04/01/2010

Mon brin de fille

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Mon brin de fille est  devenue femme !   Le temps a passé et je ne l’ai pas vue évoluer.   En  fait si je parlais de négligence je crois bien que je devrais parler d’elle.  Elle fait tellement tout d’elle même que souvent je me surprends de voir comme elle a changé, grandi et que je ne m’en suis point apercu et que je ne lui ai donné que trop peu de temps.

   Elle est douce, belle, fraîche comme une rose, et si intelligente.   C’est une enfant pleine de maturité et d’équilibre. C’est cependant l’enfant qui souffre le plus de mes choix de vie.    Etre famille d’accueil l’amène constamment à devoir faire face à des gens qui ont envahi sa maison, qui lui ont pris le précieux temps auprès de sa maman.   Elle semble être la seule à en souffrir puisqu’elle a connu être enfant unique et l’enfant du divorce qui vit avec maman.

 Les jours s’enfuient sans éclat ni scandale mais je la sens moins à l’aise que l’ensemble de ma maisonnée.  Parfois elle me lance un : "Tu sais pourquoi j’irai longtemps à l’école maman? Pour ne pas faire ton métier… J’en serais incapable…ça demande tellement…les laver, changer leurs couches, donner leurs bains… tu n’arrêtes jamais…en plus des problèmes de comportements, des interventions à faire…..J’arrive même pas à les garder!"

C’est l’écho d’une chamaille intérieure….  Le fracas d’un être si fragile….C’est ma cicatrice laissée pour la vie dans le bois de mon écorce… comme un long tracé du doigt.   Les racines en terre je me sens comme un vieux chêne… La vie est si dure parfois et l’on voudrait tellement le meilleur pour nos enfants.  Avec le temps l’empreinte se creuse entre ma fille et moi… Comprend-elle mes choix? J’aimerais tant lui montrer mon parcours, sans faire aucun détour, lui faire comprendre qu’à la seule vue d’une larme sur sa joue mon monde s’écroule mais que si je ne me donne pas à d’autres je me sens morte intérieurement…comme si mon seul chemin était marqué au fer.

Ses pétales sont si fins et si frêles … Le temps marque le cœur de mille et une couleurs …Je voudrais les plus belles pour elle…un arc-en-ciel en héritage…mais je sais que je laisserai aussi un jardin plus ou moins bien rangé ou se mélangent herbes folles et belles rangées…J’espère qu’un jour elle verra que sous les feuilles mortes il existe toujours une fleur magnifique, ELLE !

 Dans mon cœur bien ancré volent encore ses baisers qui ont laissé des empreintes de géants, des petits bras qui me serrent si fort et qui m’enlacent…des petits pas maladroits sur une plage de galets… Une lampe est allumée qui jamais ne s’éteindra où à la lueur de la flamme je m’enflamme de ces instants magiques qui me reviennent toujours… et si parfois dans ses yeux je vois ma culpabilité,le temps me ramène à ce  temps où je tenais ce doux corps…. Je la revois serrée contre moi, les yeux à demi clos, buvant au sein.

Je suis persuadée qu’un jour on  arriva à proximité d’un état de vie où je serai devenue vieille et flétrie mais que cela  aura bien peu d'importance. Car j'aurai atteint un nouvel équilibre humain et j’aurai enfin le temps de lui donner tout ce temps.. où je me raconterai et elle comprendra…et je me promets de la regarder se réaliser comme elle l’aura fait un jour pour moi…

( oui la photo c'est vraiment ma grande fille!)

 

30/12/2009

La routine

Alors qu'approche l'heure de la fin de l'année et que le froid s’est installé, après avoir pris un petit congé, j’accueille chacun de mes protégés qui eux aussi reviennent de leurs vacances improvisées.  Mines épanouies, figures fatiguées, parfois épuisés chacun ramène son lot de sourires et de déconfiture.  

Avant même d’avoir réalisé, je travaille déjà à rééquilibrer mes moussaillons dans leurs différentes sphères de vie.  J’essaie d’obtenir un ensemble cohérent au sein de mon foyer mais ce n’est point gagné.  Comme chaque année, en  l’espace d’une semaine certains ont perdu des acquis travaillés pendant des mois.  J’en suis donc à dire, répéter, imposer des lignes de comportements à adopter.

Je suis heureuse de retrouver une vie "active" mais je trouve bien difficile d’imposer ma discipline.  Je retrouve mon rythme, ma vitesse de croisière alors que les jours passent et que les heures me filent entre les doigts. 

Il n’est pas facile de retrouver le chemin des bons comportements pour certains.  Le manque de repos, les heures de fêtes irrégulières, un milieu moins encadrant, des parents plus permissifs amènent un relâchement qui laisse des traces … traces que je me dois d’enterrer dans la neige au plus tôt si je ne veux pas passer l’hiver à m’enliser dans celle-ci.  

C’est donc avec une main de fer, dans un gant de velours, que j’arrose de tendresse ma discipline.   Certains s’y collent sans difficulté, d’autres ripostent et répliquent sans arrêt.  Être famille d’accueil, être parents c’est imposer des limites claires, offrir toute la sécurité nécessaire et étaler de l’affection. Une tonne d'affection.  

Alors que cette terre est endormie par l’hiver, je me dois déjà de cultiver ces fleurs et de retirer toute trace de mauvaises herbes en attendant l’été.   Voilà en quoi consiste mon travail.  Entre givre et glace le temps m’agace… c’est la spirale du temps qui m’a réveillée un peu trop tôt, la routine impose sa place…  Souffle de ma tendresse pour charmer les jours glacés, je dépose des coffrets de doux baisers sur mes rejetons un peu égarés.

15:22 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (119) |  Facebook |

29/12/2009

Mes plus beaux mots d'amour!

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Tels du velours

sont ses mots d'amour

lancés avec légèreté

mais tellement de sincérité

 

au réveil, il me dit "Tu es la plus belle !"

il est en éveil, je suis miel

quand je sautille pressée comme une tique

il me dit que je suis magnifique !

il est poète

souvent à m'en rendre muette

en lançant que le ciel ne pleure plus

mon coeur se presse tellement il est ému

quand je vais travailler

il se colle à la fenêtre pour me saluer

avec sa moue triste affirmée

chaque fois je dois lui rappeler que je reviendrai

dans ses yeux je vois son âme

ils sont d'un bleu, il me désarme

son sourire ne cesse de m'éblouir

je suis celle qui réplique en soupir

et je ne cesse d'espérer

que jamais il ne va cesser

d'avoir cette facon de me regarder

et qu'il continue à m'aimer

ce poète de tous les temps

même s'il n'a que trois ans

qu'il est mon fils Trystan

détient mon coeur pour tous les temps

(texte écrit en 2006)

20/12/2009

mes derniers pas dans la neige....

En ce jour,  je prends la route de Noël  pour mieux voir vos âmes remplies de mystère.  Dans toute cette frénésie, je  vous imagine revivre les moments magiques de vos souvenirs.   Je  compte les pas des hommes qui démontrent les battements de leur cœur, cadencés par le rythme du temps…

 J’écoute crier le vent, et je respire la fraîcheur de l’hiver.  Flocons sur le bout du nez, envie de paresse, besoin d’infini…je reste immobile et je pense à vous !  Mes derniers pas dans cette neige me parent d’un collier de perles floconneux… J’arpente mon jardin, mon cœur se repose… La porte de l’aventure vers un autre Noël s’ouvre sur une vallée merveilleuse qui m’attire…celle du futur….Je sens la lumière qui pénètre mon âme. 

Chez moi le décor est digne d’un conte de Noël…La blancheur immaculée du paysage, les lumières des maisons et des sapins, les flocons qui virevoltent dans l’air, comment résister à cela ?

Je vous souhaite à tous un Joyeux Noël. Tous mes vœux de santé et d’équilibre en ce monde qui semble vaciller sous le poids de nos excès passés.  Des vœux de tolérance et de respect envers ces différences qui nous séparent, qu’elles soient physiques, intellectuelles ou spirituelles….

C’est donc avec toute mon affection que je tiens à vous souhaiter à tous et chacun d’entre vous un Noël rempli de tendresse… 


à bientôt je serai de retour le 27 décembre…. 

16/12/2009

Mes lutins de Noël….

Mes lutins de Noël….

Lorsque je  mesure le temps, il m’en  manque toujours en cette période…chaque année c’est un défi que d’arriver dans les délais pour fêter comme tout le reste du monde !

Pour ces enfants qui  sont mes petits protégés,  c’est un départ dans leur milieu naturel qui les attend.  C’est une toute première pour moi, car habituellement, il m’en reste toujours un ou deux pour Noël !

J’entrerai donc sous peu dans la danse des valises à faire, les exigences de calme en ma demeure,  car  plus la date de Noël se rapprochera et plus il y aura une ambiance de tempête dans le cœur de chacun de mes lutins … Ah la frénésie des fêtes !    Et je fêterai Noël avant la date pour remettre à ces joyeux lurons leurs cadeaux et ainsi permettre à cette famille reconstituée qui est la mienne de fêter tous ensemble !

Je ne sais comment toutes ces choses qui m’épuisent et représentent une grande lourdeur me nourrissent malgré tout de  joies et  m'émoussent de bonne humeur.   Je suis peut-être masochiste  ou alors complètement givrée.    Une chose est sûre en tout cas : dans ce monde compliqué, la simplicité du bonheur est un plaisir des plus précieux, contempler ces visages ravis, ces petites joies  qui s’associent à cette fête cela vaut  mille et un trésors que cette terre recèle. 

Je suis émerveillée par ce qui n'est pas commun ou différent.  Si vous les voyiez langues sorties, les mains pleines de gouache, essayant de réaliser des boules de Noël pour les offrir à leurs parents…  Voir à quel point la force de l'un vient combler la faiblesse de l’autre est à mes yeux mon plus grand signe de réussite.

Je conçois ces sursauts de vie qui embellissent mon chemin comme la possibilité de retrouver la paix dans mon âme et ils me permettent d’accepter mon destin.  Grâce à eux je sais que ce qui est brisé peut se reconstruire.  Je sais également que ce qui est différent est très beau, voire unique ce qui les rend encore plus précieux. 

Lorsque je répands mes mots pour vous parler d’eux, s’il y a du chagrin il s'évanouit à la pensée d'un nouveau sourire, d’une nouvelle journée.   

Etre au sommet de la plus haute montagne pour admirer le décor de la nature et le chant des cœurs est magique.  Moi c’est à  Noël que  le silence  chuchotera. Mais je sais que je serai  transportée par les soupirs brûlants de ma flamme intérieure ne recelant que du bonheur.  J’apprécierai  divinement le calme et je chercherai  à me reposer de cette  vie trépidante...

