15/06/2012

Souvenirs

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Il y a bien longtemps, au temps où la gomme était plus grosse que ma joue et où les bâtons glacés à l’orange étaient mes préférés.    Il existait la tranquillité et le temps ! Pendant cette période de ma vie, lulus aux vents et joues picotées de taches de rousseur, le plus grand dilemme que m’offrait l’existence était de choisir quel jeu occuperait ma journée.    Au fond de ma peau silencieuse, encore aujourd’hui cette petite fille sourit !   Grâce à toute cette poëlonnée qui trône dans mon logis, souvent, alors que je ne m’y attends pas, surgit un souvenir dans cette boite crânienne qui est mienne.    Je revois un grand père qui ramasse de ses gros doigts ces minuscules petites fraises que la terre gratuitement nous a données.   Je repense à l’odeur de ces champs qui me chatouillait la nuque alors que je regardais gambader nuages en forme de moutons ou de dragons.   Alors que je manque toujours de temps, ces enfants qui sont un peu les miens me glissent vers ces souvenirs qui égayent mes journées.    Légère comme le vent, sourire aux lèvres, je me laisse bercer par ces moments bien enregistrés qui me font encore aujourd’hui apprécier la vie.   Ces adultes qui m’ont quittée et qui ont représenté des moments de calme et de liberté sont bien vivants en dedans de moi et il m’arrive même encore de leur parler en silence lorsque je suis émerveillée.   Je lisais dernièrement que pour être heureux il fallait parvenir à devenir le meilleur de nous-même…. Je suis meilleure quand je sème l’amour et que je donne.   Si une seule action de ma vie peut engendrer un souvenir auprès de ces petits qui les feront grandir et les rendront plus fort à l’âge adulte alors je crois que j’aurai réussi à faire toute une différence et juste cela illumine ma destinée.    Au fil du temps, j'observe cet amour qui les lie avec curiosité et affection.   Je suis témoin de leurs fous rires, de leurs jeux, de leurs aventures qui se lient et se délient.   J’entends leurs peurs, leurs joies, leurs craintes et leurs tourments.   J’entortille mes lianes sur chacune de leurs émotions et je leur crée un monde où il fait bon jouer et rire.   Dernièrement mon fils me demandait si sa sœur serait heureuse lorsqu’elle aurait quitté pour vivre avec son amoureux en appartement.   Simplement, j’ai dit : bien sûr ! Puis le voyant préoccupé je lui ai demandé pourquoi il me demandait cela ?   Sa réponse a été parce qu’il voulait la voir remplie de bonheur tout le temps !    Toute sa simplicité d’enfant m’a émue,  puis tentant une dernière réponse je lui ai demandé qu’est-ce que c’était pour lui le bonheur ?    Et de ses huit ans bien campés il m’a répondu que le bonheur c’était quand le sourire nous chatouillait les babines !   Notre esprit ne peut retenir qu’une seule pensée à la fois… il ne dépend que de nous pour créer cette bonne pensée….je ne sais pas à quoi ressembleront les vôtres, mais les miennes chatouilleront mes babines le plus souvent possible!

Vous m’avez manqué! xxx

15:51 Écrit par veronique dans Amour | Lien permanent | Commentaires (18) |  Facebook |

06/12/2011

Les tourbillons de vagues!

 

Y a des jours chers amis où dès  mon lever je m’enfuirais en courant !  Ces matins où je constate que mes épaules sont bien frêles pour la lourdeur de la tâche.   Il y a des moments où le contrecourant m’atteint et me bouleverse.   Comme si chaque parent, enseignant, intervenant s’était donné le mot pour exiger, réclamer, critiquer.  Il existe des périodes  plus saines que d’autres. 

 

Quand tu passes ton temps  à devoir prendre soin des enfants des autres, c’est un peu comme si tu glissais ta vie sous un microscope…chaque intervention, chaque action sera vue, évaluée, critiquée.   Parfois avec raison, souvent à tort ! 

 

 En fait c’est bien normal.  Si j’avais une petite ou une grande je serais sûrement comme eux !  Si j’étais un intervenant qui doit s’assurer de la qualité du service donné, je ferais pareil mais s’ils savaient comme parfois ça peut miner un moral ! 

 

  Hier, juste pour sourire j’ai compté le nombre de couches que j’ai changées… 15 couches c’était une journée tranquille !  J’ai aussi compté le nombre d’insatisfactions émanées par soit un parent, soit un jeune, soit  un intervenant…..2…ce fut une journée relaxe !  J’ai répondu 22 fois au téléphone…comme d’habitude !   J’ai fixé trois rendez vous…comme presque tous les jours !   J’ai lavé quatre brassées de lavage…décidément c’était bien relaxant hier !   J’ai donné cinq bains, lavé quatre fois des cheveux…etc….  

 

Mon quotidien est rempli et j’adore ça mais je reste humaine…avec faille et tourbillons de vagues !

 

 Il y a des jours où franchement j’enverrais paître une partie des gens que je côtoie, dans ce temps-là,  je déclenche l’alarme Véroniale !   En phase critique, je fais une fugue !   Je quitte pour quelques heures, me laissant remplacer et me permettant de souffler.   Parfois ma fugue dure un weekend….je pars découvrir la couleur du temps en arrêtant mon temps qui file à vive allure sous mon toit !  Parfois je file pour quelques heures, juste le temps de sentir l’air du voisinage au lieu du mien… mais à chaque sortie veroniale,  j’ emporte avec moi  les rayons du soleil…pour un petit moment…protégeant ainsi ma santé mentale, mes projets et mes envies de continuer de me lever pour faire quatre brassées de lavage, fixer trois rendez-vous, donner cinq bains…….

 

02:12 Écrit par veronique | Lien permanent | Commentaires (17) |  Facebook |

28/11/2011

toucher le bonheur!

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( voici ma mère Alice et moi en 1968)

 

Ce matin, les émotions se bousculent dans mon cœur. Un grand moment se jouera. Alors qu'elle ne se doute de rien, je me prépare à la surprendre. Cette mère qui m'a mise au monde doit,  pour des raisons de santé,  laisser partir sa dernière jeune qu’elle a en famille d’accueil à temps plein  depuis maintenant 25 ans.

Elle a beaucoup pleuré ses derniers temps. Tout un deuil à faire !   Car cette petite après tout c’est presque une des siennes. Le cœur en berne, courageusement, ce matin elle quittera sa maison avec l'intervenante pour visiter la nouvelle famille d'accueil qui s'occupera de son dernier oisillon. Jamais au grand jamais, elle ne se doute que l'intervenante l'amènera chez moi. Sachant ma maison au bord du débordement, sachant que mon logis n'est pas adapté pour des soins qui demandent des installations particulières et connaissant la lourdeur de la tâche, sans rien dire, peut-être avec la peur de me mettre dans l'embarras, jamais elle ne m’a fait cette demande. Maman est comme ça ! Ce genre de femme qui ne dit rien et qui accepte ce qu'elle se doit de vivre....un exemple de courage !

Pensées miellées, j'ai de la difficulté à me concentrer. Toutes mes dernières actions du dernier mois se sont tournées vers ma mère. Un mois de cachette, de planification, de demande et d'attente pour en arriver là !

Deux complices, des intervenantes passionnées qui accepteront de garder le secret. Une qui fera tout plein de petits miracles pour réussir à donner SA place chez moi à cet oisillon.

 Gros tourbillon d'émotions...comme j'ai hâte de la voir réagir à la nouvelle. Témoins privilégiées nous serons les premières à voir défiler cette journée qui débute une nouvelle étape dans sa vie. Celle d'une retraite bien méritée ou d'un parcours de travail dorénavant bien plus léger.

 

Elle arrive… et même dans ma cour, elle n'envisage pas que c'est chez moi...elle demande calmement à l'intervenante si elle vient chercher des papiers chez sa fille en passant.   Doucement, lentement...l'intervenante lui dit : "Non madame Truchon c'est ici sa nouvelle famille d'accueil...." Elle ouvre la porte et me serre fort, si fort ! Dans la vie, il y a ces choses que l'on a le pouvoir de changer et celles dont le contrôle nous échappe mais même si en partant il y a peu de chance, je crois que si l'on y croit, si on ose, SI, SI, SI.....ça peux finir par arriver ! Notre oisillon en est la preuve.

Maman au bout de ma table pleure....pourtant cette maman n'a pas la larme facile et je vous jure que ça lui en prend en  « maususse » pour la voir si vulnérable ! Elle ne cesse de s'excuser et de dire que c'est le choc, elle ne s'en doutait tellement pas !

Quand elle me regarde je lis la reconnaissance, la joie, le bonheur mais surtout le soulagement. Je lui explique qu'il aura fallu bien de petits miracles et de petites fées pour y arriver et que comme j'avais peur que ça ne fonctionne pas, j'ai préféré me taire.....

