où j’ai appris à m’émerveiller devant ses petits riens qui  sont ses essentiels.  Rides à l’appui, aujourd’hui je laisse encore ces petites mains, même si elles sont étrangères, me parcourir la peau… car rien n’égale une caresse de maternité….

Ce texte est dédié à cricket1513….qui a lancé un défi qui était d’écrire sur la maternité ou le fait d’être ou de vouloir être maman….

Avec un océan d’affection…

19/05/2010

La reconnaissance....

 

S’il y a une chose que j’ai apprise en tant que famille d’accueil, c’ est bien de ne m’attendre à aucune reconnaissance de personne.  Au tout début de ma belle aventure,  je me souviens des jours de tristesse reliés à une fin de placement parce que je m’attendais à tout sauf à une fin si difficile où reproche et rejet étaient  au rendez-vous, sans compter la perte de cet être que l’on cotoyait tous les jours.    Que l’on passe des années à s’occuper de quelqu’un, que l’on passe des heures et des heures à intervenir ce n’est pas cela qui est vu lors d’un départ... La majorité du temps c’est le fait qu’il y ait une fin.   Habituellement, les parents naturels de ces enfants prennent durement le fait que l’on ne peuve plus rien apporter à leur progéniture, que nos interventions n’apportent plus de résultat et ils rejettent le blâme sur nous... J’ai entendu des choses comme : "c’est eux qui ne sont pas bons.." "Ils sont trop fatigués..." "Elle n’avait que l’appat du gain...je ne  comprends pas qu’ils en peuvent plus, ils sont payé pour tout endurer.... " etc.

Donc, chaque pas, chaque geste il faut les poser pour soi et ce jeune qui chemine avec nous mais il faut le faire sans aucune attente de reconnaissance et de remerciement. Oh mais n’ayez crainte,  je ne généralise pas cependant, quelques exceptions feront tout une différence mais c’est bien rare. Ce  n’est malheureusement pas la majorité qui est passée chez moi.

A partir du moment où nous mettons une limite, nous devenons moins bien, moins bons, moins géniaux.   Il deviennent plus exigeants , plus cassants et la relation plus tendue. C’est donc la raison essentielle de chaque travailleur social  relié à chaque enfant.   Leurs rôles sont de doser, expliquer, défendre et comprendre ce qui se passe avec chaque placement.  Il ne faudrait cependant pas croire que l’on est seule dans cette aventure... Même du côté de la famille d’accueil, une intervenante est liée à chaque famille, elle se doit de prendre le pouls, de supporter, de soutenir et de mettre un ultimatum lorsqu’il est temps.   A chaque fois que j’ai interrompu un placement ou mis une limite, ma responsable de famille d’accueil me l’avait conseillé suite à des échanges sur ce que nous vivions dans ma famille au quotidien.  

 

Pour ces parents, il est facile de ne voir que leur enfant, mais mon rôle de famille d’accueil est de voir l’ensemble de ma maisonnée.  Si un jeune ne finit pas par se cadrer, se calmer, se conformer... je ne pourrais pas le garder  car je dois aussi voir à la qualité de vie du reste de ma poëlonnée.   Si  ce jeune se montre violent, agressif ou perturbateur,  je devrais finir par mettre un stop car aucune personne ne peut assumer ce genre de situation longtemps.

Au tout début, je me souviens que j’en voulais beaucoup à ces familles.  Je les traitais d’ingrats.  Aujourd’hui, je comprends à quel point une déchirure comme celle-ci fait mal et lorsque ça arrive j’essaie d’être sourde...juste un peu  pour avoir moins mal...parfois ça marche, parfois ça ne marche pas du tout....alors je tempête quelques jours contre eux....et après je pardonne...car sincèrement mes épaules sont déja bien lourdes avec toute ma réalité...pas question de traîner du passé qui ne mène à nulle part....

 

Ainsi va la vie aussi ...avec ses hauts et ses bas...

09/05/2010

une belle fête à toutes mes mamans de passage

Que tu sois grand maman, maman, maman d'accueil, maman de famille reconstituée ou qu'il y ait en toi un zeste de parfum de mère je tiens à te souhaiter bonne fête....une fête remplie de rire et de gaminerie avec plein de moments de tendresse et d'allégresse.

doux moments xxxxxxxxxxx

04/05/2010

la grasse matinée


 

 

Sensuellement je m’étire, une douce parcelle de soleil marque cette journée qui débute.  Je sens la respiration  profonde de mon homme dans mon dos.  Puis il s’éveille et doucement me caresse, le temps n’existe plus.   Tout est calme,  aucun cri, pas de téleviseur en sourdine, aucun "Maman !!!" lancé en panique.  Je regarde l’heure, 7h 15 !  

Incroyable j’ai dormi 9h sans m’éveiller, neuf petites heures qui furent un des plus beaux cadeaux de ce mois... car chez moi autant d’heures de sommeil n’est pas courant.   La normalité m’en offre cinq ou six tout au plus.   Comme une chatte au soleil je m’étire et prends le temps de prendre letemps.  Sourire aux lèvres je réponds à mon homme qui me demande ce que j’ai fait à toute ma maisonnée pour qu’aucun ne soit levé. Il me demande si je leur ai proposé cent dollars ou un truc du genre...ça me fait rigoler, c’est rare que l’on peut prendre ce temps pour rire et  se détendre en se levant.

 Ce matin, pour une rare fois, l’être prioritaire devient moi !   Tout moi!   Je peux donc  faire mon café en tout premier, le boire et regarder mes précieux courriels... si c’est pas la belle vie ça ! Puis,  peu à peu chacun, chacune apparait pour manger, s’étonne de leurs grands dodos de la nuit, de leur grasse matinée...

Et sans dire un mot en accumulant des crêpes dans ma grande assiette,  je me dis que moi, ce qui m’a étonnée c'est de voir mon regard si lisse et si jeune.... Comme il est bon parfois de se lever à sept heures....

21/04/2010

une toute petite fois...

 

 

bonjour!!!!

 

Comme j'ai deux petits nouveaux à intégrer, du temps clément dans mon beau Québec et plein de tâches printanières...je me dois donc de vous avertir que pour un certain temps je ne passerai ici qu'une fois par semaine.