Ce soir nous emballerons tous ces cadeaux faits avec patience et difficulté.   Nous prendrons des heures à le réaliser et je sais que pour certains ça ne sera pas une mince affaire…. Mais faire en sorte que le bonheur des uns soit parfait… afin que leur  cœur serré devienne joyeux le jour de Noël dans chacune de leur famille… fait sûrement de moi l’espace d’un moment une mère Noël, la plus choyée des mamans !

14/12/2009

le Pôle Nord

"Dis ma tante… le  Pôle Nord t’es certaine que ce n’est pas ici hein ?  Regarde dehors il y a des lumières partout et tout est rempli de neige….c’est peut-être ici ma tante non?   Peut-être que le Père Noël habite tout près après tout ?"....  Discussion entre deux quintes de toux avec ma petite nièce de cinq ans, un jour où elle fait bien de la fièvre et n’est pas en forme ! 

Et je lui réponds :  "Eh bien j’espère que non ! Je ne veux pas qu’il habite ici moi !"  "Pourquoi ma tante?"  " Tu imagines le Père Noël qui se fait bronzer l’été…et ses bas étendus sur la corde à linge… ils sont en laine ça doit puer l’été ça brindille !"  Elle se met à rire de bon cœur… "T’es drôle ma tante, le Père Noël il sent pas mauvais des chaussons!"

Nos croyances, nos principes, nos valeurs…voilà ce que nous livrons pour ces petits…aujourd’hui ses yeux brillent lorsqu’elle évoque le Père Noël…Brilleront-ils lorsqu’elle sera plus âgée?  Aura-t-elle le goût de partager l’esprit de Noël ? Comment se fait il que moi je l’ai gardé ? Que ma plus jeune sœur aussi et que chaque année nous nous démenons pour que tout soit parfait et réussi aux yeux de ces petits…et plus grands ?

C’est grâce à ma mère tout cela,  chaque année qu’importe notre âge, nos réalités, elle nous a répété et imposé le même message : "à Noël il faut faire l’effort de l’esprit de Noël ...mettre de côté les conflits, les prises de becs, les difficultés et l’espace d’une nuit, d’un jour se laisser aller avec ce qui est planté dans notre cœur…soit l’amour et la reconnaissance d’être sur cette Terre !"  

En éduquant de manière réfléchie ses enfants, elle a  exercé  le seul pouvoir qu’elle possèdait  vraiment sur le futur.   Aujourd’hui, elle nous regarde créer sa magie et faire les efforts pour que cela demeure.   Elle a compris que ses enfants devenus grands lègueront à ses descendants des graines de ce qu’elle est aujourd'hui. Ses  valeurs, principes et croyances forment le tissu de notre famille et sont transmis de génération en génération !    Si ce n’est pas ça la magie de Noel je me demande bien ce que c'est ! 

La semaine dernière elle me disait que l’on donne trop aujourd’hui bien au-delà de l’envie, que cela fait oublier les rêves et les "merci" que souvent les enfants ne savent même plus quoi demander  tellement ils ont tout !  Elle a sûrement un peu raison… Vous ne pensez pas ? Mais elle a aussi ajouté : "L’esprit de Noël Véronique peu de gens l’ont de nos jours…" Il suffit pourtant d’ un souffle démesuré pour aimer, d’un éphèmère moment qui brille pour faire toute la différence…et puis derrière ce jour où l’on se force à se pardonner, à mettre tout de côté on apprend l’essentiel après tout….la paix, le respect, la confiance et surtout….l’écho de nos cœurs…. Bonne période des fêtes….

 

 

13:04 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (55) |  Facebook |

11/12/2009

La malle

La malle

 

 

Longtemps je l’ai regardée cette malle...cette vieille malle qui trônait dans le sous-sol.   Elle était bleu ni trop clair ni trop foncé et je n’étais jamais arrivée à l’ouvrir…  Je la lorgnais souvent car je ne savais pas ce qu’il y avait dedans. Un jour la moutarde m'est montée au nez et j'ai éternué tellement fort qu'elle s'est ouverte !  Bon soyons bonne joueuse….Il est aussi  vrai qu’un gentil petit couteau m’a bien aidée à faire céder la serrure.

 

J’ai longtemps hésité à le faire, partagée entre ma curiosité et mes valeurs qui me disaient qu’il ne fallait pas,  que c’était personnel, interdit !  

 

Mais que pouvait donc détenir cette valise fermée à double tour?    Des secrets graves? Un magot? Un petit frère bien caché?

J’ai eu  bien peur de me faire prendre mais un jour la curiosité eut raison de ma raison!

 

Dès son ouverture,  je fus submergée par l’odeur du papier trop longtemps gardé enfermé, tel des livres neufs qu’on m’achetait chaque année pour  l’école.  Puis,  j’aperçu de magnifiques dessins colorés avec soin et minutie.    Je me souviens d’avoir pris le temps de respirer  ces parfums colorés  à  pleins poumons,  de les avoir contemplés  page par page avec une grande délicatesse dans mes mouvements pour ne rien froisser de ses chefs d’œuvres.  Qui pouvait avoir fait ces dessins ? Une grand-mère artiste ? Un enfant adopté et caché dont on ne connaissait point l’existence ?  Il est vrai que mon imagination était débordante tout autant que ma curiosité et cela me poussa à continuer ma découverte.   De petits livres d’école  était aussi bien rangés dans cette malle  et des écrits de toutes sortes….Puis, lentement  je pris un de ces livres, et je lus à qui il appartenait….avec stupéfaction  je découvris le nom de ma mère, écrit à l’encre bleue en lettres attachées et fait avec application.

 

Cette malle me destinait  donc à découvrir  cette barrière  infranchissable entre ma mère et moi !  Ce monde étrange  que je ne connaissais pas, ce bout de chemin fait sans moi !   Dès les premiers pas je sentis  le vertige du  néant.  En l’espace d’un moment j’ai découvert  que cette femme qui travaillait avec acharnement chaque jour,   ma mère ;  avait été et était une femme,  une jeune fille, une passionnée qui avait plein de talents.   Chaque découverte,  chaque lecture  , transportait mes pensées   sous la forme d' œuvre démesurée , ce voyage   dans  ce fond de malle obscure où les ombres  brandissaient  leur voile  d'éternité,  m'effrayait, me surprenait mais  je  franchis  dans ces moments  ce long couloir  de la connaissance , de l’envie d’écrire, de faire valser les mots, de les associer pour les marier encore plus divinement. 

 Une  vive lueur   m'attirait  et me guidait vers cet impossible, ce monde de l’imaginaire que j’écrivais dans ma tête lorsque que je quittais ma chair  pour une autre existence, qui me semblait si   merveilleuse  et  rayonnante.   Grâce à elle, je m’élevais  vers les étoiles  sans horizon, m'inondant de bonheur, je n'avais plus de regret d’avoir ouvert cette malle, de découvrir cette magnifique femme qui avait dû renoncer à ses rêves pour aider sa famille, pour construire son foyer…un choix qui avait dû être bien difficile, car le renoncement est ce qu’il y a de plus pénible.  Jamais plus après, je ne vis ma mère de la même façon,  cherchant parfois dans son regard ses souvenirs passés, cherchant   comme une larme d'amour qui attend le retour de la saison des fleurs.

 

 

   J’ai longtemps cherché à travers son âme des ombres des jours passés des jours peut-être plus heureux…   J’ai souvent essayé de souffler mes  caresses par le  vent pour étoffer ma maman  d'un collier de tendresse quand la chaleur du printemps s'évanouissait par détresse car je songeais à ses choix qui m’ont donné une vie de choix... et je ne pouvais que l’honorer de par ma vie.

 

 

 

J’habille aujourd’hui maman tes battements de cœur de ces pétales de fleurs qui parfument nos souvenirs….. De merveilleux moments de bonheur, mais je ne te demande pas pardon d’avoir  fouillé dans ta malle aux souvenirs car elle m’a donné  la luminosité feutrée de toutes mes  saisons  en me permettant aujourd’hui de laisser transparaître  cette beauté qui ne s'endormira jamais dans ce profond sommeil du temps....car un bon jour ce livre traînera dans le fond d’une malle poussiéreuse…… Dois-je t’écrire que je t’aime ?   Merci !

 

 

 

Écrit le 20 septembre 2008

13:50 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (45) |  Facebook |

09/12/2009

victime d'un virus!

Mes précieux amis, je suis victime d'un virus qui attaque mon ordinateur.  Je ne peux donc pas répondre à vos précieux commentaires et je n'arrive plus à glisser de nouveaux textes.... j'envoie donc ce précieux portable se faire rétablir...ce qui fait que je serai absente de mon blog quelques jours....

je reviendrai sous peu c'est une promesse

 

amitié, Véronique

p.s. il m'aura fallu 7 essais avant de réussir à vous poster cela ! 

 

13:29 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (18) |  Facebook |

08/12/2009

La magie de Noël !

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J’aime la période qui précède Noël, l’anticipation des enfants, le rêve qui flotte au quotidien, la gentillesse de tous ces adultes qui soudainement se mettent a penser aux autres, les cadeaux que l’on s’échange, le plaisir dans les yeux, les gâteries culinaires de maman…Car il y a toute une magie qui court durant Noël,  un soupçon de ce que la vie pourrait être si l’on était tous gentils, aimants, généreux et souriants.    Je m’accroche à cette petite folie des fêtes pour en garder ces souvenirs que je chéris au fond de mon cœur.   Souvenirs qui sont d’énormes flocons qui flottent et virevoltent dans l’air doux de mes bonheurs…

Si j’avais à vous définir mon plus précieux flocon je crois sincèrement qu’il irait a mon oncle Yves et mon grand-père paternel Wilfrid…

Il y a fort longtemps, mes parents habitaient une somptueuse maison de murs blancs qui chaque année sentait le ragout le jour de Noël et assemblait toute la famille paternelle.   La fête se révélait bruyante et assez anodine dans mes yeux d’enfant mais elle amenait une coutume étonnante dont je rêvais chaque année. 

Je devais avoir environ 13 ans quand cela a débuté. Je gardais tout l’après midi, mes parents étaient partis jouer les pères Noël pour ce jour tant attendu….et c’était fort long et pénible…C'est  vers le milieu de l’après midi qu’ils sont arrivés…je me souviens encore aujourd’hui du son de la voix de mon oncle qui a crié avec vitalité : Véronique on va décorer pour faire une surprise à ta mère!  Puis j’ai du ouvrir la porte pour voir entrer une multitude de sacs qui craquent remplis de décoration de toutes sortes.

  Je revois chaque année puisé dans le repli de mes souvenirs le regard enjoué de mon grand-père qui étale sur la table ses multitudes de guirlandes et de lumières, son sourire qu’il me communique, le câlin dans les cheveux de mon oncle associé a son petit clin d’œil espiègle!  Puis lentement la maison se déguise grâce aux talents féériques de mon oncle et les encouragements de grand-père Wilfrid. 