Si elle savait à quel point ce fut difficile, moi qui dis tout à ma mère.....il en aura eu de l'anxiété et des tournures de phrases pour y arriver. J’ai ce sentiment divin d’avoir su lui donner le meilleur pour cette année !   J'ai tellement de respect pour elle, cette femme qui m’a tout montré, m’a offert le don de soi….j’ai cette chance d’avoir à l’intérieur de moi ces mêmes valeurs que les siennes.    Je m'incline devant cette mère qui m’a bâti toutes ces histoires d'invisibles qui t’accrochent le cœur et qui te permettent chaque matin de refaire le monde à  ma manière.   Cette mère qui s’est fatiguée à la tâche et à la longueur du temps passé à veiller sur chacun, m’a semé mon bonheur et m’a appris à le récolter. Apprendre. Comprendre. Mûrir. Devenir. Être et accepter que nous sommes ainsi faits avec ce besoin de donner....et c'est ainsi que l'on se sent vivantes !


Un jour à la fois, mettre un pas devant l'autre. Tomber. Se relever. Avancer. Au fil des jours qui s'effacent poursuivre notre chemin….et aujourd’hui elle me montre comment vivre cette fin de carrière qui était toute sa vie.  Alors j’ose espérer que notre choix d’avoir pris cette enfant si lourdement handicapée mais si lourdement aimée aura tout au moins pu alléger cette fin qui aura le goût bientôt d’un recommencement vers une nouvelle étape !  Bonne retraite petite maman que j’aime….que j’aime tant!

24/11/2011

La bataille!

 

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Les yeux dans les yeux sans un mot !   La peine au cœur, l’âme en berne au delà de ses 5 ans il cherche à me faire comprendre.   Sa bouche ne sait pas encore dire tous ces mots qui dénoncent mais son âme et son petit corps me racontent.   Rien ne va plus….Lorsqu’il est temps d’aller à l’école, il refuse de se nourrir, de s’habiller, pleure et se sauve.   Le soir il refait les actes que ces grands lui ont fait subir, il me montre en jargonnant le ton de leurs voix.  Puis il s’en va vers mon banc, s’assoie et laisse couler ses larmes.   Ce petit être fragile crie sa douleur à sa façon, et ça me fend le cœur.   Sa mère cherche une solution, dénonce. De mon côté, j’essaie de trouver de l’aide, d’en savoir plus.   Je ne peux comprendre…mon métier je l’ai choisi, je fais de mon mieux.  Ils ont dû faire des choix eux aussi ?  Non ? Pourquoi  agir ainsi ?  Il m’arrive de trouver des bleus sur son petit corps…la colère me gruge tellement dans ce temps-là !   Et ils ont le culot de chercher à me remettre la responsabilité.   

 Chemin de cils, le soir sous ses ombres, il demande douceur et câlins.   Doucement, je lui murmure que nous comprenons et que nous finirons bien par lui donner un milieu scolaire stable où il pourra se réaliser et où il sera heureux.   Crinière aux vents, en lançant un cri de joie il retourne galoper avec le reste de cette petite troupe qui est mienne….. Il ne demande que cela dans le fond ce petit….de l’amour, de la compréhension et des amis avec qui partager et grandir sereinement!

21:09 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook |

07/07/2011

Filent les jours qui tissent les heures...

 

 

 

Filent les jours qui tissent les heures... 

Je me parfume à l’odeur de roses, celles de ma roseraie !   Toutes  plus différentes les unes des autres.   Elles  s’émerveillent  à chaque rayon de chaleur.   Le soleil nous rend la vie plus belle…Peu à peu, je récupère une énergie inspirée par ma piscine et leurs cris de joie.  L’été n’est pas compliqué, elle goûte le melon et elle est rafraîchissante comme ma limonade !    Être parent est une sorte de boulot qui comporte maintes facettes.  Maman d’accueil demande également la zone du lâcher-prise, vous savez cette capacité de ne pas tout voir les petits écarts juste parce que c’est l’été, que tous ont besoin d’une pause et que les sourires parfois ça vaut plus qu’un grondement de maman !    Les difficultés sont multiples. La vie n'est pas simple. Être parent est un phénomène complexe, mais entre vous et moi être maman d’été c’est bien entre deux pique-nique, des baignades, des fleurs à sentir…il reste un petit peu de temps pour ramener sa troupe à l’ordre mais juste un tout petit peu de temps !  Souriez la vie est belle…et comme me disait fleur de pommier cet après midi : "Tu sais,  il y a toujours des nouveaux jours pour faire encore plus beau  le paradis de l’été!"     À bientôt xxx

 

04:19 Écrit par veronique | Lien permanent | Commentaires (22) |  Facebook |

15/04/2011

Les séparations!

 

 

Présentement dans ma vie je côtoie vingt et un parents et je n’inclus pas les miens!   Chaque journée de mon quotidien est reliée à eux ou plus précisément à leur progéniture.   J’ai probablement entendu toutes les questions possibles et imaginables de leurs parts mais dernièrement, je l’avoue une de celle-ci m’a surprise un peu :

-Dis moi Véronique, quand je vais partir avec mon fils vas-tu trouver cela difficile ?

 -Comment ça se passe en dedans de toi dans ce temps là?

J’aimerais lui dire que tout sera facile, que je ne pleurerai pas mais en réalité chaque départ est un deuil.   Ces enfants qui ne sont pas les miens mais qui partagent tous les jours de ma vie, ses petits et grands dont je dois m’occuper jour et nuit en maman suppléante, je les aime !

Mais le deuil n’est pas le même que celui de la mort.  C’est une fin en soi certes, mais pour un renouveau merveilleux, le retour du jeune avec sa famille naturelle avec en prime cette impression d’avoir favorisé cette conclusion  en donnant du temps à la maman et au papa dans le bon moment.  

Et puis,  son absence s’habillera de moments précieux qui remontent dans le coeur.   J’entendrai son rire, son cri à l’intérieur de moi.   J’étendrai mes souvenirs comme on étend son linge sur la corde par un jour de bon vent et de soleil radieux.    J’entortillerai ses sourires comme tante Lydia entortillait sa tire dorée. 

 Il y a des enfants qui sont partis de chez moi comme des voleurs, ceux-là font mal aux entrailles mais pour les autres qui quittent pour ce monde qui est le leur, qui vont vers le bonheur, ma tristesse a la couleur d’un lever de soleil….

 

Bonjour mes amis, je suis contente de donner enfin signe de vie

Toute ma tendresse

Véronique xxx

15:11 Écrit par veronique dans Amour, Général | Lien permanent | Commentaires (57) |  Facebook |

25/02/2011

La mort!

Render Jeux vidéos - Renders femme triste

L’orage gronde, je frissonne.   La mort l’enserre comme une liane.   Dans ses yeux flotte la tristesse, plus aucune magie n’opère.   L’homme de sa vie est mort, son amoureux, celui qui à chaque moment important lui apportait un petit cadeau, de l’affection, une parcelle de vie amoureuse.   Être différent ne veut pas dire ne plus ressentir, ne pas avoir mal.  Mademoiselle sourire ne rit plus…l’âme en berne, elle cueille chaque parcelle de ce qu’il lui reste de lui.    Elle me montre une petite médaille faite pour se souvenir, sa voix est enrouée par l’émotion.  Comme une mère louve j’en profite pour l’agripper par la peau d’âme :

-Tu l’aimais ton Julien hein? Que je lui lance. 

-Oh oui Véro je l’aimais beaucoup…pour vrai!

Elle me raconte cette dernière fois passée à ses côtés, cette fête de St-Valentin parfaite.  J’imagine cette grande tristesse qu’elle vivra à voir filer le temps sans lui. 

Le silence est lourd, sa peine s’y glisse doucement.   Puis je m’accroche à chaque parcelle d’elle.  Délicatement, je lui parle d’aimer bien au delà de cette terre, bien plus grand que le cœur.  Elle me sourit en laissant couler les flots de son amour perdu.  Je lui parle de ressentir la beauté de l’invisible qui l’entoure, de sentir l’amour encore présent en son cœur…d’aimer ce qui n’est plus tout en continuant de vivre.   Elle me dit ce qu’il aimait et me propose de regarder tout cela pour deux maintenant…et je souris.   Sur sa table de chevet un petit coin d’amour y est déposé….sa médaille, son signet, cette fleur prise près de son urne et doucement, sans un mot… elle laisse passer le temps.

21/12/2010

mon lutin!

