21/12/2010

mon lutin!

La vie des enfants est ponctuée d’aventures, de rires et de joies.  Enfin, telle est ma vision idéale du passage du temps de l’enfance.  Pour mon fils, elle est remplie de différences et d’amis qui ponctuent son quotidien et entretiennent ses rires et ses bonheurs.  Comme maman et ce, même si officiellement je porte le titre de mère au foyer, j’ai rarement du temps pour lui.  Bien que j’essaie d’accumuler toutes les minutes pour les mettre ensemble et en faire un grand jardin d’espace…parfois pour lui il en manque un peu.   Je me console donc à l’écouter rire avec tous les autres membres de ma grande famille pendant que je besogne l’équilibre de l’un et l’autre.

 

Cette année scolaire débutée en septembre n’a pas été facile.  Sans un mot, en silence il a pataugé dans la violence psychologique et physique accumulant des mots qui tuent et des coups qui font mal.  Il aura fallu des lunettes cassées pour s’en rendre compte, pour qu’éclate en mille miettes son cœur bien malmené. Même son piano se tut.   J’ai eu énormément de peine lorsque j’ai su qu’il ne m’avait rien dit, il s’est expliqué en rapportant que les autres chez moi avaient plus besoin de moi que lui….et j’ai pleuré, tellement pleuré lorsque j’ai fait le constat qu’il passait bien souvent après tous ces petits et grands qui sont mon métier et ma passion.   Tendrement, je lui ai expliqué  qu’il était mon sang et ma chair et que je n’accepterais jamais qu’il se taise pour d’autres et qu’il accepte de vivre cette violence.  Du coup, fort comme un géant il a dénoncé son mal  intérieur et il s’est battu  pour obtenir la paix et la liberté de jouer sans se soucier du mal qu’il pourrait recevoir gratuitement.  J’ai eu envie de battre moi aussi ces enfants qui blessaient mon petit. Heureusement qu’il y a eu cet enseignant qui a calmé ma rage et qui a dirigé mon petit dans ce monde scolaire parfois bien difficile.

 

Quand la tempête fut passée, mon grand garçon m’a alors raconté que souvent il se faisait traiter de fou comme ceux qui vivent chez lui !  Sans avoir le temps de répondre il a ajouté que ces enfants-là  ne connaissaient rien aux différences et que les jeunes qui habitent avec nous sont beaux, différents et grands dans leurs cœurs, plus que ces enfants qui disaient cela.   Le soir, lorsque j’en ai parlé à mon homme, nous avons fait le constat que pour la première fois ce choix d’être famille d’accueil a eu un impact terrible dans la vie de notre fils.  Jamais au grand jamais je n’aurais cru que cela finirait un jour par le blesser…autant physiquement que psychologiquement !

 

Trystan a cheminé grandement depuis ces événements, il a appris à dénoncer et à défendre ses droits.  Il a appris à pardonner et à continuer et ce bien mieux que moi.     Son enseignant l’autre jour me proposait de venir parler de notre vie, de mon métier.  Sur le coup,  gentiment j’ai décliné son offre, ayant peur que mon fils encore une fois soit victime  de mes choix.   Avec un recul, je crois que cet enseignant a raison…il faudra raconter un jour notre vie passionnante et si différente de bien des gens.

 

Si j’avais à nommé un lutin du prénom de courage, Trystan mériterait haut la main ce titre honorable.   Mon fils est bon, beau, différent et grand dans son cœur d’enfant encore bien plus qu’il ne le croit.   Chaque jour il me prouve finalement que je lui ai aussi offert un beau cadeau dans ce choix de carrière et je remercie la vie de m’avoir offert un enfant avec de si belles valeurs.   Et son piano a recommencé à jouer…ses petits doigts chantent Noël et sa joie de vivre….

 

Joyeuses périodes des fêtes remplie de vrai et d’intense mes amis xxx



17/12/2010

Inséparables


Quelque chose de très étrange est arrivé au cours de mes 43 ans de vie.  Mes parents ont vieilli.  Ma fille  pense à quitter le nid.  Mais je n’ai pas vieilli !    Je sais que les années ont passé car je vois ce que je n’ai plus. Finis les jeans taille 6 ans dont je remontais la glissière avec une fourchette et les chaussures plate-forme avec lesquelles je parcourais des kilomètres.  Fini le visage lisse d’une jeune fille prête à relever n’importe quel défi et oublions une fois pour toute ce que veut dire avoir un ventre plat !    À la place, s’installe les petites pattes d'oie … qui insinuent que je suis mature.  Les pots de crème qui sont de plus en plus gros et je n’entends plus de "bonjour mademoiselle" mais bien "madame".   Pourtant je n’ai pas vieilli intérieurement, j’ai juste mûri.  J’aime encore les fugues à deux, me balancer dans un parc en cachette,  les nuits torrides qui s’éternisent même au petit matin, le chocolat en pleine nuit en regardant les étoiles … mais je suis plus calme en dedans de moi.   Je sais aussi ce qu’est l’essentiel et je connais maintenant ma force intérieure.  Je reconnais même que dans les moments les plus difficiles, la vie offre des cadeaux inattendus.  Pourtant, pour celle qui est en bout de ligne de mes mots, il  semble que je sois bien différente.   Est-ce la loi non écrite mais bien cimentée du rôle d'une mère ?   J’aimerais tant qu’elle sache que je la comprends.  Qu’en dedans de moi  je vis et ressens souvent les mêmes choses mais que je ne trouve pas les mots pour le dire…  