Quel bonheur de respirer l’espace qui se déroule devant moi dans la lumière glissante de cette journées qui s’achève.   Quel bonheur de savourer chaque instant de terre paternelle.   Une partie de ma conscience a l’impression que la maison scintille comme le soleil parfois fait scintiller la pelouse enneigée, j’apprécie la texture des heures en bonne compagnie.   Je savoure avec bonheur ces moments précieux d’humanité en liesse.   J’absorbe la féérie des paysages joliment décorés dans mon intérieur de vie.  Je regarde cet oncle que j’aime tant mais à qui je ne le révèlerai jamais ne trouvant pas les mots qu’il faut!  Ses yeux brillent de bonté.   Sous son regard, l’adolescente boutonneuse qui se déteste redevient la petite fille qui est aux anges.  

Jamais je n’avais rencontré un aussi beau père Noël, même s’il est bien petit pour le titre…

Nous sommes seuls, tous les trois. Écartés du brouhaha des fêtes, la maison est magnifique.  À voir notre demeure ainsi, je m’attends presque à voir débarquer un lutin enchanté.   Par ma fenêtre des flocons de neige accompagnent l’atmosphère.   Ils ne sont pas légion mais sont bien mignons en cette veille de fête.  J’attrape au vol un zeste de magie de Noël créée par ces deux hommes que je côtoierai surtout pendant la période des fêtes….qui reviendront pendant quelques années répéter la coutume des décors de Noël…avec qui je passerai même une nuit entière dans une école pour la décorer !

Je garderai d’eux dans une armoire fermée, sur une étagère invisible, une collection de flasques pleines, translucides, aux couleurs chatoyantes.  

Et parfois quand la tentation sera trop forte je ne résisterai pas à en humer une.   Je m’approcherai l’âme de ces flacons pour y respirer leurs petits bonheurs.  

Il y flotte des charmes et des sourires, de la magie, des paysages, des paroles, des instants joyeux, des sensations précieuses, des émotions lumineuses, des rêves.  

Chaque année je décore encore sous les bons conseils de mon oncle et mon grand-père bien blottis contre mon cœur…C’est là que je me réfugie à chaque période des fêtes…

Pour m’emporter aux frontières de l’innocence, de la fragilité, de la vulnérabilité.  Pour me faire grandir intérieurement, pour me faire rêver.

Et ça c’est sûrement le plus beau des cadeaux…

14:05 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (21) |  Facebook |

06/12/2009

Père Noël !

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Hier j’ai passé la soirée à l’hôpital, une pneumonie rien de très grave.  C’était très tranquille dans la salle d’attente mais bon fallait attendre quand même bien longtemps, comme toujours dans les urgences !  Une maman et un papa s’y trouvaient  lorsque je suis arrivée, un petit couple dans la trentaine avec un mignon petit garçon d’un an ou deux de plus que le mien.  Il avait le visage éraflé et il se tenait le cou en l’air sans se plaindre de douleur ou de quoi que ce soit.  Comme la maman voyait que je l’examinais de près elle s’est mise à me  raconter l’accident qui aurait pu lui enlever son fils.  Elle parle du foulard qui s’est coincé dans la porte de l’autobus, du  chauffeur qui  ne l’a pas vu  et le gamin qui a été traîné sur l’asphalte sur une petite distance…

Il attendait le résultat de radiographie au niveau de la mâchoire maintenant que cela avait un peu désenflé, ils verraient s’il y avait des cassures.  La maman retenait ses larmes en me disant : "Qu’est qu’on aurait fait sans lui ?" Son père le serrait contre son cœur et ce petit bonhomme se laissait envelopper de cet amour.   Cela m’a bien fait réfléchir…

Avec mon chemin de vie j’ai compris une chose…au plus sombre des jours, les hommes se serrent les uns contre les autres et notre plus grande richesse est d’avoir quelqu’un, peu importe qui, pour se serrer.  J’ai connu des Noëls ou je devais être sans ma fille, avec la sensation d’avoir tout perdu.    Je m’enfermais dans la salle de bain de mes parents pour pleurer… en cachette.  Ils le voyaient bien le malheur, tous leurs autres enfants fêtaient et moi je pleurais bien cachée.  Ils me serraient sans rien dire dans leurs bras…ce n’était pas plus facile mais au moins ils étaient là.

Plus  je lis vos commentaires et plus je suis troublée et émue à la fois. Certaine personne renoncent à leurs fêtes car elles sont prisonnières d’eau trouble et elles patinent sur le fond de leur vie sans arriver à s’en sortir.  Elles ont  un torrent de volonté mais  leur chemin de vie roule et hurle dans chaque parcelle de leur âme.  Je les sens devenues fleurs fragiles, qui n’arrivent plus à se nourrir de terre d’espoir.  Et j’en conclus que l’espoir se récolte dans les bras de l’un et l’autre bien serré et je rage de ne pouvoir les serrer…Oh je sais que je ne suis pas leur idéal, leur attente de grand bonheur… Certains attendent un amour, un fils, une fille ou un disparu mais s’ils avaient au moins un peu de chaleur au creux de mes bras j’en serais bien comblé.e

 Après ce constat je tape au hasard "lettre au père Noël" sur le net et je tombe sur des lettres que plusieurs enfants ont écrites …. Ils veulent TOUT ces enfants…de la Wi en passant par les voitures téléguidées, je vous assure qu’il ne manquent pas d’imagination et au travers de tout ces vœux de jouets et de promesses je tombe sur deux lettres bien différentes…. :

 

Prénom: Maxime

Age : 10 ans

 

Cher père Noël,

Cette année je voudrais un cadeau bien spécial. J’aimerais que mon père arrête de boire. Tu sais cela serait beaucoup plus important que de recevoir le jouet le plus cher que tu pourrais m’apporter. De toute façon, je suis trop triste pour avoir le goût de m’amuser.  J’aimerais croire encore en toi et que cela arrive vraiment.

 

Prénom: Ambroise

Age : 8 ans

pere noèl je voudrai que tu me fasse un gros cado j’ai pensé bocoup et me demandai si comme ta maison est dans le ciel comme mon papa si tu passe devant sa maison de dir a mon papa que je laime bocoup qu’il me manque toujours et que je lui fais des gros bisous di lui aussi que mon frere il est bocoup malade etque ca me ren triste maman aussi merci pere noèl je taime

 

 

 

Si mes bras pouvaient entourer la terre entière,  je me sentirais ce soir tellement mieux. Vous savez, tous mes protégés à la maison sont choyés car ils sont tous aimé…Par moi certes mais aussi par des mamans et des papas qui ont tout donné avant d’en arriver à un placement en famille d’accueil et qui continuent encore à donner sans compter.  Si je pouvais parler au Père Noël je lui demanderais de retourner son paletot pour quelques personnes dont je tairais les noms mais vous les lisez sûrement comme moi au bas de mes écrits…

Je l’inventerais ce manteau sans mémoire pour celui qui sème toutes les peines, avec l’oubli des blessures passées et des déchirements.  Sans perte et sans rupture avec une braise d’avenir pour que continue l’espoir d’aimer.  Je me suis déjà senti naufragée,  épuisée d’un rêve en sursis, je ne le souhaite pour personne et  je ne veux pas laisser le temps ralentir chaque  cœur que je rencontre dans ma vie !  Chaque mot je l'entends comme l’écho de vos cœurs et ce soir je construis des ponts entre ciel et terre pour tous les disparus qui manqueront à ce jour de Noël.   Seulement dans la réalité et comme je ne suis pas celui qui porte le paletot des souhaits…. Je ne peux que vous faire danser sur les mots que je dessine mais prenez ma main et restez unis afin que demeure ouverte la porte d’une douceur.

Moi Père Noël  cette année je  ne veux pas oublier, je ne veux pas être oubliée, que mon passé soit un chemin où mes pas  brûlent dans cette braise de l'avenir pour que continue l'espoir d'aimer....

 

01:04 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (43) |  Facebook |

01/12/2009

"...au coin de ta paupière..."


 

Dans  la brume laiteuse des premiers flocons éphémères, toute ma petite famille s’attroupe pour décorer notre intérieur.   Dehors, tu es là à nous observer…d’un signe, je t’invite à te joindre à nous.    Timidement tu acceptes et tu souris devant le charme de ma petite troupe qui s’affaire à décorer.  Mon fils te demande si tu as commencé à décorer chez toi, tu réponds que chez toi c’est pas la même chose qu’ici, sans aborder que tu n’as pas la même religion et les mêmes rites.   Tu dois sûrement deviner qu’à six ans il ne comprendrait pas,  ou tu évites les questions.   Chose certaine, à onze ans tu fais preuve d’un bon jugement.   

C’est avec lenteur que tu prends chaque boule, minutieusement,  tu l’observes et tu l’accroches à mon sapin avec précaution.   De mon côté j’écoute les mains qui racontent et je scrute ces enfants  indéfinis aux couleurs de  la vie.  Je me fonds dans cette ambiance si douce qui fait s'ouvrir toutes les portes.  Mon fils me questionne sur l’origine de chaque boule, je prends un malin plaisir à me raconter, soufflant sur sa délicate chevelure les souvenirs du temps.  Je prends  la route des moments passés  jusqu'au sommet, et je les rends jusqu’aux âmes du mystère.   Chaque décoration  nourrit l'âme !

La sonnerie de ma porte se fait entendre, c’est le père de mon visiteur qui se présente.  Il regarde ce qu’il se passe chez moi, puis observe son fils avant de l’appeler.  Un malaise se glisse en moi, peut-être n’a-t-il pas le droit !

 Lenteur des gestes ce petit  flocons audacieux, dans un silence magique,  s’approche en regardant son père…  Sa beauté sombre  gémit aux tendres caresses passagères que le temps ne compte plus , son âme  s'enfuit  dans l'étoffe de notre amour  cherchant  un nouveau  réconfort , celui d'un nouveau  bonheur, d’une nouvelle expérience. 

La compréhension  est l'engrais et la communication  la clé qui ouvre les portes du bonheur.  La générosité est au coeur de l'instant. Son père accepte qu’il reste.   Et, pour moi, ce simple fait vaut bien toutes les joies du monde.

Sans trace de religion, ni couleur de croyance ,   de sa main frôlant la mienne, me remerciant d’accepter son fils en ma demeure…il  me rappelle par son sourire , la magie de Noël….

Et c’est au crépuscule de cette soirée, losque le sapin fut terminé et illuminé que j’ai vu  glisser au coin de sa paupiere une petite  larme valsant avec mille autres flocons !

13:00 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (47) |  Facebook |

30/11/2009

en toute amitié...

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Je n'ai pas trop de  tous les jours pour te confier mes joies ,mes peines,mes envies.   Parfois j'ai presque l’impression d'entendre le son de ton clavier dans le creux de mon oreille.  