La vie des enfants est ponctuée d’aventures, de rires et de joies.  Enfin, telle est ma vision idéale du passage du temps de l’enfance.  Pour mon fils, elle est remplie de différences et d’amis qui ponctuent son quotidien et entretiennent ses rires et ses bonheurs.  Comme maman et ce, même si officiellement je porte le titre de mère au foyer, j’ai rarement du temps pour lui.  Bien que j’essaie d’accumuler toutes les minutes pour les mettre ensemble et en faire un grand jardin d’espace…parfois pour lui il en manque un peu.   Je me console donc à l’écouter rire avec tous les autres membres de ma grande famille pendant que je besogne l’équilibre de l’un et l’autre.

 

Cette année scolaire débutée en septembre n’a pas été facile.  Sans un mot, en silence il a pataugé dans la violence psychologique et physique accumulant des mots qui tuent et des coups qui font mal.  Il aura fallu des lunettes cassées pour s’en rendre compte, pour qu’éclate en mille miettes son cœur bien malmené. Même son piano se tut.   J’ai eu énormément de peine lorsque j’ai su qu’il ne m’avait rien dit, il s’est expliqué en rapportant que les autres chez moi avaient plus besoin de moi que lui….et j’ai pleuré, tellement pleuré lorsque j’ai fait le constat qu’il passait bien souvent après tous ces petits et grands qui sont mon métier et ma passion.   Tendrement, je lui ai expliqué  qu’il était mon sang et ma chair et que je n’accepterais jamais qu’il se taise pour d’autres et qu’il accepte de vivre cette violence.  Du coup, fort comme un géant il a dénoncé son mal  intérieur et il s’est battu  pour obtenir la paix et la liberté de jouer sans se soucier du mal qu’il pourrait recevoir gratuitement.  J’ai eu envie de battre moi aussi ces enfants qui blessaient mon petit. Heureusement qu’il y a eu cet enseignant qui a calmé ma rage et qui a dirigé mon petit dans ce monde scolaire parfois bien difficile.

 

Quand la tempête fut passée, mon grand garçon m’a alors raconté que souvent il se faisait traiter de fou comme ceux qui vivent chez lui !  Sans avoir le temps de répondre il a ajouté que ces enfants-là  ne connaissaient rien aux différences et que les jeunes qui habitent avec nous sont beaux, différents et grands dans leurs cœurs, plus que ces enfants qui disaient cela.   Le soir, lorsque j’en ai parlé à mon homme, nous avons fait le constat que pour la première fois ce choix d’être famille d’accueil a eu un impact terrible dans la vie de notre fils.  Jamais au grand jamais je n’aurais cru que cela finirait un jour par le blesser…autant physiquement que psychologiquement !

 

Trystan a cheminé grandement depuis ces événements, il a appris à dénoncer et à défendre ses droits.  Il a appris à pardonner et à continuer et ce bien mieux que moi.     Son enseignant l’autre jour me proposait de venir parler de notre vie, de mon métier.  Sur le coup,  gentiment j’ai décliné son offre, ayant peur que mon fils encore une fois soit victime  de mes choix.   Avec un recul, je crois que cet enseignant a raison…il faudra raconter un jour notre vie passionnante et si différente de bien des gens.

 

Si j’avais à nommé un lutin du prénom de courage, Trystan mériterait haut la main ce titre honorable.   Mon fils est bon, beau, différent et grand dans son cœur d’enfant encore bien plus qu’il ne le croit.   Chaque jour il me prouve finalement que je lui ai aussi offert un beau cadeau dans ce choix de carrière et je remercie la vie de m’avoir offert un enfant avec de si belles valeurs.   Et son piano a recommencé à jouer…ses petits doigts chantent Noël et sa joie de vivre….

 

Joyeuses périodes des fêtes remplie de vrai et d’intense mes amis xxx



17/12/2010

Inséparables


Quelque chose de très étrange est arrivé au cours de mes 43 ans de vie.  Mes parents ont vieilli.  Ma fille  pense à quitter le nid.  Mais je n’ai pas vieilli !    Je sais que les années ont passé car je vois ce que je n’ai plus. Finis les jeans taille 6 ans dont je remontais la glissière avec une fourchette et les chaussures plate-forme avec lesquelles je parcourais des kilomètres.  Fini le visage lisse d’une jeune fille prête à relever n’importe quel défi et oublions une fois pour toute ce que veut dire avoir un ventre plat !    À la place, s’installe les petites pattes d'oie … qui insinuent que je suis mature.  Les pots de crème qui sont de plus en plus gros et je n’entends plus de "bonjour mademoiselle" mais bien "madame".   Pourtant je n’ai pas vieilli intérieurement, j’ai juste mûri.  J’aime encore les fugues à deux, me balancer dans un parc en cachette,  les nuits torrides qui s’éternisent même au petit matin, le chocolat en pleine nuit en regardant les étoiles … mais je suis plus calme en dedans de moi.   Je sais aussi ce qu’est l’essentiel et je connais maintenant ma force intérieure.  Je reconnais même que dans les moments les plus difficiles, la vie offre des cadeaux inattendus.  Pourtant, pour celle qui est en bout de ligne de mes mots, il  semble que je sois bien différente.   Est-ce la loi non écrite mais bien cimentée du rôle d'une mère ?   J’aimerais tant qu’elle sache que je la comprends.  Qu’en dedans de moi  je vis et ressens souvent les mêmes choses mais que je ne trouve pas les mots pour le dire…  

L’autre jour, mon ex-mari m’a téléphoné pour me donner le mandat de rendre moins triste ma fille qui venait de vivre SON premier éloignement de celui qu’elle aime.  Si vous m’aviez vu lui parler pour essayer d’alléger sa peine. Pourtant s’il y a une chose que je sais concernant l’absence de l’être aimé, c’est bien qu’en amour, les heures deviennent des mois, et les jours des années.  Que la moindre petite absence devient une éternité. Sait-elle que je la comprenais?… Aujourd’hui est comme hier mais je sais encore plus clairement que la vie est précieuse.  Elle peut être belle et douce mais elle est aussi pleine d'embûches, d'insatisfactions et d'obstacles.  



19:40 Écrit par veronique dans Amour | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : aimer, séparation, difficulté, blog, affection, mere, tendresse |  Facebook |

16/12/2010

Le tremblement de terre!

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Le temps bondit à pas de géant, pourtant sur son lit tout semble s’être arrêté.  Subtilement, elle fait le grand ménage, celui de ses peurs, de ses craintes et de ses grands tourments.  Dernièrement tout s’est cassé…un subtil changement dans sa médication et toute la terre a tremblé.   Elle regrette ses mots, sa violence momentanée auprès de son petit complice, son ami, presqu’un petit frère.   Lui n’y pense plus mais elle, son cœur est toujours rempli de chagrin.  Elle s’accroche à un bout de carton avec un dessin, celui qu’il lui a fait quand il a su qu’elle était hospitalisée.  Psychose est le terme de son état, mais quiconque regarde avec ses lunettes de cœur voit bien qu’elle est en peine d’amour…. Lorsque je lui rends visite, elle ne cesse de me parler de lui, de ce qui s’est passé.  Elle répète chaque phrase que je mentionne et qui la calme.   Elle me demande si  elle pourra revenir à la maison, s’il l’aimera toujours.   Puis je lui parle d’amour, je prends comme exemple ses parents et nous regardons un peu avec ses yeux comment s’est passé leur vie de couple.   En témoin de première ligne elle me raconte leurs joies, leurs peines et leurs difficultés, tout cela perçu par son regard de jeune fille.   Nous concluons donc que ses parents s’aiment fort, voir intensément et ce malgré les années et les embûches.  Après je lui explique que sa relation avec mon fils est identique… que l’évolution d’un véritable amour n’est jamais sans embûche et ce même si l’on parle d’amour fraternel… tout en souriant, les cheveux en pagaille sur son lit d’hôpital  elle me dit qu’elle m’aime plus fort que fort ! 

 

09/12/2010

Apprivoiser la bête !

 

Il n’y a pas si longtemps je vous parlais de l’arrivée de mon petit dernier.   Depuis beaucoup d’eau a coulé sous le pont !   Il fait pleinement partie de mon quotidien et nous bataillons fort pour le rendre le plus autonome possible.  En fait si je suis honnête avec vous, je passe la plupart de mon temps à apprivoiser la bête en lui.   Si j’avais un pseudonyme à lui donner je pense que je l’appellerais :   le monstre obstinémanièreux !

Bref, à chaque fois que je veux instaurer un nouvel acte d’autonomie je dois lui faire face… En moins d’une seconde il se lance par terre, crie, hurle, se tape  et pleure ses quelques larmes de crocodile …   A son arrivée, j’avais droit à un gros 10 minutes d’enfer, maintenant il comprend vite qu’il sera mis en retrait dans sa chambre le temps de la crise et il se calme aussi vite qu’il s’enflamme.

