30/11/2009

en toute amitié...

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Je n'ai pas trop de  tous les jours pour te confier mes joies ,mes peines,mes envies.   Parfois j'ai presque l’impression d'entendre le son de ton clavier dans le creux de mon oreille.  

 Alors l'espace se dilue, le temps s'efface, l'amitié  m'agace.   Je ne sais rien du temps qu’il fait chez toi, en fait je ne sais presque rien de toi.  Je ne connais pas la douceur de tes bras, la tiédeur de tes lèvres sur ma joue mais je prends égoïstement toutes ces petites gouttes de bonheur que tu me donnes, jusqu'à ce que je n'ai plus soif.   Je me nourris de toi !  

Chaque matin je me prélasse sur mes nuages de bonheur,les nôtres....de ton blog à mon blog, de chez toi à chez moi, j'abandonne au vent notre partage de passé sur les flots et je m'échoue au creux de mes  dunes blondes.  Ce moment précieux est le nôtre, souvent le seul de ma journée où je me priorise.  

J’aime cette source si profonde qui me noie d’attentions, ses petits mots qui sont de voluptueux mirages qui n’ont pas de distance ni de temps….

Assise au bout de ma terre, les pieds à fleur de mots, je médite en toute simplicité humaine.  Ton horizon m’attire.  J'inspire l'atmosphère silencieuse.   Brise de caprice, je m’abreuve de cette eau perlante de cette rosée nacrée que ta parure ondulante a laissée …plainte cachée sous mon étoffe de vie…je t’espère encore….un tout petit mot…c’est si beau..si bon...

00:44 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (40) |  Facebook |

26/11/2009

la reconnaissance....

Étant gamine, lorsque c’était difficile, j’imaginais ma mère et mon père qui me regardaient par une caméra et je redevenais sage et concentrée... Tout allait pour le mieux !  A l’âge adulte il m’est arrivé par moment d’y penser et de me dire "Bah... Je crois qu’ils seraient fiers de moi !" entre autres, si j’avais ce sentiment intense d’avoir aidé un autre humain. 

J’ai toujours aimé faire une différence, apporter une essence subtile dans la vie de personnes particulières.  Rarement mes parents ont eu la chance de voir ce que j’ai fait dans ma vie et ce que je suis devenue grâce à leurs valeurs et à tout ce qu’ils m’ont inculqué.  En fait ils ont surtout été présents lorsque ça allait mal et que je n’étais pas dans une période riche intérieurement  dans ma vie.  

 

Et pourtant,  cette  veille de Noël fut très différente.  Dans ce temps-là,  je vivais à  huit heures de voiture de chez mes parents mais comme tous les ans je revenais pour fêter Noël avec eux.   Le 24 décembre était un jour de préparation du repas de Noël.  J’avais pour l’occasion des affreux bigoudis dans les cheveux, une crème verdâtre étalée sur ma peau encore mitraillée par des boutons d’acné et un affreux ensemble offert par mes parents que je ne portais que quand j’allais chez eux et que j’étais certaine de rester à la maison tellement j’avais honte de cet accoutrement !

 Professionnellement, je travaillais dans un centre de réadaptation pour toxicomanes comme éducatrice spécialisée, j’étais en charge de groupe.   Je voyais donc défiler énormément de personnes dans une année et ces gens venaient d’un peu partout de ma belle province du Québec !

