31/03/2010

A chacun son chemin....

Je n’arrive pas à écrire !    Parfois je manque de temps mais de ce temps-ci aussi je manque de mots ...  Une nouvelle réalité pour moi car habituellement tout se raconte constamment dans ma tête, ça en devient même fatiguant !   C'est ainsi que naissent de drôles d'histoires tissées à même mon quotidien.  

C’est que je suis triste, la tristesse m’enlève  les mots faut croire, barbouille et gribouille mes idées ce qui m’empêche de tout vous raconter. 


Il y a déjà six mois que j’ai sous mon toit monsieur silence.  Six long mois que j’ai passés à recevoir d’ abord son agressivité et sa colère puis sa tendresse et son affection.  Nous en avons parcouru du chemin lui et moi …Un chemin tortueux rempli de peine et de difficulté à s’adapter.  Mais depuis quelques semaines nous sentons enfin que nous avons acquis une belle vitesse de croisière.   Il accepte maintenant de laisser tomber sa rigidité et lentement mais sûrement il avance, évolue et change.  Sa mère me disait justement la semaine passée à quel point il était redevenu doux, plus facile… Le petit garçon qu’elle avait connu plus jeune.  Elle n’en revenait pas de la belle évolution acquise, du plaisir qu’il ressentait à revenir chez moi après un weekend chez elle et de l’affection spontanée qu’il avait commencé à me livrer.  Même son médecin était ravi de le voir enfin prendre du poids.  Franchement, j’étais bien fière de moi, toutes ses poussées, coups de pied et tapes reçus étaient du passé et cela n’avait pas été enduré pour rien !   

Entre sa maman et moi tout était clair et limpide, une belle complicité s’était tissée.  Chacune à notre façon nous nous complétions  pour offrir le meilleur à son enfant.   Notre façon de faire était cependant très différente : elle se disait très surprotectrice, alors que moi j’avais tendance  à pousser son petit vers l’autonomie, lui laissant ainsi plus d’espace d’action où se développer.   Elle le constatait et mentionnait que j’étais incroyable de réussir cela.  


Puis un lundi elle ne le rapporta pas tel que prévu, j’appris qu’elle avait pris la décision de cesser le placement volontaire de son enfant parce qu’elle n’arrivait plus à faire le trajet de trois heures pour venir le chercher et le rapporter. Sincèrement,  je compris son choix car moi-même je n’y arriverais pas.  Assumer toute cette distance à chaque fois pour le voir et le prendre un weekend ce n’était pas évident.  Mais le retirer sans permettre à chacun de ma maisonnée de dire au revoir  fut très difficile et ça m’a rendu bien triste. 


Pendant que les enfants écarquillaient les yeux de surprise lorsque je leur ai annoncé le départ de monsieur silence, j’ai bien vu dans les yeux de mademoiselle question la tristesse monter.  Quand j’ai parlé qu’il nous fallait maintenant nous habituer à cette nouvelle réalité, elle a bien acquiescé.  Mais une petite heure après,  assise sur mon vieux banc face à la fenêtre, dos voûté, de petites larmes coulaient sur ses joues.   Lentement je me suis approchée, je me suis assisse près d’elle en lui demandant ce qu’il n’allait pas et elle me répondit : "Rien Véro c’est la neige qui me déprime !"  Et je me permis moi aussi de laisser tomber de petits flocons de peine à ses cotés.  Puis, surprise de ma réaction, elle se blottit contre moi et me dit : "J’aurais quand même aimé ça lui dire au revoir…" Et en langage signé qu’ils ont si laborieusement appris au cours des six derniers mois pour lui parler,  elle me fit les gestes qui disaient "je t’aime…."


un ajout :

 

 

 

J'avais fini mon texte mais en ce mercredi sur l'heure du midi sa mère se présenta pour venir chercher ses effets personnels.  Dès son entrée, elle se montra émotive, justifiant son choix, me demandant comment les autres avaient appris la nouvelle.  Je ne savais pas comment j'allais recevoir sa visite, je lui en voulais  pour cette facon de cesser le placement mais lorsque j'ai croisé son regard, tout à l'intérieur de moi j'ai senti une chaleur intense qui m'a guidée .... J'ai d'abord clairement dit à cette maman que mes autres petits protégés auraient aimé pouvoir lui dire au revoir et celle-ci en pleurant proposa dans quelques semaines d'aller tous ensemble  manger au resto.   Elle ramassa toutes ses  affaires et me dit au revoir en fermant la porte...  Rapidement je l'ai réouverte et lui ai dit:  "Attends ! Ne quitte pas comme ça !" et j'ai tendu les bras.  Sans aucune hésitation elle est venue s'y blottir et larmes aux yeux, elle m'a écoutée lui souhaiter bonne chance et lui rappeler de prendre soin d'elle et de son petit !   