 Depuis, j’ai gagné quelques batailles !  Il apporte sa bavette à table, accepte de se faire changer sa couche, laisse entrer les étranger, il sort à l’extérieur et va vers le bain sans faire LA crise. Ma dernière victoire est qu’il mange enfin seul et avec une cuillère mes chers !   Le plus difficile : garder ses beaux comportements après une visite avec maman.  Il a tendance à vouloir reprendre ses petits plis d’obstinémanièreux … pffffff !

Hier je me demandais pourquoi je m’obstinais à recommencer, à poursuivre, à vouloir continuer à tendre vers cette autonomie si difficile à atteindre  puis une pensée de W.T. Grenfell m’est revenue en tête… : "La véritable joie ne provient pas de l’aisance des riches ou de l’éloge des hommes, mais de la satisfaction de faire quelque chose d’utile".

 

Me revoilà les amis...avec encore peu de temps mais une envie irrésistible m'indique que je dois passer près de mes mots pour appaiser bien des maux.... car je sais ce que représente pour certains ce temps des fêtes...

avec tendresse ......

miss maman xxx



22/10/2010

une toute petite pause !

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D'abord je tiens à m'excuser auprès de tous ces amis qui laissent de petits commentaires auxquels je ne réponds même pas.  Je vous lis tous chacun et chacune entre deux tâches, à toute vitesse mais je prends le temps de vous lire.   Je me dois de prendre une petite pause de blog, car actuellement ma vie file à une vitesse qui me tient bien loin de ce précieux blog.  Mon petit nouveau m'occupe beaucoup, ma maison est pleine à craquer et c'est une période de rencontres pour des plans de services et des plans d'interventions.   De ce temps-ci, je vois s'accumuler souvent une montagne de vêtements à laver qui souvent dépasse la hauteur du sèche-linge!   Donc, je dois encore une fois vous négliger, pas que je n'ai pas de choses à vous raconter si vous voyiez tout ce que je vis présentement vous n'en reviendriez pas.   Alors je vous embrasse, je vous remercie pour votre attention et vous promets de revenir glisser mes mots ici sous peu....

 

avec tendresse xxxxxxxxx

14:57 Écrit par veronique | Lien permanent | Commentaires (51) |  Facebook |

04/10/2010

Un brin d'automne...

Depuis des jours, j'essaie désespérément de rassembler mes mots pour écrire des textes mais ceux-ci me fuient tout comme mes heures de sommeil.  Depuis que  monsieur Tom pouce m’est arrivé, je m’adapte à ses humeurs qui sombrent plus qu’elles ne reluisent.  Même si l'envie de fuguer  me tenaille, je m’accroche  à son temps en me disant que le ciel finira par se dégager.    Dehors c’est l’œuvre d’art de l’automne…toutes ses couleurs qui s’affichent par ma fenêtre me donnent envie de sortir mais monsieur Tom pouce a peur de l’extérieur et mes tentatives finissent par un nez tout gommé et un petit homme roulé en boule en pleine crise de nerfs.    J’aimerais tant qu’il voie ces jolis paysages, qu’il apprécie notre douceur de vivre.   Mon conjoint tendrement me glisse à l’oreille: tu sais ce que ta mère dit toujours... " tout vient à point à qui sait attendre", laisse-lui le temps, il a besoin de temps.   Entre deux de ses coups de pied, je me sens fébrile… En ma mémoire une autre fin de semaine reste à ranger dans un tiroir, un week-end rempli de temps difficile et d’aucune sortie.  Cela me déçoit, je me sens triste.   Puis sans que personne ne l’ait commandé  il s’approche et m’embrasse la joue !  Son premier baiser...

 un flot de tendresse m’ inonde le cœur et ce souvenir s’insère dans la chaleur de mon âme…il ne reste qu’à attendre après tout!

 

19/08/2010

Le chemin des mille et une questions



Il était une fois une maman un peu fofolle qui habitait une grande maison remplie d’enfants. Bien qu’elle avait plein d’idées de texte, d’envie d’écrire et de sujets fort importants à vous échanger elle n’arrivait pas à les exprimer car madame maman passait son temps à répondre a tout plein de questions...sans arrêt ! Quand subitement , elle sentait la pause ou un moment de répit elle allait subtilement vers son clavier dans le but d’échanger...mais ça ne durait jamais bien longtemps car madame maman était toujours dérangée, sollicitée et questionnée. C’est donc par petite phrase, qu’elle a fini par écrire ce petit mot qui doit sans doute être difficile à suivre...car elle tenait malgré cette douce folie de fin de vacances qui réside sous son toit à vous embrasser par ses mots en attendant le temps ! Qui finira sûrement par arriver...

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20:49 Écrit par veronique | Lien permanent | Commentaires (57) |  Facebook |

16/08/2010

Être femme et mère

 

Parfois subtilement vers la tombée de la nuit,  la femme reprend les cordeaux et la mère que je suis s’évanouit.  Bien que j’aime chaque enfant qui demeure au sein de mon essaim.  Il reste des instants  où seule la femme existe. Où je suis  caressée, par ses moments d’envie et pour la première fois je les couche sur ce papier virtuel.     Espérant, ne blesser personne, c’est la femme ce soir qui vient vous livrer son âme.

Bien que complexe puisque je suis une femme (sourire), je dois avouer pour ne rien arranger de toute cette complexité que j’ai en mon être une parcelle grande comme le monde de maminaria mais il reste aussi une place intense pour la sensualité.

J’aime sentir, ressentir, titiller cette forte puissance qu’est l’envie !

Voir mon corps danser au gré de  toucher

Goûter à la volupté de chaque baiser

Sentir caresse, allégresse et finesse

Laisser une main me donner des frissons

Danser corps à corps à l’unisson

Profiter d’une bouche et devenir feu

Puis l’Extase au fond des yeux

Bien que je sois mère tous les matins

Bien que je sois celle qui fait cheminer petit et malin

Reste à l’intérieur de moi

Se cache cette femme qui d’une caresse s’émoit

Douce nuit    xxx

12/08/2010

Ma décapotable!

Une belle jeune femme blonde conduire sa voiture convertible avec sa main dans l'air de se sentir le vent souffle  Banque d'images

Bien que j’aime énormément passer du temps avec chaque membre de ma poëllonée, il m’arrive d’avoir envie de m’évader et de prendre le large par moment!    Pour ces occasions rarissimes,  je suis équipée d’une magnifique vieille décapotable de 1993.  Toute remontée à mon goût et avec plein de petits plus que seule une femme peut apprécier ! Sourire... 

Quand le cœur est une brume, quand le quotidien devient lourd et amène l’amertume, je prends du temps pour moi au volant de ma bagnole sans toit.   Lorsque mes cheveux volent au vent, quand la musique enterre bruit et temps, il ne reste aucun tourment et je glisse dans la détente du moment. 

C’est ainsi que le jour s’embellit …..

13/07/2010

Fleur de pommier

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Fleur de pommier est entrée dans nos vies en pleine période d’éclosion florale… juste avant l’été ! Elle a toujours vécu chez ses parents. Ses balises ont toujours été très claires. Puis comme choix d’adulte, elle a décidé de s’investir dans un nouveau milieu, d’être en famille d’accueil. Elle a sûrement plein de titres associés à sa réalité mais si je résume Fleur de pommier, je vous dirais que ses différences se nomment anxiété et autisme de haut niveau. Jeune fille colorée, avec une grande capacité à m’enlacer par ses mots si bien choisis. Sans aucune barrière, elle se laisse intégrer et gère au jour le jour un paquet de nouvelles réalités. Car mon monde quoique beau est loin d’être facile pour une petite pomme même si celle-ci se laisse tomber bien mûre entre mes mains. Chaque jour courageusement, elle essaie de s’adapter…avec une grande volonté à dompter l’animal anxiété qui dort en elle. Déjà, je suis très satisfaite de ses efforts…il parait que les tableaux de renforcement la rendaient très très anxieuse... trop ! Ici après une semaine de tension, je peux dire qu’il occasionne des joies mais plus de stress…. Et elle en est très fière.

Tranquillement, elle apprend à me faire confiance, délicatement je lui montre à être moins accaparante. Gentiment, elle me livre ses émotions…tendrement je la remets à un monde d’adultes avec des comportements adéquats. Ça ne fait que quelques semaines qu’elle fleurit ma maison et même si j’avoue qu’elle m’a demandé bien de l’énergie je crois sincèrement que notre récolte d’automne sera remplie de couleurs, de saveurs et de douceur…

Comme j’ai hâte de voir tout cela…savourer chaque moment est ma devise …et même si la vie n’est pas rose tous les jours, elle la rend déjà plus jolie…

11/06/2010

Les petites fées

 

Tu te souviens de ce temps,  ce temps où l’imagination n’avait pas de fin et où chaque aventure se racontait dans notre tête.  Te souviens-tu de tes rêves les plus fous ?  Où chevaliers, princesses et fées étaient au rendez vous…  Où la réalité n’était qu’une sombre trace faite pour nos parents qui semblaient s’enliser dans ses parcelles sombres.  Te souviens-tu ?