Je pense que vous pouvez tous comprendre que ce n'est pas de la négligence ou du désintéressement mais bien un grand manque de temps et une réalité bien occupée....d'ici ce passage je vous embrasse tous et toutes et sachez que je ne vous oublie pas....loin de là

avec affection et toute mon amitié xxxx

10:48 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (75) |  Facebook |

13/04/2010

SOUVIENS-TOI !


 

Il y a de ces jours où la vie nous apparait plus rose, plus douce et plus facile.  Il y a de ces petits moments que l’on voudrait revoir en remettant la marche arrière encore et encore.  Il y a des événements parfois que l’on aurait voulu changer, reprendre différemment…puis il y a la réalité avec laquelle l’on doit vivre et respirer tout d’un coup.

Tout était tranquille dans ma maisonnée, nous nous préparions à regarder un bon film, allongés dans notre lit mon homme et moi, quand le téléphone sonna.   Je n’ai eu qu’a dire :" Allo ?" pour l’entendre me dire : "Véro c’est moi monsieur été ! "

Sa voix toute enjouée fut immédiatement reconnue …dire que je n’avais pas eu de nouvelle de lui depuis son départ!  ( référence à  son départ….le tout premier texte écrit ici sur ce blog…un départ !)

Bouleversement du cœur en une fraction de seconde, toute une surprise que son appel !

-Je m’ennuyais Véro ! Tu me manques… 

Des mots prononcés sans aucune retenue par un petit adolescent qui eut tellement de difficultés à me les prononcer lorsqu’il fut placé chez moi.  Un silence…. 

–Comment vas-tu mon grand?

- Je vais bien mais tu sais je suis resté à l’institut, je vais même à l’école ici maintenant… Je ne sors plus, sauf pour aller voir papa !

- Et bien c’est beaucoup de changements tout ça mon trésor…

- Je suis encore ton trésor ?

- Ah oui tu le seras toujours…

- Dis Véro t’es-tu encore ma maman d’accueil ?

- A ton avis le suis-je?

- T’es la seule maman que j’ai jamais eue …

 

Pour laisser vivre ce moment qui m'anime le sang, je respire lentement.  Ce petit a été l'inspiration de tant de billets que de lui parler enfin me donne le vertige.   Comme j'aimerais le serrer dans mes bras, je suis toute boulversée.  Étouffant ensemble enfin nos  soupirs pour que le silence danse  sereinement de sa folie, nous nous écoutons respirer.

Puis il me dit :

- T'es pas fâchée hein que je t’aie téléphoné ?

- Bien sûr que non, ça me fait tellement plaisir ! Tu es bien là-bas ?

- Oui mais j’aimais beaucoup mieux chez toi Véro…T’as eu notre chien ?

- Oui elle se nomme Noël ! 

- C’est beau comme nom, tu vas m’envoyer une photo sur mon msn ?

- Bien sûr…avec plaisir !

- Tu veux-tu mon adresse pour m’écrire ? Mon numéro de téléphone ? Tu sais tu pourrais m’appeler si tu veux.

- Donne-moi tout ça, c’est une excellente idée !

- Je reviendrai plus jamais chez toi hein Véro ?

- Malheureusement non mon cœur, tu as bien vu que ca ne fonctionnait pas !

- J’ai essayé de faire comme il le faut mais j’y suis pas arrivé.

- On a tous les deux essayé et on y est pas arrivés .. parfois tu sais ça arrive !

- Tu vas continuer de m’aimer ?

- Je vais t’aimer toute ma vie mon grand…toute ma vie !

J’entendais son cœur battre au rythme de notre saison, ses mots éclairaient enfin notre mélancolie…Pendant tout ce temps mes mots s’ennuyaient de lui… il me manquait.

- Je vais devoir raccrocher Véro , j’ai qu’un certain lapse de temps pour te parler

- C’est correct je comprends cela… A bientôt !

- Véro ?

- Oui ?

- Je t’aime maman…

Avec une voix tremblante….

- Je t’aime mon grand ! Je t’aime….

Et je me suis sentie fondre…

Voilà le printemps est enfin arrivé….

 

31/03/2010

A chacun son chemin....

Je n’arrive pas à écrire !    Parfois je manque de temps mais de ce temps-ci aussi je manque de mots ...  Une nouvelle réalité pour moi car habituellement tout se raconte constamment dans ma tête, ça en devient même fatiguant !   C'est ainsi que naissent de drôles d'histoires tissées à même mon quotidien.  

C’est que je suis triste, la tristesse m’enlève  les mots faut croire, barbouille et gribouille mes idées ce qui m’empêche de tout vous raconter. 


Il y a déjà six mois que j’ai sous mon toit monsieur silence.  Six long mois que j’ai passés à recevoir d’ abord son agressivité et sa colère puis sa tendresse et son affection.  Nous en avons parcouru du chemin lui et moi …Un chemin tortueux rempli de peine et de difficulté à s’adapter.  Mais depuis quelques semaines nous sentons enfin que nous avons acquis une belle vitesse de croisière.   Il accepte maintenant de laisser tomber sa rigidité et lentement mais sûrement il avance, évolue et change.  Sa mère me disait justement la semaine passée à quel point il était redevenu doux, plus facile… Le petit garçon qu’elle avait connu plus jeune.  Elle n’en revenait pas de la belle évolution acquise, du plaisir qu’il ressentait à revenir chez moi après un weekend chez elle et de l’affection spontanée qu’il avait commencé à me livrer.  Même son médecin était ravi de le voir enfin prendre du poids.  Franchement, j’étais bien fière de moi, toutes ses poussées, coups de pied et tapes reçus étaient du passé et cela n’avait pas été enduré pour rien !   

Entre sa maman et moi tout était clair et limpide, une belle complicité s’était tissée.  Chacune à notre façon nous nous complétions  pour offrir le meilleur à son enfant.   Notre façon de faire était cependant très différente : elle se disait très surprotectrice, alors que moi j’avais tendance  à pousser son petit vers l’autonomie, lui laissant ainsi plus d’espace d’action où se développer.   Elle le constatait et mentionnait que j’étais incroyable de réussir cela.  