 Je suis fière de moi !  Fière d'avoir réussi à passer par dessus cette déception pour  donner plein d'amour à cette maman.    Je ne pouvais terminer cette étape de ma vie sans en offrir  encore un peu.    L'espace d'un moment,  j'ai semé de toutes petites graines d'affection qui je l'espère seront récoltées par ce grand garçon auquel nous nous étions déjà grandement attachés.  

18/03/2010

Le café des splendeurs

 

 

Je suis du genre très *sauvage* lorsqu’il est temps d’assister à des rencontres ou des formations.  Faute avouée est à demi pardonnée raconte-t-on !   Je l’avoue… Si cela ne m’accroche pas dès l’invitation, rien à faire,  je garderai mon précieux  temps et je ne ferai pas acte de présence.

 Lorsque j’ai reçu ce petit papier m’invitant à assister à un échange café-muffins entre ressources et familles d’accueil, l’idée m’a plu.     Et me voici assise sur cette chaise avec une sensation étrangement agréable, à observer  tous ces êtres au grand cœur qui partagent la même passion que moi…. Des passionnés de différences.

 Rapidement nous profitons de l’occasion mise à notre disposition  pour engager la conversation, pour dialoguer de ce qui nous tient à cœur, de ce qui nous rebute, de ce qui nous rend fières.  Sujet après sujet, chacun à son rythme se dévoile peu à peu. C'est un moment  imprégné de paix et de beauté, coloré à la saveur de toutes ces années d’expériences réunies.   Encore une fois, je me surprends  à en  profiter au maximum. Profiter de ces instants d'échange et de complicité  qui passent est un enrichissement en soi… un baume sur les jours qui furent difficiles et qui tout à coup deviennent plus normalisés par d’autres personnes ayant vécu des expériences similaires.  

Puis l’expérience prend la parole…Ces familles qui ont 20, 25 ans d’engagement comme famille d’accueil, ma mère entre autre.   Ces piliers qui grâce à leur force intérieure, armés des outils qu'ils ont acquis par des années de dur labeur, qui ont su affronter la jungle humaine et s'y construire une place de choix, se livrent…  Dotés de personnalité lumineuse et de bonne répartie, gentiment, subtilement ils laissent entrevoir aux toutes nouvelles familles les futurs défis…

En retenant mes sourires, j’inspire l’atmosphère silencieuse des sillons de leurs vécus.   Je m'imprègne de cette nature qui m'entoure, de cette paix qu'elle exulte…

Diplôme en poche, conjoint aimant, maman de deux enfants fantastiques, mère d’accueil de plein d’autres.  Photographe du ressenti, auteure anonyme, je tricote de la fibre familiale avec passion. En solitaire je sème. Tranquille au coin de ma brousse, je me laisse bercer par la différence qui m’épanouit. Je m’applique à raffiner les êtres humains jusque dans les moindres détails. Je repousse les limites en labourant la terre.   Je pleure et gueule sous l’incompréhension mais je suis heureuse, comblée et pour la toute première fois je constate que je ne suis pas seule de façon tangible… Je vois clairement que  le chemin fut tracé par d’autres bien avant moi… tous ces sourires tracés de ligne du temps me ramènent à ces années qu’ils ont accumulées…Combien d'étapes me reste-t-il à traverser avant de sentir cet équilibre qu’ils offrent en mots et en sourire ?

Le café n’aura jamais goûté aussi bon que cet après-midi rencontre.   Une rencontre d’êtres fascinants à la nature humaine riche et bonne….

Et juste avant de retrouver le chemin de mes différences, je glisse un regard vers ma mère.   Sans trouver les mots, en enclenchant la marche arrière de ma voiture, ma pensée va vers elle, la plus belle d’entres toutes.   Celle qui a tracé mon chemin de vie, celle dont je suis si fière d’être sa fille... celle qui a tracé mon destin… et je rêve d'un destin sans fin que le rêve reprend comme refrain, je rêve...

xxx

15/03/2010

Un zeste de printemps!

Humeur de fonte...

 

 

Le soleil brille de pleins feux depuis plusieurs jours.   Des températures surprenantes s’affichent au mercure  pour mon Québec,   qui habituellement est beaucoup plus froid et encore très enneigé!    Je peux même déambuler sur mon patio car la neige a déjà disparu…Nous n’avons pas résisté a se faire un barbecue ce weekend même s’il fallait encore la veste d’hiver pour le préparer!   

Cela amène son lot de bonne humeur et de projet.   Nous avons été jusqu'à osés acheter une veste de printemps et classer certains vêtements tels que les combinaisons (vêtements se portant sous les pantalons et chandail pour faire face aux jours TRES froids!)  et les foulards de la longueur d’une autoroute.    Selon les vieux du coin pourtant nous risquons encore une bonne tempête,  pfft que cela ne tienne je n’ai aucune envie de pensée a cela, je préfère et de beaucoup visualiser des fleurs et des arbustes en devenir qu’un retour a l’hiver.  

