26/01/2010

petit problème d'ordinateur

 

Depuis plus de trois semaines à chaque fois que je me connecte, j'envoie une ou deux réponses et mon ordinateur s'éteint...comme ça sans raison.  Ensuite c'est le jeu du chat et de la souris, j'ouvre, il se ferme et j'ouvre à nouveau et il se ferme à nouveau.  C'est ce qui explique que je ne réponde que très peu et à peu d'entre vous... cela me désole mais il parait que c'est le power...machin qui rend l'âme...et je devrai attendre février pour faire réparer ce petit portable qui me relie à vous...(la salle de bain est dispendieuse ! )   sourire.   J'ose donc espérer que vous continuerez à passer malgré le manque de réponse..Ce n'est qu'une question de temps et je serai de retour !

 

grosse bise à tous... xxxx

20/01/2010

Les rénovations

 

J’aime la décoration !  J’ aime tout ce qui est beau, nouveau et in.   Voilà un de mes petits péchés.  Chaque année je n’ai qu’une obsession…rendre encore plus belle une partie de ma demeure.  Je sollicite donc l’aide de mon conjoint ou de ma sœur qui ont  les mêmes  aspirations et nous travaillons en équipe pour changer mon intérieur.    Actuellement, je refais une de mes salles de bains  ( j’en ai trois)  Douche pluie, dehors le bain et de la céramique du plafond au bout des orteils… tout un boulot.    C’est donc la réalisation de toutes ces heures passées à  feuilleter revues  et images virtuelles pour arriver à dénicher LA salle de bain parfaite pour mon goût. 

 

Le délai est toujours assez serré car même si j’aime modifier mon intérieur je déteste la poussière et tous les désagréments d’une réno.  Et chez moi quand on dit changer, on dit aussi questionner.  Ça amène donc des questions de chaque membre de ma poëlonnée à la pelleté ! 

Imaginez deux petites minutes vos mains dans le ciment de céramique avec à la porte trois à quatre membre de votre famille qui amènent commentaires et questions …Je vous le jure, il faut plus que son lot de patience.   Voici pour vous donnez une idée…. :  "Je veux pas te déranger Véro mais pourquoi la toilette est plus là?"  "Ben voyons elle est plus là parce qu’elle répare la salle d’eau.     Elle était pas brisée la salle d’eau hein Véro elle était pas brisée ?"  "Moi mon père il fait pas ça comme ça !  Pourquoi tu mets de la boue sur le plancher ?"  Éclats de rire… "Elle met de la bouette?"  Intervention de mon conjoint :  "Allez jouez les filles c’est fatiguant là !"   "Ben repose-toi, tu travailles tout le temps…."  "Non VOUS êtes fatiguantes."  "Hein! Ben on fait rien on parle!"  "Ben justement."  "Véro pourquoi on est fatiguantes hein? On a le droit de parler quand même?  T’as chaud Véro?  Tu nous réponds plus?  T’es tu fachée?".... et je termine ma tâche pour ce soir, avant de perdre ma bonne humeur.   Puis 5 minutes après …"Marty, lui, il est plus vaillant que Véro, il travaille plus qu’elle.  Véro…elle est pas gentille devine ce qu’elle a dit" … Et c’est moi qui finis par rire… Toute une famille que la mienne et pourtant je ne la changerais pour rien au monde.   

15/01/2010

une séparation

Ici ça discute ferme… ma grand-maman sans sourire est de plus en plus perdue, nous envisageons un départ à moyen terme de ma famille pour un centre spécialisé où elle sera  en sécurité et  ou on répondra plus adéquatement à ses besoins.    Ça me rend triste, très triste.  Je sais très bien que pour son bien nous devons nous rendre vers cette évidence  mais c’est encore la perte d’un membre de ma portée et je sais que le jour où elle l’apprendra elle sera déboussolée et bien insécure.   Ça fait déjà un grand moment que je suis son pallier, sa référence et celle qui assume ce dont elle n’arrive plus à s’occuper.

