14/06/2009

le bel officier!

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Voici une fin de semaine qui nous assomme d'une chaleur étonnante, l'atmosphère tropicale de ces deux derniers jours est presque déstabilisante !  L'été est donc officiellement arrivé.   J'attrape des morceaux de présent. Les heures me glissent entre les doigts...

Nous décidons malgré un spectacle aérien qui nous intéresse au plus haut point de ne pas bouger de la maison.   Notre petite dernière arrivée déplace encore trop de vagues et de remous pour se permettre une sortie en public…elle réagit si promptement  parfois!

Ce matin alors que je « somnambule » un peu en préparant mon café, elle sautille autour de moi, elle remue l'air en quelques cabrioles et me dit à de nombreuses  reprises : « c’est à quelle heure le spectacle?...pourquoi tu ne veux pas nous y amener? Es -tu tout le temps plate comme ça? C’est l’institut ici ? » Elle ne lâche pas le morceau !

  J’interviens doucement,  je lui explique les principes de ma maison et  les bases de la vie, et que je la sermonne un petit coup.  Le temps d’une gorgée de café chaud!  Elle réplique,  mais ferme je tiens mon point.   Je m’approche d’elle et l’enserre de mes lianes en la rassurant sur la qualité possible de sa journée si elle concède du terrain au bonheur et à la bonne humeur.   Je la serre contre mon cœur battant et je tais le film de mes angoisses qui ont déjà débuté : Comment arriverais-je à donner autant à cet enfant sans m'y perdre entièrement ? Vais-je y arriver ? 

Le repas du dîner se présente joyeux… il y a certes des rappels de comportements à garder mais petit à petit, nous  raffermissons sur la discipline et les comportements se modifient.  

Et la journée file au travers de leurs éclats de rire, de leur "haaaaaaa" et leur "regarde ça! "  Il y a des avantages à vivre près d’une base aérienne quand même !

Vers l’heure du souper tout mon petit monde peuplé de différences est emballé de sa journée et se dit pleinement satisfait et ce malgré quelques rougeurs sur les épaules de l’une et la cuisse de l’autre.  

Puis dame papillon aperçoit sur le trottoir un bel officier tout de blanc vêtu.   Elle me dit d’abord " regarde!"  et je lui indique que c’est un officier des forces canadiennes.  Elle se met à crier par la fenêtre et court vers la porte d’entrée pour le rejoindre.  J’interviens en élevant la voix, en fait,  il n’y a qu’un "NON" qui sort de ma bouche.   Elle gèle sur place, se retourne et me fixe d’un regard plein de haine et de colère ! « Pourquoi je ne peux aller lui parler ? Pourquoi? »   Je lui indique que c’est un étranger, que ses comportements ne sont pas adéquats, que c’est impoli cette façon d’engager la conversation. 

  Elle se met  à se rebeller, se fait les dents sur la maman d’accueil que je suis.  Elle se montre impolie, insolente….je serre la mâchoire mais il m’est de plus en plus difficile de garder mon calme.    J'ai les nerfs qui grincent. ….. Puis la mère bien installée en ma peau prend le contrôle de la situation. Elle fait taire ma révolte intérieure et fait le décompte : «  Va dans ta chambre…un.  Va dans ta chambre….deux!   Va dans ta….et elle quitte les lieux pour sa chambre sachant très bien qu’à trois je l’aurais reconduite moi-même. »   Elle sait aussi qu’elle devra s’excuser si elle veut sortir. 

Entre temps mon papa décide de nous rendre visite.  Le sachant là elle crie et m’injure. S'en suit un flot d'insultes que j'ignore royalement. La tête haute, le sang bouillonnant, je retiens le reste  de mes émotions.  Elle sacre, et va jusqu'à tirer des objets dans sa chambre….et je l’ignore encore… à la grande surprise de mon père qui me regarde stoïquement!  «C’est un processus papa à prendre lors de  terrain miné ! »

Finalement, sa bouderie dura trois heures pour ensuite venir se blottir contre moi en me demandant pardon et en me questionnant sur mon affection pour elle.   Et de ma voix la plus douce, cachant sous mes jupons tous les mots durs et méchants entendus,  je lui ai rappelé que ce genre de crise chez moi ne donne rien, mise à part l’ignorance.

 

Soulagés de voir tomber cette tension, tous rigolent et sourient lors de la collation, elle y compris !  Je la regarde s’épanouir  et mes pensées convergent vers ce petit caneton esseulé qu’elle est  et je songe au même manège qui recommencera peut-être  le jour suivant et celui d’après et ainsi de suite...

Ai-je eu l’air de passer une sale journée…?

23:06 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

vous accueillez combien d'enfants? Vs en avez "à vous" aussi? j'ai transmis l'adresse de votre blog à mon frère et ma belle-soeur qui accueillent un petit garçon de 3 ans et qui se "rassurent" en lisant vos posts!

Écrit par : Magaly | 15/06/2009

réponse a Magaly! Merci Magaly de ton passage et du fait que tu refiles mon lien...j'adore la visite sur mon blog! sourire....personnelement j'ai deux enfants un petit garcon de 5 ans et une fille de 17 ans. J'ai 7 places a la maison.....
c'est tres joyeux! crois moi!!! sourire

a bientôt!

Véronique

Écrit par : veronique | 15/06/2009

une sale journée non au vue du résultat,de la diplomatie oui et de la retenu certainement ....mais tu racontes tout cela avec tant d'Amour, d'affection que tu nous ferais presqu'oublier les difficultés de chacune des situations .......
toutes mes pensées les plus affectueuses et de tendre bisous pour cette Maman qui est une dame et maman au grand coeur .......

Écrit par : genedame | 07/08/2009

Soufflé!! Tous ces mots me transportent 50 ans en arrière, lorsque Annick, la jeune femme qui nous chaperonnait moi et ma soeur avait le même comportement...Merci Véronique, ca fait un bien fou...Bises

Écrit par : RolloTomasi | 12/01/2010

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