Puis un lundi elle ne le rapporta pas tel que prévu, j’appris qu’elle avait pris la décision de cesser le placement volontaire de son enfant parce qu’elle n’arrivait plus à faire le trajet de trois heures pour venir le chercher et le rapporter. Sincèrement,  je compris son choix car moi-même je n’y arriverais pas.  Assumer toute cette distance à chaque fois pour le voir et le prendre un weekend ce n’était pas évident.  Mais le retirer sans permettre à chacun de ma maisonnée de dire au revoir  fut très difficile et ça m’a rendu bien triste. 


Pendant que les enfants écarquillaient les yeux de surprise lorsque je leur ai annoncé le départ de monsieur silence, j’ai bien vu dans les yeux de mademoiselle question la tristesse monter.  Quand j’ai parlé qu’il nous fallait maintenant nous habituer à cette nouvelle réalité, elle a bien acquiescé.  Mais une petite heure après,  assise sur mon vieux banc face à la fenêtre, dos voûté, de petites larmes coulaient sur ses joues.   Lentement je me suis approchée, je me suis assisse près d’elle en lui demandant ce qu’il n’allait pas et elle me répondit : "Rien Véro c’est la neige qui me déprime !"  Et je me permis moi aussi de laisser tomber de petits flocons de peine à ses cotés.  Puis, surprise de ma réaction, elle se blottit contre moi et me dit : "J’aurais quand même aimé ça lui dire au revoir…" Et en langage signé qu’ils ont si laborieusement appris au cours des six derniers mois pour lui parler,  elle me fit les gestes qui disaient "je t’aime…."


un ajout :

 

 

 

J'avais fini mon texte mais en ce mercredi sur l'heure du midi sa mère se présenta pour venir chercher ses effets personnels.  Dès son entrée, elle se montra émotive, justifiant son choix, me demandant comment les autres avaient appris la nouvelle.  Je ne savais pas comment j'allais recevoir sa visite, je lui en voulais  pour cette facon de cesser le placement mais lorsque j'ai croisé son regard, tout à l'intérieur de moi j'ai senti une chaleur intense qui m'a guidée .... J'ai d'abord clairement dit à cette maman que mes autres petits protégés auraient aimé pouvoir lui dire au revoir et celle-ci en pleurant proposa dans quelques semaines d'aller tous ensemble  manger au resto.   Elle ramassa toutes ses  affaires et me dit au revoir en fermant la porte...  Rapidement je l'ai réouverte et lui ai dit:  "Attends ! Ne quitte pas comme ça !" et j'ai tendu les bras.  Sans aucune hésitation elle est venue s'y blottir et larmes aux yeux, elle m'a écoutée lui souhaiter bonne chance et lui rappeler de prendre soin d'elle et de son petit !   

 Je suis fière de moi !  Fière d'avoir réussi à passer par dessus cette déception pour  donner plein d'amour à cette maman.    Je ne pouvais terminer cette étape de ma vie sans en offrir  encore un peu.    L'espace d'un moment,  j'ai semé de toutes petites graines d'affection qui je l'espère seront récoltées par ce grand garçon auquel nous nous étions déjà grandement attachés.  

18/03/2010

Le café des splendeurs

 

 

Je suis du genre très *sauvage* lorsqu’il est temps d’assister à des rencontres ou des formations.  Faute avouée est à demi pardonnée raconte-t-on !   Je l’avoue… Si cela ne m’accroche pas dès l’invitation, rien à faire,  je garderai mon précieux  temps et je ne ferai pas acte de présence.

 Lorsque j’ai reçu ce petit papier m’invitant à assister à un échange café-muffins entre ressources et familles d’accueil, l’idée m’a plu.     Et me voici assise sur cette chaise avec une sensation étrangement agréable, à observer  tous ces êtres au grand cœur qui partagent la même passion que moi…. Des passionnés de différences.

 Rapidement nous profitons de l’occasion mise à notre disposition  pour engager la conversation, pour dialoguer de ce qui nous tient à cœur, de ce qui nous rebute, de ce qui nous rend fières.  Sujet après sujet, chacun à son rythme se dévoile peu à peu. C'est un moment  imprégné de paix et de beauté, coloré à la saveur de toutes ces années d’expériences réunies.   Encore une fois, je me surprends  à en  profiter au maximum. Profiter de ces instants d'échange et de complicité  qui passent est un enrichissement en soi… un baume sur les jours qui furent difficiles et qui tout à coup deviennent plus normalisés par d’autres personnes ayant vécu des expériences similaires.  

Puis l’expérience prend la parole…Ces familles qui ont 20, 25 ans d’engagement comme famille d’accueil, ma mère entre autre.   Ces piliers qui grâce à leur force intérieure, armés des outils qu'ils ont acquis par des années de dur labeur, qui ont su affronter la jungle humaine et s'y construire une place de choix, se livrent…  Dotés de personnalité lumineuse et de bonne répartie, gentiment, subtilement ils laissent entrevoir aux toutes nouvelles familles les futurs défis…

En retenant mes sourires, j’inspire l’atmosphère silencieuse des sillons de leurs vécus.   Je m'imprègne de cette nature qui m'entoure, de cette paix qu'elle exulte…

Diplôme en poche, conjoint aimant, maman de deux enfants fantastiques, mère d’accueil de plein d’autres.  Photographe du ressenti, auteure anonyme, je tricote de la fibre familiale avec passion. En solitaire je sème. Tranquille au coin de ma brousse, je me laisse bercer par la différence qui m’épanouit. Je m’applique à raffiner les êtres humains jusque dans les moindres détails. Je repousse les limites en labourant la terre.   Je pleure et gueule sous l’incompréhension mais je suis heureuse, comblée et pour la toute première fois je constate que je ne suis pas seule de façon tangible… Je vois clairement que  le chemin fut tracé par d’autres bien avant moi… tous ces sourires tracés de ligne du temps me ramènent à ces années qu’ils ont accumulées…Combien d'étapes me reste-t-il à traverser avant de sentir cet équilibre qu’ils offrent en mots et en sourire ?

Le café n’aura jamais goûté aussi bon que cet après-midi rencontre.   Une rencontre d’êtres fascinants à la nature humaine riche et bonne….