Cette fin d’hiver m’a apporté de nouveaux voisins.  Deux messieurs qui laborieusement agrémentent leur terrain et leur propriété.  Des gens bien vaillants et qui aiment le beau.  C’est un plaisir de les voir transformer leur monde surtout depuis l’arrivée du doux temps… fleurs, arbustes et lumières sont au rendez vous…c’est très joli.   Mademoiselle sourire les a tout de suite remarqués, miss rieuse aussi….Toutes deux, elles sont souvent nez contre la fenêtre à observer nos nouveaux voisins.    Souvent j’ai dû intervenir sur l’importance de laisser vivre les autres,  de ne pas espionner, que ce n’est pas super génial !

Malgré tout ça une d’entre elles continuait à garder le nez dans la vitrine… surtout le soir.  Chaque fois que je passais devant sa chambre, je la retrouvais là, dans le noir à regarder.  Je ne suis d’abord pas intervenue, laissant le temps à la nouveauté de passer….mais rien à faire elle est restée là  aux aguets. Comme si chaque soir, elle avait rendez-vous…

Un soir, je suis entrée dans sa chambre et lui ai proposé d’aller leur souhaiter la bienvenue.  D’un regard, j’ai su que je venais d’ouvrir la porte du  monde des confidences.  Elle me dit : « Ils sont des sages. »   J’ai dit « Quoi? Des sages? »

« Oui, oui des sages! »

« Tu peux m’expliquer comment tu sais ça toi? »

« Ben si tu regardes bien ils ont toujours des visites la nuit… »

« Des visites? »

« Viens voir… regarde les mini lumières dans leurs fleurs …est ce que tu les vois ? »

« Heuuuuu….oui oui! »

« Ben c’est des fées… regarde elles bougent toujours … »

Surprise de cette révélation, je me mets moi aussi à épier mes voisins et je constate qu’ils ont installé de petites lumières qui, derrière les arbustes et fleurs, ont de la vue de sa chambre l’effet d’une lumière qui bouge…

« Tu vois Véro? »

« Heuuuu oui oui ! »

« C’est une forêt pour fée….c’est rare… »

Cette magnifique forêt coiffée  d'ombres et de lumières que le vent  agite est donc l’âtre des fées… toute une révélation ! 

J’hésite à intervenir, puis je me souviens...De tous ces mondes imaginaires que j’ai bâtis à l’abri des regards et qui parfois encore se laissent entendre dans le parfum de mes souvenirs.  Et sans dire un mot,  je l’ai laissée rêver, apprécier, imaginer que là-bas juste de l’autre côté de la rue il y a de très grands sages qui trônent dans leurs plates-bandes sur un fabuleux royaume où dansent chaque soir de petites fées !

 

06/06/2010

Les petits indiens

 

 

La semaine dernière fut un enfer !  Avant même de le réaliser,  j’ai dû faire face au monstre « gastro-entérite ». Vous savez celui qui attaque et qui se laisse déborder par les deux bouts de notre pauvre corps.   Quoi qu’il en soit lorsque ça m’arrive je fais face du mieux possible mais quand il attaque un ou des membres de ma portée c’est toute une aventure.   Mademoiselle sourire en fut victime la semaine dernière, entre des vomissements et des diarrhées à tracer son chemin, elle fit face du mieux possible à ce monstre géant.   Personnellement, j’ai dû soigner, ramasser et apaiser tous ses maux.  Une nuit j’ai fait jusqu'à neuf lavages de lit, même ma laveuse criait sa peine !

Bref ce fut une semaine où Je me suis laissée entraîner dans cette spirale indomptable, en essayant de récupérer quelques heures de sommeil par ci par là !  Mademoiselle sourire, elle, en perdu son précieux sourire, laissant place aux larmes et aux découragements.  C’est donc par coup de téléphone qu’elle reprit un peu de vie parlant à sa précieuse maman qui elle vivait dans l’inquiétude.

En regardant ce petit bout d'enfant-adulte, mon cœur s’est serré d'inquiétude et m’a fait penser avec tristesse que certaines personnes ne devraient pas avoir à subir en plus de leur réalité ces maladies si éprouvantes.   Une nuit, alors qu’elle était toute tremblante après une série de vomissements, mon conjoint la voyant avancer avec difficulté par épuisement l’a prise dans ses bras pour la ramener dans son lit à nouveau propre.  

Avec sa voix toute enrouée et avec de petites larmes glissant sur sa joue, elle me dit : « Il est fort Marty hein? »  Malgré la maladie, la fatigue et un certain découragement elle me fit sourire... et je lui ai répondu : « T’étais comme une tite princesse là ! »  Et elle me sourit…

Le lendemain matin, et ce même si miss sourire nous avait tous esclaffé notre souper et nos petites personnes de vomissements, tous sans exceptions demandaient comment elle allait et voulait aller la voir… Je leur ai donc expliqué qu’il fallait la laisser se reposer et éviter d’ être trop en contact avec elle pour ne pas propager le monstre gastro.  Tous ont acquiescé… mais deux minutes après j’ai retrouvé  mon premier petit indien…assis juste avant sa porte d’entrée,  il la regardait dormir.   Je lui ai dit : « Que fais-tu là? »  Et il me dit : « Je voulais voir si elle allait mieux pour vrai ! »  « Donne-lui du temps, elle ira mieux,  toujours un petit peu plus tous les jours… » et j’ai sommé  mon petit indien de disparaitre… Dix minutes plus tard un autre petit indien était là bien planté debout près de sa porte !

-         « J’attends qu’elle se réveille pour lui dire bonjour…on se dit toujours bonjour.. »

-         « ouste laisse-là se reposer… »que je répondis en lui caressant la nuque.

Puis dans cette journée, j’ai bien dû rencontrer six indiens près de sa chambre…

Quand mademoiselle sourire se sentit un peu mieux, je lui ai raconté qu’elle avait reçu des indiens lors de sa convalescence…et elle me répondit : « Je sais, je m’en suis aperçu…c’est pour ça qu’il fallait que j’aille mieux…ils étaient tous si inquiets ! » 

Dans  ce monde de fous que m’offre ma société j’ai souvent besoin d'idéaux pour avancer. J'ai besoin de croire en un monde meilleur,  j’ai besoin de savoir qu’il y aura toujours un prochain pour prendre soin de l’autre.

  Dans le monde particulier où je vis…il existe des mots incroyables que chaque membre sait conjuguer : soutien,  entraide,  amour,  compassion,   solidarité,  acceptation et respect.   Comme j’aimerais parfois prendre chaque membre de  ma race humaine pour lui faire goûter mon  monde où règne l’harmonie, où le succès n'est pas matériel et où la beauté dépasse l'artificiel...et ce même les jours gastro !

 

 

 

 

02/06/2010

Donnons du temps à mes textes

Je dois vous avouer une chose très importante... Chaque texte posé ici est un texte écrit depuis longtemps. Il est donc digéré, astiqué, et n’émet pas l’émotion que je vis dans mon présent. Je ne suis donc plus triste, plus émue et plus fâchée !

Pourquoi ce lapse de temps...? Parce qu’il le faut. Je ne veux pas d’un blog qui règle des comptes, ni d’un blog qui pourrait faire relier mes écrits à un événement. Le fait de prendre mon temps pour exposer un texte aide les parents de mes jeunes qui passent par ici... ça laisse une interrogation sur ce qui s’est passé ? Parlait-elle de la mienne ou du mien ?

C’est mieux ainsi car même si je ne mets pas de prénom, il pourrait être facile pour certains parents de faire des liens. Alors il ne faut pas s’inquiéter non plus sur mon état d’âme... Même si un texte est triste, je ne suis pas triste... De toute façon, de vous à moi, je suis plutôt joviale que triste, la tristesse ne dure jamais bien longtemps....

Puis-je vous dire que vous me manquez ? Je passe moins mais sirop que je m’ennuie de vous tous! Alors grosse bise d’ici à mon repassage qui ne saurait tarder.... xxxx

21:38 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (33) | Tags : temps, texte, composition, bog, blog de veronique |  Facebook |

21/05/2010

devenir mère

 

La route est longue entre le moment du premier respire et celui de l’âge de se reproduire.   Puis lorsque l’ombre d’une vie nouvelle apparait  tout prend son sens et tout le reste disparait.   Je me souviens de cette robe  légère de l'aube, rondissant chaque matin devant cette glace, de mes mains caressant ce vallon qui fut le mien.