J’échangeais avec ma mère sur la messe de minuit et sur les rites liés à Noël,  je mentionnais que je n’irais pas à cette messe car c’était surtout un étalage de  robes et de  manteaux chics plus qu’un moment de recueillement.  Ma mère argumentait sur l’effort à faire comme croyant pour la naissance du Christ, bref on ne  s’entendait pas mais pas du tout quand la sonnerie d’entrée se fit entendre.  Je me lançai à toute vitesse dans la pièce la plus proche montrant à ma mère que je n’étais pas présentable.  Je n’entendis pas ce qui se racontait entre le visiteur et celle-ci, j’étirais l’oreille quand elle tira sur la porte et me dit : "Un monsieur veut te parler."  Je pris en vitesse une débarbouillette pour enlever le plus de crème possible de ma charmante petite figure et je rejoignis ma mère et ce curieux invité.  En le voyant, je ne l’ai même pas reconnu.  Pourtant, lui semblait bien me connaitre et être vraiment très content de me voir.  Il se mit à me dire qu’il avait été marqué par moi et tout ce que je lui avais appris en stage.  Je compris donc que c’était un ancien client du centre où je travaillais et qu’il avait réussi à dénicher l’adresse de mes parents.    Il s’assit dans la cuisine et me parla de sa vie, de ses difficultés à rester sobre. Les larmes coulaient sur ses joues telles des rigoles de printemps.    Il élaborait en oubliant ma mère.    La professionnelle  que j’étais  oublia aussi celle-ci et je me mis à lui prodiguer support, encouragement,  renforcement positif et deux heures passèrent.  Avant son départ, il me serra dans ses bras en me remerciant et il salua ma mère qui ne se tourna même pas pour lui rendre la politesse. 

 

Par habitude, je retournai à ma besogne en m’assoyant à cette table remplie de victuaille sans prendre le temps de vraiment regarder ma mère.  En l’espace d’un instant je repris la conversation sur cette messe de minuit, en exposant ma vision.  Puis en sanglot, elle se détourna.  C’est avec une énorme difficulté qu’elle me dit : "Véronique, tu l’as gagnée des millions de fois ta messe de minuit face à Dieu.  Regarde tout ce que tu as fait pour ce monsieur, pour ces gens… As-tu vu tout le courage qu’il a puisé en toi? As-tu pensé à ce Noël sobre que chaque membre de sa famille appréciera?  Comme je suis fière de toi ma grande!"   Je finis dans ses bras, toutes les deux en larmes….Cette femme qui était ma mère avait enfin vu ce que j’étais devenue.   Celle qui ne pleurait jamais et qui était forte comme le roc venait de fléchir pour une des rares fois de sa vie par fierté et c’était moi la cause !  Encore aujourd’hui, je ne me souviens pas du nom de ce monsieur, pourtant il m’a offert un merveilleux cadeau….. J’avais rêvé si souvent et ce depuis ma tendre enfance de voir cette fierté dans les yeux de ma mère….Cette reconnaissance n’a pas de prix.   Ah si j’avais eu cette caméra….comme j’aurais aimé filmer ce moment. 

 

13:15 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (29) |  Facebook |

23/11/2009

pour alléger le temps...

 

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au-delà de l'océan

aussi loin que t'emporte le vent

existe un pays

où tous sont comblés, grands et petits,

les libellules flottent dans les airs

les aigles valsent au dessus de la mer

l'atmosphère est fabuleuse

chaque parcelle humaine est heureuse

dans cette contrée mystérieuse

chaque femme est délicieuse

il y règne une paix à faire rêver

et toutes les fleurs sont magnifiquement colorées

à cet endroit il n'existe aucune maladie

chacun le nomme paradis

rien n'est interdit

tout est permis....

traîner tous les matins

oublier le passé les chagrins

se bercer, s'enlacer

s'embrasser, tout goûter

savourer chaque moment

car il y a toujours du temps

savourer la vie

prendre le temps petit à petit

il existe un endroit....

(dédié tout particulièrement à Pascal et son fils)

14:45 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (31) |  Facebook |

19/11/2009

Mademoiselle-question

Présentement j’ai un manque d'énergie intérieure qui décolore les heures.  Je bascule dans un état second grippal qui m’empêche de me relativiser.  C’est avec difficulté que ce matin je reviens à la vie en mes neurones.  Je fonctionne sur la batterie de secours et fais par automatisme de nombreuses tâches quotidiennes.  