Et juste avant de retrouver le chemin de mes différences, je glisse un regard vers ma mère.   Sans trouver les mots, en enclenchant la marche arrière de ma voiture, ma pensée va vers elle, la plus belle d’entres toutes.   Celle qui a tracé mon chemin de vie, celle dont je suis si fière d’être sa fille... celle qui a tracé mon destin… et je rêve d'un destin sans fin que le rêve reprend comme refrain, je rêve...

xxx

15/03/2010

Un zeste de printemps!

Humeur de fonte...

 

 

Le soleil brille de pleins feux depuis plusieurs jours.   Des températures surprenantes s’affichent au mercure  pour mon Québec,   qui habituellement est beaucoup plus froid et encore très enneigé!    Je peux même déambuler sur mon patio car la neige a déjà disparu…Nous n’avons pas résisté a se faire un barbecue ce weekend même s’il fallait encore la veste d’hiver pour le préparer!   

Cela amène son lot de bonne humeur et de projet.   Nous avons été jusqu'à osés acheter une veste de printemps et classer certains vêtements tels que les combinaisons (vêtements se portant sous les pantalons et chandail pour faire face aux jours TRES froids!)  et les foulards de la longueur d’une autoroute.    Selon les vieux du coin pourtant nous risquons encore une bonne tempête,  pfft que cela ne tienne je n’ai aucune envie de pensée a cela, je préfère et de beaucoup visualiser des fleurs et des arbustes en devenir qu’un retour a l’hiver.  

 

Mes jeunes a la maison ont déjà commencé à revendiquer l’envie de porter des souliers et a alléger leurs vestes….patience, patience…ça viendra!   Je deviens maintenant surveillante des sorties de ma portée…car il essaie de se faufiler en douce avec des manteaux pas attachés ou sans tuque  sur les oreilles.  Me revoilà mégère contre la liberté de mon espèce, un mois plus tôt! Sourire

 

Pour mon conjoint c’est aussi un grand moment, le retour a l’école!   Un concept qui n’est pas accepté et compris  par l’ensemble de ma poelonner…

 -C’est pas vrai hein Véro que Marty il retourne a l’école?

-Bien oui c’est vrai!

-c’est pas possible ça il est trop vieux….

-Bien parfois même vieux nous allons à l’école pour apprendre de nouvelles choses.

-Y a juste à te le demander toi t’es encore plus vieille tu sais tout!

-Tu sais dans la vie ont apprend tout les jours… regarde toi tu deviens grande toi et pourtant tu apprends encore…

-C’est que moi j’ai un bobo dans la tête,  elle est comme cassé un peu Véro c’est pour ça que j’apprends encore il reste de l’eau dedans pour semer des nouvelles choses mais quand ont est vieux il reste plus d’eau, tu comprends?

 

Et me voila foutu pour ce printemps!  Sourire …impossible de lui faire comprendre…

 

Être maman des différences c’est apprendre à donner du  temps pour comprendre certains concepts de la vie.   C’est choisir de laisser tomber une incompréhension pour l’a reprendre avec d’autres mots plus tard…   C’est écouter aussi des façons bien surprenante de pensée la vie…de sourire mais d’éviter d’éclater de rire.    Être maman d’accueil,  c’est offrir toutes sortes de petites leçons quotidiennes qui forment une grande leçon de vie pour la personne qui les étudie et c’est accepter de regarder l’intelligence qui s’y déroule jour après jour car l’être se construit, se modifie.

 

À mes yeux, chaque être différent est un trésor bien précieux.  Tout comme l’enfant,  tout y est neuf, vrai, innocent.  

 

Il y règne une force et une fragilité qui m'émerveillent en chacun!   J'y vois souvent une flamme qui brille dans l'obscurité de nos chaos d’adultes.

 

L'enfance et la différence c'est l'humanité à l'état pur. Sans ces acquis qui la transforment et l'évoluent, de générations en générations...

Et entre vous et moi… la différence c’est mes sourires semés au gré de leurs mots, c’est ma rafraichissante rivière de vie qui me permet de m’épanouir.

02/03/2010

Mon univers

 

Comme vous le savez ma vie est remplie d’enfants et d’adultes différents.  Chez moi, chaque jour file à un rythme d’enfer assaisonné de besoins à combler et d’interventions à poser.   Mon univers est fait d’actions visant à améliorer le sort de l’un et l’autre tout au long de mes journées.  Parfois c’est fort lourd, moins drôle, plus épuisant et déstabilisant.  Je passe ma vie à négocier :  les récompenses, les sorties, les besoins de l’un avant ceux de l’autre  et les exigences parentales de chacun et chacune de ma portée.  Il m’arrive d’être fatiguée et souvent fort épuisée…moralement, physiquement et certains jours les deux à la fois.

 Mais si je continue, c’est qu’à mes cotés il existe un être exceptionnel qui partage ma vie…qui, les jours plus difficiles, de sa main  frôle la mienne.  Il est le tempo de mes limites, le reflet de ma famille c’est lui qui dit "c’est ASSEZ ! " Il est celui qui essuie chaque larme de ma rivière intérieure,  ainsi perle notre harmonie.   Il me permet de me ressourcer entre ses bras.  Il accepte même les ronflements d’une journée trop lourde à porter.

Cette vie qui roule et hurle engloutit parfois  l'étreinte de ma passion... Je voyage de différence en différence, en me laissant porter  mais bien souvent je finis mes journées par la fatigue et l’essoufflement…mais il est là...Comme  l’azur qui dresse son éternité  autour de moi.   Pour retrouver la femme que je suis,  pour que mon  cœur puisse battre  au rythme  de ses saisons,  pour que ses  mots  éclairent ma mélancolie.    Quand j’ai divorcé, j’ai cru ne jamais trouver un être à la hauteur de mes aspirations, qui me comprenne et me soutienne.   Quelqu’un qui m’accepterait comme je suis,avec mes forces et mes faiblesses, et il est apparu. Il a pris place dans ma vie, m’imposant son jeune âge et son amour et  il a toujours été à mes côtés peu importe si la barque était en pleine tempête ou coincée à marée basse.