Tendresse à fleur de peau, je respirais la maternité avec des soupirs d’éternité en attendant l’événement !    La naissance de cet être qui poursuivra ma ligne du temps.  Je me sentais privilégiée et triste à la fois en pensant à ces ventres tendus qui eux n’arrivaient pas à semer l’enfant….pourtant ils savaient    (semer) s’ai …. mer,  eux aussi !

Puis sous ces plis de souffrance, j’y ai trouvé le bonheur !   Soudée à mes racines de vie,  j’étais enfin prête à faire face à tout…solide comme un chêne au vent…droite et enfin fidèle à moi-même  je n’avais plus peur de rien !  Sous ses rayons de sourires, j’ai illuminé ma vie.  Éclairant du même coup chaque rigole laissée par les tempêtes passées.   Pendant qu’il étirait ses lacets pour réussir à faire ses boucles moi je dénouais mes nœuds du passé laissés par de trop vieilles colères.

Puis il apprit à conjuger le verbe aimer…et moi à en détenir tout son sens… 

Aujourd’hui il grandit…comme ma portée …a une vitesse phénoménale…Ses pensées sont belles, son âme joyeuse comme l’ambiance dans ma maisonnée…

Etre mère est pour moi la plus belle délivrance… le moment où j’ai appris à m’émerveiller devant ses petits riens qui  sont ses essentiels.  Rides à l’appui, aujourd’hui je laisse encore ces petites mains, même si elles sont étrangères, me parcourir la peau… car rien n’égale une caresse de maternité….

Ce texte est dédié à cricket1513….qui a lancé un défi qui était d’écrire sur la maternité ou le fait d’être ou de vouloir être maman….

Avec un océan d’affection…

19/05/2010

La reconnaissance....

 

S’il y a une chose que j’ai apprise en tant que famille d’accueil, c’ est bien de ne m’attendre à aucune reconnaissance de personne.  Au tout début de ma belle aventure,  je me souviens des jours de tristesse reliés à une fin de placement parce que je m’attendais à tout sauf à une fin si difficile où reproche et rejet étaient  au rendez-vous, sans compter la perte de cet être que l’on cotoyait tous les jours.    Que l’on passe des années à s’occuper de quelqu’un, que l’on passe des heures et des heures à intervenir ce n’est pas cela qui est vu lors d’un départ... La majorité du temps c’est le fait qu’il y ait une fin.   Habituellement, les parents naturels de ces enfants prennent durement le fait que l’on ne peuve plus rien apporter à leur progéniture, que nos interventions n’apportent plus de résultat et ils rejettent le blâme sur nous... J’ai entendu des choses comme : "c’est eux qui ne sont pas bons.." "Ils sont trop fatigués..." "Elle n’avait que l’appat du gain...je ne  comprends pas qu’ils en peuvent plus, ils sont payé pour tout endurer.... " etc.

Donc, chaque pas, chaque geste il faut les poser pour soi et ce jeune qui chemine avec nous mais il faut le faire sans aucune attente de reconnaissance et de remerciement. Oh mais n’ayez crainte,  je ne généralise pas cependant, quelques exceptions feront tout une différence mais c’est bien rare. Ce  n’est malheureusement pas la majorité qui est passée chez moi.

A partir du moment où nous mettons une limite, nous devenons moins bien, moins bons, moins géniaux.   Il deviennent plus exigeants , plus cassants et la relation plus tendue. C’est donc la raison essentielle de chaque travailleur social  relié à chaque enfant.   Leurs rôles sont de doser, expliquer, défendre et comprendre ce qui se passe avec chaque placement.  Il ne faudrait cependant pas croire que l’on est seule dans cette aventure... Même du côté de la famille d’accueil, une intervenante est liée à chaque famille, elle se doit de prendre le pouls, de supporter, de soutenir et de mettre un ultimatum lorsqu’il est temps.   A chaque fois que j’ai interrompu un placement ou mis une limite, ma responsable de famille d’accueil me l’avait conseillé suite à des échanges sur ce que nous vivions dans ma famille au quotidien.  

 

Pour ces parents, il est facile de ne voir que leur enfant, mais mon rôle de famille d’accueil est de voir l’ensemble de ma maisonnée.  Si un jeune ne finit pas par se cadrer, se calmer, se conformer... je ne pourrais pas le garder  car je dois aussi voir à la qualité de vie du reste de ma poëlonnée.   Si  ce jeune se montre violent, agressif ou perturbateur,  je devrais finir par mettre un stop car aucune personne ne peut assumer ce genre de situation longtemps.

Au tout début, je me souviens que j’en voulais beaucoup à ces familles.  Je les traitais d’ingrats.  Aujourd’hui, je comprends à quel point une déchirure comme celle-ci fait mal et lorsque ça arrive j’essaie d’être sourde...juste un peu  pour avoir moins mal...parfois ça marche, parfois ça ne marche pas du tout....alors je tempête quelques jours contre eux....et après je pardonne...car sincèrement mes épaules sont déja bien lourdes avec toute ma réalité...pas question de traîner du passé qui ne mène à nulle part....

 

Ainsi va la vie aussi ...avec ses hauts et ses bas...

09/05/2010

une belle fête à toutes mes mamans de passage

Que tu sois grand maman, maman, maman d'accueil, maman de famille reconstituée ou qu'il y ait en toi un zeste de parfum de mère je tiens à te souhaiter bonne fête....une fête remplie de rire et de gaminerie avec plein de moments de tendresse et d'allégresse.

doux moments xxxxxxxxxxx

04/05/2010

la grasse matinée


 

 

Sensuellement je m’étire, une douce parcelle de soleil marque cette journée qui débute.  Je sens la respiration  profonde de mon homme dans mon dos.  Puis il s’éveille et doucement me caresse, le temps n’existe plus.   Tout est calme,  aucun cri, pas de téleviseur en sourdine, aucun "Maman !!!" lancé en panique.  Je regarde l’heure, 7h 15 !  

Incroyable j’ai dormi 9h sans m’éveiller, neuf petites heures qui furent un des plus beaux cadeaux de ce mois... car chez moi autant d’heures de sommeil n’est pas courant.   La normalité m’en offre cinq ou six tout au plus.   Comme une chatte au soleil je m’étire et prends le temps de prendre letemps.  Sourire aux lèvres je réponds à mon homme qui me demande ce que j’ai fait à toute ma maisonnée pour qu’aucun ne soit levé. Il me demande si je leur ai proposé cent dollars ou un truc du genre...ça me fait rigoler, c’est rare que l’on peut prendre ce temps pour rire et  se détendre en se levant.

 Ce matin, pour une rare fois, l’être prioritaire devient moi !   Tout moi!   Je peux donc  faire mon café en tout premier, le boire et regarder mes précieux courriels... si c’est pas la belle vie ça ! Puis,  peu à peu chacun, chacune apparait pour manger, s’étonne de leurs grands dodos de la nuit, de leur grasse matinée...

Et sans dire un mot en accumulant des crêpes dans ma grande assiette,  je me dis que moi, ce qui m’a étonnée c'est de voir mon regard si lisse et si jeune.... Comme il est bon parfois de se lever à sept heures....

21/04/2010

une toute petite fois...

 

 

bonjour!!!!

 

Comme j'ai deux petits nouveaux à intégrer, du temps clément dans mon beau Québec et plein de tâches printanières...je me dois donc de vous avertir que pour un certain temps je ne passerai ici qu'une fois par semaine.

Je pense que vous pouvez tous comprendre que ce n'est pas de la négligence ou du désintéressement mais bien un grand manque de temps et une réalité bien occupée....d'ici ce passage je vous embrasse tous et toutes et sachez que je ne vous oublie pas....loin de là

avec affection et toute mon amitié xxxx

10:48 Écrit par veronique dans Général | Lien permanent | Commentaires (75) |  Facebook |

13/04/2010

SOUVIENS-TOI !


 

Il y a de ces jours où la vie nous apparait plus rose, plus douce et plus facile.  Il y a de ces petits moments que l’on voudrait revoir en remettant la marche arrière encore et encore.  Il y a des événements parfois que l’on aurait voulu changer, reprendre différemment…puis il y a la réalité avec laquelle l’on doit vivre et respirer tout d’un coup.

Tout était tranquille dans ma maisonnée, nous nous préparions à regarder un bon film, allongés dans notre lit mon homme et moi, quand le téléphone sonna.   Je n’ai eu qu’a dire :" Allo ?" pour l’entendre me dire : "Véro c’est moi monsieur été ! "

Sa voix toute enjouée fut immédiatement reconnue …dire que je n’avais pas eu de nouvelle de lui depuis son départ!  ( référence à  son départ….le tout premier texte écrit ici sur ce blog…un départ !)

Bouleversement du cœur en une fraction de seconde, toute une surprise que son appel !

-Je m’ennuyais Véro ! Tu me manques… 

Des mots prononcés sans aucune retenue par un petit adolescent qui eut tellement de difficultés à me les prononcer lorsqu’il fut placé chez moi.  Un silence…. 

–Comment vas-tu mon grand?

- Je vais bien mais tu sais je suis resté à l’institut, je vais même à l’école ici maintenant… Je ne sors plus, sauf pour aller voir papa !

- Et bien c’est beaucoup de changements tout ça mon trésor…

- Je suis encore ton trésor ?

- Ah oui tu le seras toujours…

- Dis Véro t’es-tu encore ma maman d’accueil ?

- A ton avis le suis-je?

- T’es la seule maman que j’ai jamais eue …

 

Pour laisser vivre ce moment qui m'anime le sang, je respire lentement.  Ce petit a été l'inspiration de tant de billets que de lui parler enfin me donne le vertige.   Comme j'aimerais le serrer dans mes bras, je suis toute boulversée.  Étouffant ensemble enfin nos  soupirs pour que le silence danse  sereinement de sa folie, nous nous écoutons respirer.

Puis il me dit :

- T'es pas fâchée hein que je t’aie téléphoné ?

- Bien sûr que non, ça me fait tellement plaisir ! Tu es bien là-bas ?

- Oui mais j’aimais beaucoup mieux chez toi Véro…T’as eu notre chien ?

- Oui elle se nomme Noël ! 

- C’est beau comme nom, tu vas m’envoyer une photo sur mon msn ?

- Bien sûr…avec plaisir !

- Tu veux-tu mon adresse pour m’écrire ? Mon numéro de téléphone ? Tu sais tu pourrais m’appeler si tu veux.

- Donne-moi tout ça, c’est une excellente idée !

- Je reviendrai plus jamais chez toi hein Véro ?

- Malheureusement non mon cœur, tu as bien vu que ca ne fonctionnait pas !

- J’ai essayé de faire comme il le faut mais j’y suis pas arrivé.

- On a tous les deux essayé et on y est pas arrivés .. parfois tu sais ça arrive !

- Tu vas continuer de m’aimer ?

- Je vais t’aimer toute ma vie mon grand…toute ma vie !

J’entendais son cœur battre au rythme de notre saison, ses mots éclairaient enfin notre mélancolie…Pendant tout ce temps mes mots s’ennuyaient de lui… il me manquait.

- Je vais devoir raccrocher Véro , j’ai qu’un certain lapse de temps pour te parler

- C’est correct je comprends cela… A bientôt !

- Véro ?

- Oui ?

- Je t’aime maman…

Avec une voix tremblante….

- Je t’aime mon grand ! Je t’aime….

Et je me suis sentie fondre…

Voilà le printemps est enfin arrivé….

 

31/03/2010

A chacun son chemin....

Je n’arrive pas à écrire !    Parfois je manque de temps mais de ce temps-ci aussi je manque de mots ...  Une nouvelle réalité pour moi car habituellement tout se raconte constamment dans ma tête, ça en devient même fatiguant !   C'est ainsi que naissent de drôles d'histoires tissées à même mon quotidien.  

C’est que je suis triste, la tristesse m’enlève  les mots faut croire, barbouille et gribouille mes idées ce qui m’empêche de tout vous raconter. 


Il y a déjà six mois que j’ai sous mon toit monsieur silence.  Six long mois que j’ai passés à recevoir d’ abord son agressivité et sa colère puis sa tendresse et son affection.  Nous en avons parcouru du chemin lui et moi …Un chemin tortueux rempli de peine et de difficulté à s’adapter.  Mais depuis quelques semaines nous sentons enfin que nous avons acquis une belle vitesse de croisière.   Il accepte maintenant de laisser tomber sa rigidité et lentement mais sûrement il avance, évolue et change.  Sa mère me disait justement la semaine passée à quel point il était redevenu doux, plus facile… Le petit garçon qu’elle avait connu plus jeune.  Elle n’en revenait pas de la belle évolution acquise, du plaisir qu’il ressentait à revenir chez moi après un weekend chez elle et de l’affection spontanée qu’il avait commencé à me livrer.  Même son médecin était ravi de le voir enfin prendre du poids.  Franchement, j’étais bien fière de moi, toutes ses poussées, coups de pied et tapes reçus étaient du passé et cela n’avait pas été enduré pour rien !   

Entre sa maman et moi tout était clair et limpide, une belle complicité s’était tissée.  Chacune à notre façon nous nous complétions  pour offrir le meilleur à son enfant.   Notre façon de faire était cependant très différente : elle se disait très surprotectrice, alors que moi j’avais tendance  à pousser son petit vers l’autonomie, lui laissant ainsi plus d’espace d’action où se développer.   Elle le constatait et mentionnait que j’étais incroyable de réussir cela.  


Puis un lundi elle ne le rapporta pas tel que prévu, j’appris qu’elle avait pris la décision de cesser le placement volontaire de son enfant parce qu’elle n’arrivait plus à faire le trajet de trois heures pour venir le chercher et le rapporter. Sincèrement,  je compris son choix car moi-même je n’y arriverais pas.  Assumer toute cette distance à chaque fois pour le voir et le prendre un weekend ce n’était pas évident.  Mais le retirer sans permettre à chacun de ma maisonnée de dire au revoir  fut très difficile et ça m’a rendu bien triste. 


Pendant que les enfants écarquillaient les yeux de surprise lorsque je leur ai annoncé le départ de monsieur silence, j’ai bien vu dans les yeux de mademoiselle question la tristesse monter.  Quand j’ai parlé qu’il nous fallait maintenant nous habituer à cette nouvelle réalité, elle a bien acquiescé.  Mais une petite heure après,  assise sur mon vieux banc face à la fenêtre, dos voûté, de petites larmes coulaient sur ses joues.   Lentement je me suis approchée, je me suis assisse près d’elle en lui demandant ce qu’il n’allait pas et elle me répondit : "Rien Véro c’est la neige qui me déprime !"  Et je me permis moi aussi de laisser tomber de petits flocons de peine à ses cotés.  Puis, surprise de ma réaction, elle se blottit contre moi et me dit : "J’aurais quand même aimé ça lui dire au revoir…" Et en langage signé qu’ils ont si laborieusement appris au cours des six derniers mois pour lui parler,  elle me fit les gestes qui disaient "je t’aime…."


un ajout :

 

 

 

J'avais fini mon texte mais en ce mercredi sur l'heure du midi sa mère se présenta pour venir chercher ses effets personnels.  Dès son entrée, elle se montra émotive, justifiant son choix, me demandant comment les autres avaient appris la nouvelle.  Je ne savais pas comment j'allais recevoir sa visite, je lui en voulais  pour cette facon de cesser le placement mais lorsque j'ai croisé son regard, tout à l'intérieur de moi j'ai senti une chaleur intense qui m'a guidée .... J'ai d'abord clairement dit à cette maman que mes autres petits protégés auraient aimé pouvoir lui dire au revoir et celle-ci en pleurant proposa dans quelques semaines d'aller tous ensemble  manger au resto.   Elle ramassa toutes ses  affaires et me dit au revoir en fermant la porte...  Rapidement je l'ai réouverte et lui ai dit:  "Attends ! Ne quitte pas comme ça !" et j'ai tendu les bras.  Sans aucune hésitation elle est venue s'y blottir et larmes aux yeux, elle m'a écoutée lui souhaiter bonne chance et lui rappeler de prendre soin d'elle et de son petit !   

 Je suis fière de moi !  Fière d'avoir réussi à passer par dessus cette déception pour  donner plein d'amour à cette maman.    Je ne pouvais terminer cette étape de ma vie sans en offrir  encore un peu.    L'espace d'un moment,  j'ai semé de toutes petites graines d'affection qui je l'espère seront récoltées par ce grand garçon auquel nous nous étions déjà grandement attachés.  

18/03/2010

Le café des splendeurs

 

 

Je suis du genre très *sauvage* lorsqu’il est temps d’assister à des rencontres ou des formations.  Faute avouée est à demi pardonnée raconte-t-on !   Je l’avoue… Si cela ne m’accroche pas dès l’invitation, rien à faire,  je garderai mon précieux  temps et je ne ferai pas acte de présence.

 Lorsque j’ai reçu ce petit papier m’invitant à assister à un échange café-muffins entre ressources et familles d’accueil, l’idée m’a plu.     Et me voici assise sur cette chaise avec une sensation étrangement agréable, à observer  tous ces êtres au grand cœur qui partagent la même passion que moi…. Des passionnés de différences.

