30/10/2009

Comme une lettre d'adieu

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T’ai-je dit que le chant des vagues me grise ? Qu’il existe en moi un espace magique où peu sont conviés, où j’accumule les souvenirs précieux comme ma grand-mère accumulait ses mouchoirs de soie ?  Que chaque fois que je dois fermer les yeux sur une lumière intense allongée sur une table froide ma dernière pensée va vers vous ? 

 

 J’aime ton rire en cascade qui répand la chaleur en mon cœur.  J’aime ton nez retroussé qui demande bien relevé : "maman je veux …." 

S’il y a une chose qui m’importe c’est de vous savoir heureux. 

 Toi ma grande tu sais comment ça se sème le bonheur ???

A coup de courage, celui d’avancer, d’oser, de grandir intérieurement et de se réaliser…  N’aie peur de rien !!!  Croque la vie à pleines dents ! Déguste, découvre et si par malheur tu tombes, relève-toi comme tu l’as fait si souvent en apprenant à marcher sur cette plage de galets.   Qu’importe où je serai, je continuerai toujours à t’aider à cultiver ton cœur…
à arroser ton jardin privé afin que tu continues  de trouver  belles toutes fleurs qui se déposent en toi.  Je partagerai tous mes secrets, tu recevras un  océan de tendresse,  pour qu’il te berce d’une douce mélodie et t’apporte toutes mes caresses, surtout les jours de grande vague avec perles de pluie.

 

Je réchaufferai ton cœur mon garçon et je le tiendrai toujours en éveil, pour que jamais  ne meure ton envie de découverte.   Je serai ton Ange Gardien…et veillerai sur tes nuits.
Je te guiderai au quotidien, afin que de rien, tu ne sois démuni.  Sourire…  Et si je ferme les yeux et que je m'envole dans la voie lactée...Cela sera que pour mieux vous voir d’un parcours étoilé.

 

J’aime la vie, elle m’a donné le plus beau….J’aime la vie car je côtoie les meilleurs amis….J’aime la vie car j’ai aimé les plus grands et leurs folies…. Si j’ai un bilan à faire, je devrais bien humblement avouer que je me suis bien amusée, que je me suis drôlement éclatée et que je ne peux rien regretter. 

 

Il arrive des moments dans la vie où comme ça au cas où, comme ce soir,  on ressent  ce besoin d’écrire comme une lettre d’adieu…..histoire d’être certaine que vous n’oubliez pas, mes amours, comme je vous aime…..

( ce texte fut écrit la veille d'une opération qui finalement s'est très bien passé.....je vous offre du réchauffé j'en suis désolée mais le temps me manque en ce moment )

Bon week-end chers amis xxx

15:11 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (51) |  Facebook |

27/10/2009

Ma lettre d'amour....

 

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Compose une lettre d'amour....tu veux ?
Non......je n'en ai pas envie mais pas du tout....
compose comme tu veux mais écris .....

 

 

Chicoutimi le 17 novembre 2007,

Mon cher Amour,

Il existe un endroit que tu ne connais point, caché du regard mais bien présent dans mon horizon. Là-bas, lorsque je m'y trouve je redeviens cette gamine qui traînait partout dans les plaines et les champs de fleurs. La route pour s'y rendre est bien dense....de gros arbres l'entourent et l'herbe est bien haute, seul le sillon des voitures se laisse transparaître par deux grands traits de glaise bien tapée. Si le chemin se fait en voiture il est particulièrement agréable mon amour de s'y rendre à pied pour sentir l'odeur des sapins et goûter à la douceur des caresses du vent dans les cheveux; vent qui s'harmonise pour faire chanter les branches de saules et des peupliers....

Petite à mes 5 ans j'adorais relever le bout du nez et regarder la danse de tous ces grands arbres avec le ciel et le soleil....parfois un oiseau un peu trop crétin passait avec un gros couac et cela me faisait rire énormément, tout comme le mot crétin que j'employais partout.....je n'y ai pas renoncé d'ailleurs, je l'avoue; mais quel plaisir encore de le dire à certains....!