Pour mademoiselle-question c’est le terrain de jeu idéal.   Elle adore se répéter, questionner sans arrêt, poursuivre les autres avec ses commentaires et elle sait que si je suis moins en forme , j’interviendrai moins donc elle en profite !  Dès son lever ça commence…. : "Si je fais bien ça à l’école, tu vas être contente hein?  Est-ce mon couteau que je viens de sortir ça?  Tu veux que je fasse une belle journée hein? T’as-tu bien dormi toi?"    Je sais qu'elle vient tester mes réactions.  Je n'en tiens pas compte.  Chaque matin elle doit se lever, faire sa rotie et la manger dans un délai de 20 minutes…ce qui n’est jamais gagné d’avance.   Elle préfère se mêler de tout sauf de manger rapidement. Elle attend mes interventions avec intérêt. 

 Elle voit une autre petite de ma maisonnée venir déjeuner et elle recommence… : "Je vais faire une belle journée ! Aimes-tu ça toi quand je fais une belle journée ? T’as l’air bête tu files pas? T’es-tu malade ? Veux tu des roties comme moi ce matin ? Hier, dans le transport t’avais l’air de mauvaise humeur ? Pourquoi tu me réponds pas dans le transport hein?"

L’autre retourne à sa chambre en soupirant !  Je lui répete d’un ton las les consignes du matin et ce qu’elle doit faire, elle en profite !  "Tu veux que je fasse une belle journée hein Véro?"  Et je répète plus fermement que je vois son jeu ce matin et qu’elle a intérêt à se recadrer ou elle perdra un collant dans son tableau de motivation. Elle rouspète qu’elle ne le veut pas et la premiere bouchée de sa rôtie se mâche enfin! 

 

Elle essaie de se faire  sage comme une image. Deux minutes après elle recommence avec conviction.  Elle  sait bien  batailler, résister, contester, provoquer, et ce de facon subtile. Complètement indifférente  à ma pomme qui rugit intérieurement, elle recommence à fouiller dans ses idées. "Tu veux plus que je répète hein Véro? Tu veux que je fasse une belle journée? Pourquoi tu dis rien?"

Un sourire indécrochable me prend les joues en otage.  "Ok , j’arrête de niaiser et je mange là !"  Le mal de tête est soudainement effroyable…cinq minuscules petites minutes viennent à peine de passer.  La gang s’agrandit pour le déjeuner, question et réponse s’enfilent à un rythme d’enfer….un vrai rock and roll !

Elle se fait petite l’espace d’une seconde bouchée et elle recommence entre une question d’une autre… "T’aimes pas ça que je me répète et je le fais pas parfois hein ? T’es pas en forme? T’as le nez qui coule ? Je peterai pas ma coche à l’école ok ? C’est tu ça que tu veux?" Je lui rappelle lassement son objectif du matin et la menace de l’accrocher sur ma corde à linge si elle continue. Elle sourit…   Je n'ai aucune corde à linge  mais ça les fait sourire  et puis j'utilise parfois certains subterfuges pas trop catholiques pour enrayer quelques dérives.   Ma maison est une vrai fourmilière.  Remplie de différences qui prennent leurs places et qui s’imposent….entre des dents à brosser, des boîtes à goûter à préparer,  des cheveux à peigner, des bouches à laver et des repas à servir elle s’amuse à me titiller comme une abeille a sa fleur… 

Tous ses sens sont en éveil. Son intérêt et son envie de ne pas  comprendre volontairement me fascinent. Ils nomment cela  officiellement trouble de l’opposition avec déficience.   Après son vingt minutes à trainer devant sa rôtie je lui indique qu’elle n’a pas atteint son objectif…. Elle me regarde et un air de soulagement passe sur son visage. Elle respire de nouveau l'innocence.  "Oh comme c’est dommage Véro… je pense que j’y arriverai jamais hein?  Veux-tu que je fasse une belle journée à l’école?" …

Dans la réalité de la chose, je me sens libre même si je dois posséder une bonne discipline quotidienne et une certaine organisation d'actes et de pensées. Certains jours, j'ai l'impression d'avoir à faire face à de grands méchants loups….d’autres jours je souris à tous ces mécanismes de défense qu’ils ont créés  en eux.  Bon, je me dis lors de son départ pour l’école  que d’ici trois à quatre ans on devrait réussir le déjeuner dans un lapse de temps acceptable.