 Alors l'espace se dilue, le temps s'efface, l'amitié  m'agace.   Je ne sais rien du temps qu’il fait chez toi, en fait je ne sais presque rien de toi.  Je ne connais pas la douceur de tes bras, la tiédeur de tes lèvres sur ma joue mais je prends égoïstement toutes ces petites gouttes de bonheur que tu me donnes, jusqu'à ce que je n'ai plus soif.   Je me nourris de toi !  

Chaque matin je me prélasse sur mes nuages de bonheur,les nôtres....de ton blog à mon blog, de chez toi à chez moi, j'abandonne au vent notre partage de passé sur les flots et je m'échoue au creux de mes  dunes blondes.  Ce moment précieux est le nôtre, souvent le seul de ma journée où je me priorise.  

J’aime cette source si profonde qui me noie d’attentions, ses petits mots qui sont de voluptueux mirages qui n’ont pas de distance ni de temps….

Assise au bout de ma terre, les pieds à fleur de mots, je médite en toute simplicité humaine.  Ton horizon m’attire.  J'inspire l'atmosphère silencieuse.   Brise de caprice, je m’abreuve de cette eau perlante de cette rosée nacrée que ta parure ondulante a laissée …plainte cachée sous mon étoffe de vie…je t’espère encore….un tout petit mot…c’est si beau..si bon...

00:44 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (40) |  Facebook |

26/11/2009

la reconnaissance....

Étant gamine, lorsque c’était difficile, j’imaginais ma mère et mon père qui me regardaient par une caméra et je redevenais sage et concentrée... Tout allait pour le mieux !  A l’âge adulte il m’est arrivé par moment d’y penser et de me dire "Bah... Je crois qu’ils seraient fiers de moi !" entre autres, si j’avais ce sentiment intense d’avoir aidé un autre humain. 

J’ai toujours aimé faire une différence, apporter une essence subtile dans la vie de personnes particulières.  Rarement mes parents ont eu la chance de voir ce que j’ai fait dans ma vie et ce que je suis devenue grâce à leurs valeurs et à tout ce qu’ils m’ont inculqué.  En fait ils ont surtout été présents lorsque ça allait mal et que je n’étais pas dans une période riche intérieurement  dans ma vie.  

 

Et pourtant,  cette  veille de Noël fut très différente.  Dans ce temps-là,  je vivais à  huit heures de voiture de chez mes parents mais comme tous les ans je revenais pour fêter Noël avec eux.   Le 24 décembre était un jour de préparation du repas de Noël.  J’avais pour l’occasion des affreux bigoudis dans les cheveux, une crème verdâtre étalée sur ma peau encore mitraillée par des boutons d’acné et un affreux ensemble offert par mes parents que je ne portais que quand j’allais chez eux et que j’étais certaine de rester à la maison tellement j’avais honte de cet accoutrement !

 Professionnellement, je travaillais dans un centre de réadaptation pour toxicomanes comme éducatrice spécialisée, j’étais en charge de groupe.   Je voyais donc défiler énormément de personnes dans une année et ces gens venaient d’un peu partout de ma belle province du Québec !

J’échangeais avec ma mère sur la messe de minuit et sur les rites liés à Noël,  je mentionnais que je n’irais pas à cette messe car c’était surtout un étalage de  robes et de  manteaux chics plus qu’un moment de recueillement.  Ma mère argumentait sur l’effort à faire comme croyant pour la naissance du Christ, bref on ne  s’entendait pas mais pas du tout quand la sonnerie d’entrée se fit entendre.  Je me lançai à toute vitesse dans la pièce la plus proche montrant à ma mère que je n’étais pas présentable.  Je n’entendis pas ce qui se racontait entre le visiteur et celle-ci, j’étirais l’oreille quand elle tira sur la porte et me dit : "Un monsieur veut te parler."  Je pris en vitesse une débarbouillette pour enlever le plus de crème possible de ma charmante petite figure et je rejoignis ma mère et ce curieux invité.  En le voyant, je ne l’ai même pas reconnu.  Pourtant, lui semblait bien me connaitre et être vraiment très content de me voir.  Il se mit à me dire qu’il avait été marqué par moi et tout ce que je lui avais appris en stage.  Je compris donc que c’était un ancien client du centre où je travaillais et qu’il avait réussi à dénicher l’adresse de mes parents.    Il s’assit dans la cuisine et me parla de sa vie, de ses difficultés à rester sobre. Les larmes coulaient sur ses joues telles des rigoles de printemps.    Il élaborait en oubliant ma mère.    La professionnelle  que j’étais  oublia aussi celle-ci et je me mis à lui prodiguer support, encouragement,  renforcement positif et deux heures passèrent.  Avant son départ, il me serra dans ses bras en me remerciant et il salua ma mère qui ne se tourna même pas pour lui rendre la politesse. 

 

Par habitude, je retournai à ma besogne en m’assoyant à cette table remplie de victuaille sans prendre le temps de vraiment regarder ma mère.  En l’espace d’un instant je repris la conversation sur cette messe de minuit, en exposant ma vision.  Puis en sanglot, elle se détourna.  C’est avec une énorme difficulté qu’elle me dit : "Véronique, tu l’as gagnée des millions de fois ta messe de minuit face à Dieu.  Regarde tout ce que tu as fait pour ce monsieur, pour ces gens… As-tu vu tout le courage qu’il a puisé en toi? As-tu pensé à ce Noël sobre que chaque membre de sa famille appréciera?  Comme je suis fière de toi ma grande!"   Je finis dans ses bras, toutes les deux en larmes….Cette femme qui était ma mère avait enfin vu ce que j’étais devenue.   Celle qui ne pleurait jamais et qui était forte comme le roc venait de fléchir pour une des rares fois de sa vie par fierté et c’était moi la cause !  Encore aujourd’hui, je ne me souviens pas du nom de ce monsieur, pourtant il m’a offert un merveilleux cadeau….. J’avais rêvé si souvent et ce depuis ma tendre enfance de voir cette fierté dans les yeux de ma mère….Cette reconnaissance n’a pas de prix.   Ah si j’avais eu cette caméra….comme j’aurais aimé filmer ce moment. 

 

13:15 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (29) |  Facebook |

23/11/2009

pour alléger le temps...

 

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au-delà de l'océan

aussi loin que t'emporte le vent

existe un pays

où tous sont comblés, grands et petits,

les libellules flottent dans les airs

les aigles valsent au dessus de la mer

l'atmosphère est fabuleuse

chaque parcelle humaine est heureuse

dans cette contrée mystérieuse

chaque femme est délicieuse

il y règne une paix à faire rêver

et toutes les fleurs sont magnifiquement colorées

à cet endroit il n'existe aucune maladie

chacun le nomme paradis

rien n'est interdit

tout est permis....

traîner tous les matins

oublier le passé les chagrins

se bercer, s'enlacer

s'embrasser, tout goûter

savourer chaque moment

car il y a toujours du temps

savourer la vie

prendre le temps petit à petit

il existe un endroit....

(dédié tout particulièrement à Pascal et son fils)

14:45 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (31) |  Facebook |

19/11/2009

Mademoiselle-question

Présentement j’ai un manque d'énergie intérieure qui décolore les heures.  Je bascule dans un état second grippal qui m’empêche de me relativiser.  C’est avec difficulté que ce matin je reviens à la vie en mes neurones.  Je fonctionne sur la batterie de secours et fais par automatisme de nombreuses tâches quotidiennes.  

Pour mademoiselle-question c’est le terrain de jeu idéal.   Elle adore se répéter, questionner sans arrêt, poursuivre les autres avec ses commentaires et elle sait que si je suis moins en forme , j’interviendrai moins donc elle en profite !  Dès son lever ça commence…. : "Si je fais bien ça à l’école, tu vas être contente hein?  Est-ce mon couteau que je viens de sortir ça?  Tu veux que je fasse une belle journée hein? T’as-tu bien dormi toi?"    Je sais qu'elle vient tester mes réactions.  Je n'en tiens pas compte.  Chaque matin elle doit se lever, faire sa rotie et la manger dans un délai de 20 minutes…ce qui n’est jamais gagné d’avance.   Elle préfère se mêler de tout sauf de manger rapidement. Elle attend mes interventions avec intérêt. 

 Elle voit une autre petite de ma maisonnée venir déjeuner et elle recommence… : "Je vais faire une belle journée ! Aimes-tu ça toi quand je fais une belle journée ? T’as l’air bête tu files pas? T’es-tu malade ? Veux tu des roties comme moi ce matin ? Hier, dans le transport t’avais l’air de mauvaise humeur ? Pourquoi tu me réponds pas dans le transport hein?"

L’autre retourne à sa chambre en soupirant !  Je lui répete d’un ton las les consignes du matin et ce qu’elle doit faire, elle en profite !  "Tu veux que je fasse une belle journée hein Véro?"  Et je répète plus fermement que je vois son jeu ce matin et qu’elle a intérêt à se recadrer ou elle perdra un collant dans son tableau de motivation. Elle rouspète qu’elle ne le veut pas et la premiere bouchée de sa rôtie se mâche enfin! 

 

Elle essaie de se faire  sage comme une image. Deux minutes après elle recommence avec conviction.  Elle  sait bien  batailler, résister, contester, provoquer, et ce de facon subtile. Complètement indifférente  à ma pomme qui rugit intérieurement, elle recommence à fouiller dans ses idées. "Tu veux plus que je répète hein Véro? Tu veux que je fasse une belle journée? Pourquoi tu dis rien?"

Un sourire indécrochable me prend les joues en otage.  "Ok , j’arrête de niaiser et je mange là !"  Le mal de tête est soudainement effroyable…cinq minuscules petites minutes viennent à peine de passer.  La gang s’agrandit pour le déjeuner, question et réponse s’enfilent à un rythme d’enfer….un vrai rock and roll !

Elle se fait petite l’espace d’une seconde bouchée et elle recommence entre une question d’une autre… "T’aimes pas ça que je me répète et je le fais pas parfois hein ? T’es pas en forme? T’as le nez qui coule ? Je peterai pas ma coche à l’école ok ? C’est tu ça que tu veux?" Je lui rappelle lassement son objectif du matin et la menace de l’accrocher sur ma corde à linge si elle continue. Elle sourit…   Je n'ai aucune corde à linge  mais ça les fait sourire  et puis j'utilise parfois certains subterfuges pas trop catholiques pour enrayer quelques dérives.   Ma maison est une vrai fourmilière.  Remplie de différences qui prennent leurs places et qui s’imposent….entre des dents à brosser, des boîtes à goûter à préparer,  des cheveux à peigner, des bouches à laver et des repas à servir elle s’amuse à me titiller comme une abeille a sa fleur… 

Tous ses sens sont en éveil. Son intérêt et son envie de ne pas  comprendre volontairement me fascinent. Ils nomment cela  officiellement trouble de l’opposition avec déficience.   Après son vingt minutes à trainer devant sa rôtie je lui indique qu’elle n’a pas atteint son objectif…. Elle me regarde et un air de soulagement passe sur son visage. Elle respire de nouveau l'innocence.  "Oh comme c’est dommage Véro… je pense que j’y arriverai jamais hein?  Veux-tu que je fasse une belle journée à l’école?" …

Dans la réalité de la chose, je me sens libre même si je dois posséder une bonne discipline quotidienne et une certaine organisation d'actes et de pensées. Certains jours, j'ai l'impression d'avoir à faire face à de grands méchants loups….d’autres jours je souris à tous ces mécanismes de défense qu’ils ont créés  en eux.  Bon, je me dis lors de son départ pour l’école  que d’ici trois à quatre ans on devrait réussir le déjeuner dans un lapse de temps acceptable.