Parfois d'un éphémère moment qui brille, dans la folie d’une de nos journées, le miroir reflète ses yeux et je sens le souffle  démesuré  de son amour et je danse dans mon quotidien avec toute cette passion car même après dix ans, quand il ne reste que l'aube d'habillée  j’entends encore battre la mer au fond de ses yeux….il est l’homme de ma vie !

23/02/2010

Ma nouvelle amie

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ma chienne bébé....elle a doublé de taille maintenant...elle a 6 mois! un mastiff anglais

Depuis que je suis au monde j’en ai connu des chiens.   Souvent le chien de quelqu’un qui n’en voulait plus ou qui appartenait à mon père.  Bien que je les aimais beaucoup, mon lien d’attachement n’était pas aussi solide et fort qu’avec Noël ma chienne acquise dans le temps des fêtes.   L'arrivée dans ma vie de mademoiselle Noël  a érigé une puissante complicité. Comme une solide amitié qui sans dire mot nous unit.   J’adore cette chienne !  Je la trouve belle en dedans comme en dehors.  Je craque pour ses vibrations de chien qui souvent viennent pallier à mes fatigues humaines.  J’ai cette impression qu’elle voit en moi et qu’elle m’incite gentiment à la suivre.   Prenez comme exemple cet hiver : d’habitude l’hiver,  j’ai plus l’air d’un oursonne qui se terre dans sa grotte que d’une humaine qui profite des joies du froid…et bien avec Noël c’est du passé ! Elle m’incite subtilement à sortir en s’asseyant devant moi et en me regardant tout en penchant la tête,   juste après avoir été regarder par la fenêtre .   Je traduis cela par "Hey ma grande !  Cet hiver que nous vivons est exceptionnel,  l'un des plus cléments ! Viens, nous allons marcher c’est bon pour nous !"  Et tout au long de la marche elle s’adapte à mon pas et  doucement vient coller son museau dans ma main pour me rappeler que nous sommes ensemble, qu’elle est là.  Son essence me fascine et me charme…Elle s’adapte à chacun de ma maisonnée qu’importent les différences, leurs particuliarités et leurs limites.   Elle est entrée dans mon cœur.  Cette complice m’a fait chavirer au point d’accepter même ses lamentations du samedi matin parce qu’elle désire sortir plus tôt que 6 heures du matin !

Cette chienne me fait sourire… Elle me suit partout tout au long de la journée et je lui parle pendant les corvées.   Lorsqu’elle en a marre,  elle baille bruyamment s’affaisse au sol et ferme les yeux.     Je partage avec elle tous mes états d’âme de la journée, elle  écoute et me donne son affection en guise de réponse.  

Et puis elle me ressemble… Une vrai entêtée !   Refusant d’écouter l’un et l’autre y compris mon conjoint.   Souvent elle accepte de sortir avec un autre mais lorsqu’il est temps d’entrer,  elle s’assoit sur le banc de neige et pas question d’obtempérer ….Elle ignore tous les rappels…..et je n’ai qu’à sortir la tête de la porte et à dire… "Ben voyons fille arrive!" et elle court avec enthousiasme me rejoindre presque en défiant les autres.  

Souvent je n’ai pas le temps de lui lancer la balle ou de la brosser.   Elle s’impose à force de tenacité et je finis par céder.   Hier à ma grande surprise j’ai constaté que je jouais à la cachette avec mon chien autour de la maison… sans même me soucier des voisins !  Essoufflée à force de courir pour ne pas être rattrapée quand elle m’avait trouvée, j’avais retrouvé un zeste d’enfance l’espace d’un moment….Voilà ce plus qu’elle m’offre : depuis son arrivée je redeviens par moment  cette petite fille insousciante qui n’a pas à s’imposer   une tonne de responsabilités et à porter sur des épaules d’adulte pleins de rejetons.    Nous avons tous nos montagnes à grimper, nos obstacles à traverser, nos douleurs à gérer, notre vie à vivre…mais cette année je me laisse emporter par l'écho d'une chamade, celle de mon cœur qui bat et s’émerveille au côté de ma nouvelle amie…

17/02/2010

Les rides



 

 

 

Le temps passe et me glisse entre les doigts … .tellement que parfois je n’ai  pas  le temps de me regarder au moins une fois dans la glace dans une journée.   Puis quand l’horloge me permet de prendre une pause, il m’arrive de me regarder et de constater à quel point je vieillis.   Hier, par pur hasard je suis tombée sur une amie avec qui j’ai étudié au cegep.  Elle avait bien quelques pattes d’oie que je ne connaissais pas mais tout le reste de son corps était resté identique … Elle affichait encore son petit tour de taille et sa petitesse.  Elle cherchait des analgésiques, je me suis plu à penser qu’elle devait avoir mal à la tête à force de ne pas manger ! Mais en arrivant à la maison,  j’ai repensé à cette petite taille que je portais fièrement "dans le temps !"   Vous souvenez-vous, vous, de ce temps-là …où notre priorité était de vérifier si la petite jupe donnait l’effet voulu dans la glace ?  Où la plus grande préoccupation de la journée était de savoir si tel ou tel autre avait tourné la tête à notre passage ...   Bref il est bien loin ce temps.   Je constate que vieillir n’est pas une fin en soi…mais j’avoue que parfois je trouve cela bien difficile surtout quand je regarde les rides qui se dessinent sur ma peau.    Mon  homme a une facon bien à lui de me faire comprendre tout ce processus… Il me dit que le temps me fait vivre bien des tourments et qu’il laisse des traces pour que je me souvienne du tracé de ma vie… Comme une carte qui se dessine…. Voulant donc le déjouer je lui dis : "Et le tour de taille qui s’épaissit c’est pour quoi?" ... et gentiment en souriant il m’a répondu : "Tu vis tellement de choses ma belle ! Normal qu’il déploie un peu en largeur sa carte s’il veut se rendre jusqu'à la fin de ta vie à tout marquer ! "….."Oin ! J’en n'ai pas fini avec les rides moi…alors!!!"  Un peu frustrée,  j’ai donc crié haut et fort que sur chaque ride ou vergeture je me ferai tatouer une fleur….et ma charmante fille, qui affiche sa petite taille de guêpe, me piqua en me lancant bien gentiment : "Maman tu seras un des plus beau grand bouquet de notre époque !"  