 Demain je mettrai de la musique….ça ne l’empêche pas de questionner mais ça me rend plus légère…. Sourire

L''amour est une énergie invisible qui échappe à la raison. Une richesse spirituelle qui ne se compte pas mais qui transforme la vie. En ce jeudi  matin, l'amour fait de notre petite maison sans prétention un véritable palace... et ce malgré des questions et des questions et des questions…ah.... et puis j’ai mal à la tete…je file sans même me relire…xxx

15:38 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (25) |  Facebook |

17/11/2009

l'homme aux deux femmes !

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Il n’y a pas de mot pour définir la douleur de l’être, certaines  personnes dessinent  leurs bonheurs et leurs malheurs au fusain tellement les traits deviennent gras et foncés, d’autres effilent une légère trace qu’on ne perçoit que peu, pourtant à l’intérieur… c’est souvent d’énormes tempêtes qui les jettent et rejettent  propulsés par le ressac de leurs vagues intérieures.   J’ai passé ma vie à côtoyer la douleur et l’échec par choix,  pour aider, soutenir, donner une chance…celle de se reprendre en main, de changer, de grandir.

  Il n’était pas très vieux, dans la trentaine, un homme qui paraissait bien, qui avait un avenir, un bon travail, de l’humour, une femme qu’il aimait et une petite fille d’à peine deux ans.

La première fois que j’ai vu ce monsieur, c’est son regard qui m’a accrochée.  Il était vide, je percevais l’ombre dans ses yeux.   Il buvait du matin au soir, la raison de son besoin de boire n’était pas claire, bien que j’ai eu de nombreuses conversations avec lui, il n’arrivait point à nommer le pourquoi de son alcoolisme.   Il parlait peu de lui, que d’elles.  Cette petite femme qu’il aimait et cette petite fille qu’il adorait.   C’est pour elles  qu’il voulait cesser, pour ne pas les perdre, pour continuer à être près d’Elles, ses femmes comme il le disait!   Quand il parlait d’elles j’entendais encore battre la mer au fond de ses yeux, et j’apercevais sa plage se parer de galets  merveilleux.   Je le sentais fragile, fatigué mais sa volonté de s’en sortir était là une volonté forte comme une tempête de vent en plein hiver qui vous fouette  l’intérieur et qui littéralement vous emmène avec lui, on ne pouvait pas ne pas y croire.   Il se racontait jour et nuit, se déshabillant de son tapis de neige et de froid, sa glace intérieure  fondit comme neige au soleil et ses larmes lavèrent doucement son âme.  A son départ, il se sentait prêt, en fait il était prêt à tout sauf à trouver la maison vide, à vivre la solitude et à assumer la perte due à ses abus passés.  

Il se mit à me téléphoner après son stage,  j’étais selon lui celle qui le connaissait le mieux, qui savait comment le conseiller.   Mon travail était fait, je n’avais plus à le soutenir puisqu’il avait un intervenant externe pour cela mais je le sentais si seul, si triste et si découragé qu’il m’est arrivé de l’écouter, plus il avançait plus il s’enlisait dans la glaise.  Les petits soucis devinrent des lacs et les gros des océans.   Il n’arrivait pas à voir clair, à s’en sortir.   Un jour il me dit que j’étais sa dame du sommeil  qui  contemplait  de mon  balcon la nuit de son  cœur.   Je me sentais bien ridicule à n’offrir que réconfort et écoute.   Mais  nos conversations semblaient le calmer, le mettre un peu plus loin que sur le rebord du cap auquel il devait faire face.  J’avais parfois peur qu’il finisse dans le vide. 