La séparation est ce qu’il y a de plus difficile quand nous sommes maman d’accueil mais dès le départ nous savons que nous aurons un jour ou l’autre à le vivre.  Ces petits et grands  nous sont prêtés  pour rafistoler leur cœur sur période plus ou moins significative.   Des événements, une perte d’autonomie, un retour dans leur milieu naturel les font quitter à nouveau le nid.   Et ça laisse place à d’autres parfois  plus effrités, moins en forme, qui ont besoin d’encadrement et qui souvent sont bien marqués. 

Quand je dresse le sillage de ma grand-maman, il  résonne des pas perdus dans l’ombre de sa mémoire.    L’Alzheimer est une bien grave maladie,  perdre ses souvenirs est à mon avis une des  plus grandes pertes que l’humain puisse subir.   Quand l’écho de ton cœur devient le seul souvenir puissant,  quand se glissent de tes cheveux gris ces moments que l’ont croyait gravés, quand l’ombre galope sur ces personnes chéries de  notre enfance, quand nos  photos deviennent floues et que les noms n’existent plus, l’humain s’éteint comme une flamme qui se noit dans sa cire, et je pleure le désespoir de voir une vie de souvenirs disparaitre avant même qu’on l’ait mise en  terre.

J’ai du temps, un peu de temps pour me faire à l’idée et bientôt je porterai mon sourire rassurant, je choisirai mes mots comme je choisis mes belles robes pour un moment important  et je  lui broderai des étoiles d’un autre monde pour l’aider et la soutenir vers son départ. 

Et je ne laisserai derrière elle que la trace de notre sillage qui  ne s’effacera que trop rapidement car sa mémoire a des ailes, qui fuguent au gré du vent…. 

12/01/2010

le lien

 

Nous sommes dans la semaine du 22 Février 1976, notre mère Alice a mis au monde une petite fille prénommée Annie qui sera le troisième enfant de leur union.   Tu as 4 ans et tu es mon petit frère.    Mince, un peu lunatique à l’occasion,  tu t’amuses avec un rien et tu te plais à me suivre.   De mon côté tout au haut de mes 8 ans je suis dans une période de ma vie où je suis jalouse et t’en veux de toute cette place que tu as prise.   Je passe mon temps à te compliquer la vie et à te faire pleurer en douce,   je suis probablement la pire grande sœur qu’il est possible d’avoir à ce moment-là !

 

Pendant la période d’hospitalisation de notre mère c’est nos grands-parents maternels qui veillent sur nous.   Le temps est bien long, le froid dehors est insoutenable ne nous permettant pas d’aller jouer à l’extérieur.   On passe un temps fou à faire des jeux de cartes avec notre grand-mère mais tu ne comprends pas tout et tu m’exaspères encore !   Grand-père Lorenzo est un homme bien, il perçoit notre ennui et nous installe au sous-sol une balançoire et une corde pour faire du  Tarzan.  C’est génial !  Pendant qu’il descend nous pouvons l’accompagner et s’amuser chacun à notre jeu.   Tu aimes bien ce bout de corde et tu essaies de monter, grimper et l’escalader.   Je te regarde faire subtilement, pendant que grand-père hache son tabac à pipe.   Je sens l’odeur du tabac frais, la radio joue des airs gais,  je suis bien dans ce sous-sol improvisé au jeu.   Je me balance de plus en plus vite imaginant être la reine d’un château et détenir les plus belles robes de la terre.  Le monde est parfait à ce moment-là et la vie coule doucement comme j’aime.