Tiens toi…ça t’apprendra à pleurer sur ton sort ! Et une grimace à ce temps qui passe ! Pffff

 

Sourire….

13/02/2010

L'enfant tendresse...

x3  Liis  x3 

Avant Noël j’ai vécu  un événement marquant. En fait j’ai passé mes fêtes avec une drôle de sensation dans le cœur… comme un serrement  et une difficulté à couper de tout cela.  Mais je peux désormais penser à lui sans ressentir ces sentiments qu'elle a ensevelis au fond de mon être.  Je sais qu’au fil du temps, cela s'estompera de ma mémoire. Peut-être pas totalement de mon cœur, mais de ma mémoire, quasiment...

 

J’offre à des familles naturelles qui ont des enfants à problèmes ou différents du répit un weekend sur deux.   C’est donc un moment pour eux de se reposer,  mais pour moi c’est souvent un trois jours bien plus difficile car je fais face à des enfants élevés bien différemment que le reste de ma troupe qui fonctionne selon mon horaire et mes habitudes.   Un de mes jeunes est bien particulier, il a 6 ans et il a surtout bien besoin de bases et de discipline pour améliorer sa situation.  J’ai donc droit à des répits avec lui où je rappelle et rappelle et rappelle les règles établies et la base d’une bonne conduite.  Je passe mon weekend à me répéter et à gronder.

 Il était d’ailleurs mon dernier répit avant mon départ pour Noël.   J’avais vraiment hâte de finir ce répit car je quittais après pour un repos bien mérité dans ma belle-famille.   Mon conjoint attendait avec impatience  de revoir ses parents et l’idée de passer quelques jours à faire peu de nourriture et à ne m’occuper que de mon fils me réjouissait.  Mon petit ami en répit,  que nous appellerons monsieur tendresse, avait lui aussi vraiment hâte que cela se termine.   Sa maman lui avait promis de faire le sapin et d’emballer les cadeaux pour les mettre sous l’arbre.  Il ne tenait pas en place, revenant vers moi sans cesse  pour vérifier le temps qu’il restait avant son départ pour la maison.

Ici le sapin trônait depuis un certain temps, l’ambiance était à la fête et tous étaient d’excellente humeur !  Je me sentais d'ailleurs privilégiée de pouvoir vivre avec un tel état d'esprit.   Le dimanche, d’habitude, sa mère venait le chercher vers les 16h00 mais aucune nouvelle d’elle ne laissait prévoir qu’elle se présenterait…. Le petit était bien impatient et il compensait en parlant bien fort du magnifique sapin qu’il ferait avec sa maman en arrivant.

Après une heure d’attente, sa mère me téléphona… :

-Véronique, je ne viendrai pas le chercher !

 -Mais tu ne peux pas faire ça, il t’attend et ton répit se termine ce soir.

  – Il est mieux chez toi que chez moi, je ne vais pas bien !

 – Mais je quitte pour Noël moi demain matin… Tu dois venir le chercher!

– Non je ne viendrai pas…Fais ce que tu veux avec, mets-le sur la galerie s’il le faut mais je ne viendrai pas le chercher !!!

- Mais il t’attend lui, il compte sur toi !

 – Je n’ai plus de voiture, elle  m’a lâchée après avoir été au club Price magasiner…

- C’était à côté de chez moi le club pourquoi ne pas être venue le chercher ensuite ?

 – Tu es plus apte que moi pour t’en occuper actuellement je ne viendrai pas le chercher.

  – Mais as-tu pensé à ce qu’il vivra et ressentira et je ne pourrai pas laisser cela comme ça tu dois venir le chercher.

 – Peut-être demain ...

 – Si tu ne viens pas demain je ferai un signalement, de toute façon ton choix fait que je dois d’avertir ton intervenante. 

Et elle raccrocha…

La première chose que j’ai vue après avoir raccroché a été mon conjoint qui subtilement ramassait les valises pour les faire disparaitre dans une garde robe.  Il vint près de moi et me serra dans ses bras.  Il savait que je devrais annoncer à notre monsieur tendresse que maman ne viendrait pas et que je ne savais pas quand elle reviendrait.  Il savait que  viendraient plein de questionnements, d’inquiétudes et sûrement des larmes.   Ensemble en un gros trois minutes de réflexion nous décidâmes de quitter le lendemain malgré tout, avec lui en plus si sa maman ne venait pas le chercher.

Quand je lui ai dit de venir me voir, il s’est approché lentement en me lorgnant du regard… Puis il me dit

– maman ne viendra pas me chercher hein ?

 Lentement à mon tour je lui ai expliqué du mieux possible la situation.  Les larmes sur ses petites joues blanches coulaient à flots mais il ne sanglotait pas.  Il me dit alors…

- Tu vas me laisser ici seul pour partir dans ta famille ?  

Là je l’ai rassuré lui indiquant que je l’amènerais en vacances si demain elle ne venait pas le chercher…  

Il refusa d’aller jouer.  Mon fils de loin regardait sa peine et son désarroi.   Puis monsieur tendresse me lança :

-Tu crois que le père Noël trouvera où je suis pour que j’aie mes cadeaux ?... et mon fils cria :

-Mais il le sait déjà, regarde sur ce cadeau c’est ton nom qui est marqué !  

Puis mon grand garçon me regarda en souriant car lui ne croit plus au père Noël….mais il était ravi de lui montrer qu’il détenait sous notre arbre un cadeau pour lui.   Monsieur tendresse  passa la soirée à tourner et retourner ce précieux cadeau entre ses mains….avec une moue triste et déçue.

Personne ne fit de valise ce soir-là pour ne pas ajouter à tout cela….et miraculeusement le lendemain, avant notre départ… sa mère arriva.   Tout juste après que j’ai eu fini de tout arranger avec les intervenants  du petit.  Je lui en voulais à cette mère, je lui en veux encore…elle a eu droit aux bras de son fils rempli de bonheur et à son sourire en la voyant arriver.  Moi je lui ai offert un accueil de glace.  