  Mon équipe commença à se plaindre du temps que je lui accordais me ramenant au fait qu’il devait prendre son support ailleurs que vers moi, j’ai commencé pour avoir la paix extérieure à ne pas retourner mes messages quand ils étaient de lui. J’ai fini par trouver cette paix extérieure mais contre la perte de ma paix intérieure car je savais qu’il serait face à lui-même et que cela serait très lourd, trop peut être !  J’avais la sensation de ne pas avoir amené à bon port ce monsieur, je me disais que j’aurais dû l’accompagner graduellement  à son rythme vers le soutien de son milieu.  Quoi qu’il en soit un jour à mon retour de vacances, j’appris qu’il s’était enlevé la vie, buvant jusqu'à ce qu’il crève, laissant comme missive que sans elles rien n’était possible.   ....

Cette nouvelle me bouleversa et je fis de mon mieux pour le cacher devant mes collègues.  Puis  en entrant dans mon  bureau  je vis un vieux message de lui qui  trainait avec comme date de l’appel celle du jour de son décès.    Sans m’expliquer pourquoi je me souviens de l’avoir chiffonné et glissé dans ma mallette  au lieu de la poubelle.   J’eus beaucoup de peine en pensant à sa fin, en entrant chez moi ce soir là , je me suis fait une tisane, je m’assis dans ma véranda face à la mer,    et  en prenant le temps,  j’ai regardé les vagues se débattre dans les dernières lueurs du jour, imaginant comment il avait dû souffrir, agonisant dans son eau de vie et sa solitude.....

 Chacun fait ses choix dans la vie, il avait fait les siens, il partit dans un silence magique sans trace ni couleur de sa souffrance,  seul dans sa maison de rêve qu’il avait bâtie pour ses douces.   Je ne crois pas que j’aurais fait la différence au point de le sortir de son abîme mais j’appris une chose essentielle ce jour-là… je me battrai dorénavant  toute ma vie pour ma paix intérieure et pour ce que je crois être nécessaire.   L’humain prévaut sur des dossiers, l’humain vaut bien du temps et de l’écoute qu’importent les règles établies, et le temps normalement prévu pour orienter quelqu’un.   Et quand il m’arrive de l’entendre  se raconter dans un brouillard de souvenir  je constate encore aujourd’hui que l’écume de ses rêves, a laissé sur mes lèvres…ce goût subtil de la neige.

.. ..

13:45 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (25) |  Facebook |

14/11/2009

weekend congé!

 

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j'aime me balancer

les bonbons mélangés

les dessous satinés

la crème glacée à volonté

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j'aime le saumon fumé

les soupers bien arrosés

les soirées à s'aimer

et à danser

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j'adore les bois pour me promener

le bord de l'eau pour méditer

à vélo pour me balader

comme l'eau pour me baigner

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j'aime magasiner

et le ciné

j'adore parler

écrire et composer

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refaire le monde avec des amis

voir grandir mes petits

me parfumer avant d'aller au lit

et profiter de chaque moment de vie

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mais ce que j'aime par dessus tout

c'est d'être aimée par vous

par cette fenêtre d'entrer chez vous

et d'espérer vous revoir c'est tout!

(gros repos de deux jours pour moi...mes petits et grands sont partis pour le weekend repos....deux par mois...je risque donc de faire la grasse matinée et d'oublier de passer ici....à lundi xxx)

16:48 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (14) |  Facebook |

10/11/2009

monsieur sans mot !

 

Actuellement ma maison n’est pas un  long fleuve tranquille. On y découvre cascades, remous, courants et eaux calmes.  C’est par heure que nous dessinons nos journées et c’est  en accumulant gestes et caresses que je finis par comprendre ce nouveau gamin qui n’est pas le mien.   Que d'efforts, d'épreuves, de bonheurs et d'apprentissages  cela prend pour traverser tous les courants.  Souvent,  je marche à contre courants en écoutant mon cœur plutôt que l’expérience de l’un et l’autre qui n’habitent pas avec ce rejeton.  Le chemin de l’adaptation est long.   Plus difficile que tous les autres chemins réalisés par le passé dans ma maisonnée. C’est sous le langage des signes qu’il me parle et si je ne comprends pas assez vite,   c’est à coup de cris, de grognements et de crises qu’il se fait entendre.   Je réplique par des tactiques  et je le déjoue.  Mes journées sont  pleines de stratagèmes pour lui inculquer notre quotidien et des comportements acceptables.  Est-ce qu’il comprend quand je lui parle ?  Est-il seul dans ce monde qui ne semble pas être le nôtre? Difficile à dire….mais une chose est sûre….lorsque je chuchote,  il écoute….quand je lui demande un bisou il vient le donner et si j’ouvre grands mes bras en lui souriant il vient se blottir.    