Tout au bout se dresse un petit logis bien défraichi, il nous montre l'usure du temps sur sa parure....il est très simple mais parfait pour le paysage et ma vision d'enfant pour représenter mon paradis. Cet endroit où tout était permis, était le pays roi de l'imaginaire où je pouvais tout découvrir et tout voir comme bon me semblait ; et comme l'imaginaire amène pas mal de terre,  c'était le pays des bottes de pluie jaunes devenues brunes, comme c'est magique parfois la vie!

Un bon jour à cet endroit où je passais tous mes étés, à ne pas tenir sur mon vélo à deux roues je l'ai rencontré!

Ouf... Il était si beau, agile, doux et avait un sens marqué pour l'humour....vif, au regard droit il restait face à moi et me regardait longtemps. Je l'ai tout de suite aimé...cette façon de me regarder et son air malicieux me plaisaient. De plus il réussissait à lui seul et à se sauver de ma mère et à la rendre hors d'elle en l'espace d'une seconde. Je l'adorais! Rire avec lui de ma mère la voir tempêter et courir comme une damnée ou comme papa se plaisait à dire comme si elle avait tombé dans un nid d'abeille était un spectacle fabuleux à mes yeux. Il est revenu tout l'été et je l'ai attendu tout l'été.....il était mien, j'étais sienne et je partageais tout avec lui. Les rires, les petits coups à maman et surtout les carottes du jardin.
A l'été de mes 6 ans lorsque je suis revenue au chalet il m'avait quittée. J'ai imaginé le pire et j'ai bien pleuré mais j'ai fini par me rappeler que sa vitesse au saut avait dû lui préserver la vie et qu'il devait sûrement faire suer une autre maman plus loin dans un chalet voisin à manger tout leur jardin et qu'il n'était sûrement pas le ragout du souper......il a été le lièvre de ma vie!!!!
.... et je crois qu'il me préparait à une réalité qui m'attendait : tous les mâles sautent à gauche et à droite .....Heu non ! Pardon ....ils te quitteront tous un après l'autre sans jamais comprendre pourquoi.....
Ou encore tu ne voudras jamais manger de ragout au lièvre ....ah oui c'est ça! J’aime trop leurs grandes oreilles pour les apprêter  en ragout.....

La morale de l'histoire mon amour.....saute partout si tu veux....mais tu sais que je ne te finirai jamais en ragout!

(Ce texte est basé sur mon enfance et j’ai laissé mon imagination dériver comme lorsque j’avais 5 ans…juste pour le  plaisir de raconter…)

13:57 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (37) |  Facebook |

24/10/2009

mon petit soldat !

De par le monde il existe des gens de toutes les couleurs  de toutes les grandeurs et de toutes les valeurs.   De par ma vie j’ai appris à connaitre l’invisible, le différent, souvent les rejetés de notre société.  Jours après jours, j’essaie de donner le meilleur de moi-même à des gens qui, selon ma perception, ont besoin de soutien, d’amour et d’une toute petite chance sur cette terre si belle mais si dure parfois !  

  Hier j’ai revu un de mes jeunes avec lequel je travaillais en psycho pathologie quand j’étais éducatrice au primaire. Il a énormément grandi et il est au secondaire.   Je me souviens, à mon départ, à quel point il était bouleversé.  En famille d’accueil depuis de nombreuses années, le monsieur qu’il nommait papa venait de mourir du cancer et la dame, vivant sa peine, essayait tant bien que mal de poursuivre avec ses protégés le travail ou plutôt la mission qu’ils s’étaient donnée en couple.   J’appris quelques mois après, par des liens communs, qu’elle avait fini par baisser les bras et cette dame qu’il nommait maman avait dû prendre la décision fatidique de le retourner vers une autre famille.   Il a donc été transféré dans un autre endroit.  