L’autre jour, mon ex-mari m’a téléphoné pour me donner le mandat de rendre moins triste ma fille qui venait de vivre SON premier éloignement de celui qu’elle aime.  Si vous m’aviez vu lui parler pour essayer d’alléger sa peine. Pourtant s’il y a une chose que je sais concernant l’absence de l’être aimé, c’est bien qu’en amour, les heures deviennent des mois, et les jours des années.  Que la moindre petite absence devient une éternité. Sait-elle que je la comprenais?… Aujourd’hui est comme hier mais je sais encore plus clairement que la vie est précieuse.  Elle peut être belle et douce mais elle est aussi pleine d'embûches, d'insatisfactions et d'obstacles.  



19:40 Écrit par veronique dans Amour | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : aimer, séparation, difficulté, blog, affection, mere, tendresse |  Facebook |

16/12/2010

Le tremblement de terre!

petite-fille-triste

Le temps bondit à pas de géant, pourtant sur son lit tout semble s’être arrêté.  Subtilement, elle fait le grand ménage, celui de ses peurs, de ses craintes et de ses grands tourments.  Dernièrement tout s’est cassé…un subtil changement dans sa médication et toute la terre a tremblé.   Elle regrette ses mots, sa violence momentanée auprès de son petit complice, son ami, presqu’un petit frère.   Lui n’y pense plus mais elle, son cœur est toujours rempli de chagrin.  Elle s’accroche à un bout de carton avec un dessin, celui qu’il lui a fait quand il a su qu’elle était hospitalisée.  Psychose est le terme de son état, mais quiconque regarde avec ses lunettes de cœur voit bien qu’elle est en peine d’amour…. Lorsque je lui rends visite, elle ne cesse de me parler de lui, de ce qui s’est passé.  Elle répète chaque phrase que je mentionne et qui la calme.   Elle me demande si  elle pourra revenir à la maison, s’il l’aimera toujours.   Puis je lui parle d’amour, je prends comme exemple ses parents et nous regardons un peu avec ses yeux comment s’est passé leur vie de couple.   En témoin de première ligne elle me raconte leurs joies, leurs peines et leurs difficultés, tout cela perçu par son regard de jeune fille.   Nous concluons donc que ses parents s’aiment fort, voir intensément et ce malgré les années et les embûches.  Après je lui explique que sa relation avec mon fils est identique… que l’évolution d’un véritable amour n’est jamais sans embûche et ce même si l’on parle d’amour fraternel… tout en souriant, les cheveux en pagaille sur son lit d’hôpital  elle me dit qu’elle m’aime plus fort que fort ! 

 

09/12/2010

Apprivoiser la bête !

 

Il n’y a pas si longtemps je vous parlais de l’arrivée de mon petit dernier.   Depuis beaucoup d’eau a coulé sous le pont !   Il fait pleinement partie de mon quotidien et nous bataillons fort pour le rendre le plus autonome possible.  En fait si je suis honnête avec vous, je passe la plupart de mon temps à apprivoiser la bête en lui.   Si j’avais un pseudonyme à lui donner je pense que je l’appellerais :   le monstre obstinémanièreux !

Bref, à chaque fois que je veux instaurer un nouvel acte d’autonomie je dois lui faire face… En moins d’une seconde il se lance par terre, crie, hurle, se tape  et pleure ses quelques larmes de crocodile …   A son arrivée, j’avais droit à un gros 10 minutes d’enfer, maintenant il comprend vite qu’il sera mis en retrait dans sa chambre le temps de la crise et il se calme aussi vite qu’il s’enflamme.

 Depuis, j’ai gagné quelques batailles !  Il apporte sa bavette à table, accepte de se faire changer sa couche, laisse entrer les étranger, il sort à l’extérieur et va vers le bain sans faire LA crise. Ma dernière victoire est qu’il mange enfin seul et avec une cuillère mes chers !   Le plus difficile : garder ses beaux comportements après une visite avec maman.  Il a tendance à vouloir reprendre ses petits plis d’obstinémanièreux … pffffff !

Hier je me demandais pourquoi je m’obstinais à recommencer, à poursuivre, à vouloir continuer à tendre vers cette autonomie si difficile à atteindre  puis une pensée de W.T. Grenfell m’est revenue en tête… : "La véritable joie ne provient pas de l’aisance des riches ou de l’éloge des hommes, mais de la satisfaction de faire quelque chose d’utile".

 

Me revoilà les amis...avec encore peu de temps mais une envie irrésistible m'indique que je dois passer près de mes mots pour appaiser bien des maux.... car je sais ce que représente pour certains ce temps des fêtes...

avec tendresse ......

miss maman xxx