Elle devint son plus beau cadeau de noël… Elle me laissa comme cadeau plein d’amertume et de tristesse.   Je ne peux comprendre comment quelqu’un peut faire cela à un enfant mais je sais maintenant pourquoi monsieur tendresse est si insécure.   Je suis régulièrement révoltée par le sort des enfants  bafoués dans ce monde !  Délaissés à eux-même ils ne peuvent point s’en sortir et grandir intérieurement.  Être parent signifie de donner de soi et de donner la priorité à ces petits êtres que nous avons mis au monde.   L'acte de donner à autrui n'a aucun lien avec la fortune que l'on possède.  L’essentiel est invisible aux yeux mais nécessaire pour le développement de notre progéniture.   Je suis toujours outrée lorsque j'entends les gens d'ici se lamenter de leur pauvreté.  S’ils voyaient la pauvreté de certains enfants….intérieurement et familialement.  Il faudrait ouvrir  grands nos  yeux et  regarder bien plus loin que notre nombril...

Perdue dans mes nuages, j’ai vu  tressaillir mon cœur de maman sous le choc pendant toutes les fêtes.   Et je me suis réveillée souvent avec une drôle d'humeur au fond du cœur...

12/02/2010

DE RETOUR

 

Me revoila enfin!  L’ordinateur va mieux….il parait que je l’avais enfariné et de la le précieux morceau a lâché.   Mon informaticien m’a dit que j’étais la première qu’il connaissait a enfariner un ordinateur... J'ai toujours été spécial! sourire...  Vous   m’avez drôlement manqué…. Nos liens sont précieux et j’avoue avoir trouvé très difficile de ne pas vous lire et vous écrire…

Tranquillement je repasserai chez vous tous un après l’autre pour reprendre le temps perdu et apprécier l’essence même de votre précieuse amitié.   Puis j’écrirai encore, j’en ai tellement vécu pendant cette absence….

Je vous embrasse…xxx

 Voici le Carnaval de Québec!  Un événement très important par chez moi  ou les québécois affrontent les moins 20 degrés pour fêter et s’amuser

. glissade sur glace...

découper dans la neige!

sauna a moins 20!

bar sur glace

surfing sur neige

voila comment nos groupes jouent malgré le froid.... un plastique bien du chaffage et le party est débuté!

et soirée d'exercice...tout le monde bouge et nous restons au chaud!

 

26/01/2010

petit problème d'ordinateur

 

Depuis plus de trois semaines à chaque fois que je me connecte, j'envoie une ou deux réponses et mon ordinateur s'éteint...comme ça sans raison.  Ensuite c'est le jeu du chat et de la souris, j'ouvre, il se ferme et j'ouvre à nouveau et il se ferme à nouveau.  C'est ce qui explique que je ne réponde que très peu et à peu d'entre vous... cela me désole mais il parait que c'est le power...machin qui rend l'âme...et je devrai attendre février pour faire réparer ce petit portable qui me relie à vous...(la salle de bain est dispendieuse ! )   sourire.   J'ose donc espérer que vous continuerez à passer malgré le manque de réponse..Ce n'est qu'une question de temps et je serai de retour !

 

grosse bise à tous... xxxx

20/01/2010

Les rénovations

 

J’aime la décoration !  J’ aime tout ce qui est beau, nouveau et in.   Voilà un de mes petits péchés.  Chaque année je n’ai qu’une obsession…rendre encore plus belle une partie de ma demeure.  Je sollicite donc l’aide de mon conjoint ou de ma sœur qui ont  les mêmes  aspirations et nous travaillons en équipe pour changer mon intérieur.    Actuellement, je refais une de mes salles de bains  ( j’en ai trois)  Douche pluie, dehors le bain et de la céramique du plafond au bout des orteils… tout un boulot.    C’est donc la réalisation de toutes ces heures passées à  feuilleter revues  et images virtuelles pour arriver à dénicher LA salle de bain parfaite pour mon goût. 

 

Le délai est toujours assez serré car même si j’aime modifier mon intérieur je déteste la poussière et tous les désagréments d’une réno.  Et chez moi quand on dit changer, on dit aussi questionner.  Ça amène donc des questions de chaque membre de ma poëlonnée à la pelleté ! 

Imaginez deux petites minutes vos mains dans le ciment de céramique avec à la porte trois à quatre membre de votre famille qui amènent commentaires et questions …Je vous le jure, il faut plus que son lot de patience.   Voici pour vous donnez une idée…. :  "Je veux pas te déranger Véro mais pourquoi la toilette est plus là?"  "Ben voyons elle est plus là parce qu’elle répare la salle d’eau.     Elle était pas brisée la salle d’eau hein Véro elle était pas brisée ?"  "Moi mon père il fait pas ça comme ça !  Pourquoi tu mets de la boue sur le plancher ?"  Éclats de rire… "Elle met de la bouette?"  Intervention de mon conjoint :  "Allez jouez les filles c’est fatiguant là !"   "Ben repose-toi, tu travailles tout le temps…."  "Non VOUS êtes fatiguantes."  "Hein! Ben on fait rien on parle!"  "Ben justement."  "Véro pourquoi on est fatiguantes hein? On a le droit de parler quand même?  T’as chaud Véro?  Tu nous réponds plus?  T’es tu fachée?".... et je termine ma tâche pour ce soir, avant de perdre ma bonne humeur.   Puis 5 minutes après …"Marty, lui, il est plus vaillant que Véro, il travaille plus qu’elle.  Véro…elle est pas gentille devine ce qu’elle a dit" … Et c’est moi qui finis par rire… Toute une famille que la mienne et pourtant je ne la changerais pour rien au monde.   

12/01/2010

le lien

 

Nous sommes dans la semaine du 22 Février 1976, notre mère Alice a mis au monde une petite fille prénommée Annie qui sera le troisième enfant de leur union.   Tu as 4 ans et tu es mon petit frère.    Mince, un peu lunatique à l’occasion,  tu t’amuses avec un rien et tu te plais à me suivre.   De mon côté tout au haut de mes 8 ans je suis dans une période de ma vie où je suis jalouse et t’en veux de toute cette place que tu as prise.   Je passe mon temps à te compliquer la vie et à te faire pleurer en douce,   je suis probablement la pire grande sœur qu’il est possible d’avoir à ce moment-là !