Souvent, je me demandais comment il allait, ce qu’il était devenu me souvenant de mon premier contact si difficile avec lui.  Ce petit soldat dur comme le bois essayait de tout rejeter, répondant durement, violemment à la moindre petite phrase que l’on lançait à son égard.  Je me souviens de tout ce temps que j’ai dû prendre pour voir derrière sa petite carapace d’enfant.  Comprendre ce qu’il était, sa douleur intérieure, était un défi de temps car il fallut bien longtemps.  Jamais je n’oublierai le jour où il m’a souri….Ce fut le même moment où il accepta de finir dans mes bras pour un câlin.  Après ce fut une histoire d’amour entre lui et moi, il surveillait mes arrivées, cherchait toujours à savoir ce que j’avais dans mon sac, ce que j’organisais pour son groupe.  Passant de méchant garnement il était devenu mon bras droit, celui qui motivait les troupes pour participer à mes activités.   Il trouvait toujours le moment propice pour venir doucement se coller ou pour se faire taquiner gentiment par moi.   Il adorait ma façon de lui dire les choses et souvent je dus courir dans sa classe quand il y avait des remplaçants car il se désorganisait….et après 5 minutes de jasette, lui et moi, il se calmait et obtempérait à ce qu’on lui demandait.   Quand on m’annonça que je serais opérée,  j’ai dû lui dire que je quittais pour un long moment.  Il me fit promettre ce jour-là de revenir avant la fin de l’année scolaire.  Pour lui, mais sans lui dire,  je suis revenue finir les trois dernières semaines scolaires et ce même si je n’étais pas vraiment prête physiquement pour le faire.  Une promesse est une promesse !

 

 Hier, à ma surprise, il était dans le transport de mon petit nouveau qui débutait l’école.  Il me vit dans l’embrasure de ma porte et il cria si fort mon prénom que mon voisin d’en face s’en est retourné !    Avant même d’y penser ou de réfléchir à ce que diraient ses amis,  il était sorti du véhicule et courait pour se blottir contre moi.   La vague d’amour que j’ai reçue à ce moment-là m’a complètement désarçonnée.  Son sourire si franc et son regard furent les plus belles œuvres d’art que j’aie  vues jusqu'à ce jour.   Il était si heureux, si beau.  Je lui ai dit : "Ah mon grand comme tu as changé, comme tu es beau!    Mon trésor je me suis ennuyé de toi! " En guise de réponse il m’a dit juste trois mots…..avec un trémolo dans la voix …. "Je t’aime Véro! " 

 

Je lui ai dit : "Je t’aime très fort aussi mon grand! Ton éducatrice est toujours bien fière de toi!" Puis je lui ai demandé comment il allait, s’il était heureux.  Il a répondu en levant les épaules…. Je l’ai ramené doucement vers son transport en lui rappelant que l’on se verrait souvent maintenant !

Il m’a dit "Tu seras là pour me dire bonjour?""..Oui, je serai souvent là!" 

 

Devinez où je serai chaque matin pour lui faire un bonjour……

20:16 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (29) |  Facebook |

21/10/2009

VALSE EN FA MAJEUR DE MON CŒUR…

 

Tes petits doigts fragiles glissent sur les touches de mon piano,

Doucement ta voix résonne répétant les notes en mots,

Et je glisse un regard  pour bien te voir

Souvenir heureux se grave  dans ma mémoire

 

Dans mon cœur chaque note  laisse une empreinte

Et m’enveloppe de chaleur telles tes  étreintes

Serrée contre moi se lie ta musique

De ce doux moment, de ces instants magiques

 

 

Réchauffée par ta soie

J’ai le cœur en émoi

Au tissu de tendresse

J’embrasse ton cou avec délicatesse

 

Tu souris ravi de tes prouesses

Instant vif d’allégresse

Et je ferme les yeux sur ce moment heureux

Entremêlé  de sourires et de rires joyeux

(écrit pour mon fils...)