Pour les autres qui s’hébergent dans ma chaumière c’est une période d’interrogation. Que me dit-il ? Que veut-il ? Que se passe t il ? Pourquoi crie-t-il ? Est-il heureux ? Fâché ? Vexé ? Blessé ? C’est quoi son autisme maman ? Et les questions me reviennent encore et toujours…

En fait ce qui dérange le plus ce sont ses cris….et je réponds à chaque fois….

C’est sa liberté d'expression, sa communication, et ce n'est pas moi qui viendrai le réprimander ! Je crois sincèrement que c’est à nous de faire un effort pour le comprendre.   Car s’il est compris il ne crie pas, ne s’emporte pas et il semble en paix.  
C'est tout un changement d'environnement pour mon monsieur sans mot ! Je sais que ce n'est pas facile pour ce petit homme  mais j'ai confiance en ses capacités. Je remarque de plus en plus ses sourires et ses grands yeux plein d'émotions me transpercent sans arrêt le cœur.

Il semble bien chez moi car il ne veut pas aller à l’école.   Chaque matin, il cache son sac et sa petite valise de fin de semaine pour aller chez maman ! Il cache sa ceinture ainsi que ses bottes d’hiver….et si par malheur je les trouve, il crie d’insatisfaction, les reprend et va les recacher…  Et tous,  on échange des regards de compréhension commune.  Une même responsabilité nous lie. Unis, nous vivons tous son adaptation. Et mes jupons s’élargissent  au vent…. C'est un sacré processus que de devenir parent remplaçant...mais quelle fabuleuse aventure !

20:16 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (47) |  Facebook |

09/11/2009

souvenir d'une mère....

 

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souvent sur la montagne de mon ventre rondissant

au coucher du soleil, moment où tu devenais envahissant

je promenais mes mains doucement te caressant

passais mon temps en t'imaginant

au sommet de ce mont couronné d'un bébé

solitude, doute et passé se sont envolés

cette colline portée par ma vue

m'a démontré comment l'amour portait d'immenses étendues

que me font ces deux vallons, ces deux palais, ces deux chaumières ?

ils ont fait Julianne et Trystan, mes êtres les plus chers

elle née d'un ciel sombre

pour ne pas avoir peur comme moi des ombres

lui né d'une fin de journée

car on l'avait provoqué !

le jour où ils ont choisi le soleil des vivants

mes mains sans colline sont restées longtemps.. errant !

mais mes yeux s'ennivraient à la source où j'aspire

là je retrouvais et l'espoir et l'amour

soudainement toute mon âme était désir

espérant votre bonheur chaque jour

 

il n'y aura plus de montagne et de mont, de vallons

mais le souvenir grandissant né de ma chaumière

la possibilité de pouvoir vous voir regarder l'horizon

et le bonheur de vous accompagner sur cette Terre

(écrit pour mes petits en 2007)

02:33 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (30) |  Facebook |

06/11/2009

mon passe temps

Je suis cachée...Elle ne me voit pas

Découragée je ne le crois pas!!!!!

Elle le tient bien fermement

Elle le malaxe allègrement

Elle se rapproche et se penche

Elle va le prendre!!!! Remonte ses manches....

Quel culot elle a ma foi !

Toujours un nouveau à chaque fois....

Elle s'apprête à le goûter

Elle va encore le lècher

Elle ne peut résister

Toujours à le dévorer

Elle le glisse à sa bouche,

se délecte sans se montrer farouche,

elle ne cesse de le lècher

Je n'ai jamais vu une femme si affamée !