 Demain je mettrai de la musique….ça ne l’empêche pas de questionner mais ça me rend plus légère…. Sourire

L''amour est une énergie invisible qui échappe à la raison. Une richesse spirituelle qui ne se compte pas mais qui transforme la vie. En ce jeudi  matin, l'amour fait de notre petite maison sans prétention un véritable palace... et ce malgré des questions et des questions et des questions…ah.... et puis j’ai mal à la tete…je file sans même me relire…xxx

15:38 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (25) |  Facebook |

17/11/2009

l'homme aux deux femmes !

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Il n’y a pas de mot pour définir la douleur de l’être, certaines  personnes dessinent  leurs bonheurs et leurs malheurs au fusain tellement les traits deviennent gras et foncés, d’autres effilent une légère trace qu’on ne perçoit que peu, pourtant à l’intérieur… c’est souvent d’énormes tempêtes qui les jettent et rejettent  propulsés par le ressac de leurs vagues intérieures.   J’ai passé ma vie à côtoyer la douleur et l’échec par choix,  pour aider, soutenir, donner une chance…celle de se reprendre en main, de changer, de grandir.

  Il n’était pas très vieux, dans la trentaine, un homme qui paraissait bien, qui avait un avenir, un bon travail, de l’humour, une femme qu’il aimait et une petite fille d’à peine deux ans.

La première fois que j’ai vu ce monsieur, c’est son regard qui m’a accrochée.  Il était vide, je percevais l’ombre dans ses yeux.   Il buvait du matin au soir, la raison de son besoin de boire n’était pas claire, bien que j’ai eu de nombreuses conversations avec lui, il n’arrivait point à nommer le pourquoi de son alcoolisme.   Il parlait peu de lui, que d’elles.  Cette petite femme qu’il aimait et cette petite fille qu’il adorait.   C’est pour elles  qu’il voulait cesser, pour ne pas les perdre, pour continuer à être près d’Elles, ses femmes comme il le disait!   Quand il parlait d’elles j’entendais encore battre la mer au fond de ses yeux, et j’apercevais sa plage se parer de galets  merveilleux.   Je le sentais fragile, fatigué mais sa volonté de s’en sortir était là une volonté forte comme une tempête de vent en plein hiver qui vous fouette  l’intérieur et qui littéralement vous emmène avec lui, on ne pouvait pas ne pas y croire.   Il se racontait jour et nuit, se déshabillant de son tapis de neige et de froid, sa glace intérieure  fondit comme neige au soleil et ses larmes lavèrent doucement son âme.  A son départ, il se sentait prêt, en fait il était prêt à tout sauf à trouver la maison vide, à vivre la solitude et à assumer la perte due à ses abus passés.  

Il se mit à me téléphoner après son stage,  j’étais selon lui celle qui le connaissait le mieux, qui savait comment le conseiller.   Mon travail était fait, je n’avais plus à le soutenir puisqu’il avait un intervenant externe pour cela mais je le sentais si seul, si triste et si découragé qu’il m’est arrivé de l’écouter, plus il avançait plus il s’enlisait dans la glaise.  Les petits soucis devinrent des lacs et les gros des océans.   Il n’arrivait pas à voir clair, à s’en sortir.   Un jour il me dit que j’étais sa dame du sommeil  qui  contemplait  de mon  balcon la nuit de son  cœur.   Je me sentais bien ridicule à n’offrir que réconfort et écoute.   Mais  nos conversations semblaient le calmer, le mettre un peu plus loin que sur le rebord du cap auquel il devait faire face.  J’avais parfois peur qu’il finisse dans le vide. 

  Mon équipe commença à se plaindre du temps que je lui accordais me ramenant au fait qu’il devait prendre son support ailleurs que vers moi, j’ai commencé pour avoir la paix extérieure à ne pas retourner mes messages quand ils étaient de lui. J’ai fini par trouver cette paix extérieure mais contre la perte de ma paix intérieure car je savais qu’il serait face à lui-même et que cela serait très lourd, trop peut être !  J’avais la sensation de ne pas avoir amené à bon port ce monsieur, je me disais que j’aurais dû l’accompagner graduellement  à son rythme vers le soutien de son milieu.  Quoi qu’il en soit un jour à mon retour de vacances, j’appris qu’il s’était enlevé la vie, buvant jusqu'à ce qu’il crève, laissant comme missive que sans elles rien n’était possible.   ....

Cette nouvelle me bouleversa et je fis de mon mieux pour le cacher devant mes collègues.  Puis  en entrant dans mon  bureau  je vis un vieux message de lui qui  trainait avec comme date de l’appel celle du jour de son décès.    Sans m’expliquer pourquoi je me souviens de l’avoir chiffonné et glissé dans ma mallette  au lieu de la poubelle.   J’eus beaucoup de peine en pensant à sa fin, en entrant chez moi ce soir là , je me suis fait une tisane, je m’assis dans ma véranda face à la mer,    et  en prenant le temps,  j’ai regardé les vagues se débattre dans les dernières lueurs du jour, imaginant comment il avait dû souffrir, agonisant dans son eau de vie et sa solitude.....

 Chacun fait ses choix dans la vie, il avait fait les siens, il partit dans un silence magique sans trace ni couleur de sa souffrance,  seul dans sa maison de rêve qu’il avait bâtie pour ses douces.   Je ne crois pas que j’aurais fait la différence au point de le sortir de son abîme mais j’appris une chose essentielle ce jour-là… je me battrai dorénavant  toute ma vie pour ma paix intérieure et pour ce que je crois être nécessaire.   L’humain prévaut sur des dossiers, l’humain vaut bien du temps et de l’écoute qu’importent les règles établies, et le temps normalement prévu pour orienter quelqu’un.   Et quand il m’arrive de l’entendre  se raconter dans un brouillard de souvenir  je constate encore aujourd’hui que l’écume de ses rêves, a laissé sur mes lèvres…ce goût subtil de la neige.

.. ..

13:45 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (25) |  Facebook |

14/11/2009

weekend congé!

 

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j'aime me balancer

les bonbons mélangés

les dessous satinés

la crème glacée à volonté

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j'aime le saumon fumé

les soupers bien arrosés

les soirées à s'aimer

et à danser

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j'adore les bois pour me promener

le bord de l'eau pour méditer

à vélo pour me balader

comme l'eau pour me baigner

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j'aime magasiner

et le ciné

j'adore parler

écrire et composer

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refaire le monde avec des amis

voir grandir mes petits

me parfumer avant d'aller au lit

et profiter de chaque moment de vie

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mais ce que j'aime par dessus tout

c'est d'être aimée par vous

par cette fenêtre d'entrer chez vous

et d'espérer vous revoir c'est tout!

(gros repos de deux jours pour moi...mes petits et grands sont partis pour le weekend repos....deux par mois...je risque donc de faire la grasse matinée et d'oublier de passer ici....à lundi xxx)

16:48 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (14) |  Facebook |

10/11/2009

monsieur sans mot !

 

Actuellement ma maison n’est pas un  long fleuve tranquille. On y découvre cascades, remous, courants et eaux calmes.  C’est par heure que nous dessinons nos journées et c’est  en accumulant gestes et caresses que je finis par comprendre ce nouveau gamin qui n’est pas le mien.   Que d'efforts, d'épreuves, de bonheurs et d'apprentissages  cela prend pour traverser tous les courants.  Souvent,  je marche à contre courants en écoutant mon cœur plutôt que l’expérience de l’un et l’autre qui n’habitent pas avec ce rejeton.  Le chemin de l’adaptation est long.   Plus difficile que tous les autres chemins réalisés par le passé dans ma maisonnée. C’est sous le langage des signes qu’il me parle et si je ne comprends pas assez vite,   c’est à coup de cris, de grognements et de crises qu’il se fait entendre.   Je réplique par des tactiques  et je le déjoue.  Mes journées sont  pleines de stratagèmes pour lui inculquer notre quotidien et des comportements acceptables.  Est-ce qu’il comprend quand je lui parle ?  Est-il seul dans ce monde qui ne semble pas être le nôtre? Difficile à dire….mais une chose est sûre….lorsque je chuchote,  il écoute….quand je lui demande un bisou il vient le donner et si j’ouvre grands mes bras en lui souriant il vient se blottir.    

Pour les autres qui s’hébergent dans ma chaumière c’est une période d’interrogation. Que me dit-il ? Que veut-il ? Que se passe t il ? Pourquoi crie-t-il ? Est-il heureux ? Fâché ? Vexé ? Blessé ? C’est quoi son autisme maman ? Et les questions me reviennent encore et toujours…

En fait ce qui dérange le plus ce sont ses cris….et je réponds à chaque fois….

C’est sa liberté d'expression, sa communication, et ce n'est pas moi qui viendrai le réprimander ! Je crois sincèrement que c’est à nous de faire un effort pour le comprendre.   Car s’il est compris il ne crie pas, ne s’emporte pas et il semble en paix.  
C'est tout un changement d'environnement pour mon monsieur sans mot ! Je sais que ce n'est pas facile pour ce petit homme  mais j'ai confiance en ses capacités. Je remarque de plus en plus ses sourires et ses grands yeux plein d'émotions me transpercent sans arrêt le cœur.

Il semble bien chez moi car il ne veut pas aller à l’école.   Chaque matin, il cache son sac et sa petite valise de fin de semaine pour aller chez maman ! Il cache sa ceinture ainsi que ses bottes d’hiver….et si par malheur je les trouve, il crie d’insatisfaction, les reprend et va les recacher…  Et tous,  on échange des regards de compréhension commune.  Une même responsabilité nous lie. Unis, nous vivons tous son adaptation. Et mes jupons s’élargissent  au vent…. C'est un sacré processus que de devenir parent remplaçant...mais quelle fabuleuse aventure !

20:16 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (47) |  Facebook |

09/11/2009

souvenir d'une mère....