17:59 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

14/10/2009

première neige...

 

Les enfants capricieux  flânent  et vagabondent  dans ma chaumière alors que la lumière serpentine joue avec l’intensité de chaque journée.   Ils  courent tous, libres, d’un bout à l’autre de mon logis.   Le vent  dehors  devient féroce sous les pluies de grelons et  ils  se jettent  contre la fenêtre.  Bien au chaud, les petits  regardent   le spectacle.    Merveilleux paysage !   Il s’habille d’une  blancheur  luxuriante, éclatante.   La Dame du temps étale sa dentelle fragile enlevant  sa robe vert-de-gris, ses feuilles et ses couleurs. Petit nez collé contre la fenêtre qui doucement commence à geler, ils observent…

Tout autour, soudainement, les étoiles de neige s’accumulent et  deviennent  voile sans colori.  Les petits  laissent échapper des murmures… le vent esquisse des tracés,le NORD a perdu la boule, poussière de Neptune pour un imaginaire dans l'immensité du ciel où la magie opère, l'argile et le sable disparaissent.    

L'oeil se plisse à l’éclat du paysage  pour ainsi mieux saisir cette merveilleuse nature.  Les marées de ma portée  s’emportent en criant :  "Bientôt Noël…la neige arrive !!! "  Rires et cris fusent dans ma demeure…c’est la joie de la premiere neige,  créant une harmonie si merveilleuse entre l’enfance et ce beau pays du Nord….. le paradis n’est pas un lieu, c’est un état d’âme comme le dirait monsieur Barbarin….songe d’un premier bonhomme de neige….elle a montré le bout du nez….la première neige!

22:05 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

11/10/2009

la chasse...

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Souvent les dimanches après-midi d’automne ma mère devenait harceleur !
Son but : me forcer à accompagner mon père à la chasse au petit gibier.
Et je dois avouer que je cédais toujours pour éviter de voir le chasseur quitter seul dans les bois.
De plus j’adorais ces marches dans la forêt où l’odeur de sapin et de cèdre enrobait mes pas.
Ses feuilles étendues à mes pieds comme un tapis offert à une princesse, la princesse aux cheveux dorés comme il m’appelait.




Suivant sans un mot, j’avançais lentement derrière mon père.
Je regardais son dos fort et droit, le creux de son cou où j’aimais tant laisser un baiser et cette casquette orangée qu’il portait même si elle était toute défraîchie.
Je fixais souvent son arme avec un mélange de peur et de dégoût.


Mon père était bien médiocre pour la chasse, il tirait souvent mais n’atteignait rien….J’en avais pris l’habitude et chaque fois je lui disais mes petites phrases préparées pour le réconforter ; il devait les connaître par cœur….
C’était toujours la faute de tout sauf du tireur….et lorsque qu’il se remettait à marcher j’arborais un petit sourire qu’il n’a jamais vu.

Je n’oublierai jamais ce jour du tir fatidique, une seule balle et mon père devenu l’ennemi !


Je me souviens de ce lièvre roux, blessé, les oreilles couchées sur le dos, sa respiration accélérée.
Son regard, puis ses cris, on aurait dit les pleurs d’un enfant.
Je vois encore mon père achevant sa vie d’un coup de crosse et j’entends le craquement de son cou sous l’impact.



Puis mes larmes coulantes, chaudes sur mes joues fraiches...
De mon premier discours face à mon père :

"Ils sont vivants, et ils sont sur terre, comme nous !
Qui oserait prétendre que la nature de notre vie est différente de la leur ?
Et s’ils étaient sur Terre pour les mêmes raisons que nous ? Il suffit papa de croiser le regard d’un animal pour le comprendre ou d’assister à la joie folle de notre chien Rex quand il nous retrouve. Rappelle-toi de la crainte de Rex quand il savait qu’il allait mourir papa, quand il nous appelait de ses yeux à son secours….Ne te souviens-tu pas ?"