 

Mes jeunes a la maison ont déjà commencé à revendiquer l’envie de porter des souliers et a alléger leurs vestes….patience, patience…ça viendra!   Je deviens maintenant surveillante des sorties de ma portée…car il essaie de se faufiler en douce avec des manteaux pas attachés ou sans tuque  sur les oreilles.  Me revoilà mégère contre la liberté de mon espèce, un mois plus tôt! Sourire

 

Pour mon conjoint c’est aussi un grand moment, le retour a l’école!   Un concept qui n’est pas accepté et compris  par l’ensemble de ma poelonner…

 -C’est pas vrai hein Véro que Marty il retourne a l’école?

-Bien oui c’est vrai!

-c’est pas possible ça il est trop vieux….

-Bien parfois même vieux nous allons à l’école pour apprendre de nouvelles choses.

-Y a juste à te le demander toi t’es encore plus vieille tu sais tout!

-Tu sais dans la vie ont apprend tout les jours… regarde toi tu deviens grande toi et pourtant tu apprends encore…

-C’est que moi j’ai un bobo dans la tête,  elle est comme cassé un peu Véro c’est pour ça que j’apprends encore il reste de l’eau dedans pour semer des nouvelles choses mais quand ont est vieux il reste plus d’eau, tu comprends?

 

Et me voila foutu pour ce printemps!  Sourire …impossible de lui faire comprendre…

 

Être maman des différences c’est apprendre à donner du  temps pour comprendre certains concepts de la vie.   C’est choisir de laisser tomber une incompréhension pour l’a reprendre avec d’autres mots plus tard…   C’est écouter aussi des façons bien surprenante de pensée la vie…de sourire mais d’éviter d’éclater de rire.    Être maman d’accueil,  c’est offrir toutes sortes de petites leçons quotidiennes qui forment une grande leçon de vie pour la personne qui les étudie et c’est accepter de regarder l’intelligence qui s’y déroule jour après jour car l’être se construit, se modifie.

 

À mes yeux, chaque être différent est un trésor bien précieux.  Tout comme l’enfant,  tout y est neuf, vrai, innocent.  

 

Il y règne une force et une fragilité qui m'émerveillent en chacun!   J'y vois souvent une flamme qui brille dans l'obscurité de nos chaos d’adultes.

 

L'enfance et la différence c'est l'humanité à l'état pur. Sans ces acquis qui la transforment et l'évoluent, de générations en générations...

Et entre vous et moi… la différence c’est mes sourires semés au gré de leurs mots, c’est ma rafraichissante rivière de vie qui me permet de m’épanouir.

02/03/2010

Mon univers

 

Comme vous le savez ma vie est remplie d’enfants et d’adultes différents.  Chez moi, chaque jour file à un rythme d’enfer assaisonné de besoins à combler et d’interventions à poser.   Mon univers est fait d’actions visant à améliorer le sort de l’un et l’autre tout au long de mes journées.  Parfois c’est fort lourd, moins drôle, plus épuisant et déstabilisant.  Je passe ma vie à négocier :  les récompenses, les sorties, les besoins de l’un avant ceux de l’autre  et les exigences parentales de chacun et chacune de ma portée.  Il m’arrive d’être fatiguée et souvent fort épuisée…moralement, physiquement et certains jours les deux à la fois.

 Mais si je continue, c’est qu’à mes cotés il existe un être exceptionnel qui partage ma vie…qui, les jours plus difficiles, de sa main  frôle la mienne.  Il est le tempo de mes limites, le reflet de ma famille c’est lui qui dit "c’est ASSEZ ! " Il est celui qui essuie chaque larme de ma rivière intérieure,  ainsi perle notre harmonie.   Il me permet de me ressourcer entre ses bras.  Il accepte même les ronflements d’une journée trop lourde à porter.

Cette vie qui roule et hurle engloutit parfois  l'étreinte de ma passion... Je voyage de différence en différence, en me laissant porter  mais bien souvent je finis mes journées par la fatigue et l’essoufflement…mais il est là...Comme  l’azur qui dresse son éternité  autour de moi.   Pour retrouver la femme que je suis,  pour que mon  cœur puisse battre  au rythme  de ses saisons,  pour que ses  mots  éclairent ma mélancolie.    Quand j’ai divorcé, j’ai cru ne jamais trouver un être à la hauteur de mes aspirations, qui me comprenne et me soutienne.   Quelqu’un qui m’accepterait comme je suis,avec mes forces et mes faiblesses, et il est apparu. Il a pris place dans ma vie, m’imposant son jeune âge et son amour et  il a toujours été à mes côtés peu importe si la barque était en pleine tempête ou coincée à marée basse.

Parfois d'un éphémère moment qui brille, dans la folie d’une de nos journées, le miroir reflète ses yeux et je sens le souffle  démesuré  de son amour et je danse dans mon quotidien avec toute cette passion car même après dix ans, quand il ne reste que l'aube d'habillée  j’entends encore battre la mer au fond de ses yeux….il est l’homme de ma vie !