 

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souvent sur la montagne de mon ventre rondissant

au coucher du soleil, moment où tu devenais envahissant

je promenais mes mains doucement te caressant

passais mon temps en t'imaginant

au sommet de ce mont couronné d'un bébé

solitude, doute et passé se sont envolés

cette colline portée par ma vue

m'a démontré comment l'amour portait d'immenses étendues

que me font ces deux vallons, ces deux palais, ces deux chaumières ?

ils ont fait Julianne et Trystan, mes êtres les plus chers

elle née d'un ciel sombre

pour ne pas avoir peur comme moi des ombres

lui né d'une fin de journée

car on l'avait provoqué !

le jour où ils ont choisi le soleil des vivants

mes mains sans colline sont restées longtemps.. errant !

mais mes yeux s'ennivraient à la source où j'aspire

là je retrouvais et l'espoir et l'amour

soudainement toute mon âme était désir

espérant votre bonheur chaque jour

 

il n'y aura plus de montagne et de mont, de vallons

mais le souvenir grandissant né de ma chaumière

la possibilité de pouvoir vous voir regarder l'horizon

et le bonheur de vous accompagner sur cette Terre

(écrit pour mes petits en 2007)

02:33 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (30) |  Facebook |

06/11/2009

mon passe temps

Je suis cachée...Elle ne me voit pas

Découragée je ne le crois pas!!!!!

Elle le tient bien fermement

Elle le malaxe allègrement

Elle se rapproche et se penche

Elle va le prendre!!!! Remonte ses manches....

Quel culot elle a ma foi !

Toujours un nouveau à chaque fois....

Elle s'apprête à le goûter

Elle va encore le lècher

Elle ne peut résister

Toujours à le dévorer

Elle le glisse à sa bouche,

se délecte sans se montrer farouche,

elle ne cesse de le lècher

Je n'ai jamais vu une femme si affamée !

Maintenant elle en a plein les doigts

Elle les insère dans sa bouche, je le vois!

Quatre doigts à la fois

Sa langue glisse par choix

Toute crèmée elle m'apercoit...

Elle est ma soeur et elle me voit,

me dit "Viens ...viens goûter,

laisse ta langue  se délecter

Allez, laisse-toi aller !

Tu ne peux tout de même pas refuser !

ça fait si longtemps que tu te refermes...

Viens il est bien ferme

Prêt à être chauffé,

tu n'as qu'à le goûter!"

Je sens l'envie,

comme ça en plein midi,

même si ce n'est pas permis !

Après tout on n'a qu'une vie...

Je le regarde longtemps !

C'est le moment ! Il est temps ...

Je le sens si bon,

je le désire...Pardon !

Surprise de ma gourmandise,

elle me laisse manger à ma guise.

Il est salé..sucré

Un vrai péché

Pourtant ça fait des mois que j'ai réussi à résister,

et là, à pleine bouche je l'ai dévoré ...

Comme il est bon ce gâteau préparé !!!

A nous deux, je l'avoue, on a tout mangé

avant même de le faire chauffer ...

Tu as sûrement réalisé

que c'est de cuisine dont je t'ai parlé

J'espère t'avoir amusé

tiens, tu viens goûter??????

(en ce vendredi je cuisine mes gâteaux aux fruits pour le temps des fêtes avec ma petite soeur...j'espère avoir apporté une légère envie de sourire ...bises xxx)

15:51 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (40) |  Facebook |

04/11/2009

Le jour picto

   Je déambule dans les airs de ma demeure, attendant l’arrivée de ce petit dernier qui sera à temps plein chez nous.   Pour une rare fois j’ai le cœur un peu fragile et me sens légèrement nerveuse.  Il est si différent de ce que j’ai connu, j’ai peur de perdre le fil de mes habitudes car je sais très bien qu’il viendra les modifier, les bouleverser.  Pourtant nous nous  sommes préparés, tout notre weekend lui a été consacré.    Ce grand bonhomme de 14 ans est autiste lourd, donc il ne parle pas et se fait comprendre en désignant ce qu’il désire ou il l’indicte par picto.  Mon cher amour a donc passé presque tout son congé à photographier.   Mon garde manger entier est passé sous son objectif, ainsi que nous tous.  Puis il  a imprimé ses précieuses photos que nous avons plastifiées,  un travail titanesque pour accueillir ce bon gaillard de la meilleure façon possible!  Chacun a mis la main à la pâte…offrant à l’objectif des objets qu’il trouvait important d’identifier pour notre jeune attendu.   Après quelques heures de photographie, j’étais convaincue d’avoir  vu et revu tout ce qui se devait d’être fait.    Puis, ma fée des sourires est apparue avec sa précieuse poupée Lulu.   Du coup, mon conjoint a semblé surpris et lui a lancé : "Mais tu sais c’est précieux ta poupée il ne faudrait pas qu’il l’abîme."  Elle a regardé celle qui voyage avec elle, celle qui  l’a accompagnée partout, sa complice des dodos  depuis sa tendre enfance et elle l’a assise sur mon comptoir de cuisine pour une photo.   Doucement je lui ai indiqué que si sa Lulu était prise en photo il risquait de la demander et ,qui sait, de l’abîmer.  Songeuse elle a regardé sa précieuse poupée  longuement et elle m’a ajouté : " Je le sais ça et je veux pas qu’il brise ma Lulu,  mais tu sais Véro, quand je suis arrivée ici elle m’a vraiment aidée et encouragée.  En plus elle partage tous les secrets! " Je l’ai serrée longuement dans mes bras, touchée par sa délicatesse.   Puis, nous avons photographié Lulu  même si nous sentions notre petite fée fébrile.   Finalement, le picto fut bien caché sans que personne  ne le sache…. Enfin presque car il n’y a que Lulu et moi qui partageons ce secret ! Chut!!!

13:34 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (25) |  Facebook |

30/10/2009

Comme une lettre d'adieu

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T’ai-je dit que le chant des vagues me grise ? Qu’il existe en moi un espace magique où peu sont conviés, où j’accumule les souvenirs précieux comme ma grand-mère accumulait ses mouchoirs de soie ?  Que chaque fois que je dois fermer les yeux sur une lumière intense allongée sur une table froide ma dernière pensée va vers vous ? 

 

 J’aime ton rire en cascade qui répand la chaleur en mon cœur.  J’aime ton nez retroussé qui demande bien relevé : "maman je veux …." 

S’il y a une chose qui m’importe c’est de vous savoir heureux. 

 Toi ma grande tu sais comment ça se sème le bonheur ???

A coup de courage, celui d’avancer, d’oser, de grandir intérieurement et de se réaliser…  N’aie peur de rien !!!  Croque la vie à pleines dents ! Déguste, découvre et si par malheur tu tombes, relève-toi comme tu l’as fait si souvent en apprenant à marcher sur cette plage de galets.   Qu’importe où je serai, je continuerai toujours à t’aider à cultiver ton cœur…
à arroser ton jardin privé afin que tu continues  de trouver  belles toutes fleurs qui se déposent en toi.  Je partagerai tous mes secrets, tu recevras un  océan de tendresse,  pour qu’il te berce d’une douce mélodie et t’apporte toutes mes caresses, surtout les jours de grande vague avec perles de pluie.

 

Je réchaufferai ton cœur mon garçon et je le tiendrai toujours en éveil, pour que jamais  ne meure ton envie de découverte.   Je serai ton Ange Gardien…et veillerai sur tes nuits.
Je te guiderai au quotidien, afin que de rien, tu ne sois démuni.  Sourire…  Et si je ferme les yeux et que je m'envole dans la voie lactée...Cela sera que pour mieux vous voir d’un parcours étoilé.

 

J’aime la vie, elle m’a donné le plus beau….J’aime la vie car je côtoie les meilleurs amis….J’aime la vie car j’ai aimé les plus grands et leurs folies…. Si j’ai un bilan à faire, je devrais bien humblement avouer que je me suis bien amusée, que je me suis drôlement éclatée et que je ne peux rien regretter. 

 

Il arrive des moments dans la vie où comme ça au cas où, comme ce soir,  on ressent  ce besoin d’écrire comme une lettre d’adieu…..histoire d’être certaine que vous n’oubliez pas, mes amours, comme je vous aime…..

( ce texte fut écrit la veille d'une opération qui finalement s'est très bien passé.....je vous offre du réchauffé j'en suis désolée mais le temps me manque en ce moment )

Bon week-end chers amis xxx

15:11 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (51) |  Facebook |

27/10/2009

Ma lettre d'amour....

 

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Compose une lettre d'amour....tu veux ?
Non......je n'en ai pas envie mais pas du tout....
compose comme tu veux mais écris .....

 

 

Chicoutimi le 17 novembre 2007,

Mon cher Amour,

Il existe un endroit que tu ne connais point, caché du regard mais bien présent dans mon horizon. Là-bas, lorsque je m'y trouve je redeviens cette gamine qui traînait partout dans les plaines et les champs de fleurs. La route pour s'y rendre est bien dense....de gros arbres l'entourent et l'herbe est bien haute, seul le sillon des voitures se laisse transparaître par deux grands traits de glaise bien tapée. Si le chemin se fait en voiture il est particulièrement agréable mon amour de s'y rendre à pied pour sentir l'odeur des sapins et goûter à la douceur des caresses du vent dans les cheveux; vent qui s'harmonise pour faire chanter les branches de saules et des peupliers....

Petite à mes 5 ans j'adorais relever le bout du nez et regarder la danse de tous ces grands arbres avec le ciel et le soleil....parfois un oiseau un peu trop crétin passait avec un gros couac et cela me faisait rire énormément, tout comme le mot crétin que j'employais partout.....je n'y ai pas renoncé d'ailleurs, je l'avoue; mais quel plaisir encore de le dire à certains....!

Tout au bout se dresse un petit logis bien défraichi, il nous montre l'usure du temps sur sa parure....il est très simple mais parfait pour le paysage et ma vision d'enfant pour représenter mon paradis. Cet endroit où tout était permis, était le pays roi de l'imaginaire où je pouvais tout découvrir et tout voir comme bon me semblait ; et comme l'imaginaire amène pas mal de terre,  c'était le pays des bottes de pluie jaunes devenues brunes, comme c'est magique parfois la vie!

Un bon jour à cet endroit où je passais tous mes étés, à ne pas tenir sur mon vélo à deux roues je l'ai rencontré!