Il s’est levé, a pris sa main et a caressé ma joue, il m’a souri et il a dit "en route"….
Le chemin du retour fut lourd comme ma déception et ma tristesse.
Je suis retournée souvent après à la chasse avec lui mais il était devenu mon ennemi. À chaque fois qu’il dénichait un lièvre ou une perdrix, j’étais la première enrhumée ou je m’accrochais les pieds bien volontairement.
Il se mit à se fâcher contre moi, je me suis mise à lui parler durement mais jamais au grand jamais il a renoncé à m’amener à cette chasse.



C’est à mes 35 ans qu’il m’en a reparlé.
Il m’a alors avoué qu’il savait tout et que même si toutes ces parties de chasse se sont avérées vaines, il n’aurait manqué cela pour rien au monde.
Il dit : "Tu sais Véronique, ce jour-là j’ai vu que tu devenais une femme et que tu te questionnais et juste pour cela ça en valait le coup.
Tes croyances et tes valeurs se dessinaient et ton affirmation prenait place.
Dans ce monde, il fallait que tu apprennes à débattre tes convictions et tes valeurs….je suis ravi d’avoir été celui qui t’a permis un jour de devenir la femme que tu es."



Je me suis mise à pleurer car je me souviens très bien de l’enfer que j’ai pu lui faire vivre dans ce début d’adolescence et des regards de haine que j’ai posés sur lui dans cette période si difficile.
Alors mon vieux père s’est levé et doucement il m’a caressé la joue en me souriant et m’a dit "En route ! Viens je te montre mon jardin!"

 

( voici un petit texte composé depuis déja un moment....presque du réchauffé mais je le dédie à papa qui vient tout juste de débuter sa petite chasse....avec toute mon affection...Véronique xxx)

 

18:01 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

07/10/2009

Trouver sa voie

Actuellement, dans les médias locaux tous parlent du procès de la maman qui a raté son pacte de suicide le 31 décembre passé.  Ses enfants et son mari sont décédés, elle est donc accusée de meurtre.   Nous entendons  au fur et à mesure tous les éléments reliés à ses choix commis ce soir-là.   Son découragement, son amertume face à des amis, famille , sa perte de travail, son petit chômage et ses nombreuses dettes accumulées.  Toutes ces déceptions lui tombaient sur le dos comme de grosses briques une après l’autre. 

L’état d’âme d’un individu, la facon de prendre chaque coup dur est différente d’une personne à l’autre.  Je ne suis pas là pour minimiser, ni pour accuser cette dame mais je suis heureuse d’avaler mes déceptions avec une gorgée de pluie !   La vie est construite de hauts et de bas. Ainsi va. Et après la pluie il finit toujours par avoir du soleil….et parfois comme me le rappelle souvent ma grande amie Fab…les arc-en-ciels sont au rendez-vous. 

Je suis passée par des moments difficiles il y a déjà fort longtemps  et je suis certaine que la vie m’en réserve encore bien d’autres  mais aujourd’hui je me sens gratifiée par tout ce bonheur et cette douceur de vivre et je déguste goulûment tout ce moment présent.

J’ai la chance d’avoir trouver ma voie… Chaque matin,  à mon réveil je sais pourquoi je me lève, pourquoi c’est important de continuer, d’avancer et de faire face à une routine rigoureuse et parfois fort intense.  Mon univers est fait de constance, de communication et d’espoir… Je livre à la tonne le positif et je pousse mes rejetons d’adoptions à exploiter au maximum tout leur potentiel.   J’ai souvent cette impression d’ondoyer sans mes ailes, de broder chacune de leur action de petite rosette de courage et d’amour.   Cheveux dans le vent, souvent bien humide car ça donne chaud, j’astique et prends soin de chacun avec un sens aigu de l’observation et de nombreuses pensées en éveil.   Je les pousse à déployer leurs ailes tout en gardant un œil sur chaque vol et la vie passe et repasse avec un amas de satisfactions et quelques petites misères. 

Heureusement qu'il y a toujours pour me nourrir l'âme de ces dizaines de petits bonheurs quotidiens.   Chaque sourire, chaque réussite me ramène à mes choix et à cette sensation que j’ai trouvé ma voie et que je suis pleinement heureuse. 

Ainsi donc ce matin, de mon clavier je caresse le ciel, et j’imagine chaque visage qui prendra le temps de glisser l’œil sur chacun de mes mots.   Fenêtre ouverte vers d’autres mondes, je suis riche d’espace en espérant que vous entendez ma mélodie d’amour et que vous trouverez vous aussi une voie aussi belle que la mienne. 

 

Avec tendresse xxx

14:10 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook |

01/10/2009

Nathan l'enfant des "Je t'aime !"

 

Je vais vous raconter un souvenir....mon premier travail comme éducatrice spécialisée fut auprès des enfants en phase terminale, j'ai connu plein de petits leucémiques qui lentement un à un nous quittaient mais je n'oublierai pas Nathan....l'enfant des "Je t'aime !"...
 
Quand je l'ai connu il avait 8 ans, mature comme jamais il expliquait sa maladie, ses souffrances avec des mots si longs, si bien qu'il me surprenait.   Ses parents traits tirés, yeux cernés étaient là le plus souvent possible jouant, bercant, cajolant et décorant cette chambre pour lui faire se sentir plus chez lui...Son papa Jim lui avait fait une promesse.....avant chaque départ toujours se dire "Je t'aime.." ..donc chaque soir, chaque après-midi où ils se quittaient on entendait "Je t'aime"....et on le ressentait...
Nathan ne me l'avait jamais dit,  pourtant on échangeait beaucoup lui et moi....On parlait de la vie de la mort, de la peine de papa et de maman, de la peur du hockey.   Son dernier mois, il m'a demandé si c'était bon embrasser une fille ! Je lui ai répondu "Meilleur que le chocolat !" et je l'ai fait rire.....   Le jour de son départ je n'oublierai jamais...personne ne s'en doutait.  Il avait l'air bien, souriant sans arrêt, très calme, paisible.    Je suis entrée dans sa chambre. Il m'a dit: "Papa est à Toronto et je dois lui parler.....je dois lui dire : Je t'aime...." Je lui ai dit "Maman va arriver bientôt .." Il insistait tellement que j'ai trouvé un cellulaire d'un médecin qui a accepté de payer l'interurbain....On a téléphoné à papa..il lui a dit comme un grand..."Papa fallait que je respecte ma promesse, je t'aime!   Après son père m'a parlé, inquiet, il m'a demandé comment il allait....j'ai dit "bien", on a raccroché et joué aux échecs. Il m'a dit "Tu seras toujours pourrie aux échecs ..." Il avait raison...  J'allais quitter sa chambre quand il m'a pris la main et m'a dit merci et en me regardant droit dans les yeux il me dit ..."Je t'aime !"    Sa mère est arrivée à cet instant et  j'ai quitté pour mes autres petits protégés.....
Il s'est endormi dans l'après-midi et ne s'est jamais réveillé.....Ce que je vous raconte m'a énormément bouleversée et questionnée....Le savait il? 
 
Au salon funéraire son père m'a dit "Oui il le savait il a tenu sa promesse...il m'a donné son dernier je t'aime au téléphone !" et en pleurant cette perte je lui ai dit : "Moi j'ai eu le premier je t'aime..." ...son papa m'a embrassée le front et m'a dit "Voilà pourquoi on aura la force de continuer....".

(Ce texte a été mis ici à la demande de ma grande amie Fab, elle trouvait qu'il devait avoir sa place ici parmi mon quotidien....je pense qu'elle avait bien raison!)


16:38 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (20) |  Facebook |