21/05/2010

devenir mère

 

La route est longue entre le moment du premier respire et celui de l’âge de se reproduire.   Puis lorsque l’ombre d’une vie nouvelle apparait  tout prend son sens et tout le reste disparait.   Je me souviens de cette robe  légère de l'aube, rondissant chaque matin devant cette glace, de mes mains caressant ce vallon qui fut le mien.

Tendresse à fleur de peau, je respirais la maternité avec des soupirs d’éternité en attendant l’événement !    La naissance de cet être qui poursuivra ma ligne du temps.  Je me sentais privilégiée et triste à la fois en pensant à ces ventres tendus qui eux n’arrivaient pas à semer l’enfant….pourtant ils savaient    (semer) s’ai …. mer,  eux aussi !

Puis sous ces plis de souffrance, j’y ai trouvé le bonheur !   Soudée à mes racines de vie,  j’étais enfin prête à faire face à tout…solide comme un chêne au vent…droite et enfin fidèle à moi-même  je n’avais plus peur de rien !  Sous ses rayons de sourires, j’ai illuminé ma vie.  Éclairant du même coup chaque rigole laissée par les tempêtes passées.   Pendant qu’il étirait ses lacets pour réussir à faire ses boucles moi je dénouais mes nœuds du passé laissés par de trop vieilles colères.

Puis il apprit à conjuger le verbe aimer…et moi à en détenir tout son sens… 

Aujourd’hui il grandit…comme ma portée …a une vitesse phénoménale…Ses pensées sont belles, son âme joyeuse comme l’ambiance dans ma maisonnée…

Etre mère est pour moi la plus belle délivrance… le moment où j’ai appris à m’émerveiller devant ses petits riens qui  sont ses essentiels.  Rides à l’appui, aujourd’hui je laisse encore ces petites mains, même si elles sont étrangères, me parcourir la peau… car rien n’égale une caresse de maternité….

Ce texte est dédié à cricket1513….qui a lancé un défi qui était d’écrire sur la maternité ou le fait d’être ou de vouloir être maman….

Avec un océan d’affection…

19/05/2010

La reconnaissance....

 

S’il y a une chose que j’ai apprise en tant que famille d’accueil, c’ est bien de ne m’attendre à aucune reconnaissance de personne.  Au tout début de ma belle aventure,  je me souviens des jours de tristesse reliés à une fin de placement parce que je m’attendais à tout sauf à une fin si difficile où reproche et rejet étaient  au rendez-vous, sans compter la perte de cet être que l’on cotoyait tous les jours.    Que l’on passe des années à s’occuper de quelqu’un, que l’on passe des heures et des heures à intervenir ce n’est pas cela qui est vu lors d’un départ... La majorité du temps c’est le fait qu’il y ait une fin.   Habituellement, les parents naturels de ces enfants prennent durement le fait que l’on ne peuve plus rien apporter à leur progéniture, que nos interventions n’apportent plus de résultat et ils rejettent le blâme sur nous... J’ai entendu des choses comme : "c’est eux qui ne sont pas bons.." "Ils sont trop fatigués..." "Elle n’avait que l’appat du gain...je ne  comprends pas qu’ils en peuvent plus, ils sont payé pour tout endurer.... " etc.

Donc, chaque pas, chaque geste il faut les poser pour soi et ce jeune qui chemine avec nous mais il faut le faire sans aucune attente de reconnaissance et de remerciement. Oh mais n’ayez crainte,  je ne généralise pas cependant, quelques exceptions feront tout une différence mais c’est bien rare. Ce  n’est malheureusement pas la majorité qui est passée chez moi.

A partir du moment où nous mettons une limite, nous devenons moins bien, moins bons, moins géniaux.   Il deviennent plus exigeants , plus cassants et la relation plus tendue. C’est donc la raison essentielle de chaque travailleur social  relié à chaque enfant.   Leurs rôles sont de doser, expliquer, défendre et comprendre ce qui se passe avec chaque placement.  Il ne faudrait cependant pas croire que l’on est seule dans cette aventure... Même du côté de la famille d’accueil, une intervenante est liée à chaque famille, elle se doit de prendre le pouls, de supporter, de soutenir et de mettre un ultimatum lorsqu’il est temps.   A chaque fois que j’ai interrompu un placement ou mis une limite, ma responsable de famille d’accueil me l’avait conseillé suite à des échanges sur ce que nous vivions dans ma famille au quotidien.  

 

Pour ces parents, il est facile de ne voir que leur enfant, mais mon rôle de famille d’accueil est de voir l’ensemble de ma maisonnée.  Si un jeune ne finit pas par se cadrer, se calmer, se conformer... je ne pourrais pas le garder  car je dois aussi voir à la qualité de vie du reste de ma poëlonnée.   Si  ce jeune se montre violent, agressif ou perturbateur,  je devrais finir par mettre un stop car aucune personne ne peut assumer ce genre de situation longtemps.

Au tout début, je me souviens que j’en voulais beaucoup à ces familles.  Je les traitais d’ingrats.  Aujourd’hui, je comprends à quel point une déchirure comme celle-ci fait mal et lorsque ça arrive j’essaie d’être sourde...juste un peu  pour avoir moins mal...parfois ça marche, parfois ça ne marche pas du tout....alors je tempête quelques jours contre eux....et après je pardonne...car sincèrement mes épaules sont déja bien lourdes avec toute ma réalité...pas question de traîner du passé qui ne mène à nulle part....

 

Ainsi va la vie aussi ...avec ses hauts et ses bas...

09/05/2010

une belle fête à toutes mes mamans de passage

Que tu sois grand maman, maman, maman d'accueil, maman de famille reconstituée ou qu'il y ait en toi un zeste de parfum de mère je tiens à te souhaiter bonne fête....une fête remplie de rire et de gaminerie avec plein de moments de tendresse et d'allégresse.

doux moments xxxxxxxxxxx

04/05/2010

la grasse matinée


 

 

Sensuellement je m’étire, une douce parcelle de soleil marque cette journée qui débute.  Je sens la respiration  profonde de mon homme dans mon dos.  Puis il s’éveille et doucement me caresse, le temps n’existe plus.   Tout est calme,  aucun cri, pas de téleviseur en sourdine, aucun "Maman !!!" lancé en panique.  Je regarde l’heure, 7h 15 !  

Incroyable j’ai dormi 9h sans m’éveiller, neuf petites heures qui furent un des plus beaux cadeaux de ce mois... car chez moi autant d’heures de sommeil n’est pas courant.   La normalité m’en offre cinq ou six tout au plus.   Comme une chatte au soleil je m’étire et prends le temps de prendre letemps.  Sourire aux lèvres je réponds à mon homme qui me demande ce que j’ai fait à toute ma maisonnée pour qu’aucun ne soit levé. Il me demande si je leur ai proposé cent dollars ou un truc du genre...ça me fait rigoler, c’est rare que l’on peut prendre ce temps pour rire et  se détendre en se levant.

 Ce matin, pour une rare fois, l’être prioritaire devient moi !   Tout moi!   Je peux donc  faire mon café en tout premier, le boire et regarder mes précieux courriels... si c’est pas la belle vie ça ! Puis,  peu à peu chacun, chacune apparait pour manger, s’étonne de leurs grands dodos de la nuit, de leur grasse matinée...

Et sans dire un mot en accumulant des crêpes dans ma grande assiette,  je me dis que moi, ce qui m’a étonnée c'est de voir mon regard si lisse et si jeune.... Comme il est bon parfois de se lever à sept heures....