Ouf... Il était si beau, agile, doux et avait un sens marqué pour l'humour....vif, au regard droit il restait face à moi et me regardait longtemps. Je l'ai tout de suite aimé...cette façon de me regarder et son air malicieux me plaisaient. De plus il réussissait à lui seul et à se sauver de ma mère et à la rendre hors d'elle en l'espace d'une seconde. Je l'adorais! Rire avec lui de ma mère la voir tempêter et courir comme une damnée ou comme papa se plaisait à dire comme si elle avait tombé dans un nid d'abeille était un spectacle fabuleux à mes yeux. Il est revenu tout l'été et je l'ai attendu tout l'été.....il était mien, j'étais sienne et je partageais tout avec lui. Les rires, les petits coups à maman et surtout les carottes du jardin.
A l'été de mes 6 ans lorsque je suis revenue au chalet il m'avait quittée. J'ai imaginé le pire et j'ai bien pleuré mais j'ai fini par me rappeler que sa vitesse au saut avait dû lui préserver la vie et qu'il devait sûrement faire suer une autre maman plus loin dans un chalet voisin à manger tout leur jardin et qu'il n'était sûrement pas le ragout du souper......il a été le lièvre de ma vie!!!!
.... et je crois qu'il me préparait à une réalité qui m'attendait : tous les mâles sautent à gauche et à droite .....Heu non ! Pardon ....ils te quitteront tous un après l'autre sans jamais comprendre pourquoi.....
Ou encore tu ne voudras jamais manger de ragout au lièvre ....ah oui c'est ça! J’aime trop leurs grandes oreilles pour les apprêter  en ragout.....

La morale de l'histoire mon amour.....saute partout si tu veux....mais tu sais que je ne te finirai jamais en ragout!

(Ce texte est basé sur mon enfance et j’ai laissé mon imagination dériver comme lorsque j’avais 5 ans…juste pour le  plaisir de raconter…)

13:57 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (37) |  Facebook |

24/10/2009

mon petit soldat !

De par le monde il existe des gens de toutes les couleurs  de toutes les grandeurs et de toutes les valeurs.   De par ma vie j’ai appris à connaitre l’invisible, le différent, souvent les rejetés de notre société.  Jours après jours, j’essaie de donner le meilleur de moi-même à des gens qui, selon ma perception, ont besoin de soutien, d’amour et d’une toute petite chance sur cette terre si belle mais si dure parfois !  

  Hier j’ai revu un de mes jeunes avec lequel je travaillais en psycho pathologie quand j’étais éducatrice au primaire. Il a énormément grandi et il est au secondaire.   Je me souviens, à mon départ, à quel point il était bouleversé.  En famille d’accueil depuis de nombreuses années, le monsieur qu’il nommait papa venait de mourir du cancer et la dame, vivant sa peine, essayait tant bien que mal de poursuivre avec ses protégés le travail ou plutôt la mission qu’ils s’étaient donnée en couple.   J’appris quelques mois après, par des liens communs, qu’elle avait fini par baisser les bras et cette dame qu’il nommait maman avait dû prendre la décision fatidique de le retourner vers une autre famille.   Il a donc été transféré dans un autre endroit.  

Souvent, je me demandais comment il allait, ce qu’il était devenu me souvenant de mon premier contact si difficile avec lui.  Ce petit soldat dur comme le bois essayait de tout rejeter, répondant durement, violemment à la moindre petite phrase que l’on lançait à son égard.  Je me souviens de tout ce temps que j’ai dû prendre pour voir derrière sa petite carapace d’enfant.  Comprendre ce qu’il était, sa douleur intérieure, était un défi de temps car il fallut bien longtemps.  Jamais je n’oublierai le jour où il m’a souri….Ce fut le même moment où il accepta de finir dans mes bras pour un câlin.  Après ce fut une histoire d’amour entre lui et moi, il surveillait mes arrivées, cherchait toujours à savoir ce que j’avais dans mon sac, ce que j’organisais pour son groupe.  Passant de méchant garnement il était devenu mon bras droit, celui qui motivait les troupes pour participer à mes activités.   Il trouvait toujours le moment propice pour venir doucement se coller ou pour se faire taquiner gentiment par moi.   Il adorait ma façon de lui dire les choses et souvent je dus courir dans sa classe quand il y avait des remplaçants car il se désorganisait….et après 5 minutes de jasette, lui et moi, il se calmait et obtempérait à ce qu’on lui demandait.   Quand on m’annonça que je serais opérée,  j’ai dû lui dire que je quittais pour un long moment.  Il me fit promettre ce jour-là de revenir avant la fin de l’année scolaire.  Pour lui, mais sans lui dire,  je suis revenue finir les trois dernières semaines scolaires et ce même si je n’étais pas vraiment prête physiquement pour le faire.  Une promesse est une promesse !

 

 Hier, à ma surprise, il était dans le transport de mon petit nouveau qui débutait l’école.  Il me vit dans l’embrasure de ma porte et il cria si fort mon prénom que mon voisin d’en face s’en est retourné !    Avant même d’y penser ou de réfléchir à ce que diraient ses amis,  il était sorti du véhicule et courait pour se blottir contre moi.   La vague d’amour que j’ai reçue à ce moment-là m’a complètement désarçonnée.  Son sourire si franc et son regard furent les plus belles œuvres d’art que j’aie  vues jusqu'à ce jour.   Il était si heureux, si beau.  Je lui ai dit : "Ah mon grand comme tu as changé, comme tu es beau!    Mon trésor je me suis ennuyé de toi! " En guise de réponse il m’a dit juste trois mots…..avec un trémolo dans la voix …. "Je t’aime Véro! " 

 

Je lui ai dit : "Je t’aime très fort aussi mon grand! Ton éducatrice est toujours bien fière de toi!" Puis je lui ai demandé comment il allait, s’il était heureux.  Il a répondu en levant les épaules…. Je l’ai ramené doucement vers son transport en lui rappelant que l’on se verrait souvent maintenant !

Il m’a dit "Tu seras là pour me dire bonjour?""..Oui, je serai souvent là!" 

 

Devinez où je serai chaque matin pour lui faire un bonjour……

20:16 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (29) |  Facebook |

21/10/2009

VALSE EN FA MAJEUR DE MON CŒUR…

 

Tes petits doigts fragiles glissent sur les touches de mon piano,

Doucement ta voix résonne répétant les notes en mots,

Et je glisse un regard  pour bien te voir

Souvenir heureux se grave  dans ma mémoire

 

Dans mon cœur chaque note  laisse une empreinte

Et m’enveloppe de chaleur telles tes  étreintes

Serrée contre moi se lie ta musique

De ce doux moment, de ces instants magiques

 

 

Réchauffée par ta soie

J’ai le cœur en émoi

Au tissu de tendresse

J’embrasse ton cou avec délicatesse

 

Tu souris ravi de tes prouesses

Instant vif d’allégresse

Et je ferme les yeux sur ce moment heureux

Entremêlé  de sourires et de rires joyeux

(écrit pour mon fils...)

17:59 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

14/10/2009

première neige...

 

Les enfants capricieux  flânent  et vagabondent  dans ma chaumière alors que la lumière serpentine joue avec l’intensité de chaque journée.   Ils  courent tous, libres, d’un bout à l’autre de mon logis.   Le vent  dehors  devient féroce sous les pluies de grelons et  ils  se jettent  contre la fenêtre.  Bien au chaud, les petits  regardent   le spectacle.    Merveilleux paysage !   Il s’habille d’une  blancheur  luxuriante, éclatante.   La Dame du temps étale sa dentelle fragile enlevant  sa robe vert-de-gris, ses feuilles et ses couleurs. Petit nez collé contre la fenêtre qui doucement commence à geler, ils observent…

Tout autour, soudainement, les étoiles de neige s’accumulent et  deviennent  voile sans colori.  Les petits  laissent échapper des murmures… le vent esquisse des tracés,le NORD a perdu la boule, poussière de Neptune pour un imaginaire dans l'immensité du ciel où la magie opère, l'argile et le sable disparaissent.    

L'oeil se plisse à l’éclat du paysage  pour ainsi mieux saisir cette merveilleuse nature.  Les marées de ma portée  s’emportent en criant :  "Bientôt Noël…la neige arrive !!! "  Rires et cris fusent dans ma demeure…c’est la joie de la premiere neige,  créant une harmonie si merveilleuse entre l’enfance et ce beau pays du Nord….. le paradis n’est pas un lieu, c’est un état d’âme comme le dirait monsieur Barbarin….songe d’un premier bonhomme de neige….elle a montré le bout du nez….la première neige!

22:05 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

11/10/2009

la chasse...

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Souvent les dimanches après-midi d’automne ma mère devenait harceleur !
Son but : me forcer à accompagner mon père à la chasse au petit gibier.
Et je dois avouer que je cédais toujours pour éviter de voir le chasseur quitter seul dans les bois.
De plus j’adorais ces marches dans la forêt où l’odeur de sapin et de cèdre enrobait mes pas.
Ses feuilles étendues à mes pieds comme un tapis offert à une princesse, la princesse aux cheveux dorés comme il m’appelait.




Suivant sans un mot, j’avançais lentement derrière mon père.
Je regardais son dos fort et droit, le creux de son cou où j’aimais tant laisser un baiser et cette casquette orangée qu’il portait même si elle était toute défraîchie.
Je fixais souvent son arme avec un mélange de peur et de dégoût.


Mon père était bien médiocre pour la chasse, il tirait souvent mais n’atteignait rien….J’en avais pris l’habitude et chaque fois je lui disais mes petites phrases préparées pour le réconforter ; il devait les connaître par cœur….
C’était toujours la faute de tout sauf du tireur….et lorsque qu’il se remettait à marcher j’arborais un petit sourire qu’il n’a jamais vu.

Je n’oublierai jamais ce jour du tir fatidique, une seule balle et mon père devenu l’ennemi !


Je me souviens de ce lièvre roux, blessé, les oreilles couchées sur le dos, sa respiration accélérée.
Son regard, puis ses cris, on aurait dit les pleurs d’un enfant.
Je vois encore mon père achevant sa vie d’un coup de crosse et j’entends le craquement de son cou sous l’impact.



Puis mes larmes coulantes, chaudes sur mes joues fraiches...
De mon premier discours face à mon père :

"Ils sont vivants, et ils sont sur terre, comme nous !
Qui oserait prétendre que la nature de notre vie est différente de la leur ?
Et s’ils étaient sur Terre pour les mêmes raisons que nous ? Il suffit papa de croiser le regard d’un animal pour le comprendre ou d’assister à la joie folle de notre chien Rex quand il nous retrouve. Rappelle-toi de la crainte de Rex quand il savait qu’il allait mourir papa, quand il nous appelait de ses yeux à son secours….Ne te souviens-tu pas ?"




Il s’est levé, a pris sa main et a caressé ma joue, il m’a souri et il a dit "en route"….
Le chemin du retour fut lourd comme ma déception et ma tristesse.
Je suis retournée souvent après à la chasse avec lui mais il était devenu mon ennemi. À chaque fois qu’il dénichait un lièvre ou une perdrix, j’étais la première enrhumée ou je m’accrochais les pieds bien volontairement.
Il se mit à se fâcher contre moi, je me suis mise à lui parler durement mais jamais au grand jamais il a renoncé à m’amener à cette chasse.