 

   Puis, je lève les yeux…..une fraction de seconde passe….je rebaisse mon regard et le remonte à nouveau.   Tu es là accroché par le cou avec ce lien et tu te débats…tes yeux sortent de ton visage et j’y vois la peur et la douleur, la couleur de ta peau est légèrement bleutée, tu n’arrives pas à parler, à crier.    Je saute de la balançoire et voyant tes petites mains délicates qui essaient de dénouer la corde pour respirer.   Je t’accroche par les jambes et te remonte….je vois bien que tu n’y arrives pas que tu es de plus en plus mou !    Des larmes coulent sur mes joues, je veux crier mais rien ne sort, j’ai peur, j’ai froid tout à coup.   Je respire pour deux, si fort et si vite, j’essaie de frapper avec mes pieds un couvercle de poubelle en fer mais je n’y arrive pas puis d’un souffle je crie : grand-papa au secours grand-papa !!!  Mais grand-père est un peu sourd et la radio est forte il n’entend pas.  Je sais que je ne peux pas lâcher, je sais que je ne dois pas abdiquer. Je te retiens et sens la douleur de mes efforts,  je crie à nouveau si fort : LORENZO ! Je ne l’ai jamais nommé par son prénom mais ma grand-mère le fait et il réagit toujours….il finit par m’entendre…

 

Son regard se glace en voyant cette scène il me crie : tiens-le ! Tiens-le encore Véronique il faut le tenir plus haut !….je chuchote que je n’en peux plus…il m’ordonne très durement de continuer de tenir, il cherche un couteau pour couper la corde….

 

Tu ne bouges plus !   Tu es lourd, je prie intérieurement ce Dieu dont il me parle  pour que tu t’en sortes. J’ai si peur de te perdre, si peur…je  lui demande de me pardonner tout ce mal d’enfant que j’ai pu te faire,   Je le supplie de te laisser sur la terre et je force et force pour te soutenir.   Je lui promets de prendre soin de toi, d’essayer de t’aimer davantage…je prends tous les mots possibles pour qu’il comprenne que je suis sérieuse que je n’en peux plus.

 

Il coupe ce lien d’un trait, tu tombes avec moi !   Il te prend et me hurle après: Monte et tout de suite va dire à grand-mère vite….je monte en sanglots, je tremble….Grand mère crie d’horreur en te voyant  et te prend !   Elle dénoue la corde de ton petit cou,  tu respires péniblement.   Elle demande de la glace à mon grand père, elle te caresse et pleure. 

 

 Elle prie,  je vois ses lèvres qui remuent et je connais bien ses prières.  Notre  grand-père te regarde,  je suis assise au bout du sofa et je ne sais pas quoi faire.    Tu ouvres les yeux et tu te mets à pleurer, je sanglote si fort à ce moment même, je remercie Dieu de sa grande bonté, je vois grand-père qui fait semblant de regarder à l’extérieur et qui pleure.  Il dit si Alice avait perdu son fils à la naissance de sa fille oh mon Dieu Oliva….oh mon Dieu….par ma faute !

 

  Doucement,  je me rapproche de grand-maman et toi,  je me colle contre elle sur son tablier blanc et j’emmêle mes bras à tes jambes pour te sentir plus près, pour te toucher.  Et le lien se noue à nouveau…. il se noue entre nous, ton regard plonge dans le mien et ce lien invisible se fait pour ne plus jamais se dénouer.   C’est là,  à  ce moment précis que j’ai compris que je devrais te protéger et t’aimer voilà ce que  devait être mon rôle de grande sœur.   Le jour où tu as respiré de nouveau, la jalousie et la haine se sont envolées et jamais plus je ne les  ai ressenties.

 

Le soir,  couché sur le divan-lit de nos grands-parents j’ai attendu que tu dormes et qu’ils soient tous couchés.  Doucement, j’ai glissé mes doigts sur la marque bleue de ton cou laissée par le lien et j’ai sangloté en embrassant mes doigts que je remettais sans arrêt sur cette marque tout en prenant bien soin de  ne pas t’éveiller.

 

Le lendemain ma grand-mère me demanda de ne pas parler de cet événement à maman pour ne pas l’inquiéter…jamais je ne lui ai dit à quel point ce lien avait été révélateur et avait changé ma vie !