 

Pendant la période d’hospitalisation de notre mère c’est nos grands-parents maternels qui veillent sur nous.   Le temps est bien long, le froid dehors est insoutenable ne nous permettant pas d’aller jouer à l’extérieur.   On passe un temps fou à faire des jeux de cartes avec notre grand-mère mais tu ne comprends pas tout et tu m’exaspères encore !   Grand-père Lorenzo est un homme bien, il perçoit notre ennui et nous installe au sous-sol une balançoire et une corde pour faire du  Tarzan.  C’est génial !  Pendant qu’il descend nous pouvons l’accompagner et s’amuser chacun à notre jeu.   Tu aimes bien ce bout de corde et tu essaies de monter, grimper et l’escalader.   Je te regarde faire subtilement, pendant que grand-père hache son tabac à pipe.   Je sens l’odeur du tabac frais, la radio joue des airs gais,  je suis bien dans ce sous-sol improvisé au jeu.   Je me balance de plus en plus vite imaginant être la reine d’un château et détenir les plus belles robes de la terre.  Le monde est parfait à ce moment-là et la vie coule doucement comme j’aime.

 

   Puis, je lève les yeux…..une fraction de seconde passe….je rebaisse mon regard et le remonte à nouveau.   Tu es là accroché par le cou avec ce lien et tu te débats…tes yeux sortent de ton visage et j’y vois la peur et la douleur, la couleur de ta peau est légèrement bleutée, tu n’arrives pas à parler, à crier.    Je saute de la balançoire et voyant tes petites mains délicates qui essaient de dénouer la corde pour respirer.   Je t’accroche par les jambes et te remonte….je vois bien que tu n’y arrives pas que tu es de plus en plus mou !    Des larmes coulent sur mes joues, je veux crier mais rien ne sort, j’ai peur, j’ai froid tout à coup.   Je respire pour deux, si fort et si vite, j’essaie de frapper avec mes pieds un couvercle de poubelle en fer mais je n’y arrive pas puis d’un souffle je crie : grand-papa au secours grand-papa !!!  Mais grand-père est un peu sourd et la radio est forte il n’entend pas.  Je sais que je ne peux pas lâcher, je sais que je ne dois pas abdiquer. Je te retiens et sens la douleur de mes efforts,  je crie à nouveau si fort : LORENZO ! Je ne l’ai jamais nommé par son prénom mais ma grand-mère le fait et il réagit toujours….il finit par m’entendre…

 

Son regard se glace en voyant cette scène il me crie : tiens-le ! Tiens-le encore Véronique il faut le tenir plus haut !….je chuchote que je n’en peux plus…il m’ordonne très durement de continuer de tenir, il cherche un couteau pour couper la corde….

 

Tu ne bouges plus !   Tu es lourd, je prie intérieurement ce Dieu dont il me parle  pour que tu t’en sortes. J’ai si peur de te perdre, si peur…je  lui demande de me pardonner tout ce mal d’enfant que j’ai pu te faire,   Je le supplie de te laisser sur la terre et je force et force pour te soutenir.   Je lui promets de prendre soin de toi, d’essayer de t’aimer davantage…je prends tous les mots possibles pour qu’il comprenne que je suis sérieuse que je n’en peux plus.

 

Il coupe ce lien d’un trait, tu tombes avec moi !   Il te prend et me hurle après: Monte et tout de suite va dire à grand-mère vite….je monte en sanglots, je tremble….Grand mère crie d’horreur en te voyant  et te prend !   Elle dénoue la corde de ton petit cou,  tu respires péniblement.   Elle demande de la glace à mon grand père, elle te caresse et pleure. 

 

 Elle prie,  je vois ses lèvres qui remuent et je connais bien ses prières.  Notre  grand-père te regarde,  je suis assise au bout du sofa et je ne sais pas quoi faire.    Tu ouvres les yeux et tu te mets à pleurer, je sanglote si fort à ce moment même, je remercie Dieu de sa grande bonté, je vois grand-père qui fait semblant de regarder à l’extérieur et qui pleure.  Il dit si Alice avait perdu son fils à la naissance de sa fille oh mon Dieu Oliva….oh mon Dieu….par ma faute !

 

  Doucement,  je me rapproche de grand-maman et toi,  je me colle contre elle sur son tablier blanc et j’emmêle mes bras à tes jambes pour te sentir plus près, pour te toucher.  Et le lien se noue à nouveau…. il se noue entre nous, ton regard plonge dans le mien et ce lien invisible se fait pour ne plus jamais se dénouer.   C’est là,  à  ce moment précis que j’ai compris que je devrais te protéger et t’aimer voilà ce que  devait être mon rôle de grande sœur.   Le jour où tu as respiré de nouveau, la jalousie et la haine se sont envolées et jamais plus je ne les  ai ressenties.

 

Le soir,  couché sur le divan-lit de nos grands-parents j’ai attendu que tu dormes et qu’ils soient tous couchés.  Doucement, j’ai glissé mes doigts sur la marque bleue de ton cou laissée par le lien et j’ai sangloté en embrassant mes doigts que je remettais sans arrêt sur cette marque tout en prenant bien soin de  ne pas t’éveiller.

 

Le lendemain ma grand-mère me demanda de ne pas parler de cet événement à maman pour ne pas l’inquiéter…jamais je ne lui ai dit à quel point ce lien avait été révélateur et avait changé ma vie !

14:31 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (54) |  Facebook |

07/01/2010

La maison du bonheur

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Nous aurions des lits pleins d'odeurs vanillées,
où les enfants pourraient sauter
Des divans profonds où il ferait bon se lover
pour traîner doucement, s'enlacer

Nous aurions de grands corridors
pour les regarder quand ils dorment
dans leurs petits lits 
tout pleins de plis

la maison sentirait bon
la cuisine grande et remplie de sons
des enfants qui crient, rient et ferment les portes
toi qui me souris et qui m'emportes

au pays de l'amour
au pays des toujours
 à la maison des souvenirs 
où il fait bon vivre, s'unir

(ce texte a été écrit en mars 2003...déjà je m'orientais sans le savoir vers mon demain...plein de gamins ! sourire !!!)