C’est à mes 35 ans qu’il m’en a reparlé.
Il m’a alors avoué qu’il savait tout et que même si toutes ces parties de chasse se sont avérées vaines, il n’aurait manqué cela pour rien au monde.
Il dit : "Tu sais Véronique, ce jour-là j’ai vu que tu devenais une femme et que tu te questionnais et juste pour cela ça en valait le coup.
Tes croyances et tes valeurs se dessinaient et ton affirmation prenait place.
Dans ce monde, il fallait que tu apprennes à débattre tes convictions et tes valeurs….je suis ravi d’avoir été celui qui t’a permis un jour de devenir la femme que tu es."



Je me suis mise à pleurer car je me souviens très bien de l’enfer que j’ai pu lui faire vivre dans ce début d’adolescence et des regards de haine que j’ai posés sur lui dans cette période si difficile.
Alors mon vieux père s’est levé et doucement il m’a caressé la joue en me souriant et m’a dit "En route ! Viens je te montre mon jardin!"

 

( voici un petit texte composé depuis déja un moment....presque du réchauffé mais je le dédie à papa qui vient tout juste de débuter sa petite chasse....avec toute mon affection...Véronique xxx)

 

18:01 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

07/10/2009

Trouver sa voie

Actuellement, dans les médias locaux tous parlent du procès de la maman qui a raté son pacte de suicide le 31 décembre passé.  Ses enfants et son mari sont décédés, elle est donc accusée de meurtre.   Nous entendons  au fur et à mesure tous les éléments reliés à ses choix commis ce soir-là.   Son découragement, son amertume face à des amis, famille , sa perte de travail, son petit chômage et ses nombreuses dettes accumulées.  Toutes ces déceptions lui tombaient sur le dos comme de grosses briques une après l’autre. 

L’état d’âme d’un individu, la facon de prendre chaque coup dur est différente d’une personne à l’autre.  Je ne suis pas là pour minimiser, ni pour accuser cette dame mais je suis heureuse d’avaler mes déceptions avec une gorgée de pluie !   La vie est construite de hauts et de bas. Ainsi va. Et après la pluie il finit toujours par avoir du soleil….et parfois comme me le rappelle souvent ma grande amie Fab…les arc-en-ciels sont au rendez-vous. 

Je suis passée par des moments difficiles il y a déjà fort longtemps  et je suis certaine que la vie m’en réserve encore bien d’autres  mais aujourd’hui je me sens gratifiée par tout ce bonheur et cette douceur de vivre et je déguste goulûment tout ce moment présent.

J’ai la chance d’avoir trouver ma voie… Chaque matin,  à mon réveil je sais pourquoi je me lève, pourquoi c’est important de continuer, d’avancer et de faire face à une routine rigoureuse et parfois fort intense.  Mon univers est fait de constance, de communication et d’espoir… Je livre à la tonne le positif et je pousse mes rejetons d’adoptions à exploiter au maximum tout leur potentiel.   J’ai souvent cette impression d’ondoyer sans mes ailes, de broder chacune de leur action de petite rosette de courage et d’amour.   Cheveux dans le vent, souvent bien humide car ça donne chaud, j’astique et prends soin de chacun avec un sens aigu de l’observation et de nombreuses pensées en éveil.   Je les pousse à déployer leurs ailes tout en gardant un œil sur chaque vol et la vie passe et repasse avec un amas de satisfactions et quelques petites misères. 

Heureusement qu'il y a toujours pour me nourrir l'âme de ces dizaines de petits bonheurs quotidiens.   Chaque sourire, chaque réussite me ramène à mes choix et à cette sensation que j’ai trouvé ma voie et que je suis pleinement heureuse. 

Ainsi donc ce matin, de mon clavier je caresse le ciel, et j’imagine chaque visage qui prendra le temps de glisser l’œil sur chacun de mes mots.   Fenêtre ouverte vers d’autres mondes, je suis riche d’espace en espérant que vous entendez ma mélodie d’amour et que vous trouverez vous aussi une voie aussi belle que la mienne. 

 

Avec tendresse xxx

14:10 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook |

01/10/2009

Nathan l'enfant des "Je t'aime !"

 

Je vais vous raconter un souvenir....mon premier travail comme éducatrice spécialisée fut auprès des enfants en phase terminale, j'ai connu plein de petits leucémiques qui lentement un à un nous quittaient mais je n'oublierai pas Nathan....l'enfant des "Je t'aime !"...
 
Quand je l'ai connu il avait 8 ans, mature comme jamais il expliquait sa maladie, ses souffrances avec des mots si longs, si bien qu'il me surprenait.   Ses parents traits tirés, yeux cernés étaient là le plus souvent possible jouant, bercant, cajolant et décorant cette chambre pour lui faire se sentir plus chez lui...Son papa Jim lui avait fait une promesse.....avant chaque départ toujours se dire "Je t'aime.." ..donc chaque soir, chaque après-midi où ils se quittaient on entendait "Je t'aime"....et on le ressentait...
Nathan ne me l'avait jamais dit,  pourtant on échangeait beaucoup lui et moi....On parlait de la vie de la mort, de la peine de papa et de maman, de la peur du hockey.   Son dernier mois, il m'a demandé si c'était bon embrasser une fille ! Je lui ai répondu "Meilleur que le chocolat !" et je l'ai fait rire.....   Le jour de son départ je n'oublierai jamais...personne ne s'en doutait.  Il avait l'air bien, souriant sans arrêt, très calme, paisible.    Je suis entrée dans sa chambre. Il m'a dit: "Papa est à Toronto et je dois lui parler.....je dois lui dire : Je t'aime...." Je lui ai dit "Maman va arriver bientôt .." Il insistait tellement que j'ai trouvé un cellulaire d'un médecin qui a accepté de payer l'interurbain....On a téléphoné à papa..il lui a dit comme un grand..."Papa fallait que je respecte ma promesse, je t'aime!   Après son père m'a parlé, inquiet, il m'a demandé comment il allait....j'ai dit "bien", on a raccroché et joué aux échecs. Il m'a dit "Tu seras toujours pourrie aux échecs ..." Il avait raison...  J'allais quitter sa chambre quand il m'a pris la main et m'a dit merci et en me regardant droit dans les yeux il me dit ..."Je t'aime !"    Sa mère est arrivée à cet instant et  j'ai quitté pour mes autres petits protégés.....
Il s'est endormi dans l'après-midi et ne s'est jamais réveillé.....Ce que je vous raconte m'a énormément bouleversée et questionnée....Le savait il? 
 
Au salon funéraire son père m'a dit "Oui il le savait il a tenu sa promesse...il m'a donné son dernier je t'aime au téléphone !" et en pleurant cette perte je lui ai dit : "Moi j'ai eu le premier je t'aime..." ...son papa m'a embrassée le front et m'a dit "Voilà pourquoi on aura la force de continuer....".

(Ce texte a été mis ici à la demande de ma grande amie Fab, elle trouvait qu'il devait avoir sa place ici parmi mon quotidien....je pense qu'elle avait bien raison!)


16:38 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (20) |  Facebook |

29/09/2009

la communication !

 Du haut de mes trois ans j’essaie de tout comprendre, je veux  communiquer.   Parfois il m’est bien difficile de tout assimiler mais qui ne tente rien n’obtient rien et me voilà qui essaie de séduire ma grande sœur : "Tu sais tu es la poubelle du monde! "   "Mamannnnn!!!!  Mon petit frère m’a traitée de poubelle!" ....."Non! Non! Maman je lui ai dit qu’elle était jjjjjjjolie!"  "Il te disait que tu étais la plus belle du monde!" "AHHHHHH! Comme il est chou!" 

C’est ainsi que mon gamin a débuté  son mode de communication.  A sa façon,  il nous donnait de multiples qualités telle que "tu as la peau d’ours" au lieu de la peau douce... bref c’était à croquer et extrêmement séduisant ! 

Aujourd’hui son vocabulaire est très clair et il ne fait plus d’erreur dans sa façon de dire les choses mais il m’arrive souvent encore de me souvenir de ses nombreux jeux de mots et de sourire.    Ma nièce aussi aimait bien tout communiquer à sa façon elle dévorait des pe…tchips au lieu de croustille et elle ne voulait rien entendre de corriger son mot! 

La communication  est l'action, le fait de communiquer, d'établir une relation avec autrui, de transmettre quelque chose à quelqu'un.  Lorsqu’on fait lecture d’une définition c’est très clair et pas compliqué mais dans la vie de tous les jours c’est loin d’être aussi simple.   Encore davantage si nous sommes atteints de déficience ou d’autisme.  Une de mes fées est autiste et c’est probablement son plus grand problème dans la vie.  Comprendre, communiquer, établir des relations avec autrui et en ressortir gagnante est un énorme défi de tous les jours.    Elle ne peut comprendre les nuances d’une communication.   Souvent, elle se sent frustrée, incomprise et elle parle d’injustice alors que c’est loin d’être le cas.  Voici un petit exemple, ma fille lui avait prêté son chargeur pour i pod.  Ma douce arc-en-ciel  avait donc utilisé celui-ci toute la semaine.  A la fin de la semaine ma fille en avait besoin,  elle lui demande donc son fil de chargeur.  " Je ne l’ai pas !"  "Si tu l’as je te l’ai prêté!!"  "Non, non je ne l’ai pas"…."mais oui je te l’ai prêté….maman !!!! Elle en a fait quoi ? J’en ai besoin moi !"  Mon arc-en-ciel  se sent frustré,  ma fille aussi et la tension monte rapidement.  J’interviens donc…"Où est le fil ?  A l’ordi moi je ne l’ai pas !"    Vous voyez la complexité de la chose…..aucune nuance….impossible pour elle de dire "je l’ai emprunté mais il est resté en bas à la salle d’ordinateur, tu le retrouveras là !"   Imaginez donc le quotidien pour ma fée et elle n’a pas compris pourquoi ma fille était frustrée.  "Elle ne m’aime pas !"  "Mais si elle t’aime"…"Non elle a parlé pas contente !" "C’est qu’elle croyait que tu avais perdu son fil."  "Je ne l’avais pas bon !!!" 

 

Nous sommes des adultes et nous avons souvent de la difficulté à dire nos émotions, à les gérer et à afficher parfois clairement nos états d’âmes …. imaginez la complexité de la chose si en plus nous avons une déficience.    Une soir une petite fée me raconta qu’elle aimait un garçon à son école.  Je lui ai donc demandé si elle lui en avait parlé.  Sourire radieux, épaules relevées elle me lance :  "Oh non ! Les gars ne comprennent rien à ça !"  "Comment ça ma grande ?" "Ben après il voudra des becs, me tenir par la main et être  toujours seul  avec moi.   Moi j’aime mieux faire des papillons avec mes yeux et le regarder courir pour me parler chaque matin !"

  La communication est peut-être plus complexe mais mes fées se débrouillent très bien pour assurer leurs besoins et mettre leurs limites….comme quoi parfois….hein ? 

14:24 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |