30/12/2009

La routine

Alors qu'approche l'heure de la fin de l'année et que le froid s’est installé, après avoir pris un petit congé, j’accueille chacun de mes protégés qui eux aussi reviennent de leurs vacances improvisées.  Mines épanouies, figures fatiguées, parfois épuisés chacun ramène son lot de sourires et de déconfiture.  

Avant même d’avoir réalisé, je travaille déjà à rééquilibrer mes moussaillons dans leurs différentes sphères de vie.  J’essaie d’obtenir un ensemble cohérent au sein de mon foyer mais ce n’est point gagné.  Comme chaque année, en  l’espace d’une semaine certains ont perdu des acquis travaillés pendant des mois.  J’en suis donc à dire, répéter, imposer des lignes de comportements à adopter.

Je suis heureuse de retrouver une vie "active" mais je trouve bien difficile d’imposer ma discipline.  Je retrouve mon rythme, ma vitesse de croisière alors que les jours passent et que les heures me filent entre les doigts. 

Il n’est pas facile de retrouver le chemin des bons comportements pour certains.  Le manque de repos, les heures de fêtes irrégulières, un milieu moins encadrant, des parents plus permissifs amènent un relâchement qui laisse des traces … traces que je me dois d’enterrer dans la neige au plus tôt si je ne veux pas passer l’hiver à m’enliser dans celle-ci.  

C’est donc avec une main de fer, dans un gant de velours, que j’arrose de tendresse ma discipline.   Certains s’y collent sans difficulté, d’autres ripostent et répliquent sans arrêt.  Être famille d’accueil, être parents c’est imposer des limites claires, offrir toute la sécurité nécessaire et étaler de l’affection. Une tonne d'affection.  

Alors que cette terre est endormie par l’hiver, je me dois déjà de cultiver ces fleurs et de retirer toute trace de mauvaises herbes en attendant l’été.   Voilà en quoi consiste mon travail.  Entre givre et glace le temps m’agace… c’est la spirale du temps qui m’a réveillée un peu trop tôt, la routine impose sa place…  Souffle de ma tendresse pour charmer les jours glacés, je dépose des coffrets de doux baisers sur mes rejetons un peu égarés.

15:22 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (119) |  Facebook |

29/12/2009

Mes plus beaux mots d'amour!

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Tels du velours

sont ses mots d'amour

lancés avec légèreté

mais tellement de sincérité

 

au réveil, il me dit "Tu es la plus belle !"

il est en éveil, je suis miel

quand je sautille pressée comme une tique

il me dit que je suis magnifique !

il est poète

souvent à m'en rendre muette

en lançant que le ciel ne pleure plus

mon coeur se presse tellement il est ému

quand je vais travailler

il se colle à la fenêtre pour me saluer

avec sa moue triste affirmée

chaque fois je dois lui rappeler que je reviendrai

dans ses yeux je vois son âme

ils sont d'un bleu, il me désarme

son sourire ne cesse de m'éblouir

je suis celle qui réplique en soupir

et je ne cesse d'espérer

que jamais il ne va cesser

d'avoir cette facon de me regarder

et qu'il continue à m'aimer

ce poète de tous les temps

même s'il n'a que trois ans

qu'il est mon fils Trystan

détient mon coeur pour tous les temps

(texte écrit en 2006)

20/12/2009

mes derniers pas dans la neige....

En ce jour,  je prends la route de Noël  pour mieux voir vos âmes remplies de mystère.  Dans toute cette frénésie, je  vous imagine revivre les moments magiques de vos souvenirs.   Je  compte les pas des hommes qui démontrent les battements de leur cœur, cadencés par le rythme du temps…

 J’écoute crier le vent, et je respire la fraîcheur de l’hiver.  Flocons sur le bout du nez, envie de paresse, besoin d’infini…je reste immobile et je pense à vous !  Mes derniers pas dans cette neige me parent d’un collier de perles floconneux… J’arpente mon jardin, mon cœur se repose… La porte de l’aventure vers un autre Noël s’ouvre sur une vallée merveilleuse qui m’attire…celle du futur….Je sens la lumière qui pénètre mon âme. 

Chez moi le décor est digne d’un conte de Noël…La blancheur immaculée du paysage, les lumières des maisons et des sapins, les flocons qui virevoltent dans l’air, comment résister à cela ?

Je vous souhaite à tous un Joyeux Noël. Tous mes vœux de santé et d’équilibre en ce monde qui semble vaciller sous le poids de nos excès passés.  Des vœux de tolérance et de respect envers ces différences qui nous séparent, qu’elles soient physiques, intellectuelles ou spirituelles….

C’est donc avec toute mon affection que je tiens à vous souhaiter à tous et chacun d’entre vous un Noël rempli de tendresse… 


à bientôt je serai de retour le 27 décembre…. 

16/12/2009

Mes lutins de Noël….

Mes lutins de Noël….

Lorsque je  mesure le temps, il m’en  manque toujours en cette période…chaque année c’est un défi que d’arriver dans les délais pour fêter comme tout le reste du monde !

Pour ces enfants qui  sont mes petits protégés,  c’est un départ dans leur milieu naturel qui les attend.  C’est une toute première pour moi, car habituellement, il m’en reste toujours un ou deux pour Noël !

J’entrerai donc sous peu dans la danse des valises à faire, les exigences de calme en ma demeure,  car  plus la date de Noël se rapprochera et plus il y aura une ambiance de tempête dans le cœur de chacun de mes lutins … Ah la frénésie des fêtes !    Et je fêterai Noël avant la date pour remettre à ces joyeux lurons leurs cadeaux et ainsi permettre à cette famille reconstituée qui est la mienne de fêter tous ensemble !

Je ne sais comment toutes ces choses qui m’épuisent et représentent une grande lourdeur me nourrissent malgré tout de  joies et  m'émoussent de bonne humeur.   Je suis peut-être masochiste  ou alors complètement givrée.    Une chose est sûre en tout cas : dans ce monde compliqué, la simplicité du bonheur est un plaisir des plus précieux, contempler ces visages ravis, ces petites joies  qui s’associent à cette fête cela vaut  mille et un trésors que cette terre recèle. 

Je suis émerveillée par ce qui n'est pas commun ou différent.  Si vous les voyiez langues sorties, les mains pleines de gouache, essayant de réaliser des boules de Noël pour les offrir à leurs parents…  Voir à quel point la force de l'un vient combler la faiblesse de l’autre est à mes yeux mon plus grand signe de réussite.

Je conçois ces sursauts de vie qui embellissent mon chemin comme la possibilité de retrouver la paix dans mon âme et ils me permettent d’accepter mon destin.  Grâce à eux je sais que ce qui est brisé peut se reconstruire.  Je sais également que ce qui est différent est très beau, voire unique ce qui les rend encore plus précieux. 

Lorsque je répands mes mots pour vous parler d’eux, s’il y a du chagrin il s'évanouit à la pensée d'un nouveau sourire, d’une nouvelle journée.   

Etre au sommet de la plus haute montagne pour admirer le décor de la nature et le chant des cœurs est magique.  Moi c’est à  Noël que  le silence  chuchotera. Mais je sais que je serai  transportée par les soupirs brûlants de ma flamme intérieure ne recelant que du bonheur.  J’apprécierai  divinement le calme et je chercherai  à me reposer de cette  vie trépidante...

Ce soir nous emballerons tous ces cadeaux faits avec patience et difficulté.   Nous prendrons des heures à le réaliser et je sais que pour certains ça ne sera pas une mince affaire…. Mais faire en sorte que le bonheur des uns soit parfait… afin que leur  cœur serré devienne joyeux le jour de Noël dans chacune de leur famille… fait sûrement de moi l’espace d’un moment une mère Noël, la plus choyée des mamans !

14/12/2009

le Pôle Nord

"Dis ma tante… le  Pôle Nord t’es certaine que ce n’est pas ici hein ?  Regarde dehors il y a des lumières partout et tout est rempli de neige….c’est peut-être ici ma tante non?   Peut-être que le Père Noël habite tout près après tout ?"....  Discussion entre deux quintes de toux avec ma petite nièce de cinq ans, un jour où elle fait bien de la fièvre et n’est pas en forme ! 

Et je lui réponds :  "Eh bien j’espère que non ! Je ne veux pas qu’il habite ici moi !"  "Pourquoi ma tante?"  " Tu imagines le Père Noël qui se fait bronzer l’été…et ses bas étendus sur la corde à linge… ils sont en laine ça doit puer l’été ça brindille !"  Elle se met à rire de bon cœur… "T’es drôle ma tante, le Père Noël il sent pas mauvais des chaussons!"

Nos croyances, nos principes, nos valeurs…voilà ce que nous livrons pour ces petits…aujourd’hui ses yeux brillent lorsqu’elle évoque le Père Noël…Brilleront-ils lorsqu’elle sera plus âgée?  Aura-t-elle le goût de partager l’esprit de Noël ? Comment se fait il que moi je l’ai gardé ? Que ma plus jeune sœur aussi et que chaque année nous nous démenons pour que tout soit parfait et réussi aux yeux de ces petits…et plus grands ?

C’est grâce à ma mère tout cela,  chaque année qu’importe notre âge, nos réalités, elle nous a répété et imposé le même message : "à Noël il faut faire l’effort de l’esprit de Noël ...mettre de côté les conflits, les prises de becs, les difficultés et l’espace d’une nuit, d’un jour se laisser aller avec ce qui est planté dans notre cœur…soit l’amour et la reconnaissance d’être sur cette Terre !"  

En éduquant de manière réfléchie ses enfants, elle a  exercé  le seul pouvoir qu’elle possèdait  vraiment sur le futur.   Aujourd’hui, elle nous regarde créer sa magie et faire les efforts pour que cela demeure.   Elle a compris que ses enfants devenus grands lègueront à ses descendants des graines de ce qu’elle est aujourd'hui. Ses  valeurs, principes et croyances forment le tissu de notre famille et sont transmis de génération en génération !    Si ce n’est pas ça la magie de Noel je me demande bien ce que c'est ! 

La semaine dernière elle me disait que l’on donne trop aujourd’hui bien au-delà de l’envie, que cela fait oublier les rêves et les "merci" que souvent les enfants ne savent même plus quoi demander  tellement ils ont tout !  Elle a sûrement un peu raison… Vous ne pensez pas ? Mais elle a aussi ajouté : "L’esprit de Noël Véronique peu de gens l’ont de nos jours…" Il suffit pourtant d’ un souffle démesuré pour aimer, d’un éphèmère moment qui brille pour faire toute la différence…et puis derrière ce jour où l’on se force à se pardonner, à mettre tout de côté on apprend l’essentiel après tout….la paix, le respect, la confiance et surtout….l’écho de nos cœurs…. Bonne période des fêtes….

 

 

13:04 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (55) |  Facebook |

11/12/2009

La malle

La malle

 

 

Longtemps je l’ai regardée cette malle...cette vieille malle qui trônait dans le sous-sol.   Elle était bleu ni trop clair ni trop foncé et je n’étais jamais arrivée à l’ouvrir…  Je la lorgnais souvent car je ne savais pas ce qu’il y avait dedans. Un jour la moutarde m'est montée au nez et j'ai éternué tellement fort qu'elle s'est ouverte !  Bon soyons bonne joueuse….Il est aussi  vrai qu’un gentil petit couteau m’a bien aidée à faire céder la serrure.

 

J’ai longtemps hésité à le faire, partagée entre ma curiosité et mes valeurs qui me disaient qu’il ne fallait pas,  que c’était personnel, interdit !  

 

Mais que pouvait donc détenir cette valise fermée à double tour?    Des secrets graves? Un magot? Un petit frère bien caché?

J’ai eu  bien peur de me faire prendre mais un jour la curiosité eut raison de ma raison!

 

Dès son ouverture,  je fus submergée par l’odeur du papier trop longtemps gardé enfermé, tel des livres neufs qu’on m’achetait chaque année pour  l’école.  Puis,  j’aperçu de magnifiques dessins colorés avec soin et minutie.    Je me souviens d’avoir pris le temps de respirer  ces parfums colorés  à  pleins poumons,  de les avoir contemplés  page par page avec une grande délicatesse dans mes mouvements pour ne rien froisser de ses chefs d’œuvres.  Qui pouvait avoir fait ces dessins ? Une grand-mère artiste ? Un enfant adopté et caché dont on ne connaissait point l’existence ?  Il est vrai que mon imagination était débordante tout autant que ma curiosité et cela me poussa à continuer ma découverte.   De petits livres d’école  était aussi bien rangés dans cette malle  et des écrits de toutes sortes….Puis, lentement  je pris un de ces livres, et je lus à qui il appartenait….avec stupéfaction  je découvris le nom de ma mère, écrit à l’encre bleue en lettres attachées et fait avec application.

 

Cette malle me destinait  donc à découvrir  cette barrière  infranchissable entre ma mère et moi !  Ce monde étrange  que je ne connaissais pas, ce bout de chemin fait sans moi !   Dès les premiers pas je sentis  le vertige du  néant.  En l’espace d’un moment j’ai découvert  que cette femme qui travaillait avec acharnement chaque jour,   ma mère ;  avait été et était une femme,  une jeune fille, une passionnée qui avait plein de talents.   Chaque découverte,  chaque lecture  , transportait mes pensées   sous la forme d' œuvre démesurée , ce voyage   dans  ce fond de malle obscure où les ombres  brandissaient  leur voile  d'éternité,  m'effrayait, me surprenait mais  je  franchis  dans ces moments  ce long couloir  de la connaissance , de l’envie d’écrire, de faire valser les mots, de les associer pour les marier encore plus divinement. 

 Une  vive lueur   m'attirait  et me guidait vers cet impossible, ce monde de l’imaginaire que j’écrivais dans ma tête lorsque que je quittais ma chair  pour une autre existence, qui me semblait si   merveilleuse  et  rayonnante.   Grâce à elle, je m’élevais  vers les étoiles  sans horizon, m'inondant de bonheur, je n'avais plus de regret d’avoir ouvert cette malle, de découvrir cette magnifique femme qui avait dû renoncer à ses rêves pour aider sa famille, pour construire son foyer…un choix qui avait dû être bien difficile, car le renoncement est ce qu’il y a de plus pénible.  Jamais plus après, je ne vis ma mère de la même façon,  cherchant parfois dans son regard ses souvenirs passés, cherchant   comme une larme d'amour qui attend le retour de la saison des fleurs.

 

 

   J’ai longtemps cherché à travers son âme des ombres des jours passés des jours peut-être plus heureux…   J’ai souvent essayé de souffler mes  caresses par le  vent pour étoffer ma maman  d'un collier de tendresse quand la chaleur du printemps s'évanouissait par détresse car je songeais à ses choix qui m’ont donné une vie de choix... et je ne pouvais que l’honorer de par ma vie.

 

 

 

J’habille aujourd’hui maman tes battements de cœur de ces pétales de fleurs qui parfument nos souvenirs….. De merveilleux moments de bonheur, mais je ne te demande pas pardon d’avoir  fouillé dans ta malle aux souvenirs car elle m’a donné  la luminosité feutrée de toutes mes  saisons  en me permettant aujourd’hui de laisser transparaître  cette beauté qui ne s'endormira jamais dans ce profond sommeil du temps....car un bon jour ce livre traînera dans le fond d’une malle poussiéreuse…… Dois-je t’écrire que je t’aime ?   Merci !

 

 

 

Écrit le 20 septembre 2008

13:50 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (45) |  Facebook |

09/12/2009

victime d'un virus!

Mes précieux amis, je suis victime d'un virus qui attaque mon ordinateur.  Je ne peux donc pas répondre à vos précieux commentaires et je n'arrive plus à glisser de nouveaux textes.... j'envoie donc ce précieux portable se faire rétablir...ce qui fait que je serai absente de mon blog quelques jours....

je reviendrai sous peu c'est une promesse

 

amitié, Véronique

p.s. il m'aura fallu 7 essais avant de réussir à vous poster cela ! 

 

13:29 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (18) |  Facebook |

08/12/2009

La magie de Noël !

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J’aime la période qui précède Noël, l’anticipation des enfants, le rêve qui flotte au quotidien, la gentillesse de tous ces adultes qui soudainement se mettent a penser aux autres, les cadeaux que l’on s’échange, le plaisir dans les yeux, les gâteries culinaires de maman…Car il y a toute une magie qui court durant Noël,  un soupçon de ce que la vie pourrait être si l’on était tous gentils, aimants, généreux et souriants.    Je m’accroche à cette petite folie des fêtes pour en garder ces souvenirs que je chéris au fond de mon cœur.   Souvenirs qui sont d’énormes flocons qui flottent et virevoltent dans l’air doux de mes bonheurs…

Si j’avais à vous définir mon plus précieux flocon je crois sincèrement qu’il irait a mon oncle Yves et mon grand-père paternel Wilfrid…

Il y a fort longtemps, mes parents habitaient une somptueuse maison de murs blancs qui chaque année sentait le ragout le jour de Noël et assemblait toute la famille paternelle.   La fête se révélait bruyante et assez anodine dans mes yeux d’enfant mais elle amenait une coutume étonnante dont je rêvais chaque année. 

Je devais avoir environ 13 ans quand cela a débuté. Je gardais tout l’après midi, mes parents étaient partis jouer les pères Noël pour ce jour tant attendu….et c’était fort long et pénible…C'est  vers le milieu de l’après midi qu’ils sont arrivés…je me souviens encore aujourd’hui du son de la voix de mon oncle qui a crié avec vitalité : Véronique on va décorer pour faire une surprise à ta mère!  Puis j’ai du ouvrir la porte pour voir entrer une multitude de sacs qui craquent remplis de décoration de toutes sortes.

  Je revois chaque année puisé dans le repli de mes souvenirs le regard enjoué de mon grand-père qui étale sur la table ses multitudes de guirlandes et de lumières, son sourire qu’il me communique, le câlin dans les cheveux de mon oncle associé a son petit clin d’œil espiègle!  Puis lentement la maison se déguise grâce aux talents féériques de mon oncle et les encouragements de grand-père Wilfrid. 

Quel bonheur de respirer l’espace qui se déroule devant moi dans la lumière glissante de cette journées qui s’achève.   Quel bonheur de savourer chaque instant de terre paternelle.   Une partie de ma conscience a l’impression que la maison scintille comme le soleil parfois fait scintiller la pelouse enneigée, j’apprécie la texture des heures en bonne compagnie.   Je savoure avec bonheur ces moments précieux d’humanité en liesse.   J’absorbe la féérie des paysages joliment décorés dans mon intérieur de vie.  Je regarde cet oncle que j’aime tant mais à qui je ne le révèlerai jamais ne trouvant pas les mots qu’il faut!  Ses yeux brillent de bonté.   Sous son regard, l’adolescente boutonneuse qui se déteste redevient la petite fille qui est aux anges.  

Jamais je n’avais rencontré un aussi beau père Noël, même s’il est bien petit pour le titre…

Nous sommes seuls, tous les trois. Écartés du brouhaha des fêtes, la maison est magnifique.  À voir notre demeure ainsi, je m’attends presque à voir débarquer un lutin enchanté.   Par ma fenêtre des flocons de neige accompagnent l’atmosphère.   Ils ne sont pas légion mais sont bien mignons en cette veille de fête.  J’attrape au vol un zeste de magie de Noël créée par ces deux hommes que je côtoierai surtout pendant la période des fêtes….qui reviendront pendant quelques années répéter la coutume des décors de Noël…avec qui je passerai même une nuit entière dans une école pour la décorer !

Je garderai d’eux dans une armoire fermée, sur une étagère invisible, une collection de flasques pleines, translucides, aux couleurs chatoyantes.  

Et parfois quand la tentation sera trop forte je ne résisterai pas à en humer une.   Je m’approcherai l’âme de ces flacons pour y respirer leurs petits bonheurs.  

Il y flotte des charmes et des sourires, de la magie, des paysages, des paroles, des instants joyeux, des sensations précieuses, des émotions lumineuses, des rêves.  

Chaque année je décore encore sous les bons conseils de mon oncle et mon grand-père bien blottis contre mon cœur…C’est là que je me réfugie à chaque période des fêtes…

Pour m’emporter aux frontières de l’innocence, de la fragilité, de la vulnérabilité.  Pour me faire grandir intérieurement, pour me faire rêver.

Et ça c’est sûrement le plus beau des cadeaux…

14:05 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (21) |  Facebook |

06/12/2009

Père Noël !

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Hier j’ai passé la soirée à l’hôpital, une pneumonie rien de très grave.  C’était très tranquille dans la salle d’attente mais bon fallait attendre quand même bien longtemps, comme toujours dans les urgences !  Une maman et un papa s’y trouvaient  lorsque je suis arrivée, un petit couple dans la trentaine avec un mignon petit garçon d’un an ou deux de plus que le mien.  Il avait le visage éraflé et il se tenait le cou en l’air sans se plaindre de douleur ou de quoi que ce soit.  Comme la maman voyait que je l’examinais de près elle s’est mise à me  raconter l’accident qui aurait pu lui enlever son fils.  Elle parle du foulard qui s’est coincé dans la porte de l’autobus, du  chauffeur qui  ne l’a pas vu  et le gamin qui a été traîné sur l’asphalte sur une petite distance…

Il attendait le résultat de radiographie au niveau de la mâchoire maintenant que cela avait un peu désenflé, ils verraient s’il y avait des cassures.  La maman retenait ses larmes en me disant : "Qu’est qu’on aurait fait sans lui ?" Son père le serrait contre son cœur et ce petit bonhomme se laissait envelopper de cet amour.   Cela m’a bien fait réfléchir…

Avec mon chemin de vie j’ai compris une chose…au plus sombre des jours, les hommes se serrent les uns contre les autres et notre plus grande richesse est d’avoir quelqu’un, peu importe qui, pour se serrer.  J’ai connu des Noëls ou je devais être sans ma fille, avec la sensation d’avoir tout perdu.    Je m’enfermais dans la salle de bain de mes parents pour pleurer… en cachette.  Ils le voyaient bien le malheur, tous leurs autres enfants fêtaient et moi je pleurais bien cachée.  Ils me serraient sans rien dire dans leurs bras…ce n’était pas plus facile mais au moins ils étaient là.

Plus  je lis vos commentaires et plus je suis troublée et émue à la fois. Certaine personne renoncent à leurs fêtes car elles sont prisonnières d’eau trouble et elles patinent sur le fond de leur vie sans arriver à s’en sortir.  Elles ont  un torrent de volonté mais  leur chemin de vie roule et hurle dans chaque parcelle de leur âme.  Je les sens devenues fleurs fragiles, qui n’arrivent plus à se nourrir de terre d’espoir.  Et j’en conclus que l’espoir se récolte dans les bras de l’un et l’autre bien serré et je rage de ne pouvoir les serrer…Oh je sais que je ne suis pas leur idéal, leur attente de grand bonheur… Certains attendent un amour, un fils, une fille ou un disparu mais s’ils avaient au moins un peu de chaleur au creux de mes bras j’en serais bien comblé.e

 Après ce constat je tape au hasard "lettre au père Noël" sur le net et je tombe sur des lettres que plusieurs enfants ont écrites …. Ils veulent TOUT ces enfants…de la Wi en passant par les voitures téléguidées, je vous assure qu’il ne manquent pas d’imagination et au travers de tout ces vœux de jouets et de promesses je tombe sur deux lettres bien différentes…. :

 

Prénom: Maxime

Age : 10 ans

 

Cher père Noël,

Cette année je voudrais un cadeau bien spécial. J’aimerais que mon père arrête de boire. Tu sais cela serait beaucoup plus important que de recevoir le jouet le plus cher que tu pourrais m’apporter. De toute façon, je suis trop triste pour avoir le goût de m’amuser.  J’aimerais croire encore en toi et que cela arrive vraiment.

 

Prénom: Ambroise

Age : 8 ans

pere noèl je voudrai que tu me fasse un gros cado j’ai pensé bocoup et me demandai si comme ta maison est dans le ciel comme mon papa si tu passe devant sa maison de dir a mon papa que je laime bocoup qu’il me manque toujours et que je lui fais des gros bisous di lui aussi que mon frere il est bocoup malade etque ca me ren triste maman aussi merci pere noèl je taime

 

 

 

Si mes bras pouvaient entourer la terre entière,  je me sentirais ce soir tellement mieux. Vous savez, tous mes protégés à la maison sont choyés car ils sont tous aimé…Par moi certes mais aussi par des mamans et des papas qui ont tout donné avant d’en arriver à un placement en famille d’accueil et qui continuent encore à donner sans compter.  Si je pouvais parler au Père Noël je lui demanderais de retourner son paletot pour quelques personnes dont je tairais les noms mais vous les lisez sûrement comme moi au bas de mes écrits…

Je l’inventerais ce manteau sans mémoire pour celui qui sème toutes les peines, avec l’oubli des blessures passées et des déchirements.  Sans perte et sans rupture avec une braise d’avenir pour que continue l’espoir d’aimer.  Je me suis déjà senti naufragée,  épuisée d’un rêve en sursis, je ne le souhaite pour personne et  je ne veux pas laisser le temps ralentir chaque  cœur que je rencontre dans ma vie !  Chaque mot je l'entends comme l’écho de vos cœurs et ce soir je construis des ponts entre ciel et terre pour tous les disparus qui manqueront à ce jour de Noël.   Seulement dans la réalité et comme je ne suis pas celui qui porte le paletot des souhaits…. Je ne peux que vous faire danser sur les mots que je dessine mais prenez ma main et restez unis afin que demeure ouverte la porte d’une douceur.

Moi Père Noël  cette année je  ne veux pas oublier, je ne veux pas être oubliée, que mon passé soit un chemin où mes pas  brûlent dans cette braise de l'avenir pour que continue l'espoir d'aimer....

 

01:04 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (43) |  Facebook |

01/12/2009

"...au coin de ta paupière..."


 

Dans  la brume laiteuse des premiers flocons éphémères, toute ma petite famille s’attroupe pour décorer notre intérieur.   Dehors, tu es là à nous observer…d’un signe, je t’invite à te joindre à nous.    Timidement tu acceptes et tu souris devant le charme de ma petite troupe qui s’affaire à décorer.  Mon fils te demande si tu as commencé à décorer chez toi, tu réponds que chez toi c’est pas la même chose qu’ici, sans aborder que tu n’as pas la même religion et les mêmes rites.   Tu dois sûrement deviner qu’à six ans il ne comprendrait pas,  ou tu évites les questions.   Chose certaine, à onze ans tu fais preuve d’un bon jugement.   

C’est avec lenteur que tu prends chaque boule, minutieusement,  tu l’observes et tu l’accroches à mon sapin avec précaution.   De mon côté j’écoute les mains qui racontent et je scrute ces enfants  indéfinis aux couleurs de  la vie.  Je me fonds dans cette ambiance si douce qui fait s'ouvrir toutes les portes.  Mon fils me questionne sur l’origine de chaque boule, je prends un malin plaisir à me raconter, soufflant sur sa délicate chevelure les souvenirs du temps.  Je prends  la route des moments passés  jusqu'au sommet, et je les rends jusqu’aux âmes du mystère.   Chaque décoration  nourrit l'âme !

La sonnerie de ma porte se fait entendre, c’est le père de mon visiteur qui se présente.  Il regarde ce qu’il se passe chez moi, puis observe son fils avant de l’appeler.  Un malaise se glisse en moi, peut-être n’a-t-il pas le droit !

 Lenteur des gestes ce petit  flocons audacieux, dans un silence magique,  s’approche en regardant son père…  Sa beauté sombre  gémit aux tendres caresses passagères que le temps ne compte plus , son âme  s'enfuit  dans l'étoffe de notre amour  cherchant  un nouveau  réconfort , celui d'un nouveau  bonheur, d’une nouvelle expérience. 

La compréhension  est l'engrais et la communication  la clé qui ouvre les portes du bonheur.  La générosité est au coeur de l'instant. Son père accepte qu’il reste.   Et, pour moi, ce simple fait vaut bien toutes les joies du monde.

Sans trace de religion, ni couleur de croyance ,   de sa main frôlant la mienne, me remerciant d’accepter son fils en ma demeure…il  me rappelle par son sourire , la magie de Noël….

Et c’est au crépuscule de cette soirée, losque le sapin fut terminé et illuminé que j’ai vu  glisser au coin de sa paupiere une petite  larme valsant avec mille autres flocons !

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