Maintenant elle en a plein les doigts

Elle les insère dans sa bouche, je le vois!

Quatre doigts à la fois

Sa langue glisse par choix

Toute crèmée elle m'apercoit...

Elle est ma soeur et elle me voit,

me dit "Viens ...viens goûter,

laisse ta langue  se délecter

Allez, laisse-toi aller !

Tu ne peux tout de même pas refuser !

ça fait si longtemps que tu te refermes...

Viens il est bien ferme

Prêt à être chauffé,

tu n'as qu'à le goûter!"

Je sens l'envie,

comme ça en plein midi,

même si ce n'est pas permis !

Après tout on n'a qu'une vie...

Je le regarde longtemps !

C'est le moment ! Il est temps ...

Je le sens si bon,

je le désire...Pardon !

Surprise de ma gourmandise,

elle me laisse manger à ma guise.

Il est salé..sucré

Un vrai péché

Pourtant ça fait des mois que j'ai réussi à résister,

et là, à pleine bouche je l'ai dévoré ...

Comme il est bon ce gâteau préparé !!!

A nous deux, je l'avoue, on a tout mangé

avant même de le faire chauffer ...

Tu as sûrement réalisé

que c'est de cuisine dont je t'ai parlé

J'espère t'avoir amusé

tiens, tu viens goûter??????

(en ce vendredi je cuisine mes gâteaux aux fruits pour le temps des fêtes avec ma petite soeur...j'espère avoir apporté une légère envie de sourire ...bises xxx)

15:51 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (40) |  Facebook |

04/11/2009

Le jour picto

   Je déambule dans les airs de ma demeure, attendant l’arrivée de ce petit dernier qui sera à temps plein chez nous.   Pour une rare fois j’ai le cœur un peu fragile et me sens légèrement nerveuse.  Il est si différent de ce que j’ai connu, j’ai peur de perdre le fil de mes habitudes car je sais très bien qu’il viendra les modifier, les bouleverser.  Pourtant nous nous  sommes préparés, tout notre weekend lui a été consacré.    Ce grand bonhomme de 14 ans est autiste lourd, donc il ne parle pas et se fait comprendre en désignant ce qu’il désire ou il l’indicte par picto.  Mon cher amour a donc passé presque tout son congé à photographier.   Mon garde manger entier est passé sous son objectif, ainsi que nous tous.  Puis il  a imprimé ses précieuses photos que nous avons plastifiées,  un travail titanesque pour accueillir ce bon gaillard de la meilleure façon possible!  Chacun a mis la main à la pâte…offrant à l’objectif des objets qu’il trouvait important d’identifier pour notre jeune attendu.   Après quelques heures de photographie, j’étais convaincue d’avoir  vu et revu tout ce qui se devait d’être fait.    Puis, ma fée des sourires est apparue avec sa précieuse poupée Lulu.   Du coup, mon conjoint a semblé surpris et lui a lancé : "Mais tu sais c’est précieux ta poupée il ne faudrait pas qu’il l’abîme."  Elle a regardé celle qui voyage avec elle, celle qui  l’a accompagnée partout, sa complice des dodos  depuis sa tendre enfance et elle l’a assise sur mon comptoir de cuisine pour une photo.   Doucement je lui ai indiqué que si sa Lulu était prise en photo il risquait de la demander et ,qui sait, de l’abîmer.  Songeuse elle a regardé sa précieuse poupée  longuement et elle m’a ajouté : " Je le sais ça et je veux pas qu’il brise ma Lulu,  mais tu sais Véro, quand je suis arrivée ici elle m’a vraiment aidée et encouragée.  En plus elle partage tous les secrets! " Je l’ai serrée longuement dans mes bras, touchée par sa délicatesse.   Puis, nous avons photographié Lulu  même si nous sentions notre petite fée fébrile.   Finalement, le picto fut bien caché sans que personne  ne le sache…. Enfin presque car il n’y a que Lulu et moi qui partageons ce secret ! Chut!!!

13:34 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (25) |  Facebook |