 Rapidement nous profitons de l’occasion mise à notre disposition  pour engager la conversation, pour dialoguer de ce qui nous tient à cœur, de ce qui nous rebute, de ce qui nous rend fières.  Sujet après sujet, chacun à son rythme se dévoile peu à peu. C'est un moment  imprégné de paix et de beauté, coloré à la saveur de toutes ces années d’expériences réunies.   Encore une fois, je me surprends  à en  profiter au maximum. Profiter de ces instants d'échange et de complicité  qui passent est un enrichissement en soi… un baume sur les jours qui furent difficiles et qui tout à coup deviennent plus normalisés par d’autres personnes ayant vécu des expériences similaires.  

Puis l’expérience prend la parole…Ces familles qui ont 20, 25 ans d’engagement comme famille d’accueil, ma mère entre autre.   Ces piliers qui grâce à leur force intérieure, armés des outils qu'ils ont acquis par des années de dur labeur, qui ont su affronter la jungle humaine et s'y construire une place de choix, se livrent…  Dotés de personnalité lumineuse et de bonne répartie, gentiment, subtilement ils laissent entrevoir aux toutes nouvelles familles les futurs défis…

En retenant mes sourires, j’inspire l’atmosphère silencieuse des sillons de leurs vécus.   Je m'imprègne de cette nature qui m'entoure, de cette paix qu'elle exulte…

Diplôme en poche, conjoint aimant, maman de deux enfants fantastiques, mère d’accueil de plein d’autres.  Photographe du ressenti, auteure anonyme, je tricote de la fibre familiale avec passion. En solitaire je sème. Tranquille au coin de ma brousse, je me laisse bercer par la différence qui m’épanouit. Je m’applique à raffiner les êtres humains jusque dans les moindres détails. Je repousse les limites en labourant la terre.   Je pleure et gueule sous l’incompréhension mais je suis heureuse, comblée et pour la toute première fois je constate que je ne suis pas seule de façon tangible… Je vois clairement que  le chemin fut tracé par d’autres bien avant moi… tous ces sourires tracés de ligne du temps me ramènent à ces années qu’ils ont accumulées…Combien d'étapes me reste-t-il à traverser avant de sentir cet équilibre qu’ils offrent en mots et en sourire ?

Le café n’aura jamais goûté aussi bon que cet après-midi rencontre.   Une rencontre d’êtres fascinants à la nature humaine riche et bonne….

Et juste avant de retrouver le chemin de mes différences, je glisse un regard vers ma mère.   Sans trouver les mots, en enclenchant la marche arrière de ma voiture, ma pensée va vers elle, la plus belle d’entres toutes.   Celle qui a tracé mon chemin de vie, celle dont je suis si fière d’être sa fille... celle qui a tracé mon destin… et je rêve d'un destin sans fin que le rêve reprend comme refrain, je rêve...

xxx

15/03/2010

Un zeste de printemps!

Humeur de fonte...

 

 

Le soleil brille de pleins feux depuis plusieurs jours.   Des températures surprenantes s’affichent au mercure  pour mon Québec,   qui habituellement est beaucoup plus froid et encore très enneigé!    Je peux même déambuler sur mon patio car la neige a déjà disparu…Nous n’avons pas résisté a se faire un barbecue ce weekend même s’il fallait encore la veste d’hiver pour le préparer!   

Cela amène son lot de bonne humeur et de projet.   Nous avons été jusqu'à osés acheter une veste de printemps et classer certains vêtements tels que les combinaisons (vêtements se portant sous les pantalons et chandail pour faire face aux jours TRES froids!)  et les foulards de la longueur d’une autoroute.    Selon les vieux du coin pourtant nous risquons encore une bonne tempête,  pfft que cela ne tienne je n’ai aucune envie de pensée a cela, je préfère et de beaucoup visualiser des fleurs et des arbustes en devenir qu’un retour a l’hiver.  

 

Mes jeunes a la maison ont déjà commencé à revendiquer l’envie de porter des souliers et a alléger leurs vestes….patience, patience…ça viendra!   Je deviens maintenant surveillante des sorties de ma portée…car il essaie de se faufiler en douce avec des manteaux pas attachés ou sans tuque  sur les oreilles.  Me revoilà mégère contre la liberté de mon espèce, un mois plus tôt! Sourire

 

Pour mon conjoint c’est aussi un grand moment, le retour a l’école!   Un concept qui n’est pas accepté et compris  par l’ensemble de ma poelonner…

 -C’est pas vrai hein Véro que Marty il retourne a l’école?

-Bien oui c’est vrai!

-c’est pas possible ça il est trop vieux….

-Bien parfois même vieux nous allons à l’école pour apprendre de nouvelles choses.

-Y a juste à te le demander toi t’es encore plus vieille tu sais tout!

-Tu sais dans la vie ont apprend tout les jours… regarde toi tu deviens grande toi et pourtant tu apprends encore…

-C’est que moi j’ai un bobo dans la tête,  elle est comme cassé un peu Véro c’est pour ça que j’apprends encore il reste de l’eau dedans pour semer des nouvelles choses mais quand ont est vieux il reste plus d’eau, tu comprends?

 

Et me voila foutu pour ce printemps!  Sourire …impossible de lui faire comprendre…

 

Être maman des différences c’est apprendre à donner du  temps pour comprendre certains concepts de la vie.   C’est choisir de laisser tomber une incompréhension pour l’a reprendre avec d’autres mots plus tard…   C’est écouter aussi des façons bien surprenante de pensée la vie…de sourire mais d’éviter d’éclater de rire.    Être maman d’accueil,  c’est offrir toutes sortes de petites leçons quotidiennes qui forment une grande leçon de vie pour la personne qui les étudie et c’est accepter de regarder l’intelligence qui s’y déroule jour après jour car l’être se construit, se modifie.

 

À mes yeux, chaque être différent est un trésor bien précieux.  Tout comme l’enfant,  tout y est neuf, vrai, innocent.  

 

Il y règne une force et une fragilité qui m'émerveillent en chacun!   J'y vois souvent une flamme qui brille dans l'obscurité de nos chaos d’adultes.

 

L'enfance et la différence c'est l'humanité à l'état pur. Sans ces acquis qui la transforment et l'évoluent, de générations en générations...

Et entre vous et moi… la différence c’est mes sourires semés au gré de leurs mots, c’est ma rafraichissante rivière de vie qui me permet de m’épanouir.

02/03/2010

Mon univers

 

Comme vous le savez ma vie est remplie d’enfants et d’adultes différents.  Chez moi, chaque jour file à un rythme d’enfer assaisonné de besoins à combler et d’interventions à poser.   Mon univers est fait d’actions visant à améliorer le sort de l’un et l’autre tout au long de mes journées.  Parfois c’est fort lourd, moins drôle, plus épuisant et déstabilisant.  Je passe ma vie à négocier :  les récompenses, les sorties, les besoins de l’un avant ceux de l’autre  et les exigences parentales de chacun et chacune de ma portée.  Il m’arrive d’être fatiguée et souvent fort épuisée…moralement, physiquement et certains jours les deux à la fois.

 Mais si je continue, c’est qu’à mes cotés il existe un être exceptionnel qui partage ma vie…qui, les jours plus difficiles, de sa main  frôle la mienne.  Il est le tempo de mes limites, le reflet de ma famille c’est lui qui dit "c’est ASSEZ ! " Il est celui qui essuie chaque larme de ma rivière intérieure,  ainsi perle notre harmonie.   Il me permet de me ressourcer entre ses bras.  Il accepte même les ronflements d’une journée trop lourde à porter.

Cette vie qui roule et hurle engloutit parfois  l'étreinte de ma passion... Je voyage de différence en différence, en me laissant porter  mais bien souvent je finis mes journées par la fatigue et l’essoufflement…mais il est là...Comme  l’azur qui dresse son éternité  autour de moi.   Pour retrouver la femme que je suis,  pour que mon  cœur puisse battre  au rythme  de ses saisons,  pour que ses  mots  éclairent ma mélancolie.    Quand j’ai divorcé, j’ai cru ne jamais trouver un être à la hauteur de mes aspirations, qui me comprenne et me soutienne.   Quelqu’un qui m’accepterait comme je suis,avec mes forces et mes faiblesses, et il est apparu. Il a pris place dans ma vie, m’imposant son jeune âge et son amour et  il a toujours été à mes côtés peu importe si la barque était en pleine tempête ou coincée à marée basse.

Parfois d'un éphémère moment qui brille, dans la folie d’une de nos journées, le miroir reflète ses yeux et je sens le souffle  démesuré  de son amour et je danse dans mon quotidien avec toute cette passion car même après dix ans, quand il ne reste que l'aube d'habillée  j’entends encore battre la mer au fond de ses yeux….il est l’homme de ma vie !