14:31 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (54) |  Facebook |

07/01/2010

La maison du bonheur

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Nous aurions des lits pleins d'odeurs vanillées,
où les enfants pourraient sauter
Des divans profonds où il ferait bon se lover
pour traîner doucement, s'enlacer

Nous aurions de grands corridors
pour les regarder quand ils dorment
dans leurs petits lits 
tout pleins de plis

la maison sentirait bon
la cuisine grande et remplie de sons
des enfants qui crient, rient et ferment les portes
toi qui me souris et qui m'emportes

au pays de l'amour
au pays des toujours
 à la maison des souvenirs 
où il fait bon vivre, s'unir

(ce texte a été écrit en mars 2003...déjà je m'orientais sans le savoir vers mon demain...plein de gamins ! sourire !!!)

04/01/2010

Mon brin de fille

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Mon brin de fille est  devenue femme !   Le temps a passé et je ne l’ai pas vue évoluer.   En  fait si je parlais de négligence je crois bien que je devrais parler d’elle.  Elle fait tellement tout d’elle même que souvent je me surprends de voir comme elle a changé, grandi et que je ne m’en suis point apercu et que je ne lui ai donné que trop peu de temps.

   Elle est douce, belle, fraîche comme une rose, et si intelligente.   C’est une enfant pleine de maturité et d’équilibre. C’est cependant l’enfant qui souffre le plus de mes choix de vie.    Etre famille d’accueil l’amène constamment à devoir faire face à des gens qui ont envahi sa maison, qui lui ont pris le précieux temps auprès de sa maman.   Elle semble être la seule à en souffrir puisqu’elle a connu être enfant unique et l’enfant du divorce qui vit avec maman.

 Les jours s’enfuient sans éclat ni scandale mais je la sens moins à l’aise que l’ensemble de ma maisonnée.  Parfois elle me lance un : "Tu sais pourquoi j’irai longtemps à l’école maman? Pour ne pas faire ton métier… J’en serais incapable…ça demande tellement…les laver, changer leurs couches, donner leurs bains… tu n’arrêtes jamais…en plus des problèmes de comportements, des interventions à faire…..J’arrive même pas à les garder!"

C’est l’écho d’une chamaille intérieure….  Le fracas d’un être si fragile….C’est ma cicatrice laissée pour la vie dans le bois de mon écorce… comme un long tracé du doigt.   Les racines en terre je me sens comme un vieux chêne… La vie est si dure parfois et l’on voudrait tellement le meilleur pour nos enfants.  Avec le temps l’empreinte se creuse entre ma fille et moi… Comprend-elle mes choix? J’aimerais tant lui montrer mon parcours, sans faire aucun détour, lui faire comprendre qu’à la seule vue d’une larme sur sa joue mon monde s’écroule mais que si je ne me donne pas à d’autres je me sens morte intérieurement…comme si mon seul chemin était marqué au fer.

Ses pétales sont si fins et si frêles … Le temps marque le cœur de mille et une couleurs …Je voudrais les plus belles pour elle…un arc-en-ciel en héritage…mais je sais que je laisserai aussi un jardin plus ou moins bien rangé ou se mélangent herbes folles et belles rangées…J’espère qu’un jour elle verra que sous les feuilles mortes il existe toujours une fleur magnifique, ELLE !

 Dans mon cœur bien ancré volent encore ses baisers qui ont laissé des empreintes de géants, des petits bras qui me serrent si fort et qui m’enlacent…des petits pas maladroits sur une plage de galets… Une lampe est allumée qui jamais ne s’éteindra où à la lueur de la flamme je m’enflamme de ces instants magiques qui me reviennent toujours… et si parfois dans ses yeux je vois ma culpabilité,le temps me ramène à ce  temps où je tenais ce doux corps…. Je la revois serrée contre moi, les yeux à demi clos, buvant au sein.

Je suis persuadée qu’un jour on  arriva à proximité d’un état de vie où je serai devenue vieille et flétrie mais que cela  aura bien peu d'importance. Car j'aurai atteint un nouvel équilibre humain et j’aurai enfin le temps de lui donner tout ce temps.. où je me raconterai et elle comprendra…et je me promets de la regarder se réaliser comme elle l’aura fait un jour pour moi…

( oui la photo c'est vraiment ma grande fille!)